Si jamais vous aviez un jour ce roman entre les mains, je vous déconseillerais la lecture de la quatrième de couverture. Même si elle n’a rien de déplaisant, elle conduit le lecteur sur une fausse piste. Pour coller avec un des thèmes du livre, ce serait un peu comme si vous regardiez un bulletin météo qui annoncerait une tempête au lieu de quelques gros cumulus chargés d’électricité.
Comme j’ai lu cette quatrième de couverture, je m’attendais donc à un élément perturbateur assez fort. Puisqu’il était annoncé … alors qu’il s’agit davantage d’une tension palpable tout au long du roman. Je pensais aussi avoir un récit à la limite du fantastique, alors que ce sont davantage des incursions oniriques dues à la personnalité du personnage principal.
Toujours sur l’arrière du livre, la mention d’Auster classe ce livre dans un registre bien particulier. Mention qui m’a donné là encore certaines attentes. Même si Auster a aimé lire ce roman, le lecteur ne doit pas se focaliser sur la présence de cet auteur.
Mais alors que dire de ce livre ?
Passons donc au contenu.
Il s’agit d’une mexicaine, Tatiana, tout juste trentenaire qui vient vivre à Berlin. La dernière fois qu’elle a vu cette ville, c’était en 1986, et le Mur était encore debout.
Revenir à Berlin est assez étrange pour elle car c’est une ville nimbée de mystères.
A 14 ans, en vacances avec ses parents, elle avait en effet eu une vision étrange dans le métro : elle avait cru reconnaître Hitler sous les traits d’une vieille femme.
Loin de plonger ce récit dans un univers fantastique ou dans une quelconque enquête policière (retrouver la trace d’Hitler ?), cette vision est davantage symbolique, car sa présence démontre que Berlin est encore habitée par ses fantômes du passé.
Et aucun lieu ne serait plus propice que les souterrains pour que ces spectres continuent d’exister.
C’est donc une ville remplie de vestiges d’un monde que chacun voudrait oublier. Là des bruits qui parviennent de l’appartement situé au dessus de celui de Tatiana, ici un ancien lieu de la STASI encore habité de son ambiance d’autrefois. Parfois ces fantômes semblent renaître de leurs cendres et décident de faire leur apparition au grand jour : lorsque Tatiana doit se rendre dans un endroit reculé de la ville, pour son travail, c’est avec effroi que ses yeux croisent une affiche fasciste.
Ce roman serait donc un polaroid de la ville de Berlin. De ses tours tournées vers le ciel et l’avenir, mais aussi de ses catacombes tournées elles vers un passé que tout le monde veut oublier.
Tatiana n’est pas le seul personnage de l’histoire. Il y a aussi Weiss, un homme qui l’a engagée pour transcrire sur papier des kilomètres de phrases enregistrées sur un dictaphone.
Dans quel but ? Tatiana est un peu dans le brouillard car elle ne sait pas vraiment quel est l’objectif de ce travail.
Ainsi les personnages comme la ville semblent entourés de nuages plus ou moins denses. De la brume du passé au brouillard du présent, le tout est de savoir bien s’orienter.
Un roman sur une personne en devenir, sur une ville en plein essor encore engluée dans un passé à oublier. Le tout servi avec une pointe d’un nuage onirique. Un premier roman prometteur tant Chloe Aridjis possède déjà un univers bien particulier.
Ed. Mercure de France, 215 pages, 21€80
Antoine l’a lu lui aussi, d’ailleurs, il fait le même constat que moi sur la 4ème de couverture.
Il compare les promenades de Tatiana dans Berlin à celles de Nathan Glass dans Brooklyn Follies d’Auster. Chloe Aridjis a réussi à trouvé le bon équilibre pour un roman
d’actualité qui aidera sans doute à comprendre un peu mieux nos voisins
d’outre-Rhin.
Et effectivement, 20 ans après la Chute du Mur de Berlin, voici que des livres sur ce thème commencent à sortir. Le temps de latence pour pouvoir en parler ?
Livre lu dans le cadre des Chroniques de la rentrée littéraire, catégorie Premier roman.
Avec ce livre, je termine le 1 % littéraire. 7/7 

Je suis actuellement dans l’énorme Tejpal
Concernant ce livre, je reste moyennement tentée, mes PAL et LAL sont déjà bien garnies!!! Je passe mon tour mais, malgré tout, je suis quelque peu curieuse…alors dans quelques mois…peut-être!!
Bon week-end Leiloona.
On ne peut pas tout noter.
@ Stéphie :
Il te plaît ?
@ Lancellau :
Peut-être en lisant d’autres avis seras-tu davantage séduite par ce récit ?
@ Kathel :
Peut-être l’as-tu déjà oubliée ? Bon, ce n’est pas grave non plus de l’avoir lue, mais les attentes ne sont pas les mêmes.
@ Mirontaine :
)

Oui, moi aussi Auster m’a donné envie d’ouvrir ce livre.
Et puis, belle aubaine d’avoir cette recommandation pour son premier roman !
Je te souhaite un bon week-end, également.
Ah, oui, pas mal la référence aux Ailes du désir ! Maintenant que tu le dis, les deux histoires se superposent !
Super bien vu !
– « Les Aubes écarlates » : roman qui clôt un triptyque commencé avec « L’intérieur de la nuit ».
– « Biographie de Pavel Munch » : c’est un roman, puisque Pavel Munch n’a jamais existé. C’est donc un être de fiction.
– « Le Roi du cinéma muet » : même chose. C’est une autobiographie fictive, qui se classe donc parmi les romans.
– « Si on dansait » : roman qui poursuit l’histoire de Jeanne au pays des mots.
– « La Rafale des tambours » : roman sur la 1ère guerre mondiale.
– « Le Cœur est un noyau candide » : roman bâti sur une hypothèse complètement irréelle.
– « Le Livre des nuages » : roman sur une jeune femme et ses errances dans la ville de Berlin.
Bon, je verrai quand il faudra m’y mettre ! :/
@ Pauline :
Merci !
@ Choco :
S’il fallait tout noter, nous serions tous dans le rouge !
@ Karine

Alors j’espère que tu aimeras !
@ Béné :
Oui, on voit pas mal de livres sur Berlin en ce moment. Une ville avec un tel passé ne peut qu’interpeler la littérature.
@ Manu :
Cette ville est vraiment particulière, et ce qui se dégage de ce livre aussi.
Je crois que le livre lu par Béné serait plus utile si jamais tu devais visiter Berlin.
@ Pimprenelle :
Le côté onirique n’est pas vraiment présent. Il s’agit plutôt d’une ambiance bien particulière car le roman flirte de temps en temps avec le fantastique, sans jamais plonger dedans.
Mais il est vrai que la présence des nuages apporte une touche onirique … bref, un roman particulier.
@ Rose :
Le roman parle davantage de Berlin en pleine deuxième guerre mondiale que du Mur. Mais comment parler de Berlin sans parler du Mur ?
Il fait partie intégrante de cette ville.
@ Zarline :
Sinon tu peux aussi aller voir l’avis d’Antoine.
@ Lael :
) Si tu le lis, j’espère que tu aimeras ce récit. 
Merci !
C’est particulier … mais disons que les ambiances des romans japonais pourraient ressembler à celle de ce livre.
Oui, nous n’avons pas eu la même lecture … l’atmosphère brumeuse m’a séduite, justement !