Jours sans faim – Delphine de Vigan

Dans Rien ne s’oppose à la nuit, l’auteur parle de  l’écriture de Jours sans faim, roman écrit et publié sous un pseudonyme à l’époque. Il n’en fallait pas moins pour attiser ma curiosité … D’autant plus que les récits d’enfance et d’adolescence sont au programme de français …

Récit très court, Jours sans faim raconte le parcours d’une jeune fille anorexique. Bien que ce ne soit pas une autobiographie (le personnage ne s’appelle pas Delphine), on ne peut que faire des ponts entre ce livre-ci et Rien ne s’oppose à la nuit. Il y a tout d’abord cette mère malade elle aussi qui n’est pas vraiment elle-même avec cette camisole chimique, et puis il y a aussi ce père distant, cette soeur si fragile que le personnage se doit de protéger.

Malgré tout, on lit ce roman comme une fiction. Laure est un personnage de papier et si ce personnage a sans doute servi d’exutoire à Delphine de Vigan, c’est avant tout une gamine paumée et perdue comme on en voit tant … Le recours à la troisième personne permet aussi de prendre de la distance avec Laure qui touche davantage à l’universel.

Le lecteur suit alors ses doutes, la lente remontée vers la surface, sa prise de poids, lente elle aussi, son affection pour ce jeune docteur, les relations qu’elle noue avec les autres malades, même si certains seraient plutôt à baffer qu’autre chose … Le récit vrai d’une adolescente en proie à des doutes, seule finalement à se débattre dans un certain marasme familiale.

Et puis derrière tout ça, on ne peut déjà que percevoir un appel à la mère. A cette mère terriblement absente. Voici donc le récit d’une enfant qui a grandi trop vite, que les adultes n’ont pas permis de rester à sa place d’enfant puis d’adolescente.

Loin de ne toucher que les jeunes filles anorexiques, Jours sans faim plaira à ces adolescents mal dans leur peau, pas à leur place, et les aidera peut-être à se construire, à défaut de parents démissionnaires ou absents. Comment ne pas être bouleversé par ce désir de vivre qui pointe malgré les doutes et la souffrance qui est celle de Laure ?

Anne : Un livre dans lequel il faut entrer à pas feutrés, pour ne pas effrayer Laure, qui finit par vous happer et qui m’a beaucoup touchée.

A propos de livres : Un ton juste.

26 comments

  1. Amélie says:

    Ah oui, je l’ai lu aussi, et j’ai beaucoup aimé… Je l’ai lu avant Rien ne s’oppose à la nuit, et j’ai fait pas mal de « passerelles » entre les deux également !

  2. Cynthia says:

    C’est avec ce titre que j’avais découvert l’auteure. J’ai beaucoup aimé cette pudeur dans l’écriture, ce qui est rare chez les auteurs traitant du même sujet.
    « Rien ne s’oppose à la nuit » m’attend encore dans ma PAL…Dire que je l’avais acheté l’an passé à la rentrée…

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