Commentaires sur Ma vie pour un sourire

 

Ma vie pour un sourire

Je fais partie des meubles, et personne ne m’accorde un regard. Le dédain, je le croise dans les yeux de ceux qui me heurtent.
Las, j’aurais bien aimé, me fondre avec les autres.
En vain.
Parasite, certains viennent néanmoins s’échouer sur moi. J’en ai la carrure, je les supporte. 
Mais si l’on me touche, c’est de façon distanciée. On m’effleure, mais jamais pour une caresse.  
Je leur fais peur.
Bien souvent, on se détache de moi aussi sec, désireux de s’éloigner de cette attache si facilement prise. 
Ce ne sont que des pêcheurs, je leur pardonne.  
Et moi, je reste là, j’attends. Où puis-je aller ? Existe-t-il un monde meilleur où j’aurais ma place ?  

Je ne rejette personne ; j’accepte tout le monde. Je supporte le poids de leurs âmes, souvent harassées. Je les encaisse, j’ai la carrure pour. 

Pour quelques secondes, quelques minutes je suis leur port d’attache, ils s’en remettent à moi, même du bout des doigts. Et puis ils s’en vont.
De nombreuses mains m’ont touché, mais toutes se sont lassées.
Mon corps n’est pas à vendre, mais beaucoup se l’approprient. Je ne suis qu’un simple objet entre leurs mains.  

Rondes, maigres, grasouillettes, sèches, grasses, poisseuses, sales, vernis, toutes ont enserré ma taille sans que j’émette le moindre son. J’aurais pu m’écrier, refuser cette main tendue et toujours reprise.

Mais m’écouterait-on vraiment ? Après tout, je ne suis qu’une barre de métro.

 

§§§

Vos liens : 

Lola Valérie : Poussière d’espoir

Clara : Coupable ! 

Insatiable Charlotte : Le métro, c’est la vie ! 

Jean-Charles : C’est dur d’être un héros ! 

Mathylde 

Asphodèle : Jamais content !

Valentyne : Métro, boulot, dodo

17 comments

  1. Asphodèle says:

    Très original d’avoir pris cet angle là ! Et tu lui fais dire des choses tellement vraies ! ça n’empêche pas de plaindre ce pauvre hère accroché à la barre, un de plus !

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  2. Jean-Charles says:

    Jusqu’à la fin tu réussis à faire croire que c’est le blackie qui parle. J’avais les poils du dos hérissés, je n’aime pas qu’on me touche. Ma nosophobie est telle que je porte des gants dans le métro. Sans être hypocondriaque il faut être méfiant !!!

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  3. Leiloona says:

    @ Asphodèle :
    Arff oui, justement je voulais jouer sur le point de vue, guère plus enviable que la barre !

    @ Jean-Charles :

    Tu as donc dû prendre des gants pour affronter cette photo alors !

    Cela dit, je ne sors jamais sans mon désinfectant de poche … Les barres de métro sont un vrai repère.

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  4. lucie says:

    J’aime beaucoup la façon dont tu as exploité la photo. Désolée pas de participation pour moi terrassée par un virus très méchant, j’ai passé les 4 derniers jours couchée et sans force…J’ai aimé aussi celui de Lola Valérie. Un style déjà très affirmé.

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  5. Rébecca says:

    Texte vraiment super qui met en valeur un objet du quotidien, un peu comme les poèmes de Francis Ponge dans Le parti pris des choses. Bravo

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  6. Valentyne says:

    Très bien rendu, l’ambiance du métro . Une mention particulière pour « Je supporte le poids de leurs âmes, souvent harassées »

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  7. Jules says:

    T’as trop de talent toi!!! Fiston a de la chance, il doit avoir droit à des histoires très originales!

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  8. staralex76 says:

    Very well made​, the atmosphere of the subway. Special mention for « I support the weight of their souls, often harassed »

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  9. jouer belote says:

    Remerciements quant à ton article. Pour être totalement honnête, je ne l’ai pas vraiment lu mais je me permet d’apposer ce commentaire afin d’avoir mon rétrolien vers mon blog. A trèsprochainement !

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  10. enoone says:

    Je viens d’acheter le dernier GEL Mains Pranaforce dont j’avais épuisé le premier exemplaire lors de précédents usages.

    J’én ai trouvé un nouveau lors d’une braderie pour la modique somme de 50 centimes.

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    A bientôt

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