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Publié le 4 juin 2012, par dans Atelier d'écriture, Une photo, quelques mots.

   Je n’avais jamais réussi à me fixer. Après quelques mois de domestication, je partais sans me retourner, sans rien regretter.
Une fois, deux fois, trois fois …
Vous tous qui m’avez jugé d’un simple coup d’œil, qui m’avez broyé la main au moment du départ, n’avez-vous jamais émis l’idée que je souffrais moi aussi de ce déracinement ?
Mais l’envie était toujours plus forte. Elle s’imposait à moi du jour au lendemain. Alors je quittais tout.
Partir, partir, partir.

 Je me reconstituais alors ailleurs. On m’appelait la bohémienne ; personne ne savait d’où je venais, ni qui j’étais. Juste la bohémienne.
Toujours changeante, jamais la même.
Je me fixais alors, je faisais à nouveau partie d’un paysage. Jamais le même, toujours changeant. J’aimais la nouveauté, mes yeux avaient l’impression de renaître. Le soleil n’avait pas la même chaleur, les fleurs la même odeur. De nouveaux bruits montaient jusqu’à moi. Le changement avait un goût de liberté, il me grisait.
Jusqu’à un certain point.

 Puis je repartais, jamais satisfaite. Je laissais alors une place vide, bientôt reprise par une autre.
Je n’étais pas irremplaçable.

J’avais des envies d’ailleurs, des envies de sel et de sable fin. Sans jamais y goûter. Ma liberté avait un goût de trop peu, car j’étais et je suis une péniche condamnée à l’eau douce des fleuves.
Mais un jour, je sortirai de ces canaux et de ces soleils mouillés : je prendrai le large pour ne plus jamais m’arrêter.
Un port infini s’ouvrirait alors à moi : l’océan.

©Leiloona, le 3 juin 2012

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Le texte de Brigitte :

Souvenir professionnel

Eh zut … elle est où cette p… de péniche ! J’étais pourtant sûre qu’elle était sur ce quai, et en fait, ici il n’ay a rien du tout. Ils vont tous être arrivés, il est déjà presque l’heure ! Le patron aura commencé son speech, et je serai en retard, et tout le monde va me regarder, et j’ai horreur de me faire remarquer …

Pour reprendre depuis le début le récit de cette aventure, je dois vous poser le décor. Je travaillais pour une petite société, qui a été rachetée par une grosse. Notre PDG organise 2 fois par an une réunion professionnelle, au cours de laquelle il nous expose les chiffres et les objectifs de la boîte. L’été dernier, la réunion devait avoir lieu sur une péniche transformée en cabaret bar.

Moi, je n’habite pas loin, donc je connais = !§ Forcément, moi je connais tout, n’est-ce pas ?

Donc le rendez-vous étant à 19 heures, comme j’ai ¼ d’heure de route, je pars de chez moi, avec un peu de marge, à moins vingt, ça devrait suffire amplement, n’est-ce pas ?

Mais premier problème, bouchon sur le périph ! MEGA bouchon sur le périph ! Je m’énerve, je rage, je rouspète (et je suis polie), et je sors une bretelle avant pour trouver un autre itinéraire. Je n’ai pas mon GPS, je n’ai même pas l’adresse !!! Pratique hein ?

Je pars vers le canal, sens interdit, je pars à droite, non, ça ne doit pas être par-là, retour à gauche … ZUT ! me voilà sortie de la ville ! Demi-tour … en avant Un passant, je demande, il ne sait pas … je continue, un passage à niveau ! AH mon Dieu ! C’est là que je suis ? Je m’arrête je téléphone à un collègue, messagerie ; bien entendu, la réunion est sans doute déjà commencée … ARGH !

Bon, on se calme, j’ouvre ma boîte à gants, et Ô surprise, en fait le GPS était là ! Vite je le branche, allez … vite connecte-toi … ah ça y est ! QUOI ? 6 km ? Bon, ben on y va.

Réunion prévue à 19 heures, il est 19 h 40 quand j’arrive enfin sur le parking, et quoi ? il faut en plus payer le parking ???

La bonne novelle c’est que la péniche est quasiment dans le noir, et personne ne me voit entrer par le fond de la salle ; personne sauf, le PDG qui est sur l’estrade ! Mais c’est pas grave, apparemment, il m’aime bien, tant mieux.

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Et voici vos liens :

- Lilou : Carnet rose

- Zelda : La mécanique du cœur

- Mathylde

- L’Insatiable : La péniche

- 32 Octobre : Péniche

- Cardamone : Coule la Seine

une photo quelques mots