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Le pas résolu, le poing droit fermé, Jeanne ne se retournerait pas. Il avait beau l’appeler, elle continuerait son chemin. Les yeux secs, le coeur lourd, ses sens s’étaient asséchés au fil des ans. Elle aurait pu même devenir aveugle de la beauté du monde. Il s’en était fallu de peu pour qu’elle continue ainsi cette vie atone. L’arc-en-ciel de son adolescence avait chu, elle ne croyait plus en ses rêves de jeune fille. Petite poupée de porcelaine, un homme l’avait rangée dans une cage dorée. Bien lisse, au fond de sa boîte, elle n’embêtait personne. Personne ne l’entendait.

Les larmes du début avaient laissé leur place à la rigidité des paupières : elle fixait le monde de ses grands yeux sans le comprendre. Le tourbillon des autres, leur appétit de vivre, tout ceci valait-il de prendre le risque de s’échapper de cette boîte ?

Elle avait alors mis sur la balance les choses de la vie : ce qu’elle vivait, recluse, là, dans son monde ; ce qu’elle pourrait vivre en dehors. Le premier pas avait été le plus difficile à faire. Mais il lui avait valu son premier sourire depuis longtemps. La vie lui tendait les bras et lui avait donné l’envie de faire un deuxième pas, puis un troisième. Ses sens s’étaient alors réveillés. La couleur des bâtiments, des paysages, l’odeur des villes, le bruit du métro, l’envol des avions. Et toujours ce regard bienveillant posé sur elle. Un ange la guidait.

Depuis, elle ne s’était jamais arrêtée. Elle avait sillonné ainsi quelques pays, s’arrêtant dans les auberges de jeunesse, trouvant toujours du travail à la semaine. Elle se débrouillait ainsi. Ni attaches, ni cage dorée. On l’avait eue une fois, elle ne retomberait pas dans ce piège.

Non. La voix avait beau l’appeler, elle ne s’arrêterait pas. Derrière elle, la Victoire l’encourageait de ses ailes à prendre définitivement son envol.
Elle hâta le pas.

© Leiloona, le 16 juin 2013

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 Le texte de Morgane : 

FAN

Je les quitte ; je m’en fiche de ce qu’ils diront ! Ras la casquette de cette visite de Londres avec ce groupe de soit disant camarades qui ne m’adresse à peine la parole en s’extasiant devant une horloge ou un pont. Je ne suis de toute façon pas là pour ça ! Je me rapproche peu à peu du but de ce voyage. Ce pays, cette ville, cette ambiance, cela fait tellement longtemps que j’en ai envie, rêvé même … Alors aujourd’hui je ne vais pas laisser passer ma chance !
Je rêve d’elle. Je suis à l’affût de ses moindres faits et gestes, je connais son quotidien et les détails de son emploi du temps par cœur alors je sais exactement où je dois aller à l’heure qu’il est. J’ai bien en tête mon trajet en bus rouge : typique mais efficace !
Ça y est : je suis arrivée à bon port comme disait ma grand-mère. Comme je m’y attendais, il y a une foule immense déjà amassée derrière des barrières à agiter des petits drapeaux britanniques face à un service de sécurité important. J’arrive à me frayer un petit passage entre toutes ces personnes réunis dans le même espoir que le mien.
Soudain tout s’agite, les applaudissements, les cris, les bras qui se tendent ; et pour cause ! Elle vient de faire son apparition !! Elle est encore plus belle que sur les photos ou dans les reportages. À son bras, bien sur, son souriant époux. Elle semble plus épanouie et heureuse que jamais affichant avec fierté son joli ventre rond. Elle tourne son visage vers l’endroit où je me trouve et elle plonge son regard dans le mien maintenant embué. C’est à moi qu’elle vient de sourire ; à moi seule ! Je n’ose y croire … Elle, mon idole, celle à qui j’aimerais ressembler : La Duchesse de Cambridge, Kate Middleton.

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 Voici vos liens : 

Lucie 

Yosha : Premier émoi

Jean-Charles : Que reste-t-il de nos amours ? 

Sabeli

 

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