Il vous est sûrement arrivé quand vous étiez petit de rapporter de la plage une étoile de mer, ou une grenouille si vous étiez à la campagne (j’ai fait les deux, j’étais très Belle des champs quand j’étais petite).
Ce n’est pas un simple animal que Sôsuke rapporte chez lui, mais un poisson rouge très particulier. Comme tous les enfants l’auraient fait, il s’attache très vite à cette bête et il lui donne un nom : Ponyo (ce qui me fait d’ailleurs penser que j’avais moi-même donné un nom à un papillon recueilli dans un petit pot : Oscar.)
Comme la mère de Sôsuke doit partir au travail et lui à l’école, il met le poisson dans un seau rempli d’eau fraîche. Alors qu’ils partent en voiture, ils croisent un curieux personnage muni d’un pulvérisateur à eau. Ils ne le savent pas encore, mais cet homme étrange est sorti de la mer pour ramener la fille-poisson au bercail.
Bien-sûr, Ponyo ne veut surtout pas retourner auprès de cet alchimiste, un peu sorcier sur les bords …
Je vais essayer d’avoir un avis construit et objectif sur ce film. Écrire un billet sans insérer de gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii sera le plus dur. Pour vous donner une idée de mon attachement envers les films de Miyazaki, sachez que j’ai eu la gorge serrée et les yeux brillants rien qu’en voyant les premières images de la bande-annonce …
Après avoir sorti de nombreux films qui se passent dans le ciel (« Le château ambulant », « Porco Rosso », « Le château dans le ciel », « Nausicaa »), voici que Miyazaki s’intéresse à un autre élément : l’eau. Mais il n’oublie pas pour autant de nous parler du rapport de l’homme avec la Nature. Si Ponyo sort de la mer, celle-ci est en bien mauvais état.
Mais, ce serait vraiment réducteur de ne parler que du versant écologique de ce film.
Miyazaki est avant tout un conteur. Même si le canevas du film reprend le thème de la petite sirène d’Andersen, le spectateur s’aperçoit très vite qu’à 70 ans Miyazaki n’a pas perdu le pouvoir d’enchanter le monde à sa manière : la danse des méduses qui ouvre le film le montre.
D’ailleurs dès les premières images, le spectateur sait que Miyazaki est revenu à ses premières amours car le dessin épuré fait d’emblée penser à « Mon Voisin Totoro ». Ceux qui ne connaissent de lui que « Chihiro » ou « Princesse Mononoké » risquent d’être surpris voire même déçus. Les dessins sont beaucoup plus doux que dans les deux derniers films cités et l’intrigue ne recèle aucun suspens. Il suffit juste de se laisser porter par deux enfants de 5 ans qui découvrent la vie (ce qui pour Ponyo donne lieu à des moments très drôles).
C’est un monde rempli de poésie qui est donné ici aux spectateurs, un monde où un poisson à tête d’homme qui parle n’a rien d’étrange, où la déesse de la mer fait des apparitions, où des petits de 5 ans ont le pouvoir de rétablir la frontière entre deux mondes.
Dans « Ponyo », il n’y a pas de réels méchants. Le manichéisme n’a ici aucune place : l’homme a le droit de commettre des erreurs et de s’améliorer. Vision beaucoup plus saine du monde selon moi (Disney devrait s’en inspirer davantage) …
Un film rempli d’une féérie impressionnante (je me fais avoir à chaque fois), rythmé par les sublimes musiques de Joe Hisaishi (qui a composé pour ce film une chanson très inspirée de la chevauchée des Walkyries.)
En somme, Ponyo est une histoire est simple, dont les dessins sont simples aussi, et pourtant c’est la simplicité qui rend ce film magique. 
Il m’a été difficile de sortir de ce film car j’ai vraiment plongé dans cet univers à part. J’ai souri en sortant de la salle car une petite demandait à sa mère si elle pouvait dorénavant s’appeler Ponyo. (D’ailleurs, aucun enfant n’a parlé ou pleuré pendant le film : ils étaient tous scotchés aux dessins.)
Je vous mets la chanson du générique qui me fait bien rire. Il y a même une chorégraphie qui me fait penser à la danse des canards, et ça tombe bien car quand Ponyo commence à se transformer, elle a des pattes de poulet.
Et pour ceux qui ont vu le film : Ponyo aime le jambon !

Entre Walt Disney et Miyazaki, le choix est fait!
Le choix est très vite fait, oui.
Celui-ci est davantage destiné aux enfants, mais même l’homme (qui aime pourtant les films d’action) adore Miyazaki.
@ Aifelle :
)
Cet homme a su garder intacte son âme d’enfant.
@ Stephie :
Mais s’il a aimé Totoro, ça devrait aller.
J’espère que ton petit aimera !
@ Annie :
Le clip est super kitsch ! J’adore !
Et dire que Ghibli et Disney ont signé un accord … je n’en reviens toujours pas. :/
je suis aussi une grande fan de Miyazaki, je cours voir le film demain soir (pas encore eu le temps d’y aller hélàs).
Merci pour ton excellente critique en tout cas !
Ses pattes m’ont bien fait rire.
@ Florinette :
)
Alors j’espère que la gamine qui est en toi aimera (mais comment en pourrait-il être autrement.
@ Hambre :
)
Très bon ciné, alors.
@ Annouchka :
)
Alors nous ressentons la même chose en allant voir ce film.
J’espère que tu aimeras ce dernier opus.
@ Lou :
En France, nous sommes pas mal gâtés avec la projection des films de Miyazaki … je ne sais pas vraiment si en Espagne le film a obtenu autant de salles qu’ici.
@ Alwenn :

Comment ? Je suis si prévisible que ça ?
Je le prendrai aussi en DVD : il viendra s’ajouter aux autres.
J’espère aller le voir bientôt!
Je suis entièrement d’accord avec toi : certains de ses films feraient même assez peur aux petits. Je pense aux scènes de guerre dans « Mononoké » ou aux monstres dans « Chihiro ».
Surtout que ses films comportent des codes qu’il est parfois difficile de comprendre en Occident. Par exemple, j’ai lu lors de la sortie du film que la mère de Sôsuké avait été très mal vue au Japon car elle incarnait une femme trop moderne (elle a osé répondre à son mari et lui raccrocher au nez. Et pourquoi travaille-t-elle ? etc…).
Alors que moi ce qui m’a « choquée » était de voir que le petit garçon appelait sa mère par son prénom. Comme quoi.
Et sinon ce « clip », très drôle, ce guitariste m’a bien fait rire
Ah mais tu as le droit de faire gniiiiiiiiii.
@ Sabbio :

Je crois que nous avons la même image de Miyazaki.
Et je ne me lasse pas de la vidéo.
Ah oui ta petite a aimé Chihiro ? Comme quoi.
Et Kiki est aussi de lui.
C’est avec « Princesse Mononoké » que j’ai découvert Miyazaki (comme beaucoup, je crois), du coup c’est vraiment un film à part pour moi.
Quant à Powers, mon avis n’est finalement plus si mitigé que ça.
@ Mimienco :
Oui, ils m’embarquent tous ailleurs moi aussi.
J’espère que tu aimeras !
@ Yueyin :
Toute la famille ? C’est génial, ça !
Si elle a plus de 4 ans, elle devrait aimer. Avant, je pense que ce serait un peu jeune.
@ Edelwe :
)
Mêmes sentiments que toi.
Les visions de la mer et surtout de la tempête ne sont pas sans rappeler certaines estampes e Hiroshige et de Hokusai, je trouve.
Hum … je ne crois pas que ce film soit une sortie retardée, comme cela avait été le cas pour Totoro par exemple.
Pour ce dernier, la France ne connaissait pas encore Miyazaki au moment de sa sortie, et ce n’est que bien après que les salles françaises l’avaient diffusé. Là c’est différent : il y a un bel accord passé entre les studios Ghibli et les salles françaises, et nous sommes bien « servis » en terme de salles … car Miyazaki marche très bien en France.
Comme tu dis, le trait et même les idées de Miyazaki sont vraiment nippones. Aussi bien le trait qui rappelle des estampes connues que l’animisme qui parcourt son œuvre.
@ George Sand :
Tu remercieras la Granny d’Antoine.
Alors j’espère que tu aimeras.