S’il y avait un mot pou décrire cette BD, on pourrait dire « langueur » … langueur de l’été qui passe, assourdissant de chaleur. On se baigne dans l’eau, on regarde des films d’horreur le soir, on revoit sa copine d’enfance … Mais ce qui devrait être un moment reposant ne l’est pas tant que ça.
La mère, d’aspect anorexique, se complaît dans une certaine douleur, les tensions entre les parents se font sentir, et dans le magasin de cette ville on voit bien que se trame une histoire entre jeunes … Une jeune femme serait peut-être même enceinte …
Cet été-là est donc une BD au rythme particulier. Rien ne se passe réellement et pourtant on est loin des BD dans lesquelles il ne se passe rien non plus…
Le tout est dans l’atmosphère, un peu comme dans les romans japonais, on sent cette tension palpable sans jamais l’approcher vraiment, le personnage principal est en fait à un tournant de sa vie. Elle quitte les rives de l’enfance pour entrer sur le fleuve de l’adolescence, et sa barque tangue beaucoup.
Des personnages attachants, une BD d’ambiance, des situations fortes. Un regard sur l’adolescence qui sonne juste.
Mariko TAMAKI et Jillian TAMAKI
Cet été-là
traduit de l’anglais par Fanny Soubiran
Rue de Sèvres
2014
20 €
Coup de coeur d’Antigone.
Anne : C’est un magnifique travail, tant au niveau du scénario que du graphisme.


