La Maison de Sugar Beach – Helene Cooper

Hélène est bien embêtée quand elle quitte la ville pour une maison perdue en pleine campagne ! Qu’on lui redonne ses cousines et la ville ! 
Pourtant la nouvelle maison de ses parents est somptueuse : pas moins de 22 pièces ! Une vraie maison de princesse. Mais Hélène a peur la nuit, peur de ces voleurs d’ivoire qui s’infiltrent dans cette maison malgré le garde, trop occupé à dormir la nuit ! 

Alors ses parents vont lui chercher une nouvelle compagne. Ce n’est pas une pratique inhabituelle au Libéria, les plus démunis envoient souvent leur enfant chez ces « congos », ces descendants d’esclaves affranchis d’Amérique qui ont un jour débarqué au Libéria. 
Voici Hélène avec une nouvelle amie, Eunice, avec qui partager ses jeux. 
Au début, c’est une cohabitation frileuse entre les deux filles, puis au fil du temps naît une belle amitié.

Hélène ne s’en rend pas encore compte car elle est jeune, et surtout mène une vie très confortable et à l’abri de tous soucis, mais autour d’elle ne règne pas vraiment le calme. Aussi, un jour, à la place d’une de ses leçons de danse, elle doit se terrer chez elle : un coup d’état vient d’avoir lieu.
En quelques jours son existence bascule et l’horreur la côtoie de près : Ma mère ne pleure pas. Enlève ses vêtements. Dit simplement : « Les maudits soldats m’ont tous violée. »
Il n’y a plus qu’une seule solution : fuir aux Etats-Unis.

Commence alors une deuxième vie, complètement différente de la première.
Et puis, il a fallu laisser Eunice là-bas … Que va-t-elle devenir ? Dans quel clan était-elle vraiment ? Peut-on rester en contact malgré l’éloignement ? 
De son côté, Hélène doit s’adapter à de nouvelles moeurs, et même si elle maîtrise déjà l’anglais, il n’est jamais évident de devoir tout laisser et repartir de zéro.

Hélène Cooper, aujourd’hui journaliste à la Maison Blanche, revient sur son enfance dans cette autobiographie. Outre l’intérêt premier d’apprendre comment s’est formé le Libéria, mais aussi de découvrir la vie de ces « congos », ce livre à mi-chemin entre une autobiographie et un documentaire a le mérite de ne pas être larmoyant ou de tomber inversement dans l’autosuffisance. Les faits sont alors racontés avec une certaine pudeur, parfois une distanciation et une objectivité indispensables, même si bien entendu cette histoire reste personnelle. 
Au regard naïf propre à l’enfance succède le point de vue d’une jeune femme sur son pays, le Libéria. Une narration limpide, objective et non dénuée d’humour. 

La maison de Sugar Beach sait captiver son lecteur, tout en l’instruisant : au-delà de l’autobiographie se dresse ici un formidable portrait de ces africains de l’ouest qui ont connu l’horreur, mais qui aujourd’hui ont aussi en eux une résilience impressionnante. Un témoignage sans faux-semblants sur un pays autrefois en plein chaos mais aujourd’hui en pleine reconstruction. 
(Rappelons que le président actuel du Libéria est une femme, Ellen Johnson Sirleaf, première femme à être élue au suffrage universel, et co-récipiendaire du prix Nobel de la paix.)

 

Auteur : Helene Cooper
Editeur : Zoe
Collection : Ecrits D’Ailleurs
Date de parution : 21/09/2011
EAN13 : 9782881827037
Genre : LITTÉRATURE ANGLO-SAXONNE
Nombre de page(s) : 352
22 €

 

 

14 comments

  1. Ys says:

    Je ne connais pas grand-chose du Liberia, ce que je sais je l’ai appris d’un roman aussi, « American Darling » de Russell Banks.

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  2. zarline says:

    J’ai pas mal étudié le Libéria durant mes études mais toujours pour ses côtés négatifs. Cette biographie est assez tentante: un témoignage plus personnel plutôt que de se concentrer sur des statistiques d’élections

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  3. keisha says:

    je connais personnellement quelques personnes originaires de ce pays, j’ai même séjourné chez eux aux Etats Unis…

    Merci de présenter ce roman!

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  4. Manu says:

    Pareil que Ys. Ce roman/biographie a l’air intéressant. Je note pour quand il sera en poche.

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