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Publié le 27 juin 2011, par dans Chez Viviane Hamy.

Dans ce livre, le lecteur croisera des miettes de pain, des morceaux de sucre, des pigeons (au sens propre comme au figuré), des poitrines charnues et appétissantes, une apparition fantastique mais fatale, un homme aux os argileux, un comte en quête de sa princesse perdue, des condamnés qui voudraient bien rester en vie, un père en devenir, un fils qui suit les traces de son père, des trains …

C’est le dernier Vargas, c’est un très bon Vargas. 

On commence l’intrigue par de vilaines miettes de pain. Une vieille femme vient d’être retrouvée morte. Son mari ne sera finalement pas aussi blanc que ces fatales miettes, et il devra bien sûr faire face à la perspicacité d’Adamsberg. 
Une fois cette enquête résolue, c’est au tour d’une autre petite dame de faire son apparition : sa fille vient de voir l’Armée furieuse, et elle a peur pour la vie de ses enfants.
Devant la mine perplexe du commissaire, cette petite dame racontera qui est la Mesnie Hellequin, et surtout quelles seront les probables conséquences … 

« Une armée morte à moitié putréfiée, hurlante et féroce, qui ne trouve pas le ciel »

Pour notre homme de terrain, cette Mesnie n’est qu’une affabulation d’une vieille femme. Néanmoins, il se rend tout de même en Normandie, à Ordebec, une petite ville située près de Lisieux. 

Ce sera une visite en coup de vent, il a déjà d’autres chats à fouetter : Momo la mèche courte vient de se faire arrêter pour avoir incendié la voiture d’un PDG d’un grand groupe industriel.
Bien entendu, Adamsberg a tout de suite vu qu’il était innocent, mais vu les charges qui pèsent contre lui, il est certain de faire 20 ans au frais !
Notre commissaire va alors avoir une idée de génie. Géniale mais risquée. Surtout qu’encore une fois il ne se fie presque qu’à son intuition … 

Deux enquêtes à mener de front, un pigeon qui vient s’intercaler entre ces deux histoires de meurtre : Adamsberg a du pain sur la planche ! 

Comme j’ai aimé retrouver ces personnages vargassiens ! Depuis le temps, on les connaît bien. On retrouve alors leurs petites habitudes, leurs manies, mais aussi leurs défauts. 
Bien entendu, l’histoire personnelle du commissaire avance toujours à pas de souris : dans cet opus, il sera confronté au difficile apprivoisement d’un père envers son fils. Un fils différent mais tellement semblable qu’on l’aime autant que le ténébreux mais humain Adamsberg. 
Et puis, après les rives du Danube avec Un Lieu incertain, nous voici sur les rives de la Touques, un autre endroit que je connais bien et qu’il m’a été agréable de retrouver. 

Tout l’art de Vargas consiste en effet à nous plonger à la fois dans une histoire digne d’un fait-divers, comme on en croise chaque jour, et de la mêler à une autre beaucoup plus fantastique, à la frontière de la légende.
On prête alors autant d’attention à ce fatal incendie de voiture ou à cette chevauchée fantastique qu’à cette fichue ficelle autour des pattes d’un pigeon ! 
On suit cette drôle de course contre la montre, on se prend d’affection pour un pigeon déplumé, pour ce petit caïd qui se plaît dans la contemplation des vaches, pour ce chien adorateur de morceaux de sucre, on s’interroge face aux talents miraculeux d’un ostéopathe, on frissonne quand Lina raconte qui était son père, on ne peut que se demander si cette Mesnie existe vraiment.
En fait, on tourne les pages sans jamais être lassé. 

Comment ne pas une fois de plus s’incliner devant le talent de cette fabuleuse conteuse qu’est Fred Vargas ? 
Voici un roman policier hors norme avec ce pelleteur des nuages qui au fil du temps deviendrait presque sentimental.  

Auteur : Fred Vargas
Editeur : Viviane Hamy
Collection : Chemins Nocturnes
Date de parution : 17/05/2011
EAN13 : 9782878583762
Genre : Policier & Thriller (grand format)
Nombre de page(s) : 425
19 €50

Je remercie ma fabuleuse Couette de m’avoir permis de lire ce roman.
Aproposdelivres a aimé aussi, Syl. de (Thé lectures et macarons) a été aussi harponnée dès les premières pages.