
« Ce ne sont pas les autres qui nous infligent les pires déceptions, mais le choc entre la réalité et les emballements de notre imagination. » p.33
Recevoir des lettres de condoléances quand on a perdu un proche est inévitable.
A la mort de sa mère, Camille ouvre ces lettres les unes après les autres, avec l’élan d’un automate. Elle les regarde, en ouvre quelques-unes, jusqu’à tomber sur une enveloppe plus épaisse.
Etrange pour une lettre de condoléances.
En l’ouvrant, elle se rend très vite compte qu’il s’agit d’une histoire. Une histoire dont les protagonistes lui sont inconnus. Alors, elle pense que cette lettre a fait fausse route, que le destinataire s’est trompé. Mais mue par une certaine curiosité, elle continue sa lecture.
A la deuxième lettre, son étonnement grandit. Peut-être va-t-il falloir le dire à l’expéditeur ? Mais comment le joindre ?
Au fil du temps, Camille laisse sa perplexité au placard et se dit que finalement il s’agit sans doute d’un manuscrit qu’un auteur lui aurait envoyé afin d’être lu. Après tout, c’est vrai que l’amoncellement de manuscrits à son travail ne rend pas leur lecture aisée, et souvent les manuscrits sont lus trop vite.
Alors Camille continue la lecture de cette histoire qui arrive sous forme de puzzle. L’idée lui plaît.
Mais un jour, elle comprend que ce n’est pas un manuscrit. On lui adresse vraiment ces lettres. C’est elle la véritable destinataire.
Mais pourquoi lui raconte-t-on ces évènements ? Qu’ont-ils à voir avec son histoire ?
Voici un roman qui commence comme une enquête, même si au fil des pages il s’agira plutôt d’une quête identitaire. Le procédé des lettres permet de distiller les informations au compte-gouttes, accroissant ainsi l’appétit du lecteur.
De secrets de familles en scandale, la sauce prend, et le lecteur n’a envie que d’une chose : connaître la suite. Les informations que l’expéditeur lâche avec précaution permettent au lecteur de reconstituer un puzzle qui n’est pas forcément des plus reluisants.
Outre cette narration qui tient en haleine le lecteur, la complexité des personnages, comme cette Madame M, ne fera que renforcer l’envie de connaître le fin mot de l’histoire. Le lecteur est pris dans les filets de cette charmante narration et laisse le temps s’écouler sans y prendre garde. On se laisse prendre à cette plume qui glisse entre les époques, entre la grande histoire (celle de la seconde guerre mondiale) et la petite, l’intime.
Bien-sûr, la révélation finale peut être perçue comme une pirouette un peu trop facile, trop hollywoodienne même, mais de ce premier roman se dégage un réel pouvoir de séduction : l’histoire (ou plutôt les histoires) sont maîtrisées, la langue est limpide et elle sait se faire caméléon car elle tient compte des différents narrateurs.
Un auteur que je suivrai avec intérêt.
Le confident
Auteur Hélène Grémillon
Editeur Plon
Date de parution août 2010
Collection Litterature Francaise
ISBN 2259212514
19 €
302 pages.
Lu dans le cadre du Grand Prix du Web, catégorie Premier roman.
Stéphie : Un très beau livre, une bien jolie plume, des personnages que l’on n’oubliera pas de sitôt. On aimerait n’avoir à lire que des premiers romans de cette trempe.
Lancellau :une véritable histoire, riche et forte, des personnages touchants, des destins fragiles, brisés, un récit émouvant et haletant.
Keisha : Une réussite !
Clara : Que du bonheur !
