Les haines en moins, Eric Le Guilloux

les haines en moins le guillouxLe texte commence abruptement : un homme dans un lit, son corps lui fait défaut à cause d’une maladie orpheline. Les mains, les jambes, les yeux …

Je passe ma journée à me gerber et me chier dessus. Pas le moindre problème d’odorat, la vie est quand même mal foutue.

Fichue maladie dégénérative.
Le ton est donné.

Le personnage en fin de vie remonte alors les années :  son enfance n’a rien d’une sinécure avec un père violent et alcoolique et une mère dépressive, son adolescence est celle d’un écorché vif, forcément. Rebelle en dehors, sensible en dedans. Son entrée dans la vie adulte n’est guère meilleure … Mais des rencontres lui permettent tout de même de connaître une forme d’affection. Betty, elle, elle sera à la fois son modèle (il peint) et son amante. Mais voici qu’elle tombe enceinte. Il la convainc de ne pas avorter. Une nouvelle vie s’offre à lui.

Un enfant n’est-il pas la meilleure chose qui puisse nous arriver ?

Il élève seul le gosse. A la mort d’un de ses amis, il emménage avec sa femme. A eux trois, ils forment une famille bancale mais aimante. Malheureusement, la vie a décidé de s’acharner sur le narrateur …

Les Haines en moins n’est pas un roman feel-good, vous l’aurez compris. J’ai eu du mal à lire la narration des jeunes années de Sacha. Trop de dialogues, trop de pathos aussi … Aucune musicalité dans le texte à laquelle accrocher mes arpions. Paradoxalement, ce sont les parties brèves de retour dans le présent, en pleine maladie donc, qui m’ont permis de m’accrocher au roman. Je leur trouvais une certaine beauté.

La relation avec Zadig, l’enfant de Sacha, m’a presque réconciliée avec ce livre. Touchant, oui, forcément, de voir un père donner ce qu’il n’a pas pu recevoir. De jolis passages.

Et puis est venue la fin. Et là, non. Trop de pathos tue le pathos. J’y ai vu l’exagération de trop, la noirceur impossible, comme s’il fallait jouer sur certains procédés pour dégoûter le lecteur. En somme, un roman que je ne conseillerai pas. Quelques jolis passages, comme je l’ai indiqué, mais on distingue malheureusement trop les grosses ficelles dans le reste du récit. Je suis restée en dehors.

Auteur Eric Le Guilloux
Éditeur Daphnis Et Chloé
Date de parution 13/09/2015
EAN 979-1025300237
ISBN 1025300238
298 pages
18 €

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15 comments

  1. Stephie says:

    Bon… je raye… Dommage car j’ai découvert cette maison il y a peu, avec plaisir.

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    • Leiloona says:

      Hormis la fin, ce n’est pas trop glauque (quelques passages durs tout de même), mais c’est surtout les procédés narratifs que j’ai déplorés. 🙂

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  2. Pingback: Rentrée littéraire 2015 | Bric à Book

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