Félix a tout de l’adulte qui n’a pas voulu grandir. La tête dans les séries Z, il n’a qu’une idée en tête : écrire un scénario. Malheureusement il n’achève jamais son script …
Sa femme lui pose alors un ultimatum : il va falloir qu’il finisse un scénario, sinon il ira pointer au pôle emploi très prochainement.
Félix est dans ses petits souliers.
Il faut dire que sa femme a tout de la tueuse à laquelle rien ne résiste. Prof de SVT en banlieue parisienne, elle a réussi à dompter ses 3èmes d’insertion. Alors, son mari ne lui fait pas vraiment peur. Elle le mènera à la baguette s’il le faut !
D’ailleurs, même Zoé, la fille de Félix fait peur à son papa !
Bon, c’est vrai que ce bébé ferait peur à tout le monde tant cette petite hurle tout le temps …
Félix est donc au pied du mur. Il doit finir le scénario de L’hospice de l’angoisse s’il ne veut pas pointer au chômage.
Mais avec ce scénario, tout semble bien aller. Il y a même un producteur qui l’a contacté !
Mais, un jour, débarquent deux inspecteurs.
Et d’après eux, le scénario que Félix a fait lire à son producteur n’a rien de fictif … Puisque des meurtres ont justement eu lieu dans la maison de retraite de la Niche Saint-Luc. Maison de retraite qui accueille de vieux acteurs.
Comment Félix arrivera-t-il à prouver son innocence ?
J.M.Erre a l’art de narrer des histoires complètement loufoques et de les mener de main de maître. Dans Prenez soin du chien, il m’avait déjà bien fait rire, et avec ce dernier livre, le sourire et le ricanement étaient encore au rendez-vous.
Si je vous dis que Félix est un fan de Max Pécas, qu’il végète dans son canapé devant des nanars, vous allez me dire que ce Félix n’a rien du prince charmant.
Effectivement, c’est un héros décalé, voire même un anti-héros qui tient un blog que suivent deux pèlerins et quatre tondus … Et le fait de plonger dans cette histoire de crimes multipliera les occasions hilarantes.
Les autres personnages ne sont pas en reste non plus. Par exemple, les comptes-rendus de l’agent Virgile Galachu avec ses néologismes vous feront écarquiller les yeux.
Et que dire des coupures publicitaires qui ponctuent le roman ? Et des différentes interventions du narrateur parlant d’un lecteur lambda appelé Hubert habitant à Knokke-le-Zoute, lecteur qui pourrait bien être nous, justement ?
Bien-sûr, si l’humour potache ou bon enfant ne vous fait pas rire, ce n’est pas la peine d’ouvrir ce livre. Cependant, malgré cet humour, je n’ai pas trouvé que les blagues étaient lourdes ou mal amenées.
Pour vous montrer quel est le ton du livre, voici le début :
Il était une fois, il y a bien longtemps, un enfant qui courait sous un ciel sans lune. Fille ou garçon ? Impossible à dire. Parce qu’une longue cape rouge le recouvrait, parce que la nuit était profonde, et surtout parce que ça gâcherait le suspense si on donnait son identité dès la première page.
L’enfant portait un panier contenant une galette et un petit pot de beurre, ce qui lui aurait rappelé quelque chose s’il avait eu un peu de culture générale. Mais le frêle enfant n’avait jamais connu les joies complices du conte de fées chuchoté sur les rives du sommeil, car sa maman était muette et son papa avait des difficultés d’élocution quand il revenait du café (…)
Si ce passage vous a fait sourire ou rire, alors ce livre risque de vous muscler les zygomatiques.
En fait, en lisant ce roman, j’ai eu l’impression de lire un Pennac de l’ancienne génération. Le Pennac des Malaussène qui me faisait bien rire.
Ed. Buchet-Chastel, 366 pages, 20 €
Les premières pages du roman ici.
D’autres ont ri aussi :
Gwenaëlle : Zygomatiques en folie, abdominaux outrageusement sollicités, cage thoracique gonflée à l’hélium : les effets secondaires et tertiaires sont nombreux.
Keisha s’est éclatée !
Clara l’a dévoré !
Cathulu a même eu envie de voir un des ces films de série Z tant l’auteur y met du sien.
Brize a rarement gloussé autant en cours de lecture.
Pickwick le fait même voyager !

Merci, merci, merci !
J’ai noté plein de phrases succulentes !
http://orangeyoulucky.blogspot.com/2010/05/happy-bookplate.html
Stephie : tu crois que ça existe : « interdite d’entrer dans une librairie », comme certains sont interdits de casino ?
Margaux ! Merci, c’est tout mignon !
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Ah oui, si cet humour ne te botte pas, ce n’est pas la peine de ressayer !
Mais 366 pages comme ça ! On crêve !
(s) Ta d loi du cine