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Publié le 15 mars 2013, par dans Sorties parisiennes.

ita-l-nee-goldfeld-afficheLorsque Hélène Vincent entre sur scène, elle n’est pas encore Ita. On repense à elle dans « Un long fleuve tranquille », on ne peut s’empêcher de se dire que le temps passe. Sur elle, mais sur nous aussi, en miroir.
Mais très vite, l’illusion théâtrale reprend le dessus. Dès ses premières phrases, la voici qui incarne Ita. Hélène est Ita, cette femme qui a déjà connu l’exil. Elle et Salomon sont partis d’Odessa, car les juifs n’y étaient plus les bienvenus. Elle se souvient des massacres qui ont précédé leur départ, des scènes de souffrance terribles à entendre. Salomon pensait d’ailleurs qu’en France ils seraient à l’abri, qu’ils deviendraient même de vrais français.
Malheureusement il ne vivra pas assez longtemps pour connaître 1942…

Ita n’a plus qu’une heure à vivre chez elle. Bientôt, des hommes en noir viendront la chercher. La rumeur parle de trains bondés qu’on envoie vers l’Est … Ita se souvient alors de son passé, de sa famille. Ses joies et ses peines. La vie d’une femme en sursis, la vie d’une femme hier dans son appartement parisien, aujourd’hui dans une souricière.

Il serait inutile de dire que cette pièce vous chamboulera. Comment en effet ne pas l’être en écoutant cette histoire vraie ?

Hélène Vincent redonne vie grâce à la scène à cette femme malmenée par le destin, mais qui pourtant reste chez elle à attendre ses prochains ravisseurs. Sereine, elle le sera jusqu’au bout, distillant alors une force impressionnante aux spectateurs. Voilà une femme promise à une mort certaine, mais qui puise en elle de jolis moments de vie pour continuer d’espérer.
Puis, quand il sera trop tard pour garder ce fol espoir, elle saura qu’elle continuera de vivre à travers ses enfants.

Une très belle leçon de vie, un témoignage poignant sur cette sale période, le tout interprété avec grâce et émotions par Hélène Vincent qui a su donner vie à Ita, une femme honorable comme il y en eut tant.

Près d’une heure d’émotions pures. Le public retient son souffle, n’ose pratiquement plus bouger de peur de détruire la fragile illusion théâtrale. Ce soir-là, je n’étais plus en 2013, mais bien en décembre 1942, dans l’appartement d’Ita. Suspendue aux lèvres de la comédienne.

Magistral.

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Une pièce d’Eric Zanettacci
Mise en scène Julie Lopes Curval et Hélène Vincent
Avec Hélène Vincent. Scénographie Tim Northam Lumières Arnaud Jung.
Au Théâtre du Petit-Saint-Martin
Actuellement à 19h

Du mardi au samedi à 19h
Le dimanche à 15h
Tarifs : 25 €

Ce qu’ils en disent : 

«Le Figaro» : Poignant.

«Le JDD» : Admirable.

«Télérama» : On aime beaucoup. La comédienne Hélène Vincent, seule en scène, fait revivre les joies, la peur, tout un arc-en-ciel d’émotions, et le théâtre permet de rendre vivant ce qu’on croyait déjà connu.

«Télé Obs» : Merveilleuse Hélène Vincent dont le rire mouillé de larmes déchire l’âme.

«Arkult» : Magnifique, touchante, troublante, émouvante, bouleversante.

«Théâtre-Paris.fr» : Dans une mise en scène d’une sobriété étincelante, le monologue qui n’en est pas un laisse des traces sur le spectateur ébloui.

«LeMague.net» : Hélène Vincent est admirable et éblouissante.