Commentaires sur Les charmes discrets de la vie conjugale de Douglas Kennedy

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Publié le 20 avril 2008, par dans Chez Pocket.

Le destin d’une femme à
travers les mutations de son temps, les mystères de l’union conjugale,
l’électrique confrontation entre aspirations progressistes et valeurs
conservatrices… Et l’exceptionnel talent de Douglas Kennedy. Pour ses
intellectuels de parents, Hannah Buchan est une vraie déception. A
vingt ans, au lieu de grimper sur les barricades et de se fondre dans
l’ébullition sociale des années soixante-dix, elle n’a d’autre ambition
que d’épouser son petit ami médecin et de fonder une famille. Installée
dans une petite ville du Maine, Hannah goûte aux charmes très, très
discrets de la vie conjugale. C’est alors que le hasard lui offre
l’occasion de sortir du morne train-train de son quotidien : malgré
elle, Hannah va se rendre complice d’un grave délit. Trente ans plus
tard survient le 11 septembre, et avec lui le temps du doute, de la
remise en question, de la suspicion. Le passé de Hannah va resurgir
inopinément. Et du jour au lendemain son petit monde soigneusement
protégé va s’écrouler…

Découvert l’été dernier grâce à
ma cuñada, j’enchaîne les romans de Kennedy sans me lasser. Même si ce
roman traîne parfois en longueur, même si l’intrigue vire parfois trop
dans la romanesque à mon goût, cet auteur sait maintenir le lecteur en
haleine … et comme d’hab, arrivée à la 500ème page, on ne peut plus
lâcher ce livre jusqu’au point final… conséquence désastreuse si
j’suis dans mon bain à ce moment là : ma peau devient celle d’un
sharpey, ou couleur écrevisse si j’suis au soleil.

Kennedy bross
un portrait assez acerbe des USA et montre bien ( dans la seconde
partie ) l’énorme place des médias. Ce n’est qu’un point accessoire
dans l’intrigue … mais essentiel.

 

Commentaires sur Le bizarre accident du chien pendant la nuit de Mark Haddon

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Publié le 20 avril 2008, par dans Chez Pocket.

J’ai été attirée par la couverture très enfantine de ce livre.

Puis la quatrième de couv’ donne envie aussi :  » drôle et insolite » dit un journaliste du Point.
Et
effectivement ce bouquin sort des sentiers battus : Christopher a 15
ans, trois mois et deux jours, il connaît tous les pays du monde avec
leur capitale, il aime tout ce qui est rouge, son rat Toby, les
mathématiques mais il trouve les gens déconcertants : Christopher ne
comprend pas les métaphores et trouve qu’on ferait mieux d’appeler ça
un mensonge.

« Il fait un temps
de chien » ou « avoir un squelette dans son placard »: je trouve qu’on
ferait mieux d’appeler ça un mensonge parce qu’un chien n’a rien à voir
avec le temps et que personne n’a de squelette dans son placard.

L’existence de cet adolescent particulier va être bouleversée par la mort de Wellington, le chien de sa voisine.
Quel
monstre est capable de tuer un animal ? se demande Christopher. Il va
donc se mettre à la recherche du meurtier, à l’instar de Sherlock
Holmes dans Le Chien des Baskerville ( seul roman qui trouve grâce aux yeux de Christopher.)
Ce qu’il découvre va au-delà de ce qu’il avait pu imaginer …

Ce roman est d’autant plus insolite que l’histoire alterne récit et dessins.
Puis
l’histoire est narrée du point de vue de cet adolescent autiste (même
si le terme n’est jamais employé) : c’est ce qui fait la force de ce
livre, car finalement, Christopher n’est pas si différent des personnes
dites normales.
Un joli roman sur l’Autre.

 

Commentaires sur Ensemble c’est tout d’Anna Gavalda

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Publié le 20 avril 2008, par dans Chez le Dilettante.

Super réticente ( combien de fois on m’a tannée pour que je lise ce livre ) mais non … Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part
sorti quelques temps auparavant m’avait mise mal à l’aise. J’avais donc
préféré zapper Gavalda. Je ne voulais pas retrouver des histoires
glauques de couilles cousues à la gorge. La sortie du film m’a donné
envie de lire le film … finalement j’ai vraiment bien aimé, et à part
deux cochons égorgés, Gavalda laisse de côté l’aspect morbide.

Voici
donc 4 éclopés de la vie ( une crevette qui a un appétit de moineau à
cause des cailloux dans son ventre, un aristocrate vendeur de cartes
postales, un cuisinier ronchon et grossier et une mamie déracinée )
qui, grâce à leur rencontre, vont apprendre à vivre, à aimer… et même
à s’aimer.

Belle histoire, qui aurait pu tomber dans la caricature … mais non, on se laisse embarquer.

 

Commentaires sur Seule Venise de Claudie Gallay

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Publié le 20 avril 2008, par dans Chez Babel.

J’ai été happée par cette écriture concise, hachée qui montre bien le
caractère de la narratrice .. femme perdue qui se retrouve seule à
Venise.

Une Venise prise par un brouillard épais, un prince
russe qui incarne la figure paternelle, une danseuse qui vit une réelle
passion avec Valentino, Manzoni qui se révélera être plus qu’un homme
désirable : voici les personnages de ce joli roman initiatique.
Le tout paraît bien sombre .. et pourtant une réelle force de vie se dégage de ce roman.

Quatrième de couverture :
A
quarante ans, quittée par son compagnon, elle vide son compte en banque
et part à Venise, pour ne pas sombrer. C’est l’hiver, les touristes ont
déserté la ville et seuls les locataires de la pension où elle loge
l’arrachent à sa solitude. Il y a là un aristocrate russe en fauteuil
roulant, une jeune danseuse et son amant. Il y a aussi, dans la ville,
un libraire amoureux des mots et de sa cité qui, peu à peu, fera
renaître en elle l’attente du désir et de l’autre. Dans une langue
ajustée aux émotions et à la détresse de son personnage, Claudie Gallay
dépeint la transformation intérieure d’une femme à la recherche d’un
nouveau souffle de vie. Et médite, dans le décor d’une Venise
troublante et révélatrice, sur l’enjeu de la création et sur la force
du sentiment amoureux.

 

Commentaires sur Comment parler de livres que l’on n’a pas lus ? Bayard Pierre

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Publié le 20 avril 2008, par dans Chez les éditions de minuit.

Titre très accrocheur, un brin provocateur même .. d’où mon achat pour cet essai.

Selon
cet auteur ( prof de littérature ), chacun pourrait parler d’un livre
qu’il n’a pas lu grâce à son inventivité et à sa « bibliothèque
personnelle ». Pour appuyer ses arguments, l’auteur sépare son livre en
plusieurs chapitres : comment parler de ce livre non-lu dans la vie
mondaine, face à un prof, devant l’écrivain, avec l’être aimé, en
prenant des situations extraites de bouquins ou de films.
L’idée est
bonne … sauf que le titre mène à un quiproquo : l’auteur ne nous
donne bien-sûr aucune clé qui permettrait de parler d’un livre non lu
(j’imagine bien le succès auprès des étudiants ou lycéens !), il veut
seulement, par l’intermédiaire de cet essai, montrer que la lecture
n’est pas une chose rebutante : il désacralise le livre. A nous de
puiser dans la bibilothèque collective ( les critiques, l’entourage qui parle d’un livre etc … ) pour construire notre bibliothèque privée.

 

Commentaires sur Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer

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Publié le 20 avril 2008, par dans Chez Points.

Ecriture assez complexe, mais poignante : au final, j’ai vraiment aimé lire ce livre.

Extrêmement fort et incroyablement près
de Jonathan Safran Foer raconte l’histoire d’un enfant de 9 ans,
traumatisé par la mort de son père dans les attentats du 11 septembre.
Roman-concept par excellence, le lecteur se joint au gamin pour tenter
de résoudre cette énigme : des photos, des lettres de différents
témoins ( donc différents points de vue) mais aussi des mots entourés
sont insérés dans l’histoire. ( Pour cela, préférer l’édition originale
car différentes couleurs sont utilisées.)

Mais le livre ne
s’arrête pas à ces innovations (Foer aurait pu s’arrêter à ces effets
de forme sans y mettre le fond) : l’histoire de ce gamin est touchante.

4ème de couv’ :
Oskar,
9 ans, est surdoué, ultrasensible, fou d’astrophysique, fan des Beatles
et collectionneur de cactées miniatures. Son père est mort dans les
attentats du World Trade Center en lui laissant une clé. Persuadé
qu’elle expliquera cette disparition injuste, le jeune garçon recherche
la serrure qui lui correspond. Sa quête désespérée l’entraîne aux
quatre coins de la ville où règne le climat délétère de l’après
11-Septembre.

 
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Publié le 20 avril 2008, par dans Chez Babel.

Parfois la couverture et le titre de certains livres nous happent : ce
fut le cas de ce bouquin. Couverture en noir et blanc, regards de
petites filles perdues et titre sommaire mais percutant.

Je ne savais pas de quoi parler le livre, que, déjà, il était dans mes mains.

L’histoire du livre est à la hauteur de la couverture : poignante.

Alice Ferney a choisi de placer son récit chez les Gitans, vous savez, ce peuple qu’on regarde avec dédain et mépris ..
D’emblée ce livre nous envoie vers des contrées inconnues.

L’histoire
: une libraire vient faire la lecture tous les mercredis à ces enfants
des gens du voyage. Cette gadjé, comme il l’appelle, va peu à peu
apprendre à les connaître et réciproquement.

La tribu, composée
de la vieille Angeline, grand-mère qui tient la place du sage, de ses 5
fils, de ses 4 belles-filles, et des enfants des 4 couples, n’est pas
reconnu par la mairie : pour elle, ce groupe n’existe pas. Les petits
ne sont donc pas reconnus, et comme ils ne vont pas à l’école, ils
restent toute la journée sur ce terrain vague.

Livre documentaire, mais surtout conte lyrique, j’ai été emportée par la grâce de l’écriture d’Alice Ferney.

Des extraits :

Elle lut comme elle ne l’avait jamais fait, même pour ses garçons : elle lut comme si cela pouvait tout changer.

Non,
se disaient maintenant les frères gitans, leurs vies n’étaient pas si
misérables. Ils n’étaient pas les plus pauvres. Ils n’étaient pas des
rampants sans feu ni lieu, puisqu’ils avaient des camions, des
caravanes, et de belles femmes qui portaient de jeunes enfants. Que
pouvait-on demander de plus à la vie ?

 
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Max Corneloup, auteur de
romans-feuilletons, vient d’aménager au 5, rue de la Doulce Belette.
Pile en face de chez lui, Eugène Fluche, artiste peintre collé à sa
fenêtre, l’observe à longueur de journée. Exaspéré, Max se met à
espionner les moindres gestes d’Eugène et consigne le tout dans son
journal intime. La méfiance règne. Pour l’entretenir, il y a la
concierge, Madame Ladoux, un cinéaste fou, Monsieur Zamora, un auteur
de romans érotiques, Lazare Montagnac, un chien, Hector, et d’autres
personnages hauts en couleur… L’inquiétude gagne. Au premier cadavre
suspect, le commissaire Taneuse, un drôle de zigue, est dépêché sur les
lieux. Qui se cache derrière cette affaire ? A qui profite le crime ?
Prenez soin du chien est un vrai film !

L’auteur a choisi
de construire son roman sous forme de lettres, ce qui donne un côté
ludique à la lecture. En outre, on connaît le point de vue de plusieurs
personnages, ce qui peut être un atout pour résoudre une énigme
policière.
Livre drôle, mais aussi énigmatique car l’intrigue est un
véritable jeu de pistes. Certains passages sont vraiment hilarants. Un
moment sympa.

 
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Publié le 20 avril 2008, par dans Chez Pocket.

Une jeune cadre anglais débarque en France et voici qu’il découvre un
monde étrange : des trottoirs parisiens semés d’obstacles autrement
appelés « crottes de chien », des habitudes alimentaires plus que
barbares : pourquoi manger un fromage qui pue des pieds, des huîtres
qui ne seraient rien d’autre que du mucus pulmonaire citronné, du
rectum de porc ? Outre cela des manifestations toutes les semaines, des
employés qui préfèrent boire un café, fumer sa clope, surfer sur le net
plutôt que bosser.

La technique du regard de l’étranger a encore
une fois fait mouche : j’ai bien ri, même si parfois j’me disais que
c’était normal qu’il y ait des grèves etc …

Un p’tit livre facile à lire et bien drôle.

Un extrait :
Bernard
eut un sourire nerveux et se lança: ‘Ayam bairnar, ayam responsibeul of
comunikacheune. Euh… ‘ Bon Dieu, Jean-Marie n’avait-il pas parlé
d’une réunion en anglais ? Et voilà que ce type attaquait en hongrois.
L’homme de Budapest poursuivit dans la veine hermétique pendant deux
minutes puis articula plusieurs mots, de la plus haute importance à en
juger par la constipation forcenée de son visage : ‘I véry appy vorking
ouiziou.’
Capté ! Bien que peu
familier des dialectes d’Europe centrale, là j’avais compris. Il serait
très heureux de travailler avec moi. Par Babel ! C’était de l’anglais,
Jim, mais pas le même que le nôtre. ‘Merci Bernard’ , dit Jean-Marie
avec un sourire d’encouragement. Avait-il choisi exprès le plus nul
pour mettre en valeur son excellent anglais personnel ? Je m’accrochai
à cet espoir. ‘A toi, Marc.’
Marc,
c’était le chauve efflanqué. Il portait une chemise gris sombre, mal
repassée et déboutonnée du col. Il s’avéra qu’il avait passé plusieurs
années dans le sud des États-Unis, d’où un accent bizarre de Scarlett
O’Hara qui aurait forcé sur le Pernod. – Hayam chargèd of a-ti, dit-il.
– Chargèd of a-ti, répétai-je d’un air approbateur. De quoi diable
s’agissait-il ? En rapport avec le thé, de toute façon. Intéressant. –
Compiouteur système, confirma Marc. – Ah… I.T. ! , fis-je.
Information Technologies ! Le chauve me lança un regard noir. Votre
anglais est excellent, ajoutai-je précipitamment. Combien de temps
avez-vous passé aux Etats-Unis ? – Ayav passèd one yir prepa at
university Georgia. And ayav passèd fave yirs in innchourrance company
in Atlanta. In the departemone, of a-ti, naturali. – Naturali,
acquiéscai-je.

 

Commentaires sur La classe de neige d’Emmanuel Carrère

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Publié le 20 avril 2008, par dans Chez Folio.

Dès le début de l’intrigue, j’ai ressenti le malaise et il ne m’a pas lâchée de tout le livre.
Nicolas
( 10 ans environ ) part en classe de neige, mais c’est un garçon
souvent inquiet avec une imagination plutôt morbide. Son père qui
semble le couver décide de le conduire en voiture à cette fameuse
classe de neige. Une fois arrivés, le père laisse Nicolas sans ses
affaires. Les jours passent et le père ne revient pas. Nicolas va
commencer à imaginer les pires choses qui soient …