Mazurka – Philippe Moreau-Sainz

Alors qu’elle est en Pologne, prête à repartir chez elle en France, Agnès se rend compte qu’elle a perdu son passeport.
Après quelques mésaventures, le voici de nouveau entre ses mains, mais lorsqu’elle l’ouvre, si la photo correspond bien, son nom a été changé. Elle n’est plus Agnès, mais Wioletta Wlodarska.
La voici dépossédée de sa propre identité, mais alors que le bon sens la ferait revenir à l’hôtel qui a retrouvé son passeport, Agnès erre dans les rues de Varsovie, afin de trouver une réponse à tout ce qui lui arrive.
En effet, cette perte d’identité n’est que l’aboutissement d’une lente perte d’elle-même … Pour cette pianiste qui ne joue plus, cela a commencé bien plus tôt que lors de ce voyage en Pologne …

Mazurka me tentait, parce que le thème de la perte d’identité (ou de sa quête, sa réciproque) m’a toujours attirée, et puis cette disparition se passait dans un pays de l’Est, la Pologne … il ne m’en fallait pas plus pour que j’aie envie de déambuler, grâce aux mots, à Varsovie …

Le point de départ était original, on flirte un peu avec le fantastique, même si le narrateur ne glisse pas non plus vers ce registre : on reste davantage à la frontière de la socio-psychologie …

Qui suis-je vraiment ? Est-ce seulement un vulgaire papier (le passeport) qui me donne mon identité ? Cette perte matérielle n’est-elle pas la conséquence d’une certaine perte spirituelle ?

Néanmoins, le postulat de départ m’a semblé capillotracté …
En effet, lorsqu’Agnès découvre que le passeport retrouvé n’est pas le sien, elle ne retourne pas tout de suite dans cet hôtel qui vient de le lui donner … Non, au contraire, elle se laisse happer par la circulation et manque d’être renversée (il ne manquerait plus qu’elle devienne amnésique avec ce faux passeport, tiens …) Du coup, comme l’accroche m’a semblé mal amenée, c’est toute la structure du roman qui s’en est trouvée amoindrie, un peu comme des fondations d’une maison qui ne tiendraient pas bien … Peu importe la beauté de celle-ci, il n’en reste pas moins que ses fondations sont brinquebalantes.)

La poursuite de l’intrigue s’est donc faite cahin caha. A la recherche de son passeport, Agnès va faire la rencontre de deux jeunes gens : Benedykt, un homme attirant, et Olga celle qui l’a photographiée avant sa perte d’identité.
Tous les trois vont tenter de percer ce mystère, déambulant dans la ville, à la recherche de ce passeport qui lui permettrait de retrouver son chez-elle.

Le lecteur suit alors les errances d’Agnès, essaye de comprendre son obsession pour certains bruits : la réalité est alors comme déformée par le prisme des sens, elle est comme parasitée par certains sens qui ne la montreraient pas sous son véritable jour.
Peut-être est-ce ce style trop pointilliste ? Peut-être n’ai-je eu aucune empathie pour cette femme qui se cherche ? Peut-être encore tout était biaisé par cette entrée dans l’intrigue que j’ai trouvée bancale ?

Le charme n’a pas opéré, et pour terminer sur une pirouette facile, je ne suis pas entrée dans cette danse. Alors que la mazurka est une danse vertigineuse, envoûtante, je suis restée en dehors de ces douces abîmes.

Auteur : Moreau-Sainz, Philippe
Editeur : Mercure De France
Collection : Collection Bleue
Date de parution : 16/02/2012
EAN13 : 9782715232648
Genre : LITTERATURE FRANCAISE ROMANS
197 pages
16 €50

Lu dans le cadre de Masse Critique

8 comments

  1. Stephie says:

    Le titre aussi m’avait tentée, notamment parce que la mazurka, pour moi, c’est aussi celle des Antilles 😉

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  2. jerome says:

    Tu n’as pas l’air convaincu, c’est le moins que l’on puisse dire ! Du coup, forcément, tu me refroidis et je préfère passer mon tour.

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