Commentaires sur Oublie les mille et une nuits de Marco Varvello

Un roman qui s’ouvre sur un cauchemar, celui de Salima. Des chauves-souris qui volettent au-dessus d’elle, une atmosphère irrespirable. Le genre de cauchemar que personne n’a envie de faire. Aussi quand Salima, jeune britannique d’origine pakistanaise, se réveille, elle est soulagée !
Mais ce rêve ne serait-il pas prémonitoire ?
Pour le moment, elle vit à Londres avec ses parents. Cette jeune lycéenne navigue entre deux pays : celui dans lequel elle est née et celui de ses ancêtres. Elle troque l’anglais qu’elle parle à l’école pour le punjabi lorsqu’elle arrive chez elle. Sa mère qui reste à la maison ne parle que quelques mots d’anglais et son père qui travaille à l’extérieur parle anglais mais préfère parler sa langue maternelle chez lui.
Un soir, autour d’un plat parfumé, son père annonce qu’ils doivent faire un voyage au Pakistan car le grand-père est malade. Il faut donc aller le revoir avant qu’il ne soit trop tard.
Salima est contente car elle aime ce pays pour ses couleurs et ses paysages, ce village hors du temps qu’elle compare à celui d’une fable : courir derrière les poules dans les rues poussiéreuses, regarder avec émerveillement des garçons de son âge conduire les buffles dans les champs. (…) La magie d’un monde où les étoile paraissent  si proches qu’elles éclairent à elles seules les sentiers sinuant entre les maisons du village. Si lumineuses qu’il est impossible de se perdre, même en l’absence de lune.
Malgré tout, lorsqu’elle aperçoit ses parents en train de mettre des bijoux derrière l’armoire de leur chambre, un pressentiment l’assaille. Ne serait-ce pas sa dot qu’ils préparent ? N’est-ce pas la tradition au Pakistan ?
Mais ses parents la rassurent. Non, même si elle est en âge de se marier là-bas, ils ne la marieront pas de force.
C’est donc le cœur léger qu’elle prend l’avion en compagnie de ses parents et de sa petite sœur …

Après une mise en route assez longue, mais nécessaire pour comprendre à quel point la jeune Salima est avant tout anglaise, le rythme de ce roman va crescendo jusqu’à la fin. Le style est assez journalistique (ce qui est normal puisque l’auteur exerce ce métier) : pas vraiment d’effet de style et des phrases courtes, ce qui ne dérange pas vraiment tant le contenu se révèle riche. Là encore, j’ai senti derrière les nombreuses informations la patte du journaliste.
Malgré tout ce n’est pas un documentaire car la narration se caractérise aussi par certains codes du discours narratif : le lecteur navigue ainsi entre différents points de vue. Bien-sûr, l’histoire est essentiellement perçue du point de vue de Salima, mais il est intéressant d’avoir aussi le point de vue de son cousin ou encore de sa petite sœur durant quelques pages.
Le seul bémol qui me vient serait l’exploitation de certains personnages. Par exemple, certaines réactions violentes de la part du père ou encore un geste particulier de la mère (que ceux qui ont déjà lu ce roman auront en tête) me paraissent incohérents en comparaison du caractère de ces personnages développé au début du roman. 
Malgré tout, c’est un roman poignant qui reflète la réalité des mariages arrangés. Et comme l’auteur le dit à la fin la réalité dépasse souvent la fiction. Malheureusement ajouterai-je. C’est donc un roman dédié pour ces femmes qui sont mortes pour avoir voulu vivre leur vie telle qu’elles le souhaitaient.

Coll. MilleZime pour Bayard Jeunesse, 272p, 11€90

Merci beaucoup Stéphie pour ce prêt !
Son billet montre à quel point elle a été touchée par cette histoire et elle a admiré le courage de Salima, c’est un coup de cœur pour Lael, Titoudou le conseille au plus grand nombre.

This entry was posted in Chez Bayard and tagged Chez Bayard, déraciné, Dimentica le mille e una notte, , mariage forcé, Pakistan, roman italien.

31 comments

  1. Hambre says:

    Encore un joli roman avec une belle histoire. Ton billet me donne envie de lire ce bouquin : je note, je note…..

    Répondre
  2. Neph says:

    En effet, comme le dit Hambre, c’est une belle histoire… Mais ce sera sans moi !

    Répondre
  3. Sabbio says:

    Cette réalité est si triste… Je pense que je vais l’ajouter à ma fameuse liste.

    Répondre
  4. Herisson08 says:

    Un thème forcément très touchant dans notre société occidentale… Pourtant quelques uns de tes mots ne m’invitent pas à la lecture… ce style un peu journalistique, ces personnages qui ne collent pas vraiment… Ce ne sont que des détails bien sur, mais j’ai déjà beaucoup à lire.. et puisqu’il faut faire des choix… Enfin comme souvent, si je le vois en bibliothèque…

    Répondre
  5. Leiloona says:

    @ Hambre :
    Et la couverture invite à elle seule au voyage.

    @ Neph :
    Je comprends qu’il faille faire des choix.

    @ Sabbio :
    Oui, la réalité est bien triste, ce que révèle bien la petite annexe du roman.

    @ Hérisson :
    Je comprends, oui. Pour moi ce sont des incohérences, mais Lael et Stéphie n’ont pas été gênées … ça dépend aussi des attentes.

    Répondre
  6. Manu says:

    C’est un livre jeunesse ? J’aurais sans doute préféré un livre adulte sur le sujet mais je le garde en mémoire au cas où. Un sujet dont on entend de plus en plus parler malheureusement.

    Répondre
  7. Stephie says:

    Moi, je ne trouve pas ça si incohérent que ça justement. Cela montre à quel point ses parents se laissent happer par le poids des traditions et la peur du qu’en dira-t-on ?

    Répondre
  8. Stephie says:

    Ah oui, au fait… J’ai oublié de poster la moitié de ce que je voulais dire… quelle blonde…
    Je suis contente que tu aies lu ce bouquin et je te remercie pour ton lien.
    Ai-je tout dit, hum ?

    Répondre
  9. Hathaway says:

    Je suis bien tentée, la couverture, le titre, le résumé, les avis… J’aime les romans poignants, même si j’ai souvent besoin de temps pour m’en remettre …

    Répondre
  10. Leiloona says:

    @ Manu :
    Oui, c’est un livre jeunesse … enfin pour les grands adolescents, je pense.

    @ Stephie :
    Je peux tout à fait comprendre ces gestes (le poids des traditions ou encore la peur d’être mal vu dans ce pays, la pression que les proches mettent), mais je les trouve mal amenés, surprenants. Quand je pense au geste de la mère, cela arrive très vite, puis on n’en parle plus.
    D’où mon bémol.
    De rien pour le lien, c’est tout à fait normal, non ? )

    Répondre
  11. Leiloona says:

    @ Hathaway :
    C’est vrai qu’une fois la dernière page refermée, j’ai mis quelques minutes avant de reprendre une activité normale. Mais je n’ai pas été démolie par ce roman, car il engage davantage une réflexion sans tomber dans le pathos.

    Répondre
  12. line says:

    encor un livre qui donne envie d’etre lu. Pour repondre à ta question Crimes à l’affiche est le premier roman de Nicola Upson et je ne sais pas s’il fera partie d’une série ou pas. J’ai regardé les critiques et la pluspart sont positives mais personnellement comme je l’ai dit, je n’ai pas accroché à cette histoire malgré un bon suspence.

    Répondre
  13. antigone says:

    J’aime les couleurs de la couverture de ce livre mais je ne suis pas tentée par l’histoire…
    A ce que je vois, toi aussi tu te cherches, question couleurs !! J’aime bien celle-ci, plus intime. Pour ma part, lasse du sombre, j’ai tout éclairci. Finalement, ça fait du bien…

    Répondre
  14. Mango says:

    Les Mille et Nuits sont loin avec ce livre! joli titre en tout cas et joli billet! Je n’ai pas deviné le geste de la mère: qu’a-t-elle pu faire? Une excision? Triste destin en tout cas pour toutes ces jeunes filles!

    Répondre
  15. Leiloona says:

    @ Line :
    Je te remercie pour ces compléments. Je croyais que c’était une série (mais je dois confondre avec une autre couverture.)

    @ Antigone :
    Je suis allée voir ! Ça change ! Je suis passée par un vert aussi il y a quelques jours, avant de changer …
    Je ne sais pas encore si je laisse ces couleurs-là.

    @ Mango :
    Oh que oui ! D’ailleurs un des personnages le dit dans ce livre « oublie les mille et une nuits, les preuves d’amour, les histoires romantiques, les garçons courageux qui se battent pour un rêve. »
    Quant au geste de la mère, non, elle ne commet aucun geste violent envers sa fille, c’est contre elle …

    Répondre
  16. Pimprenelle says:

    C’est marrant, il n’avait pas attiré mon attention chez Stephie, du coup je viens d’aller relire son billet et c’est sans doute parce qu’elle précisait qu’il s’agit de littérature de jeunesse.
    Bon, maintenant, j’ai très envie de le lire, je note!

    Répondre
  17. Moka says:

    Belle couverture, beau billet, mais l’histoire ne m’attire absolument pas.

    Répondre
  18. Aurélie says:

    Cette histoire devrait me plaire également. Un triste sort pour ces jeunes filles mariées contre leur gré et au destin très poignant.

    Répondre
  19. Leiloona says:

    @ Calypso :
    Merci !

    @ Aurélie :
    Oui, ce n’est pas forcément une histoire facile. Mais il est important que les jeunes adolescent(e)s connaissent le sort de certaines d’entre elles.

    @ Alex_Couassous :
    Pas facile, mais qu’il est important de connaître.

    Répondre
  20. Leiloona says:

    @ Moka :
    Mince, je t’ai zappée … ^^
    Le sujet n’est pas forcément super simple, mais je crois que je vais suggérer ce titre à la documentaliste de mon établissement.

    Répondre
  21. line says:

    ma fille a deja lu quelques livre sur ce sujet, je vais lui suggerer egalement celui ci.
    bonne journée.

    Répondre
  22. Leiloona says:

    @ Gambadou :
    J’espère que le livre te plaira.

    @ Line :
    Celui-ci est bien écrit, j’espère que cette suggestion lui plaira.

    Répondre
  23. Maribel says:

    Je l’ai remarqué à la librairie à cause de sa belle couverture. Je le noterai peut-être, il semble intéressant.

    Répondre
  24. Lavava69 says:

    Ce livre m’a trop fait pleurer! il etait vraiment bien! la fin etait plutot triste quand Salima a voulut voir une derniere fois son père avant qu’il ne meurt et qu’elle n’a pas pu a cause de ses freres!

    Répondre
  25. ♣Amour&Paix. says:

    C’est le premier roman qui ma fait pleurer .Franchement.Mais j’ai était contente de la fin,pour les deux sœurs.

    Répondre

Laisser un commentaire