Même pas peur, The House of Horrors au Musée d’art moderne

« – On s’ennuie au musée ! » soupire votre ado quand vous lui proposez de traîner ses baskets dans un musée ? Faites lui changer d’avis en l’emmenant voir la nouvelle installation de Sturtevant : « The House of Horrors ».

Arrivé au musée, on descend dans les profondeurs de celui-ci : une véritable descente aux Enfers ! Accueilli par des néons rouges, on avance dans une pièce sombre avant de tomber sur un train fantôme. Le même que dans notre jeunesse …

De sacrés souvenirs remontent alors à la surface, néanmoins l’objectif ici n’est plus de faire peur, mais de faire réfléchir. Ou alors les deux …

Sturtevant est une artiste américaine à l’origine du mouvement appropriationniste (l’art de s’approprier l’art des autres, donc). Pourquoi un original aurait-il plus de valeur que sa reproduction (elle aussi originale et unique, puisqu’un artiste ne peut refaire à l’identique deux oeuvres) ? Un courant décrié et provocateur, vous vous doutez bien, et l’intérêt ici n’est pas de relancer le débat.

Dans ce train fantôme, donc, on avance dans le noir, on ne découvre les nouvelles pièces qu’au dernier moment, : des chauves-souris, des squelettes, un Frankenstein peu commode, une tête coupée et sanguinolente, une femme à quatre pattes qui semble manger les déjections canines … Les plus âgés ou calés y retrouveront une allusion à Divine (une actrice hors normes et égérie de John Waters) …

© Pierre Antoine

Quel intérêt alors ? 

Certains diront qu’une telle exposition ne sert à rien, qu’il suffit d’aller à la fête des Loges pour éprouver la même chose. L’objectif, vous vous doutez bien, n’est pas le même : on ne monte pas dans un train fantôme au MAM de la même manière que dans un train d’une fête foraine. Ici, une intention pré-existe, qu’on la partage ou pas.

Dans un monde saturé d’images et de violence, nous ne faisons même plus attention à l’impact que ces images peuvent avoir sur notre perception de la réalité. Le train fantôme, bourré de scènes violentes, est un condensé de notre société où le spectacle règne.

Une exposition hommage pour cette artiste décédée l’an dernier qui met en avant notre goût du morbide et du spectacle, tout en le dénonçant.

Vous pourrez vous délecter de cette installation jusqu’en mai 2016. L’occasion, peut-être d’engendrer avec un adolescent une discussion sur ces images violentes qui peuplent son quotidien, afin d’entamer, pourquoi pas (soyons fou !) une véritable réflexion ?
The House of Horrors :  2 minutes, le temps d’un voyage aux Enfers. Une catabase cathartique ? Un goût de trop peu, malgré tout … 

Même pas peur ? 

Pour ceux qui auraient trop peur d’y aller, voici une vidéo du train fantôme, pour les plus téméraires, ne la regardez pas et allez la voir en vrai.

The House of Horrors de l’artiste Sturtevant
Musée d’art moderne de la ville de Paris
11, avenue du Président-Wilson – 16e
Du 29 mai 2015 au 15 mai 2016
Du mardi au dimanche de 10h à 18h – nocturne le jeudi jusqu’à 22h
Collections permanentes
Tarifs : 2 euros (1 euro en supplément d’un billet expo)

12 comments

  1. titine75 says:

    Je n’avais pas entendu parler de cette exposition, le point de vue est intéressant je trouve.

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    • Leiloona says:

      Oui, on en parle peu je trouve … peut-être à cause de sa durée riquiqui ?

      J’ne ai profité pour voir Darger du coup. :)

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  2. Hélène says:

    Brrr, je risquerais moi même d’avoir peur, je passe mon tour. Pour dire je ne suis même jamais allée à la fête des loges 😉

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    • Leiloona says:

      Ah mais moi je ne vais pas dans les trains fantôme des fêtes foraines : trop trop peur … là c’était différent, mais en commençant je ne faisais pas la fière non plus ! 😀

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