
On est tous tellement de gens à la fois. On en laisse certains au placard. On en planque d’autres qu’on vient retrouver de temps en temps. Celle que j’étais quand on était au lycée je l’ai laissée là et je lui rends visite presque tous les jours, et ça me suffit.
Paul est un homme blessé. Quitté par sa femme, il ne voit ses enfants qu’un week-end sur deux, le célèbre ballet des parents séparés commence alors pour lui. Ramener ses enfants dans cette maison qui n’est plus la sienne, regarder cette femme qu’il ne touchera jamais plus … Partir, enfin, et se retrouver seul dans cet appartement étranger pour lui.
Autour de lui aussi la nature se rebelle : le tsunami entaille le paysage japonais ; quant à sa mère, elle a besoin de lui, aussi part-il en Bretagne, retrouver ses racines … Mais Paul a-t-il encore une identité propre ? N’est-il pas aux lisières de lui-même ?
Voilà comment Paul tentera de se réinventer, se (re)trouver sa place au sein de ce monde …
Lui, l’écrivain, créateur de fictions, pourra-t-il enfin créer sa vie ?
Vos livres, ils tournent autour, ils creusent à l’aveugle. Ils se mentent à eux-mêmes. Ils s’arrangent, ils composent. Et, le plus souvent, pour ce que j’en ai lu, j’ai plutôt l’impression qu’ils jettent de l’huile sur le feu. Vous n’avez jamais pensé à écrire un jour quelque chose qui vous fasse du bien ? Et qui fasse du bien autour de vous ?
Les Lisières est un roman foisonnant. On pourrait parler de cette quête identitaire qui tenaille le personnage principal : pourquoi depuis ses 10 ans a-t-il voulu en finir avec la vie ? On pourrait aussi se pencher d’un peu plus près sur ce couple à jamais détruit, sur les proches de Paul qu’il ne connaît finalement pas, sur ses amis tous aux prises avec cette vie qu’ils subissent un peu plus chaque jour …
Interrogation sur l’écriture, mais aussi sur la société contemporaine, sur l’intime et le social : un roman complet qui emporte aussi le lecteur aux lisières de son être.
On pourrait dire que les romans d’Olivier Adam tournent toujours autour des mêmes thèmes : la disparition, la quête de soi, la Bretagne, ce fameux personnage récurrent Sarah … Et pourtant si Les Lisières portent en lui les stigmates du romancier, la narration se renouvelle, on plonge alors avec Paul dans les méandres du passé, dans les affres de la vie quotidienne, et le récit ne peut que se faire écho à notre propre histoire.
Un grand roman qui délivre un regard âpre et sensible sur des hommes perdus qui ne prennent pas le temps de vivre leur rêves.
Les lisières
Auteur Olivier Adam
Éditeur J’ai Lu
Date de parution 17/05/2013
Collection J’ai Lu
ISBN 2290068489
EAN 978-2290068489
7 € 90
505 pages
L’Irrégulière : Reste que ce roman est magistral, du grand Olivier Adam, difficile, perturbant, mais en même temps lumineux ! Un gros coup de coeur !
Saxaoul : Olivier Adam touche du bout du doigt là où ça fait mal, un peu comme Annie Ernaux, auteur à laquelle il fait d’ailleurs référence dans son texte.
Clara a été déçue par les thèmes abordés.
Antigone : Une lecture dont la grande qualité est de ne pas être lumineuse et simple, mais dérangeante, obscure, désagréable, et au final assez grandiose. Ah, et j’aime ça aussi.

Je l’ai acheté il y a 3 semaines, pas encore lu mais ton billet me donne encore plus envie de me plonger dans ce livre !
Alors fonce, même si pour moi c’est plutôt un roman d’hiver, pas de plage. Mais cela reste accessoire. 😀
Un très grand roman oui, d’une richesse incroyable !
Si riche qu’en parlant de la narration avec une amie, nous avions chacune retenu un pan différent de l’oeuvre.
Un super souvenir de lecture !
J’en suis ressortie assez estomaquée tout de même … Quel cruel regard sur notre microcosme tout de même.
Mon billet reste à écrire, une belle lecture !
Toi aussi tu as été conquise ! 😀
J’aime beaucoup Olivier Adam, j’ai hâte de lire celui ci…
Fonce ! 😀
Je ne suis pas fan du tout d’Olivier Adam, mais celui-là, il me fait envie.
A mes yeux, ce roman est la somme des autres : un peu un condensé de l’auteur !
Un roman coup de poing pour moi : chaque mot entre dans le lecteur et c’est finalement sa propre vie qu’il remet en question…
Le genre de livres qu’on ne peut pas lâcher sans savoir vraiment pourquoi !
Hum, je crois qu’en fait ce roman est tellement complet qu’il peut renvoyer à chacun d’entre nous. On s’y retrouve forcément …
Entièrement d’accord avec toi !
J’aime beaucoup ta phrase de conclusion, qui me donne envie de continuer avec l’auteur. même si, tu as raison, les thèmes sont toujours un peu le mêmes.
j’aime ce genre de roman, qui s’inspire de la vie quotidienne de la plupart d’entre nous ! Merci pour la critique !
donc là je ne peux pas venir vous dire, les filles, je me suis enlisée (ouh le jeu de mot tout pourri) dans ce roman, je l’ai trouvé sombre, sombre, sombre, glauque, pas très bien écrit, et je ne l’ai pas fini ?!
Comme j’ai lu tout ce qu’il a écrit, j’ai trouvé qu’il nous servait en réchauffé ces même thèmes déjà traités dans ses précédents livres…
J’ai trouvé ce roman bouleversant, au point que j’ai été incapable d’écrire un billet dessus… Ca a remué sans doute trop de choses enfouies chez moi…
Beau billet, merci!
Je le lirai sans doute un jour ou l’autre mais j’ai deux autres livres de l’auteur dans ma PAL et j’aimerais bien les lire avant… (ce qui n’est pas du tout certain !)