Que ceux qui dénigrent la littérature jeunesse, lèvres pincées et nez plissé, lisent ce livre ! Ils changeront d’avis sur cette catégorie.
Le Chagrin du roi mort raconte l’histoire de deux frères : Aleks et Brisco. Ils habitent une petite contrée inconnue de nous tous, pauvres terriens. Sur Petite Terre. Le nom enchanteur cache une cité qui semble préservée du mal. Les habitants y vivent heureux.
Mais lorsque le roi meurt, un nouveau souffle glacial arrive.
Il vient de Guérolf, un homme exilé de Petite Terre qui a déjà commis de sérieux méfaits.
A côté d’elle vit La Louve, une femme mystérieuse mais entièrement dévouée à son homme. Ils forment un couple étrange et terrifiant. Où s’arrêtera leur soif de pouvoir ?
La paix est fragile, l’équilibre est menacé, surtout lorsque Brisco est enlevé à sa famille.
Les deux frères inséparables grandissent alors chacun de leur côté. Leur lien si particulier peut-il être définitvement brisé ?
Le Chagrin du roi mort est un magnifique coup de coeur. Classé par mon libraire adoré parmi les 5 incontournables de la littérature « Fantasy » (un joli fourre-tout), il me l’a mis entre les mains avec un sourire entendu.
Comment, toi, la grande lectrice, tu ne connais pas ce livre ?
Veux-tu être bannie du cercle des amis des libraires ?
Difficile de refuser. Et puis, bon, Mourlevat et moi, on se connaît déjà un peu, je ne partais pas en terre inconnue.
La claque fut grande.
Très vite l’univers de Petite Terre s’impose à nous, le livre s’ouvre sur une porte magnifique, si riche qu’on a l’impression de la connaître déjà.
Oui, le lecteur est en osmose avec ce nouveau monde crée pour lui, et inutile de le déloger, il y aurait fort à parier que ce lecteur grognerait si on le bousculait pour revenir sur Terre.
Outre ce décor envoûtant, voilà des personnages brossés avec un très grand soin. Que ce soit les personnages des deux frères, l’un comme l’autre sont attachants, mais aussi celui de la Louve voire de Guerolf : tous ont un charme qui leur est propre. Personne n’est laissé de côté car le narrateur a donné à chacun la même attention.
Et puis, surtout, alors que le narrateur avait déjà charmé son lecteur avec des thèmes aussi différents que le merveilleux, la séparation de deux frères, la guerre et ses violences, voici qu’il insuffle une superbe histoire d’amour. Une de celles qu’on ne peut repousser tellement elle semble évidente. Même si pour nos deux jeunes tourteraux la communication est loin d’être évidente.
Commence alors une belle histoire d’amour, et de mots aussi, sur fond de guerre.
L’ensemble ferait déjà un très bon roman. Mais Mourlevat impose (en douceur) alors sa langue, cette belle langue aux mots choisis et évocateurs.
Vraiment, si vous ne l’avez pas lu, ne passez pas à côté, vous risqueriez de rater un très joli moment de lecture.
Monsieur Mourlevat, je vous remercie, et mes élèves aussi.
Genre : Fantasy
Sous-genre : Conte
Auteurs : Jean-Claude Mourlevat
Date de parution : mai 2009
Type d’ouvrage : Roman
Nombre de pages : 402
Age minimum : 12 ans
6 € 60
Télérama : Le livre est à l’aune de la beauté de son titre. Il en a l’élégance un peu mystérieuse, l’évidence poétique, la résonance fantastique. Le Chagrin du roi mort touche essentiellement par la limpidité de sa langue, dont la puissance d’évocation réside précisément dans sa clarté et sa simplicité.

(ok j’arrête avec les points d’exclamation)
Merci pour la découverte, ma chère, et bon week-end !
Mourlevat est un grand auteur jeunesse tu as raison, j’avais adoré son « Combat d’hiver » !!
Je viens de terminer ce livre que j’ai apprécié mais qui n’est pas pour autant un coup de coeur.
Ce roman est classé dans la catégorie « fantasy »? Je le trouve quand même très … réel.
Joli billet qui donne envie de lire le bouquin … si ce n’est déjà fait.