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Tout commence par le récit de Constance, jeune fille qui pense avoir été adoptée et dont la très jeune sœur vient de mourir. Sa mère inconsolable depuis cette mort s’efface de jour en jour du monde des vivants. Aussi Constance se tourne-t-elle vers une science occulte : le spiritisme. Par cette entremise, elle souhaite que sa sœur défunte prenne la parole et enlève à sa mère le poids de la culpabilité.
Constance découvre alors tous les rouages de ces séances …
Néanmoins, suite à un retournement de situation bien funeste et inattendu, la voici obligée d’aller vivre chez son oncle. C’est à ce moment-là qu’un homme  qui semble malade, à moins qu’il soit en fait mal à l’aise, lui apprend qu’elle est la seule héritière d’un manoir à la très mauvaise réputation …
Cet homme lui laisse alors des documents, en réalité différents récits faits par plusieurs personnes, afin qu’elle comprenne pourquoi il ne souhaite pas qu’elle hérite de cette bâtisse …

Avec pour décor un manoir inquiétant, des personnages avides de science occulte, d’autres enclins à voir des fantômes, ce roman dont l’intrigue se passe au XIXème siècle possède toutes les caractéristiques du roman gothique : un manoir hanté par la mort de ses propriétaires, une forêt étouffante qui l’entoure, un moine qui fait peur aux passants depuis de nombreux siècles, mais aussi une femme persécutée par son mari, à moins que ce ne soit sa folie naissante qui l’emporte vers des tourments imaginaires, la liste est longue et on pourrait encore ajouter l’allusion à Faust qui démontre bien que ce roman récemment sorti joue avec les codes du roman gothique.

L’atmosphère étouffante accapare le lecteur dès les premières pages, et il n’est pas dit qu’il voudra sortir des brumes anglaises. Le récit de différents personnages ne fait qu’attiser sa curiosité  : voici un roman qui a l’art d’hypnotiser son lecteur qui ne souhaite qu’une chose : savoir quel est le secret de ce manoir.
La trouillarde que je suis n’en menait vraiment pas large au début du roman : j’avais des sueurs froides à cause de ces séances de spiritisme qui étaient mises en place pour faire parler une enfant morte de deux ans.
De quoi vous glacer les sangs !
Malgré tout, poussée par un certain masochisme, je continuai cette lecture … Et finalement je suis bien contente d’avoir été jusqu’au bout.
Ce livre est un peu comme certains films de Shyamalan (le réalisateur de « Sixième sens », « le Village » …) car en fait tout tient dans l’ambiance créée ! Les événements fantastiques se comptent sur les doigts d’une main dans ce livre et pourtant en le refermant on ne peut s’empêcher de frissonner en pensant à certains passages.
Une construction bien maîtrisée, des narrateurs différents, un décor qui donne le frisson, un lecteur qui s’identifie facilement à Constance : tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment.
(Même les trouillardes comme moi pourront se régaler. C’est dire.)

Collection Néo pour Le cherche-midi, 359 pages, 18 €

Lou : Un vrai régal, un livre dont je ressors vraiment enthousiaste et que je compte recommander autour de moi. 
Clara :  Avant de commencer  ce livre, vérifiez  que le
frigo n’est pas vide et que votre tribu a quelques vêtements pour les
deux ou trois à jours à venir.  Car une fois  ouvert, vous ne
pourrez plus lâcher  ce livre qui nous plonge dans l’Angleterre
Victorienne, avec bonheur et délices…
 
Keisha : Roman bien écrit, à la construction habile, qui évoque le roman à la
Wilkie Collins ou Elisabeth Braddon, en plus moderne, oserais-je dire
meilleur ? En tout cas Harwood n’a pas à rougir devant  ses prédécesseurs, offrant là un suspense à ne pouvoir lâcher sa
lecture qu’à contrecœur et un vrai bonheur de retrouver les ressorts
habituels du roman à mystère.

The Times :  Bienvenue dans les brumes victoriennes… Un livre à énigmes ensorcelant
que vous lirez à coup sûr d’une seule traite.
The
Washington Post

:La façon dont John Harwood joue avec les conventions du
thriller victorien est une véritable source de délices !