Un grand-père qui a les yeux dans le vague en cette veille de Noël. Un regard qui fouille les limbes du passé. Et puis, au moment du repas, pris en solitaire, quelqu’un qui frappe à la porte.
Ouvrir et découvrir que derrière se tient une de ses petites filles. A 13 ans, elle a choisi de fuguer et retrouver son grand-père pour lui poser une question. Une question qui peut faire basculer sa vie.
Mais pour le moment, après les retrouvailles, une bonne nuit de sommeil est plutôt conseillée …
Il suffit de peu de choses pour qu’un roman nous embarque : une ambiance particulière que l’on aime retrouver : les embruns bretons ; mais aussi des personnages attachants comme ce un grand-père mélancolique qui commence à trouver le temps long. Une solitude naissante et étouffante.
Un récit fait à deux voix : celle d’Ambroise le grand-père et celle d’Anne la petite fille.
Du récit d’Ambroise s’élève un doux chant mélancolique et le voir rire et échapper pour un temps à cette langueur qui le prend un peu plus chaque jour fait plaisir à lire. Ambroise sait très bien que ce rire ne durera que le temps du séjour de sa petite fille, mais il sera grand temps d’être de nouveau pris de mélancolie une fois la solitude revenue. Pour le moment, Ambroise profite.
En revanche, de la narration d’Anne, cette sérénité a déjà disparu. Anne est à une période charnière de sa vie : elle oscille entre le monde de l’enfance et ses rires innocents et cette quête identitaire qui fera d’elle une adulte. Elle qui ne connaît que très peu ce grand-père a tout de même choisi de se tourner vers lui aujourd’hui. Un peu comme si l’Ancien détenait la Vérité.
Loin de leur quotidien, et en ce Noël particulier, ils vont donc chacun de leur côté trouver en l’autre ce qui leur faisait défaut : l’insouciance d’un côté, la sagesse de l’autre.
Cette histoire attachante est servie par une plume dont la musique m’a plu :
Ambroise médite sa solitude, les coudes appuyés sur le parapet dominant de la plage, tirant de se vieille pipe de
bruyère des bouffées vite évanouies. Sur le coteau, derrière lui, s’étagent maison et hôtels, la plupart fermés en attendant la prochaine saison. Quelques rares touristes emmitouflés rôdent sur la promenade balayée par le noroît, avant de s’abriter au « Bar des Mouettes » ou dans « la Crêperie de la jetée ». Sur la plage le sable cingle les visages, pénètre les cols, irrite les yeux, dessèche les lèvres.
Vivants cerfs-volants, des goélands montent face au vent, se laissent porter, déporter, puis se posent pour disputer à quelques aigrettes une proie invisible au fond d’une flaque d’eau.
Une description qui m’a directement transportée près de la mer. En hiver. Face à nous une bruine cinglante qui martèle notre visage, derrière nous ces maisons de vacances toutes fermées. Pas un chat sur cette plage, et pourtant on est bien et on y resterait des heures.
La mer me manque. Ça se voit ?
Aussi, même si j’ai trouvé que la fin du récit était inaboutie (peut-être aurais-je aimé que l’intrigue soir plus développée ? ), je garderai en tête cette histoire et la musique de l’écriture de Thomassaint.
Ed. du Petit Pavé, 78 pages, 9 €
Roman lu dans le cadre de
(14/25). Il s’agit du maillon de Bladelor. Merci pour ce voyage à Perros. Elle aussi cite un passage de ce livre. Pour elle, c’est un conte de Noël magique.
Pour ma part, ce livre est un de mes préférés de cette chaine.


Toi aussi tu aimes cette ambiance-là ?
@ Clara :
J’ai lu ce livre il y a plus de 15 jours maintenant, et j’aime toujours autant relire ce passage.
@ Manu :
ça fait du bien aussi de tomber sur une telle perle !
@ Bladelor :
C’est mon préféré ! J’ai vraiment bien aimé, même si la fin est un peu moins bien aboutie. Mais le reste compense aisément !
@ Pimprenelle :
)
C’est surtout l’ambiance bretonne et la musique du livre que j’ai aimées.
Quant à la chaine, oui, jamais arrêtée, mais un peu lente de mon côté! Un livre en juillet, un en décembre, un en février (avant c’était régulier)
Quelques belles découvertes, des abandons. On attend le billet d’ys!
Mini bilan de la chaine demain !
bises
Heureux que cet homme ait à présent publié tout un livre! Je doute cependant que je puisse le trouver en Suisse…
Oui, la fin aurait pu être différente ou plus aboutie.
Quant au rythme, c’est mince en effet ! : -o
@ Moka :
Ah oui, toi aussi !
@ Ys :
Ça m’a aussi fait plaisir de le lire, crois-moi.
@ Lilibook :
)
Chanceuse !
@ Stephie :

@ Alinea :
Un petit livre bien sympa, oui.
@ Sousles mots :
Chouette !
@ Latite :
)
Ah super !
@ La plume :
Mais de rien !
@ DF :
Erff oui, j’en doute aussi. Je ne sais pas quand ce livre a été publié en revanche ….
@ Faelys :
ça aide de connaître ce lieu pour créer de belles images.