C’est la rentrée des classes !
Et pour nos étudiants en première année, l’entrée à la fac est importante. C’est là que pas mal de choses vont se mettre en place. Et puis, la première année est souvent signe d’une émancipation … La fac, c’est l’endroit idéal pour draguer nous dit la première phrase du roman. Le ton est donné.
Ainsi pour la belle et plantureuse mais prude Shipley, le sportif Tom, Nick le rêveur écolo, Eliza la punk, la journée d’orientation s’annonce déjà décisive. Déjà des caractères se dessinent et des affinités se créent.
Ne connaissant pas du tout Gossip Girl, que ce soit le roman ou la série dérivée, j’étais curieuse de lire cet auteur à succès. De ce roman j’avais quelques attentes : du badinage, des personnages qui incarnent l’adolescent américain type, un roman très facile d’accès. Eh bien, toutes ces attentes ont été comblées…
Effectivement, ce sont des personnages caricaturaux. La belle Shipley par exemple a tout de la vierge effarouchée que cette première année à l’université va bien dévergonder car cette blonde aux grandes jambes fuselées fait tourner les cœurs de la gent masculine.
Néanmoins, derrière cette caricature, on perçoit en filigrane une fêlure qui rend tous les personnages attachants. Ainsi pour Shipley, le fait que sa famille ait volé en éclats, ou encore que sa mère lui donne davantage d’amour en lui donnant sa carte de crédit plutôt qu’une réelle affection, permet de donner à la jeune femme un côté humain et réaliste.
– J’ai essayé de me foutre en l’air une fois, quand j’avais environ onze ans … Non, treize ans, je crois …. Je me sentais trop seule, alors un jour j’ai pris un tube d’aspirine et du rince-bouche, et je me suis assise dans la cuisine. J’ai ouvert le gaz du four.
Et même si chaque adolescent incarne un personnage-type, il est tout de même plaisant de suivre leur progression au sein de la fac.
En effet, ce livre est aussi un roman d’apprentissage. Comme l’incipit l’a montré, la fac est le lieu de drague par excellence. Aussi pour certains, cette première année est aussi synonyme des premières fois.
Et l’intrigue n’y coupe pas : première expérience sexuelle mais aussi découverte de différentes drogues, douces ou plus fortes … Le lecteur assiste à une véritable débauche !
Eliza fumait son joint en gambergeant. Elle s’était déjà défoncée une fois ou deux, en prenant quelques taffes dans des soirées quand personne ne le regardait. Elle aimait bien la sensation de relaxation, mais elle détestait l’air crétin que ça donnait. Elle ne voyait pas l’intérêt d’afficher de façon régulière une tête de demeurée. Et de plus, quand on est défoncé, on a envie de manger, ça fait grossir. Un truc pour les décérébrés, littéralement.
Ainsi ce roman pour grands adolescents brosse-t-il aussi un portrait au vitriol de cette jeunesse complètement déboussolée dont les parents sont les grands absents et qui se plonge à corps perdu dans la démesure.
Et au final, je ne sais pas vraiment si l’image de cette jeunesse est si enviable que ça.
Que pensera l’adolescente qui lira ce livre, puisqu’elle est la cible du
livre, après tout ?
Voudra-t-elle s’identifier à Shipley, la belle
candide qui apprend pas mal de choses en un an ? Au contraire,
sera-t-elle assez fine pour déceler la critique de ces étudiants ?
Voici par exemple les pensées de Shipley au début du roman :
Shipley n’avait plus tellement envie de parler des élections. Ses connaissances en politique commençaient et se terminaient avec la guerre du Golfe, qui avait été une Bérézina. George Bush était vieux et ennuyeux, Ross Perot vieux et cinglé. Et Bill Clinton, relativement jeune, était encore bel homme, jouait du saxophone, et ça n’avait pas l’air de le déranger de voir sa fille et sa femme mal coiffées.
Et ce genre de réflexion est courant dans le roman … Shipley est vraiment la fille candide qui laisse par exemple les clés sur la roue avant gauche de sa voiture, et ce même si quelqu’un la lui emprunte régulièrement, tout simplement parce que c’est plus simple de laisser ses clés sur la roue ! (Elle aurait peur de les perdre si elle les gardait dans son sac …)
Bref …
De
mon côté, ce mélange entre roman léger et ironie sous-jacente m’a intéressée, même si au final j’ai tout de même eu l’impression d’avoir
sous les yeux le scénario d’un teen-movie.
A noter, la
quatrième de couverture laisse planer un certain suspens puisque le
résumé nous parle d’un soi-disant secret que Shipley garde jalousement …
Secret que le lecteur découvre très vite et qui n’est pas vraiment un
secret …
Ed. Michel Lafon, 332 pages, 17 €95
Lael l’a lu elle aussi et elle recense les autres billets déjà parus : Cecily von Ziegesar offre un petit
mode d’emploi d’entrée à la fac côté outre Atlantique qui n’est pas
déplaisant du tout. Un bon point.
Un second tome est déjà prévu.

j’avais bien aimé cette lecture
C’est aussi ça que j’aime : les grosses sorties ne plaisent pas forcément aux blogueurs !
@ Esmeraldae : ah, merci, je n’avais pas vu.
Pourtant, les lectures pour ados ne me rebutent pas spécialement, mais là, le thème abordé ne m’attire pas (pas plus d’ailleurs que Gossip Girl, dont j’ai vu 5 minutes la semaine passée à la télévision).
Toujours un plaisir de lire tes avis !
mais fan fan de gossip girl, je ne pouvais attendre qu’un roman aussi excitant (avec le secret de shipley) de cecily von ziegesar !
bonnes vacances aux lecteurs
Mais Julie, je ne sais pas si la réalité américaine est vraiment celle-ci … Il s’agit plutôt pour moi de la réalité des séries pour ados.