Un roman qui s’ouvre sur un cauchemar, celui de Salima. Des chauves-souris qui volettent au-dessus d’elle, une atmosphère irrespirable. Le genre de cauchemar que personne n’a envie de faire. Aussi quand Salima, jeune britannique d’origine pakistanaise, se réveille, elle est soulagée !
Mais ce rêve ne serait-il pas prémonitoire ?
Pour le moment, elle vit à Londres avec ses parents. Cette jeune lycéenne navigue entre deux pays : celui dans lequel elle est née et celui de ses ancêtres. Elle troque l’anglais qu’elle parle à l’école pour le punjabi lorsqu’elle arrive chez elle. Sa mère qui reste à la maison ne parle que quelques mots d’anglais et son père qui travaille à l’extérieur parle anglais mais préfère parler sa langue maternelle chez lui.
Un soir, autour d’un plat parfumé, son père annonce qu’ils doivent faire un voyage au Pakistan car le grand-père est malade. Il faut donc aller le revoir avant qu’il ne soit trop tard.
Salima est contente car elle aime ce pays pour ses couleurs et ses paysages, ce village hors du temps qu’elle compare à celui d’une fable : courir derrière les poules dans les rues poussiéreuses, regarder avec émerveillement des garçons de son âge conduire les buffles dans les champs. (…) La magie d’un monde où les étoile paraissent si proches qu’elles éclairent à elles seules les sentiers sinuant entre les maisons du village. Si lumineuses qu’il est impossible de se perdre, même en l’absence de lune.
Malgré tout, lorsqu’elle aperçoit ses parents en train de mettre des bijoux derrière l’armoire de leur chambre, un pressentiment l’assaille. Ne serait-ce pas sa dot qu’ils préparent ? N’est-ce pas la tradition au Pakistan ?
Mais ses parents la rassurent. Non, même si elle est en âge de se marier là-bas, ils ne la marieront pas de force.
C’est donc le cœur léger qu’elle prend l’avion en compagnie de ses parents et de sa petite sœur …
Après une mise en route assez longue, mais nécessaire pour comprendre à quel point la jeune Salima est avant tout anglaise, le rythme de ce roman va crescendo jusqu’à la fin. Le style est assez journalistique (ce qui est normal puisque l’auteur exerce ce métier) : pas vraiment d’effet de style et des phrases courtes, ce qui ne dérange pas vraiment tant le contenu se révèle riche. Là encore, j’ai senti derrière les nombreuses informations la patte du journaliste.
Malgré tout ce n’est pas un documentaire car la narration se caractérise aussi par certains codes du discours narratif : le lecteur navigue ainsi entre différents points de vue. Bien-sûr, l’histoire est essentiellement perçue du point de vue de Salima, mais il est intéressant d’avoir aussi le point de vue de son cousin ou encore de sa petite sœur durant quelques pages.
Le seul bémol qui me vient serait l’exploitation de certains personnages. Par exemple, certaines réactions violentes de la part du père ou encore un geste particulier de la mère (que ceux qui ont déjà lu ce roman auront en tête) me paraissent incohérents en comparaison du caractère de ces personnages développé au début du roman.
Malgré tout, c’est un roman poignant qui reflète la réalité des mariages arrangés. Et comme l’auteur le dit à la fin la réalité dépasse souvent la fiction. Malheureusement ajouterai-je. C’est donc un roman dédié pour ces femmes qui sont mortes pour avoir voulu vivre leur vie telle qu’elles le souhaitaient.
Coll. MilleZime pour Bayard Jeunesse, 272p, 11€90
Merci beaucoup Stéphie pour ce prêt !
Son billet montre à quel point elle a été touchée par cette histoire et elle a admiré le courage de Salima, c’est un coup de cœur pour Lael, Titoudou le conseille au plus grand nombre.


Et la couverture invite à elle seule au voyage.
@ Neph :
Je comprends qu’il faille faire des choix.
@ Sabbio :
Oui, la réalité est bien triste, ce que révèle bien la petite annexe du roman.
@ Hérisson :
Je comprends, oui. Pour moi ce sont des incohérences, mais Lael et Stéphie n’ont pas été gênées … ça dépend aussi des attentes.
Je suis contente que tu aies lu ce bouquin et je te remercie pour ton lien.
Ai-je tout dit, hum ?
Oui, c’est un livre jeunesse … enfin pour les grands adolescents, je pense.
@ Stephie :
)
Je peux tout à fait comprendre ces gestes (le poids des traditions ou encore la peur d’être mal vu dans ce pays, la pression que les proches mettent), mais je les trouve mal amenés, surprenants. Quand je pense au geste de la mère, cela arrive très vite, puis on n’en parle plus.
D’où mon bémol.
De rien pour le lien, c’est tout à fait normal, non ?
C’est vrai qu’une fois la dernière page refermée, j’ai mis quelques minutes avant de reprendre une activité normale. Mais je n’ai pas été démolie par ce roman, car il engage davantage une réflexion sans tomber dans le pathos.
A ce que je vois, toi aussi tu te cherches, question couleurs !! J’aime bien celle-ci, plus intime. Pour ma part, lasse du sombre, j’ai tout éclairci. Finalement, ça fait du bien…
Je te remercie pour ces compléments.
@ Antigone :
Je suis passée par un vert aussi il y a quelques jours, avant de changer …
Je suis allée voir ! Ça change !
Je ne sais pas encore si je laisse ces couleurs-là.
@ Mango :
Oh que oui ! D’ailleurs un des personnages le dit dans ce livre « oublie les mille et une nuits, les preuves d’amour, les histoires romantiques, les garçons courageux qui se battent pour un rêve. »
Quant au geste de la mère, non, elle ne commet aucun geste violent envers sa fille, c’est contre elle …
Bon, maintenant, j’ai très envie de le lire, je note!
Merci !
@ Aurélie :
Oui, ce n’est pas forcément une histoire facile. Mais il est important que les jeunes adolescent(e)s connaissent le sort de certaines d’entre elles.
@ Alex_Couassous :
Pas facile, mais qu’il est important de connaître.
Mince, je t’ai zappée … ^^
Le sujet n’est pas forcément super simple, mais je crois que je vais suggérer ce titre à la documentaliste de mon établissement.
bonne journée.
J’espère que le livre te plaira.
@ Line :
Celui-ci est bien écrit, j’espère que cette suggestion lui plaira.
Oui, la couverture attire bien l’œil !