Et si l’écriture permettait de lever le voile sur des secrets enfouis ? Ce roman serait-il une clé pour l’auteur ? Une clé qui dissiperait le brouillard épais accumulé autour de sa mère ?
A la mort de sa mère, Delphine de Vigan s’est plongée dans l’écriture : Les Heures souterraines est le résultat de cette immersion, mais déjà l’ombre de sa mère venait hanter sa plume.
C’est alors que Rien ne s’oppose à la nuit s’est imposé. Qu’en sortira-t-il ? Devait-elle écrire ce livre ?
Ce livre s’est imposé. De lui-même. L’auteur ne pouvait plus écrire d’autres histoires avant de se plonger dans la sienne. Ou plutôt celle de sa mère. Et l’on comprend aisément, une fois le roman lu, pourquoi elle devait écrire sur celle qui l’a enfantée.
Quelle vie ! Quelle histoire !
Parfois la réalité dépasse la fiction et Lucile aurait très bien pu être le personnage de plusieurs romans tant sa vie fut complexe.
Comment ne pas être soufflée voire emportée par cette bourrasque.
(Et je n’ose me mettre à la place de l’auteur …)
Rien ne s’oppose à la nuit est le roman d ‘une déchirure, celle de Lucile (l’auteur emploiera très peu le terme de « maman ». La mise à distance sans doute.), fille d’une grande famille atypique.
De manière chronologique, l’auteur commencera par ses grands-parents dont la confiance inébranlable en la vie sera marquée par la perte d’un de leur fils. Evènement qui sera le début d’une série noire.
Au milieu de la fratrie, Lucile est une petite fille belle et mystérieuse. Elle possède déjà les prémices d’une différence. Une fêlure.
Nous la suivrons jusqu’à la fin de sa vie, puisque c’est sa mort qui ouvre le roman.
Voici un livre où l’auteur s’interroge quant au bien fondé de son roman. Comment écrire sur sa mère ? Cette démarche peut-elle l’aider, elle ? Et que va dire sa famille à propos de ces secrets mis noir sur blanc, devenus immortels grâce à sa plume ? Ecrira-t-elle une fiction ? Peut-elle vraiment écrire la réalité après avoir compilé de nombreuses informations sur sa mère ? Ne serait-ce pas plutôt sa réalité ?
Rien ne s’oppose à la nuit est l’histoire d’une vie de femme chat, car Lucile a eu plusieurs vies. Comme les matriochkas.
Inaccessible souvent, la voici devenue personnage d’un livre, figée à jamais.
Le lecteur avale les pages, s’émeut, est bouleversé, tant par Lucile que par l’écrivain redevenue le temps de l’écriture une petite fille qui veut encore garder près d’elle sa maman.
Rien ne s’oppose à la nuit est un joli cercueil de papier qui sait dire avec pudeur les évènements tragiques sans oublier les moments de joie. Même si ces derniers sont occultés par la puissance du terrible destin.
Un roman bouleversant : les lecteurs pourront faire des parallèles avec leur propre histoire. Les familles ont cette particularité de toutes contenir des secrets.
Terriblement magnifique : à découvrir d’urgence.
J’ai corné de nombreuses pages, je voulais vous citer des extraits. Mais finalement je préfère vous laisser la découvrir. De façon vierge.
Auteur : Delphine de Vigan
Editeur : Lattes
Date de parution : 17/08/2011
EAN13 : 9782709635790
Genre : LITTERATURE FRANCAISE ROMANS NOUVELLES CORRESPONDANCE
Nombre de page(s) : 433
19 €



ça tombe bien, maman l’a acheté il y a peu
Bonne lecture !
C’est Lucile sur la couverture?
J’espère retrouver la même impression avec celui-ci !
Je n’ai que moyennement aimé « No et moi » et « Jours sans faim » mais celui-ci semble plus profond, je me trompe? J’ai l’impression que ce livre devrait beaucoup me plaire.
Oui, c’est un livre poignant, et je ne regrette pas de l’avoir lu malgré le sommeil un peu agité qui a suivi cette lecture !
Quant à la photo de la couverture, je n’en sais pas grand chose, si ce n’est qu’elle est DR (droits réservés), que l’auteur parle d’une photo de sa mère, à la fin du livre, photo qui pourrait être celle-ci, mais comme elle dit qu’elle est toute petite, je ne sais pas vraiment s’ils ont pu l’agrandir de façon aussi nette pour en faire cette couverture. Mais j’aime me dire que c’est sa mère. (D’ailleurs, il serait même possible de retrouver des photos de sa mère enfant, puisqu’elle a posé pour des catalogues.
@ Mango : c’est fort possible, oui !
@ Gwenaelle : Je te remercie, c’est gentil. J’ai lu ce livre pendant mes vacances. Impossible de trouver sereinement le sommeil juste après cette histoire. Et billet écrit le lendemain dans mon cahier (puisque je n’avais que peu accès au net.)
)
D’ailleurs, je me demande si écrire au brouillon ne me permet pas d’être plus concentrée sur ce que j’écris … Sur le PC, le bruit des ventilateurs sont toujours présents et empêchent une bonne concentration. (Je suis une petite nature.
Bon, je note aussi ! 😀