Non, n’ayez pas peur, je ne vais pas vous demander de traduire du latin. Je réserve cet exercice à mes chers élèves gnark. (Certains adorent d’ailleurs. Allez comprendre …) Non, Thermae Romae est un manga ou plutôt un seinen qui a su retenir mon attention chez le libraire. Certains diront que ce sont les attributs du bel homme sur la couverture, d’autres diront que c’est avant tout le titre latin. A vrai dire, cela doit tenir un peu des deux …
Nul besoin d’être un crack en version pour comprendre le sujet de ce manga : Thermae Romae, il s’agit donc de parler des thermes romains, mais d’une façon originale. Lucius est un architecte romain en mal d’inspiration, et comme l’empereur Hadrien a soif de nouveautés, les constructions de Lucius Modestus passent pour être celles d’un autre âge.
Le voici renvoyé.
Lucius part alors laver ses nouveaux soucis aux thermes.
C’est là qu’une chose étrange, fantastique même, se passe alors : aspiré par une brèche, il atterrit au Japon, au XXIè siècle ! D’abord effrayé par ces étranges visages « des visages plats » et ce nouvel endroit, il se reprend presque aussitôt et prend conscience de l’opportunité d’un tel « voyage », et ce, même si son orgueil romain est mis à mal par cette civilisation avancée !
Quelle est cette étrange fresque au mur ? Et cette boisson qu’on lui fait boire est tout simplement divine ! Il en tombe à la renverse !
De retour à Rome, Lucius reproduit alors tout ce qu’il a appris. Ses nouveautés font immédiatement fureur à Rome. Un consul a alors vent de cet architecte hors du commun…
Thermae Romae parle donc de la culture des bains. Une approche originale qui consiste à rapprocher deux cultures qui de prime abord n’ont rien en commun. Mais force est de constater que les bains rapprochent les Japonais des Romains.
En effet, outre l’intrigue originale, le lecteur ne pourra que s’étonner des ressemblances entre les deux cultures. Thermae Romae est certes une histoire bien ficelée sur un architecte romain sous Hadrien, mais c’est aussi une belle source d’apprentissage. Les us et coutumes des thermes n’auront plus de secrets (ou presque) pour le lecteur lambda.
A chaque fin de chapitre, Mari Yamazaki parle même de sa propre expérience des bains, apprenant aussi à ses lecteurs comment elle s’est inspirée de sa vie pour produire ce manga.
Véritable phénomène au Japon, les ventes atteignent trois millions d’exemplaires vendus (sur certains sites, on parle même du chiffre cinq …), voici un manga qui fait parler de lui aussi grâce à ses nombreux prix obtenus : Grand prix du manga 2010, Prix culturel Tezuka 2010 …
Si l’approche historique pourrait faire hérisser quelques poils à certains historiens rigoristes (non, aucun architecte romain n’a conçu des latrines avec jet …), cet album permet toutefois de connaître certains aspects de la vie quotidenne à Rome sous l’Empire.
Ne pas tout prendre pour argent comptant, donc, et accepter quelques distorsions historiques : Mari Yamazaki était bien obligée de passer par ces quelques déformations, mais sa passion pour les thermes romains ne peut que sauter aux yeux. Elle s’est documentée sur la période et cela se voit.
Côté scénario, on peut regretter une certaine répétition : Lucius a un problème à résoudre, il plonge dans l’eau, et paf, il se retrouve au Japon, dans un endroit qui lui permettra de faire de belles avancées … malgré tout, l’ennui ne prendra pas le lecteur à la gorge tant les situations cocasses (le comique de situation fuse) et l’intérêt didactique prendront le dessus.
Bref, vous l’aurez compris, avec Thermae Romae, la mangaka Mari Yamazaki est une valeur montante !
(Il existe même un anime de ce manga.)
Auteur : Yamazaki, Mari
Editeur : Casterman
Date de parution : 11/03/2012
EAN13 : 9782203049093
Genre : Mangas / Manwha / Man Hua
7 € 50
200 pages
Kathel aussi l’a lu et a aimé.

Un film a également été réalisé avec Abe Hiroshi dans le rôle principal, il sort demain au Japon.
J’ai un peu de mal à lire les seinen à cause des graphiques. Mais l’histoire a vraiment l’air intéressante.
Oui, je suis une « touche à tout » !
C’est vrai que le côté noir et blanc peut rebuter, de même que le sens de lecture : même les vignettes se lisent de droite à gauche … Pas évident au début de la lecture.
Lisbei : Le nez dans quoi ?
Nahe : Arff, tu n’arrives pas à l’écrire pour quelles raisons ?
Je n’ai pas été gênée non plus par la répétitivité du scénario que j’appréhendais, je trouve qu’elle s’en sort plutôt bien. Moi ausis j’aime beaucoup.
Les affiches dans les librairies sont sympas !
Bises