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En retard pour la publication de la photo …

Tadaaaaaaa !

poussette

     © Romaric Cazaux

Et toujours les mêmes « règles ».

Chaque début de semaine je publie une photo qui servira de base pour votre texte. Vous avez une semaine pour l’écrire.

Ni genre, ni ton imposés. Seul le plaisir d’écrire. Encore et toujours.

Les textes sont donc publiés chaque lundi, le matin de préférence.

Pour que je puisse insérer vos liens, merci de les mettre ci-dessous en commentaire, ou de les envoyer à leiloona(@)bricabook.fr

Have fun !

une photo quelques mots

 
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Frederique-Martin-Belfond-Le-Vase-ou-meurt-cette-verveineUn titre assez énigmatique, terrible aussi, avec ce présent qui actualise l’action : elle se déroulera implacable sous les yeux impuissants du lecteur …

Roman épistolaire, voici donc la correspondance entre deux amoureux, d’un âge certain, puisque ce couple est marié depuis plus de 56 ans et est contraint de s’éloigner l’un de l’autre suite à un problème de santé de Zika. Cette dernière ira chez sa fille à Paris, puisque les médecins y sont meilleurs, tandis que Joseph ira chez son fils à Montfort. Comme Zika déteste le téléphone et préfère le réserver pour les urgences, une correspondance commence alors …

L’absence bien entendu se fait sentir, et les premières lettres en sont remplies. Comment, en effet, réapprendre à vivre sans l’autre après tant de temps ? Est-ce possible de combler ce manque, alors que l’autre faisait partie de soi ?

Outre cette absence, se posent de nombreux problèmes. Lorsque l’enfant devient le parent de son père ou de sa mère, les cartes sont redistribuées, et personne n’y trouve son compte : la personne âgée parce qu’elle n’a rien d’un sénile et l’enfant puisque ce dernier a maintenant une vie qui lui est propre.
Aussi, à cette absence mordante se substituera les soucis de la vie quotidienne. A Paris, le manque de place se fait sentir, tandis que chez le fils les problèmes de couple surgissent … Difficile de trouver sa place dans ce capharnaüm. Mais Zika et Jospeh résistent grâce à leur belle correspondance.

Quel bel amour unit encore cette femme et cet homme ! Une jolie tendresse s’échappe de ces lettres. Le lecteur suit alors ces deux personnages, est touché plus d’une fois par leur amour respectif … Et puis, en toile de fond commence à se développer une tache noire : de vieux démons surgissent, les relations entre les générations sont loin d’être de tout repos. Jusqu’où cela s’arrêtera-t-il ?

Plusieurs sentiments se mélangent alors dans ce roman excellemment bien construit : la tendresse est rapidement remplacée par un certain malaise. Agrippée au livre, il me fut difficile d’imaginer pouvoir dormir avant de connaître la fin de ce roman épistolaire. Imaginez, si l’on m’avait dit qu’un roman épistolaire entre deux septuagénaires allait me tenir éveillée jusqu’à pas d’heure, j’aurais ri.
A tort.
Le vase où meurt cette verveine fait partie de ces romans que je partagerai autour de moi, car outre sa construction additive et la tendresse des lettres, la narration est elle ponctuée par des phrases sublimes, de celles qu’on garde en soi pour un sacré bout de temps.

Auteur Frédérique Martin
Editeur Belfond
Date de parution 23/08/2012
Collection Littérature française
ISBN 2714452329
EAN 978-2714452320
221 pages
18 €

C’était une lecture commune avec les Miss Noukette et Lucie ! Et j’ai oublié le carré jaune qui a aimé aussi !

Mon petit doigt me dit qu’elles ont aimé elles aussi !

Aifelle : Un roman plus bousculant qu’il n’en a l’air.

Stéphie : Ce roman m’a touchée jusqu’au fond des tripes. Vous savez, c’est ce genre de roman qu’on apprécie encore plus car il tombe au bon moment, car il donne l’impression de parler directement à son lecteur, d’avoir été écrit pour lui.

Insatiable Charlotte : La chute est inattendue et terrible. Les romans qui marquent sont pour moi ceux qui déroutent et qui mordent, qui vous retournent et vous obligent à aller chercher au fond de vous. Celui-là en fait partie !

 

 
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rue

@Romaric Cazaux

Il était toujours là, il m’avait attendue.
Pourtant rien n’avait présagé ma fugue, ce matin. Tout s’était déroulé comme d’habitude. Il avait prévu de m’emmener en balade dès son déjeuner terminé, il avait trouvé une rue sympa qu’il voulait me faire découvrir. De grands espaces verts, de larges trottoirs, une rue idéale pour nos balades.

Nous nous promenions, profitions du beau soleil de juin. Et puis, sans rien dire je m’étais mise à courir. Un sentiment étrange, une urgence qu’il me fallait assouvir. Je ne m’étais pas retournée. Je l’entendais crier mon nom, courir aussi, mais il s’était vite essoufflé. A quoi bon vouloir me suivre, après tout, si j’avais décidé de n’en faire qu’à ma tête ?

J’avais alors erré, avais humé les différentes odeurs particulières de cette forêt attenante à cette large rue. Nombreux avaient été les couples flânant main dans la main, prenant le temps de savourer cette journée ensoleillée.

Puis j’étais revenue sur mes pas : mon escapade ne rimait à rien, j’avais trop besoin de lui, de son regard posé sur moi, de ses mains me caressant le soir devant la télé. Haletante, le souffle court, je m’étais imaginé le pire : et s’il était parti ? Et s’il en avait eu assez de mes fugues à répétition ?

Mais il était là où je l’avais laissé. Il ne semblait même pas être agacé par mon énième fugue …

Ben entendit un bruit face  à lui. Il tourna alors la tête et se retrouva nez à nez avec sa petite chienne labrador. Quelle était espiègle, celle-ci !

©Leiloona, le 20 mai 2013

 

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Le texte de Jacou : 

ROBE de MARIÉE

 - Dis, maman, t’as vu la robe de mariée ? Elle est belle.

- Quand je serai grande, je pourrai en avoir une pareil, pour me marier avec papa ?

Plongée dans ses pensées, maman ne répond pas. Elle se revoit, à l’âge de sa fille. Elle revit ces nuits troublées de cauchemars ; où recroquevillée dans le lit, elle attendait. L’ombre se rapprochait, se penchait sur elle ; murmurait à son oreille : « Chut, je ne vais pas te faire de mal. Tu vas voir, on va bien s’amuser. » Elle ne pouvait fuir ces gestes, échapper à ces mains, à cette bouche qui fouillaient son corps. «C’est juste un jeu pour nous deux. C’est notre secret. Ne le dis à personne. »

Les journées, repliée sur son secret, ne pas être comme les autres, mais jouer avec les autres, aller à l’école, parler avec maman.

Il y avait ces temps de vacances, chez papi-mamie ; on jouait aux cartes, on lisait des histoires, on mangeait les cerises et les fraises du jardin, on aidait à arroser les fleurs, on regardait pousser les radis. La nuit, Mitsou venait ronronner à son oreille. Elle était redevenue petite fille, blondinette insouciante.

Puis, le retour dans la voiture avec papa, silencieux, sombre déjà. Son lit, sa chambre, l’attente. Son corps apeuré, dans sa tête tournaient des questions inquiétantes et sans réponse.

Se réfugier dans les bras de maman, se faire toute petite en elle, oublier, disparaître. Mais maman est toujours fatiguée. Il ne faut pas la déranger. Se contenter juste d’un pâle sourire et d’une frêle caresse sur la joue.

- Maman, tu pleures ?

- C’est rien, ma chérie. J’ai une poussière dans l’œil.

Maman se penche sur sa fille, la serre fort dans ses bras.

 

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 Vos liens : 

Mamido : Bianca, oh, Bianca ! 

Yosha : Notting Hill Estévenens

Miss Alfie (bienvenue à toi !) : Quartier

Stéphanie : Il n’est jamais trop tard

Gaëlle : Contemplation chatoyante

Cardamome : Une robe féérique

Jean-Charles : Quarante deux

Cécile : L’attente

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audiolib home morrison mouglalisHome lu par Anna Mouglalis fait partie de la sélection pour le Prix Audiolib.

Lu en novembre dernier, ce roman avait été une claque pour moi. Voici ce que j’en disais :

Malgré tout, en refermant ce livre, même si le lecteur reste forcément en pensées avec Frank et Cee, il ne pourra que trouver en eux une force vitale incommensurable.

« Trouve ton talent et cultive-le. » Leitmotiv qui perdure malgré les affres et les douleurs. Une formidable résilience verra alors le jour, célébrant la vie à travers ce récit criblé de brouillard et de sang.

Il s’agit effectivement de trouver en soi cette liberté que  le Destin ne nous donne pas toujours, surtout si on est né dans les années 50 en Amérique, mais aussi de retrouver sa maison, et la bulle protectrice qui l’entoure.

Une intrigue foisonnante malgré sa brièveté qu’il est urgent de lire.
Parfois il est des nouveautés qui sonnent déjà comme des classiques.

Revenons alors sur la lecture de ce roman, puisque l’attribution de ce prix tient aussi du support …

La voix grave d’Anna Mouglalis donne à ce récit la profondeur qu’il méritait. On a alors l’illusion d’entendre Toni Morrison elle-même. (D’ailleurs, je ne me souvenais pas d’une voix si grave.)
La lecture lente, mais pas soporifique, permet aussi d’accentuer sur certains mots, les silences eux-mêmes font sens.

Encore une fois, pari gagné pour le choix du lecteur. Je ne vous cacherai pas que ce roman fait partie de mon top 5 pour le Prix …

Auteur Toni Morrison
Editeur Audiolib
Date de parution 21/03/2013
Collection Litterature Et Suspense
ISBN 2356415734
EAN 978-2356415738
19 €
4 h 00 d’écoute

Kathel l’a aussi écouté : Découvert en livre audio, porté par la belle voix grave d’Anna Mouglalis, j’ai vraiment été touchée par ce roman, qui, d’après ce que j’ai lu ici ou là, concentre en quelque sorte tous les thèmes de prédilection de Toni Morrison … C’est une autre expérience, le livre audio, qui rend le texte très vivant, mais impose son rythme.

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avant-d-aller-dormir_PocketTous les matins, c’est la même rengaine lorsque Christine se réveille : elle ne sait pas qui est l’homme à ses côtés, ni quelle est cette chambre, et pousse des cris d’effroi en voyant son visage dans la glace.
Quelle est cette vieille, ah, mais c’est moi ! Mais où sont passés mes 20 ans !

En effet, Christine a perdu la mémoire. Et chaque matin, elle doit réapprendre qui elle est. Son mari l’aide, les post-it sous les photos aussi … Son accident, la perte brutale de sa mémoire, l’incapacité des médecins à comprendre son état, mais aussi d’autres choses bien plus perturbantes.

Outre cette amnésie, Christine se sent oppressée quand elle parle à son mari : pour quelles raisons ? Est-ce parce qu’elle doit faire comme si c’était son mari (après tout, les sentiments ne vont pas éclore dans la journée), ou bien est-ce plus profond que cela ?

Ce matin, comme tous les matins, le téléphone sonne. Un homme se présente, il dit être son médecin. Mais l’est-il vraiment ? Il lui donne rendez-vous à l’extérieur car son mari n’aimerait pas savoir qu’elle essaie de retrouver la mémoire : il a un cahier à lui donner …

Avant d’aller dormir est le genre de thriller complètement addictif qu’on ne peut lâcher une fois commencé. Le lecteur avance dans le brouillard, à l’instar de Christine, il fait des découvertes, ou pense en faire, se pose des myriades de questions, se dit que ce n’est pas possible, pense que tout le monde est fou, d’ailleurs peut-être que le lecteur aussi est fou, allez savoir !

Le lecteur est alors sous pression constante, colle les mains à son livre, avide, presque drogué, de connaître l’issue finale. Les nerfs sont à vif, et voici le lecteur qui tourne fébrilement les pages de ce thriller psychologique …

Le roman a reçu le prix SNCF du Polar 2012, et il le mérite amplement.
Énorme coup de frissons pour ce thriller !

Auteur S. J. Watson
Traduction Sophie Aslanides
Editeur Pocket
Date de parution 07/05/2013
Collection Pocket Thriller, numéro 14849
ISBN 2266216724
EAN 978-2266216722
471 pages
7 € 60

Liliba : Voilà un roman que vous ne lâcherez pas pour aller dormir, c’est certain, et que j’ai de fait lu jusqu’au bout de la nuit, m’arrêtant très difficilement avant d’arriver au dénouement, qui laisse pantois tant on découvre le machiavélisme de toute cette histoire.

« Le point » : Avec une construction qui tient du tour de force, ce livre est un cocktail totalement addictif qui fait grimper l’angoisse en flèche.

 
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soquettes blanchesUne couverture bien rétro tout droit sortie des années 50 et qui renferme une histoire très drôle !

Tout commence mal : deux bandes rivales s’affrontent. Le clan des « Socquettes blanches » est celui des petites filles qui s’appellent toutes Thérèse. Petite jupe, serre-tête et prière le dimanche matin avec monsieur le curé. Jamais un mot au-dessus de l’autre : ce sont des petites filles modèles. Et gare au garçon qui s’aventurerait d’un peu trop près … Face à ces amazones du presbytère crèchent « les Chats crevés ». Autre ambiance : chasse aux rats, bagarre, lance-pierres et crottes de nez…

Vous l’aurez compris, les deux clans se détestent. Mais chacun reste dans son coin.

Un jour, la plus petite des Thérèse reçoit un oeuf pourri sur ses beaux cheveux peignés : ni une ni deux, la chef des Thérèse souhaite des représailles : la guerre est déclarée ! Mais un événement imprévu va stopper net ces bagarres … Quand le coin des cabanes et le terrain vague menacent de disparaître, il vaut mieux faire fi des rancoeurs passées.

Un bel album dès 7 ans ( à lire avec papa ou maman car le récit est assez fourni) qui ravira les filles comme les garçons, même les garçons manqués ! Le ton enlevé et drôle, on zigzague entre deux narrations, puisqu’il faut donner le même temps de parole aux deux clans, sous peine de représailles !

Un album qui fleure bon une époque passée, mais loin de sentir la naphtaline, ces deux clans sont bien modernes et le lecteur repensera inéluctablement à « La guerre des boutons » ou « La vie est un long fleuve tranquille ».

Bon, vous vous doutez bien que ces deux clans arriveront bien à faire la paix un jour …

A faire découvrir aux enfants qui doivent bien savoir ce qu’est la guerre des clans à l’école primaire, mais aussi aux grands-parents qui replongeront dans une ambiance qu’ils ont sans doute connue. Une belle petite madeleine de Proust intergénérationnelle à partager.

Auteur Vincent Cuvellier
Illustrateur Alexandra Pichard
Editeur Gallimard jeunesse
Date de parution 26/04/2013
Collection Giboulees Hors Serie
ISBN 2070648737
EAN 978-2070648733
Illustration Illustrations couleur
Nombre de pages 40
14 € 50

 
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Publié le 16 mai 2013, par dans Sorties parisiennes.

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Depuis plus de dix ans, je vouais un culte à l’Art Nouveau, d’ailleurs la bannière du blog « entrée de métro » le montre bien … Aussi, inutile de vous dire que mes mirettes se sont régalées lorsque je suis allée à Prague cet hiver. Je devais ressembler à une enfant de 4 ans découvrant Euro Disney …

Je délaissais souvent l’Art déco (qui a succédé à l’art nouveau) lui trouvant des lignes trop droites, trop franches. Et puis on m’a un peu plus initiée à cette période, à son mobilier surtout, j’ai appris à l’apprécier … (Fin de ma vie.com)

La nouvelle exposition à la Pinacothèque de Paris m’a donc immédiatement interpellée sous-entendre, j’ai fait des sauts de cabri dans Paris quand j’ai vu l’affiche.) ! Pensez-vous ! L’art nouveau versus l’art déco ! La bataille s’annonçait rude !

Puisque mon temps était assez  limité (j’avais moins de deux heures devant moi), j’ai délibérément choisi ce que je connaissais le moins : Tamara de Lempicka, reine de l’art déco. Alors bien sûr, comme vous tous, je connais Lempicka sans le savoir. Voyez par vous-même :

La femme en vert

La femme en vert

Tamara de Lempicka est une femme qui sort des sentiers battus. Mondaine, libertine, audacieuse mais aussi très mystérieuse, elle met en scène sa propre vie. Mariée deux fois, elle aimait aussi les femmes et ne s’en cachait pas. Cette belle personnalité, très forte, inclassable, se retrouve dans ses oeuvres.

Ce qui émeut et impressionne, ce sont d’abord ces peaux excellemment peintes, très lisses, comme le serait une sculpture de marbre. L’effet est vraiment des plus saisissants. Ressortent alors, par effet de contrastes, toutes ces couleurs vives des vêtements, mais aussi ces bouches pulpeuses et ces regards énigmatiques.

Illustrant à merveille cette période des années folles, la reine de l’art déco met ainsi en avant cette envie de luxe, de mondanité.

Tamara de Lempicka. La belle Rafaëla, Mai 1927.

Tamara de Lempicka. La belle Rafaëla, Mai 1927.

Les deux tiers de l’expo sont bluffants, notamment aussi pour toute la correspondance entre Tamara de Lempicka et  Gabriele D’Annunzio.

A découvrir, ou redécouvrir pour la beauté de ses nus mais aussi pour ses affiches publicitaires  ou encore  pour l’ambivalence aussi dont fait preuve certains tableaux : le reflet des années folles.

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Pinacothèque
28, place de la Madeleine
75008 Paris
01 42 68 02 01
Ouverture tous les jours
De 10h30 à 18h30
Fermeture de la billetterie à 17h45
12 €
Billet couplé pour les deux expositions : 18 €

 

 
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50 nuances de grey audiolibOui, je fais partie de celles qui ont lu la trilogie … Il me manquait encore une version pour pouvoir prétendre au titre de « docteur ès 50 Nuances de Grey » : la version audio.
C’est chose faite avec le Prix Audiolib, puisque ce roman fait partie de la sélection.
« Call me Docteur, please … »

Je ne reviendrai donc pas sur l’intrigue et le style du roman, si jamais vous avez vécu dans un abri antiatomique ces derniers mois, vous pouvez encore rattraper vos lacunes impardonnables ici

Puisque le prix récompensera à la fois un roman ET sa lecture, attardons-nous un peu sur la voix d’Ana dans la version audio. Séverine Cayron est une spécialiste du doublage et des voix off. Comédienne et chanteuse, vous l’avez peut-être déjà entendue …

Pour moi, Ana se devait d’avoir une voix douce, assez aiguë sans être non plus de la famille des briseuses de verre en cristal. Une voix à la Jennifer Aniston ou Cameron Diaz … L’interprétation de Séverine Cayron a comblé mes attentes : elle a (et je ne sais pas si c’est un compliment ou non) une voix d’actrice de série américaine qui colle au personnage de 50 nuances. De plus, loin de faire une lecture soporifique du roman (imaginez le nombre de CD qu’il aurait fallu sortir si Duras l’avait lu …), son dynamisme est bien en adéquation avec la pétillante Ana.

Bon choix de voix, donc.
Malgré tout, cet audiolib ne fera pas partie de mon top 3 … A côté d’un Home lu par Anna Mouglalis (par exemple), il est difficile de rivaliser …

Une interview de Séverine Cayron :

prixban

 
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Cette semaine aura lieu le 80è atelier : déjà ?

Hier, des textes aux tons différents, il y a même eu des personnages différents, qui une femme, qui un homme … J’aime cette pluralité.

Voici la photo pour lundi prochain :

@ Romaric Cazaux

@ Romaric Cazaux

Quelques informations sur cet atelier :

Chaque début de semaine je publie une photo qui servira de base pour votre texte. Vous avez une semaine pour l’écrire.

Ni genre, ni ton imposés. Seul le plaisir d’écrire. Encore et toujours.

Les textes sont donc publiés chaque lundi, le matin de préférence.

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tea time

Notre rituel d’amoureux.
Chaque mois, nous faisons notre sortie culturelle. Les expositions à Paris pullulent, nous avons donc le choix. Ce mois-ci : Eugène Boudin au Musée Jacquemart André. Ce précurseur qui joue avec les cieux et les lumières sera parfait pour toi. Il te rappellera peut-être notre Normandie éternelle.

Nous avons toujours le même rituel : nous nous préparons, tu passes la robe que je t’ai choisie. Même si tes gestes peuvent être maladroits, tu possèdes toujours cette grâce que j’ai toujours aimée. Je te passe alors doucement la brosse à cheveux sur tes derniers épis. Cinq fois. Pas une fois de plus, pas une de moins. Tout doit être réglé comme du papier à musique.  Puis je tourne alors ton petit visage fripé à force d’avoir ri et je te redessine les sourcils. Le gauche puis le droit.

Au musée Jacquemart, tu gardes bien ta main dans la mienne. J’aime tant cette douceur mêlée de tendresse. Il s’est enfui ce temps où nous passions nos dimanches enfermés dans notre petite chambre de bonne sous les combles. La tendresse a remplacé la passion. Nous sommes passés par tant d’états. Nous les avons surmontés ensemble aussi.

Aujourd’hui, une certaine sérénité nous élève. Nous ne sommes plus qu’un. Jusqu’au bout. Pour le meilleur et pour le pire aurait dit le curé, si nous avions été mariés.

Notre visite est terminée, nous prenons le goûter dans ce salon de thé attenant au musée. J’y suis bien. J’y serais encore mieux si tu me regardais dans les yeux, si ton oeil me disait encore à quel point tu m’aimes. Mais la mémoire te fait défaut depuis longtemps. Pour toi, je ne suis plus personne. Obligé de te répéter toutes les trois minutes que tu n’as rien à craindre, que je suis ton compagnon depuis des lustres.

Mais nous continuerons notre petite visite mensuelle. Je me plais à croire qu’un jour dans tes yeux brilleront de nouveau cet éclat que j’aime tant.

© Leiloona, le 12 mai 2013

Crédit photo @ Romaric Cazaux 

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 Le texte de Jacou : 

ARSENIC et FAUSSES DENTELLES

 

Sous les palmiers et cocotiers,

Désillusions, paillettes envolées,

Pains et tartines desséchés,

Deux vieilles dames esseulées

Se sont rencontrées.

De la côte d’Azur, toutes deux entichées,

Mais très vite désenchantées,

Sentiments écorchés,

Deux vieilles dames esseulées

Se sont retrouvées.

De ce miroir, ont décidé

De ne pas être dupées,

Et de cette image écornée,

Deux vieilles dames esseulées

Se sont méfiées.

Alouettes, elles avaient été.

A ces promesses falsifiées,

Que, sans remords, elles ont piétinées,

Deux vieilles dames esseulées,

L’amitié, ont préféré.

 

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Le texte de Pauline (bienvenue à toi !) :

Je ne pleurerai pas aujourd’hui.
Aujourd’hui, je veux vivre pleinement.

Hier la Toscane, aujourd’hui la Provence… Les images, les couleurs, les parfums se bousculent dans ma tête.

Notre petite balade sous les pins, tout à l’heure, m’a fait le plus grand bien.
La nature exhalait des parfums de sève et de miel. L’air était si enivrant ! Qu’il était bon de laisser le soleil darder ses rayons sur nos vieux corps !
Paul m’a serré très fort la main. Je crois qu’il ressentait la même émotion.

Paul, mon cher Paul, qui, il y a bientôt soixante-dix ans, s’engagea à partager un petit bout de chemin avec moi sans pour autant me faire de promesse définitive…
Autant de franchise ne pouvait que me séduire…
Les années me donnèrent raison.

Nous n’avons pas eu d’enfant, nos métiers d’enseignants ont aisément pallié ce manque.
Nous avions ce plaisir égoïste à nous retrouver chaque soir tous les deux.

Toutes ses années durant, nous avons partagé les mêmes goûts des livres, de la nature, des voyages. Je ne regrette rien, pas même son ascétisme qui m’a enseigné la sagesse.
Je crois que sans lui, je n’aurais pu approcher de si près ce qui fait le sel de la vie.
Certes, je n’ai pas croulé sous les fleurs, les compliments, les caresses, mais sa présence discrète et son respect permanent ont été les plus belles preuves d’amour.

Aujourd’hui, il est là, bien là, me servant avec la plus grande délicatesse mon thé, il en boira un également, il mangera une part de gâteau tout comme moi …

J’ai envie de pleurer de joie, devant ce vieil homme qui a partagé ma vie, si beau, si élégant en cet instant.
Cependant, je ne pleurerai pas aujourd’hui, peut-être demain, mais je ne le souhaite pas.

Avant, nous partagerons une nuit blottis l’un contre l’autre. Au petit matin, nous franchirons la frontière Suisse. Nous longerons le lac Léman. Nous déjeunerons ensemble, je suis sûre qu’il fera beau. Nous louerons une embarcation, je vois déjà les reflets ondoyants du soleil jouer sur la surface de l’eau, créant ainsi un miracle lumineux que nous garderons en mémoire.

Je ne pleurerai pas aujourd’hui, pas même demain.

Comme une douce mélopée, les dernières paroles d’une chanson de Reggiani me reviennent :
« Quand le temps s’arrêtera…
Je t’aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment…
Mais je t’aimerai encore…
D’accord ? »

Non, je ne pleurerai pas aujourd’hui. Ni demain.
Comment pourrais-je pleurer face à cet homme qui m’accompagne avec la plus belle grâce ? Comment pourrais-je pleurer face à mon amour qui me tiendra la main lorsque je boirai la solution létale ?

Je sourirai jusqu’au bout à la vie.

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 Le texte d’Aline (bienvenue ici aussi !)

Je  te verse ton thé.
Tu reste songeuse… Mais je sais que tu vas relever les yeux et me dire « Merci très cher ».
Ces quelques mots, tu les délivreras avec un sourire.
Nous sommes des gens de peu de mots.
Après une si longue existence, toute notre histoire est écrite sur nos visages.
Chaque ride est un chapitre d’une vie bien remplie.
Alors nous dégusterons le silence tout en partageant ces énormes parts de gâteau à la crème.
Comme tous les mercredis après-midi, nous nous sommes réfugiés au salon de thé.
Puis nous rentrerons.
Je te prendrais la main, tu la serreras un peu fort.
A la porte, nous nous séparerons.
Personne ne sait à la maison de retraite, nos familles ne sont pas au courant.
Nous nous sommes rencontrés. Nous aimons de nouveau.

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 Les liens vers vos textes : 

K Mill : Instantané d’une amitié

Jean-Charles : La théière brisée

Lucie 

Cardamone : L’heure du thé

Mamido : Un thé au jardin d’hiver

Gaëlle : S’imprégner de ton souvenir et retrouver dans la ville 

Yosha : Roger et moi

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