Western Girl, Anne Percin

cheval far west

western girl anne percinCette année, j’ai de nouveau inscrit une de mes classes au Prix des Incorruptibles. Déjà testé sur des classes de 6è, je n’avais jamais sauté le pas avec « les plus vieux ».
Comme j’ai la chance d’avoir plus d’heures sur un niveau (vivent les classes à PAC), il aurait été dommage de ne pas en profiter pour mettre en avant la lecture (et l’écriture, oui, on ne se refait pas.)

Je chroniquerai cette année la sélection 5è / 4è, et commencerai par un auteur que j’ai découvert il y a quelques semaines : Anne Percin. D’elle, j’ai lu et aimé Les Singuliers. Pour sa thématique artistique, bien entendu, mais avant tout pour le regard qu’elle porte sur chacun de ses personnages. Aussi étais-je curieuse de la lire au rayon jeunesse.

Mon choix se tourna donc d’emblée vers Western Girl.

Elise est une bretonne de 16 ans et ne jure que par le far-west. L’American dream, l’appel de l’Ouest, le vrai, avec chapeau de cow-boy et franges en cuir.
Autant dire tout de suite qu’Elise a bien du mal à être intégrée : elle détonne ! Elle aime la « line dance », l’équitation, la country, son resto préféré est Buffalo Grill … Une pure et dure !
Aussi quand sa maman lui propose de partir aux Etats-Unis, dans un ranch, Elise croit rêver !
Ils sont 12 adolescents à partir, et elle pense qu’elle sera comme un poisson dans l’eau. Du moins le croit-elle quelques heures, avant de comprendre que les autres adolescents sont comme les autres … Imbus d’eux-mêmes, gosses de riches, moqueurs, finalement la vie dans le ranch se révèle vite un pensum. Même si heureusement tous ne sont pas à mettre dans le même panier …

Le roman d’Anne Percin met encore une fois en avant une singulière, un personnage en dehors des marges. Un portrait attendrissant d’une adolescente qui s’est déjà trouvée mais peine à s’imposer aux yeux des autres tant elle est différente.
Le constat est cruel, et on retrouve à travers les différentes péripéties d’Elise des souffrances qu’on peut tous avoir subies à cet âge. Toutefois, le ton reste pour le moins toujours léger : la jeune cow-girl a heureusement du caractère et nomme par exemple  les importuns « les Con-fédérés ».

On aime ce roman pour sa peinture du monde équin, pour la description d’une certaine Amérique, pour la justesse des relations entre les adolescents, pour son message aussi.
Western Girl est un roman atypique : à travers les péripéties, de nombreuses thématiques sont abordées, sans jamais tomber dans le cliché. Un roman qui sonne juste et met en avant une adolescente qui s’est déjà trouvée, avec ses joies et ses peines aussi, un roman aux couleurs automnales qui nous donne envie de réécouter Johnny Cash ou encore de faire des feux de camp avec chamallows grillés.

Dans le cadre du Prix, je doute malheureusement que ce roman soit élu : les élèves garçons déjà sont très réticents face à un tel titre et ne se jettent pas dessus, les filles, quant à elle, ont aimé le ton du livre mais ont trouvé que la thématique de l’équitation prenait trop le dessus …

Auteur Anne Percin
Editeur Rouergue Eds Du
Date de parution 09/03/2013
Collection Do A Do
ISBN 2812604921
EAN 978-2812604928
 Pas d’illustrations
12 € 90
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Leiloona
Épicurienne culturelle, je sillonne villes, pays et musées, toujours un livre dans mon tote bag ... Chaque lundi, je publie mes textes dans un atelier d'écriture basé sur une photographie que j'anime depuis 5 ans. Museo geek l'hiver, sirène l'été. J'aime les bulles, le bon vin et les fromages affinés. View all posts by Leiloona →

10 commentaires

  1. tu es prof ou instit ? ils ont de la chance de t’avoir car tu écris super bien et tu as l’air très motivante et de donner le gout et avoir envie de donner le gout à beaucoup d’ouvertures creatrices , bravo 🙂

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    1. Je suis prof de français ! 🙂 Je te remercie, Myrtille ! Voilà qui ajoute de la bonne humeur à ce week-end ! 😉

      Quant à motiver les élèves, cela dépend de leur envie aussi de découvrir ou non certains romans … en tout cas, j’ai eu lors de la réunion parents-professeurs une maman qui est venue me voir en me disant qu’elle avait dû refuser à sa fille des achats de livres car je cite « elle veut lire tous les romans que vous proposez, et je ne peux pas suivre. Jamais je pensais devoir refuser des romans à ma fille ». Anecdote rigolote, je trouve. 😉

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  2. Je suis très sensible aux couvertures et aux titres. En fait le résumé de l’histoire me tente moyennement MAIS je trouve la couverture jolie donc je pourrais me laisser tenter d’autant plus qu’il est en rayon à la médiathèque.

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  3. Je l’ai lu il y a un moment déjà et j’ai beaucoup aimé. Les filles à qui je l’ai conseillé ont aimé mais c’est vrai que c’est un roman qui ne sort pas énormément. Du même auteur je te conseille « Comment (bien) rater ses vacances » et sa suite.

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    1. Je crois que c’est la même pour notre CDI aussi, oui … les filles sont contentes de le lire, l’aiment bien, aucun garçon ne l’a emprunté encore … :/

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  4. Je suis étonnée, je ne retrouve rien de la saga Comment bien rater etc… J’aurais aimé retrouver l’humour, le ton d’A. Percin. Mais j’y jetterais un coup d’oeil quand même 🙂

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    1. L’humour est là, mais je ne sais pas si c’est le même que dans ‘comment bien rater ses vacances ? » puisque je ne l’ai pas lu. 😉
      Le ton grave est là, mais l’humour aussi … Pas forcément bien retranscrit dans mon billet, car à mes yeux ce n’est pas l’élément essentiel. 🙂

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