24 h de la vie d’une femme, Clémentine Célarié, Stefan Zweig

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Je suis prête à vieillir, vieillir c’est ne plus avoir peur de soi. A moins que ne plus avoir peur de soi, ce soit vivre. 

Au théâtre Rive Gauche, Stefan Zweig est à l’honneur en ce moment avec deux pièces : « 24 h de la vie d’une femme » et « le Joueur d’échecs ».

Dans la première, Clémentine Célarié a le rôle titre de cette femme qui, du jour au lendemain, offre son coeur, et même plus, à un inconnu, croisé dans un Casino.

Au début de la pièce c’est une femme allongée dans son transat, alanguie, en dehors de la vie tumultueuse et argentée d’un casino de Monaco. En dehors ? Pas vraiment, puisque lorsqu’un homme se donne la mort, après avoir tout perdu au jeu, la voici qui se souvient de ce fameux jour où elle perdit la raison.

Qui mieux que Zweig sait décrire la passion des gens ? Qui mieux que lui arrive à peindre les différentes maladies du coeur ? Il s’immisce dans les arcanes du cerveau humain et déploie alors au lecteur tout un éventail des sentiments humains.

Aussi jouer ce florilège de sentiments n’est guère des plus simples. Jouer le désir, le sentiments amoureux et même la folie, cette fine brèche vers laquelle on bascule irrémédiablement, voici ce qui attend Clémentine Célarié à chacune des représentations.
La comédienne incarne parfaitement  cette femme veuve et rangée à une vie simple et sans heurts. Rangée, jusqu’à ce que ses yeux tombent par inadvertance sur les mains d’un joueur.
Le désir naît des mains de cet homme, puis plus tard du corps entier. C’est un homme fougueux qu’elle pense tirer des griffes de la mort.

Ici personne ne juge cette femme (d’ailleurs qui pourrait croire être au dessus de la passion dévorante ?), on vit avec elle ce désir naissant, on la suit dans la passion, on aimerait la mettre en garde bien entendu, mais ce qu’elle vit est tellement beau …

24 heures de passion valent-elles le sacrifice de toute une vie ?
C’est un quasi monologue vibrant, et quand on ressort du théâtre, nul doute que la comédienne a su faire naître en nous ce trouble. Et si la véritable vie était celle qui fait de nous un autre ?

Une mise en scène aux voiles judicieux et pertinents qui permettent aussi aux spectateurs de naviguer entre les scènes et les décors sans alourdir la représentation, des jeux de voix aussi, quand Clémentine Célarié prend la parole à la place de l’homme. Il va sans dire que la comédienne prend énormément de plaisir à incarner cette femme passionnelle, et à rendre cet éventail d’émotions.

 

Théâtre Rive Gauche
Auteur : Stefan Zweig
Adaptation : Eric-Emmanuel Schmitt
Mise en scène : Steve Suissa
Décor : Stefanie JARRE
Costumes : Pascale BORDET

Avec Clémentine Célarié, Loris Freeman, Samuel Nibaudeau

Jusqu’au 1er août 2015
Du mardi au vendredi à 21h
Le samedi à 19h ou 21h
Matinée le samedi à 17h

Places à 40€ (Carré Or), 34€, 27€, 20€ et 12€

OFFRES DÉCOUVERTES du 22 avril au 2 mai inclus, à partir de 21€ la place, et du 6 au 12 mai inclus, à partir de 24€ la place.

La bande annonce : 

12 comments

  1. Jwann says:

    J’ai vu Le Joueur d’échec mais la mise en scène m’avait un peu déçue. Ce que tu en dis me donne envie de voir 24h de la vie d’une femme.

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    • Leiloona says:

      Ah oui ? Avec Huster ?

      J’ai vu la pièce dimanche dernier, je compte aussi faire un billet. Bien aimé cette mise en scène pour ma part. 😉

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  2. L MARIANNE says:

    j’aime beaucoup cette actrice-
    je découvre , n’ayant peu de connaissances dans ce domaine-
    merci pour le partage- amitiés-

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  3. Dolly says:

    Ton billet donne envie de voir cette pièce…il faudra que j’attende une éventuelle tournée en province 😉

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  4. Brize says:

    Clémentine Célarié est une actrice que je n’apprécie pas (au point que dès qu’elle est à l’affiche d’un film, je le zappe), mais j’ai regardé la vidéo que tu joins à ton billet et elle a fait tomber cet a priori : son incarnation des personnages a l’air extrêmement juste.

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    • Leiloona says:

      Oh, alors je suis contente d’avoir mis la vidéo ! Oui, j’ai trouvé que cela sonnait juste. Quelques passages en deçà mais dans l’ensemble vraiment on n’est pas dans le gros mélo, mais dans la sincérité, donc la justesse.

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