Dans ce roman, deux histoires se chevauchent : c’est d’abord la narration d’une journée d’anniversaire où l’on fête les 90 ans de Tamouna, mais c’est aussi une histoire qui vient tout droit du passé, Tamouna lors de cette journée de préparation va se souvenir des moments forts qu’elle a vécus alors qu’elle était une adolescente.
Ainsi en miroir vont se dérouler deux histoires.
Un fil conducteur unit ces deux intrigues : Tamouna bien-sûr, mais surtout Tamaz, un homme qu’a follement aimé la jeune Tamouna.
Et à 90 ans, voici qu’elle l’attend de nouveau à son anniversaire : cette attente est donc l’occasion de penser de nouveau à cet amour passionné.
En marge de cette histoire centré sur cet amour, c’est aussi l’histoire de toute une famille qui se déroule sous les yeux du lecteur. Une famille brisée et séparée à cause de l’exil.
Tamouna est encore jeune quand son père décide de quitter la Géorgie à cause du pouvoir communiste qui s’est mis en place. C’est un pays qu’il ne reconnait plus ; il préfère donc partir en France afin de continuer le combat pour son pays, même si ce combat doit avoir lieu hors de son pays natal. Les grands-parents de Tamouna, quant à eux, ne souhaitent pas partir de leur pays. Cette décision de partir brise donc une famille entière qui marquera à jamais Tamouna.
Ainsi s’entrecroisent deux histoires : la séparation d’une famille, mais aussi la séparation de deux êtres follement attirés l’un par l’autre. Tamaz et Tamouna ne peuvent vivre leur amour pleinement, non à cause de leur famille respective, mais à cause du pouvoir politique de leur pays : un Roméo et Juliette revu à la sauce politique en somme.
La Mer noire restera pour moi comme un livre totem. Tout d’abord pour son titre : cette mer noire est avant tout la mer située en Ukraine, pays cher à mon cœur, c’est aussi un roman qui parle de l’exil. En Tamouna, j’ai reconnu certaines pensées de ma grand-mère. Elle aussi se sent apatride : étrangère à la fois dans son pays natal mais aussi dans son pays d’adoption. Et puis, voir comment cette famille d’immigrés s’était agrandie, comment elle était devenue plus ou moins intégrée en France m’a interpelée.
Et pour finir, c’est un roman que j’ai commencé avant d’entrer à la maternité et que j’ai fini durant ces quelques jours passés là-bas. Du coup, cela fait plein de raisons d’aimer de roman.
En outre, j’ai aimé cette bascule entre le temps présent et le temps passé : du coup la vieillesse de Tamouna n’avait rien de triste. Et d’une parce que sa famille lui préparait son anniversaire, et de deux parce que la narration de sa jeunesse lui rendait son bel âge, même dans la partie où elle était devenue une vieille femme.
J’ai comme toujours du mal à parler d’un roman que j’ai aimé. A quoi cela tient-il, finalement ?
Ici, cela tient à un contexte, à un thème qui m’est cher, à une lecture qui est arrivée à un moment symbolique pour moi (un moment où les racines du passé me servaient enfin à faire grandir cette petite graine d’arbre, un peu comme Tamouna qui a besoin de se souvenir), mais aussi à une écriture limpide et tout en finesse.
Ed. Sabine Wespieser, 214 pages, 19 €
Flo aussi à aimé, elle en a fait un livre-voyageur, d’ailleurs. Aifelle aussi a aimé cette chronique douce-amère.
Télérama : Par son écriture, saccadée dans le présent, fluide dans le passé, puis
l’inverse, Kéthévane Davrichewy atteint le bon vibrato. Celui des êtres
qui laissent les émotions oxygéner la pensée, et la pensée dompter les
émotions, pour trouver le juste rythme cardiaque. Alors, comme le dit
la dernière phrase du livre, « sa respiration prend toute la place ».

Une interview sur le site Un livre, un jour.


Très beau billet qui transcrit bien toute ton émotion!
Belle journée
A propos de voyage, tu sais que je me suis promenée en Ukraine il y a deux ans? Sur la Dniepr, la Mer Noire, etc et même jusqu’en Moldavie (chère à Fashion…)
Oui, et c’est une belle coïncidence que de l’avoir lu à ce moment-là de ma vie !
@ Alwenn :
Mais ça se cale de mieux en mieux tout de même. 
C’est Petit d’homme qui impose son rythme. Et pour le moment, il ne possède pas vraiment le sens du rythme, justement !
@ Emmyne :
Oui, je suis « contente » que ce soit ce livre qui m’ait « accompagnée » pour ce moment.
@ Nanne :
) Lors de l’opération « Masse critique », j’ai tout de suite tilté sur le titre ! Le résumé a fait le reste et j’ai été chanceuse, puisque c’est l’exemplaire que Guillaume m’a envoyé ! 
Merci !
@ Kathel :
)
Ah oui, quand j’ai écrit son nom, j’ai dû regarder plusieurs fois (cela dit, le mien n’est pas des plus faciles non plus !
@ Moka :
Oh que oui !
@ Karine
Une nostalgie douce tout de même : rien d’éploré !
@ Aifelle :

Une lecture riche en symboles, étonnant qu’elle ait eu lieu pile poil à ce moment précis. Ah le hasard si cher à Kundera …
Je vais essayer de trouver une trace de cette émission sur France Culture !
@ Clara :
)
Alors si mon billet retranscrit mon émotion, je l’ai réussi !
@ Stéphie :
Gare à toi sinon ! 
J’espère que tu l’aimeras.
@ Keisha :
)
Ah oui ? Et tu as aimé te balader sur ce fleuve ? Ce serait une croisière à faire ça !
Bisous à ton petit et à toi
Voilà un roman dont tu souviendras longtemps
Je l’ai du coup d’autant plus apprécié !
@ Alex :
Ah oui ? Quoi donc ?
@ Choco :
Ce serait dommage de s’en priver.
@ Lancellau :
Disons que pour moi, il n’y a aucune réticence à avoir, aucun bémol non plus.
@ Liliba :
Mais moi aussi je passais plus de temps à le regarder qu’à lire ! 
Il ne me restait que 50 pages à lire.
@ Manu et Pimprenelle :
C’est clair que ce livre aura une place à part !
@ Cynthia :
) Tu m’étonnes ! 
Mouarf !
Le genre de voyage pas trop fatigant;
@ L’or :
cela dépend des jours. Aujourd’hui, je suis crevée, crevée !
@ Marie :
Oui, il a une place à part !
@ Stephie :
)
Oui, c’est une superbe histoire !
@ Solène :
Je retiens ce titre, alors, car ce thème m’interpelle énormément !