Exposition Tatoueurs, tatoués, au Quai Branly

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©Thomas Duval

 

affiche tatoueurs tatouesL’alléchante affiche me faisait de l’œil, et j’avais très envie de découvrir cette exposition dont on ne me dit que du bien : les tatoués (purs et durs, les vrais, comme on dit), mais aussi les néophytes (parmi lesquels je me classe).

Le quai Branly a choisi de présenter de façon chronologique et géographique cet art qui n’est plus seulement réservé aux bikers ou aux prisonniers.

Effectivement, comme l’indiquent les premiers panneaux et objets, le tatouage est avant tout réservé à des classes particulières. Le tatouage, ou bousille en argot, est arrivé en Europe via les marins qui se faisaient tatouer une croix dans le dos, dans le but d’éviter des flagellations, les prostituées ou les prisonniers se faisaient eux aussi tatouer, en signe distinctif.

Toutefois, la réception du tatouage subit depuis quelques années des transformations évidentes. Phénomène de mode, presque, nous retrouvons aujourd’hui des quidam tatoués sans qu’ils aient forcément des messages particuliers à faire passer. Nous ne sommes plus au goulag ou en prison, et les tatoués ne sont plus des « animaux de foire » tels qu’on pouvait en voir dans les cirque. Le tatouage se veut artistique et enjolive la peau, tel un maquillage.

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L’exposition brosse les différentes techniques possibles mais aussi l’évolution des encres proposées. La scénographie adoptée est assez bluffante. Grâce à une technique de reproduction d’une peau en silicone imitant à merveille la véritable peau, nous avons çà et là des membres exposés, véritable travail d’orfèvre : des oeuvres d’art comparables à des tableaux.

Loin de ne se contenter d’un axe chronologique, plus ou moins su de tous, le quai Branly expose aussi la perception du tatouage sur d’autres continents. Là, par exemple, il est un art qui permet d’accéder à l’immortalité, ailleurs c’est davantage un art lié aux estampes…

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Loin de n’être qu’un marquage pour marginaux, on sent alors tout l’ancrage anthropologique derrière ses dessins.

Photos de tatoués, gravures, facsimilés de membres en silicone exposés, vidéos, dessins, projets : une pluralité des supports qui donne un éventail riche de cet art.

Une exposition lumineuse qui permet effectivement d’appréhender plus facilement ce qu’est le tatouage, mais aussi de briser définitivement certains a priori sur les tatoués.

Informations pratiques :
mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h
jeudi, vendredi et samedi de 11h à 21h

19 comments

    • Leiloona says:

      Oh que oui, et faire entrer le tatouage dans un musée national ? Un sacré défi relevé haut la main !

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    • Leiloona says:

      Il y en a tant sur Paris … je peux comprendre que tu ne puisses pas toutes les faire, vu ta situation géographique.

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  1. Amandine Aufildesplumes says:

    Dommage que cela soit si loin, j’irai bien y jeter un oeil pour trouver l’inspiration pour mes prochains tatouages (si mon mari lit cette phrase il risque de me tuer! lol).

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  2. titine75 says:

    Je ne sais pas si j’aurai le temps de la voir car j’ai une longue liste d’expos pour les mois à venir mais la photo de l’affiche me plaisait également beaucoup. Je suis assez tentée par les tatouages mais je trouve qu’effectivement il faut qu’ils aient un sens.

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  3. Sandrine says:

    Est-ce que quelqu’un s’est déjà fait tatouer sur un salon ? Parce qu’il y a des tatoueurs étrangers auxquels il serait difficile d’avoir accès autrement que sur un salon mais est-ce qu’un tatouage dans de telles conditions peut être bien exécuté ?

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  4. laurielit says:

    ah cette expo…j’ai vu plusieurs affiches, elle me tente terriblement et ta chronique et tes photos accentuent cette envie. Je suis néophyte aussi et j’ai bien envie d’en apprendre plus…(en vrai j’ai déjà eu un tatouage…certes éphémère mais au creux des seins, un truc genre « Emma Foster »…et j’ai adoré :-)

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