Comme je l’imagine (Atelier d’écriture 190)

© Kot
© Kot

Elle entre dans la rame, son sac de cours en bandoulière lui cisaille le dos et les épaules, elle offre un regard circulaire sur les places disponibles, en avise une, marche vers le siège disponible, et se pose. Elle ramène vers elle son sac, le pose sur ses genoux, l’ouvre puis plonge sa main dans le capharnaüm. Elle en ressort des écouteurs et son MP3 : sa bulle, une façon de résister contre la violence sonore autour d’elle.

Playlist aléatoire, la voix de Véronique Sanson s’élève alors et s’impose à elle comme un mantra. « Comme je l’imagine » …

Léna lève alors les yeux et contemple le monde autour d’elle. Une barrière sonore entre elle et les autres, et les voici transformés, magnifiés presque. Elle leur invente des histoires, parfois elle est presque sûre de toucher du doigt la vérité. Son regard se pose sur cet homme. Il lit. D’emblée sa curiosité lui fait pencher la tête : que lit-il ? Que peut-elle apprendre sur son roman ? Non, la couverture reste hermétique. Léna se renfrogne : comment imaginer alors l’homme qu’il est ?

Des yeux baissés, un visage concentré. Léna adore regarder les lecteurs, autant qu’elle aime plonger elle aussi dans un roman. Leur visage est toujours serein, ailleurs, en dehors de la réalité. Mais cet homme n’est pas tellement concentré : il referme son livre une fois, deux fois, regarde sa montre, et lève son regard vers les stations qui s’égrènent lentement. Il a rendez-vous.

Léna sourit : elle aussi.
Le voici soudain qui range son roman et regarde une dernière fois sa montre. Elle aimerait tant le suivre et savoir ce qu’il advient de lui. Elle l’imagine curieux, cultivé, un brin étourdi à cause du pansement, mais n’en saura pas plus. Le reste appartient déjà à l’univers des songes, à l’imaginaire de chacun, des mondes peuplés de rencontres inabouties, de vies laissées en suspens. Un monde de limbes où des hommes incomplets gisent là, abandonnés de leur créateur.

Léna descend elle aussi à cette station là. Rome. Comme une ville dans la ville. Un monde dans un monde. Rome. Elle est sur le quai, elle marche, enlève ses écouteurs et remonte vers la sortie. Le jour revient, l’air aussi. Elle sent alors son coeur accélérer un peu, elle souffle, puis sourit à la vie.

Attention, rencontre dans 3, 2, 1 …

© Leiloona, le 4 octobre 2015

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Le texte de Blueberry (texte supprimé : voir sur le blog ici)

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Le texte de Yuna :

Les portes s’ouvrent, des voyageurs descendent, d’autres montent. Elles se referment.

Arts et Métiers, Temple, Parmentier, Rue Saint Maur, Père Lachaise, Gambetta.

Chaque matin, la même ligne. Des visages fermés, quelques bâillements étouffés, absence de sourires, des voyageurs silencieux, fatigués déjà.

Tu trouves parfois une place, souvent, tu restes debout. Heure de pointe. Pourquoi ce besoin de prendre le métro à cette heure matinale?

Tu t’obliges à avoir des horaires réguliers, surtout depuis la sortie de ton premier roman. Le second est le plus difficile à écrire te dit-on.

« Vous avez déjà un second roman dans vos tiroirs? » t’a demandé ton éditeur.

Quand ils publient leur premier roman, les auteurs ont, tous, plusieurs romans sous le coude, toi non.

Tu aimes ce bistrot, « le Rouge et le Noir » où tu as tes habitudes. Chaque jour, tu t’y rends, tu t’y sens bien. Quand tu arrives, on te sert un café, puis tu t’installes, toujours au même endroit, au fond de la salle, à côté d’une affiche du film de Claude Autant-Lara,  « le Rouge et le Noir », sur laquelle Gérard Philipe et Danielle Darrieux sont enlacés. Tu écris. Mêmes rituels chaque jour.

Sans que tu aies besoin de le réclamer, plus tard, le serveur t’apporte un grand café. Sans un mot, il pose la tasse délicatement devant toi. Les premières fois, il t’adressait quelques mots. Face à ton attitude obstinée, il a compris et respecte ton silence.

Vous échangez quelques mots à ton arrivée, il sait, maintenant, qu’avant la pause déjeuner, tu ne lui parleras pas, trop absorbée par ton écriture.

Aujourd’hui, une place se libère au milieu du wagon. Tu t’y installes.

Chaque jour, tu observes les passagers, leur visage. Parfois, une attitude ou un regard te marque, t’intrigue, t’attriste, t’émeut. Quand tu écris, il t’arrive d’y repenser, tu aimerais les retranscrire fidèlement.

Près de toi, un jeune homme écoute de la musique un peu fort, du rap sans doute. Une femme a les yeux fermés, derniers instants de calme avant l’effervescence de la journée. Devant toi, un homme lit. Tu ne veux pas paraître indiscrète, mais tu essaies toujours de lire, de deviner qui est l’auteur. Tu en fais un jeu que tu aimes beaucoup.

Ce matin, l’homme tient le livre posé sur les genoux. Tu ne peux voir le titre. Tu es experte en lecture à l’envers.

Tu lis. Tu connais cette phrase, tu connais ce texte.

Tu revois « Le Rouge et le Noir ». Tu revois la table à l’arrière du bistrot. Tu revois les feuilles froissées, chiffonnées avec rage.

Ce n’est plus le livre que tu regardes. Le visage du lecteur retient toute ton attention. Que peux-tu y lire? De l’intérêt, de l’ennui, de l’étonnement, tu essaies de décoder ses émotions.

GAMBETTA

Tu te lèves. Tu te sens comme une petite fille intimidée.

Tu sors du métro et tu te diriges vers « Le Rouge et le Noir ».

Tu ne sauras pas. Tu aurais pu rester. Tu es sortie. Tu préfères ne pas savoir.

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Le texte d’Adèle :

On aurait dit une coccinelle posée au bout de son doigt. La goutte de sang grossit, jusqu’à devenir une larme rouge et tomber sur sa chemise blanche aux plis impeccables.

La faute à ce rite qu’il avait, avant chaque soirée inaugurale de sa tournée.

Trente minutes avant de quitter sa suite de l’hôtel Plazza Athénée, il enfilait une chemise neuve et décapsulait une bière Pilsner,  apportée de Prague dans ses bagages et mise au frais dans le frigo-bar de la chambre. Il buvait quelques gorgées, passait la veste de son smoking, er embarquait dans le taxi réservé. Dans sa loge, quelques mouvements souples de l’archet pour délier ses doigts. L’arrivée sur la scène sous les feux des projecteurs.  Puis les morceaux de musique s’enchainaient, avec cette émotion toujours violente au-delà de la technique d’exécution, grâce à la présence du public qui donnait une dimension charnelle aux notes. Après un court silence exquis, les applaudissements éclataient comme le tonnerre.

Malgré les années, à chaque premier concert les sensations étaient intactes. La peur aussi, celle qui vous met un tocsin dans la poitrine et un gouffre à la place de l’estomac.

 Ce soir il n’irait pas. La blessure au doigt faite en décapsulant la bouteille était à la fois une excuse et un signe.

Ce soir il ferait le concert buissonnier.

Une envie inattendue de plonger en arrière, ici, à Paris, là où tout avait vraiment commencé, sa première résidence d’artiste, sa  première master classe.

Il se déshabillerait et passerait en vitesse un jean et des baskets. Le concierge lui prêterait un guide de la ville. Comme autrefois il s’assiérait sur une banquette usée du métro.  Il compulserait le plan de Paris, descendrait à la station Bonne Nouvelle, retrouverait la petite place ensoleillée où il l’avait vue pour la première fois. Il irait s’asseoir sur la chaise en bois du bistrot, celui où il avait osé poser ses doigts sensibles sur son épaule dénudée et ronde. Il parcourrait tous ces lieux où ils avaient été si heureux.

Un espoir insensé.

Qui sait ?

Cette goutte de sang sur son doigt, comme une coccinelle porte chance.

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Le texte de Ludovic :

Le premier du matin était une première. Elle avait de jolies mains soignées, manucurées, aux ongles vernis d’un rouge carmin. Elle m’a caressé, tendrement, presque sensuelle, elle a déchiffré le titre, la dédicace. Elle m’a posé sur ses cuisses, son tailleur épais dans mon dos, et elle a lu les premières pages.

Elle a sourit, puis m’a reposé sur le siège à côté d’elle. Pas à son goût sûrement! Elle devait aimer les romans d’amour, ceux qui racontent les larmes de la rupture, la lumière de l’espoir, les rires des débuts, les fougues des premières nuits. Je n’étais rien de cela, elle m’a abandonné là, est descendue trois stations plus tard.

C’est un petit garçon qui m’a ramassé ensuite. J’ai su dès le début que ce ne serait pas lui! Trop jeune, trop petit. Mais il n’était pas seul, une dame aux mains fripées, usées par le travail et les années l’accompagnait. C’est lorsqu’il lui a demandé « mamie, qu’est ce qu’il fait là? » à propos de moi que j’ai compris le lien. Elle m’a pris dans ses mains, m’a retourné, a lu rapidement, distraite, ma quatrième de couverture et m’a redonné au petit garçon; ses mains à lui étaient à peine assez grandes pour me tenir entièrement.

Il a essayé de déchiffrer mon titre, a accroché sur la double consonne et sur les sonorités espagnoles du nom de l’auteur. Il a fini par renoncer et m’a redéposé sur le siège.

Le suivant ne m’a même pas regardé. J’occupais une place, un siège, il a juste voulu me déplacer, mais ne trouvant où me mettre, il m’a gardé dans ses mains. Il a joué avec mes pages, les faisant défiler à toute vitesse, dans un geste nerveux. Son fort parfum et son costume parfait ne cachaient pas sa fatigue. J’ai pensé qu’il n’avait pas dû s’asseoir un livre à la main depuis bien longtemps. « Pas le temps de lire ces histoires, moi! J’ai un métier, des responsabilités, pas de temps à perdre… »

Si seulement il m’ouvrait et commençait à lire, il s’apercevrait peut être que c’est en ne lisant rien qu’il se perd… Quand sa station est arrivée, il m’a jeté sur le siège sans même avoir lu mon titre…

Je pensais finir ma journée là, sans avoir été ramassé, sans connaître de dernière demeure, victime d’un bookcrossing qui n’aurait pas fonctionné…

Puis il est arrivé! Étudiant, sûrement, il a posé son sac à dos orné de badge et d’inscriptions aux feutres sur les genoux de son jean déchiré, et moi par dessus. Il a commencé par quelques pages au hasard, comme un oiseau qui picore doucement au début, guettant le danger, prenant mille précautions. Il lisait quelques lignes, relevait la tête et regardait autour de lui. Puis finalement il a plongé dans ma lecture, repris au début, sans compromis, coupé du monde qui l’entourait.

Il a raté sa station, happé par mon histoire, et j’ai bon espoir qu’il m’emporte chez lui, me garde m’empile sur sa table de nuit, me corne, m’anote, me relise, me partage, et après m’avoir aimé, ait encore envie de me partager et de me laisser dans un autre hasard, sur un banc, dans une cabine d’essayage de grand magasin ou dans un bus.

Il est ma septième famille, mes pages ont jauni, ma couverture est usée, pliée, chiffonnée. Je porte le nom de mon premier lecteur sur la couverture. Il est un peu passé, effacé par les années. Et puis abandonné un jour dans un train, j’ai depuis vécu ces bookcrossing comme autant de plaisirs. Et je ne compte pas bouder celui-ci, qui commence!

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Le texte de Nady :

LA LECTURE COMME ULTIME BOUEE DE SAUVETAGE ?

 » Alors qu’elle ne faisait rien, elle ne paraissait pas inoccupée. Des sentiments variés traversaient ses yeux, des pensées tendaient puis détendaient son front, ses lèvres retenaient mille discours qui voulaient s’échapper. Dotée d’une riche vie intérieure, Emma van A. se partageait entre les pages d’un roman ouvert sur ses genoux et les afflux de songes qui l’envahissaient dès qu’elle relevait la tête vers la baie. J’avais l’impression qu’il y avait deux navires qui cheminaient, séparés, le navire de ses pensées et le navire du livre ; de temps en temps, lorsqu’elle baissait son regard, leurs sillages se mêlaient un instant, partageant leurs vagues, puis son navire à elle continuait sa route. Elle lisait dans le but de ne pas dériver seule, elle lisait non pour remplir un vide spirituel mais pour accompagner un imaginaire trop puissant. De la littérature comme une saignée afin d’éviter la fièvre… »

Quelle plus belle définition de la lecture, vue par Eric-Emmanuel Schmidt dans la rêveuse d’Ostende !!!

Tantôt soupape vers l’évasion, parfois mémoire de l’Histoire, de temps en temps moyen d’assouvir notre curiosité ou notre voyeurisme sur la vie des autres plus connus que nous dans ce monde ici bas, quelquefois instructif et pédagogue sur un nouveau comportement qu’on chercherait à adopter, le livre a cette faculté de nous enrichir et nous faire rêver. Nos yeux se délectent à travers les lignes, les renvoient au cerveau qui les assimilent ; parfois ce dernier en redemande encore sur un passage tellement fort et sublime que nos yeux s’exécutent sans broncher et repassent sur le même passage plusieurs fois.

Un  livre ressort souvent un peu abîmé par le dernier lecteur qui y laisse son empreinte sur la page en l’écornant parfois ou en l’effleurant, telle une caresse sur cet instant si suspendu dans le temps.

L’ouïe peut aussi se retrouver solliciter dans le plaisir de l’écoute des lectures à haute voix où l’émotion dégagée par le lecteur se mêle à une musique bien choisie qui vient bercer la voix de l’acteur sur scène qui tente d’attirer notre attention sur les pensées de l’écrivain qui l’anime.

L’acte de la lecture ne nécessite pas grand-chose pour s’y atteler : coincé dans les rames du métro (avec une place assise c’est encore mieux), patientant longuement dans une salle d’attente, allongé sur une plage de sable fin, confortablement calé sur la banquette 100% cocooning de l’Impertinente* autour d’un succulent gâtal** , lové dans un plaid sur sa terrasse au coucher du soleil d’une journée automnale, installé sur une large banquette d’un café viennois, alité dans une chambre d’hôpital ou chez soi avec un corps mutilé et souffrant, assis dans le lounge d’un Starbucks, un livre à la main, et notre imagination jubile, s’élève et sort du quotidien.

Dans cette période tourmentée que connaissent nos sociétés où le « vivre ensemble » n’a jamais été aussi fortement voulu, comme un cri, une prière qu’on voudrait voir appliquer au plus vite, lire devient un échappatoire au réel, un moyen pour s’évader et découvrir d’autres façons de penser, une technique pour comprendre le passé afin de mieux appréhender le présent et préparer l’avenir… Wait and see…

 *L’impertinente est un salon de thé enthousiaste et ultra tendance à Lille

** Dérivé de gâteau mais propre à l’Impertinente dont les pâtisseries, si divines, avaient besoin d’un terme rien que pour elles

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Le texte de Bénédicte :

Je trouve toujours tres émouvant le spectacle de quelqu’un plongé dans un livre en dehors de la sphère intime de sa maison,que ce soit dans un métro,sur un banc dans un jardin public,sur une plage,toutes sortes de lieux par essence fréquentés et souvent bruyants.J’ai à chaque fois l’impression que cette personne est entourée d’une bulle magique et que l’environnement n’a plus aucune importance….Elle est là,toute entière absorbée par le pouvoir des mots…..

J’éprouve un respect total pour ceux qui détiennent cette possibilité de m’emmener dans leur monde lorsque j’ouvre un livre….Parfois ce monde ne me plait pas,c’est normal,nous sommes tous si differents.Parfois,au contraire,je suis sûre que ce livre a exactement été écrit pour moi,juste pour le moment précis que je traverse dans ma vie….

Je souhaite que ce soit le cas pour cet homme dans son métro,car on a le sentiment que sa journée n’a pas forcément bien commencé….Est-ce son indispensable cafetière qu’il a ramassé en mille morceaux sur le sol de sa cuisine ?

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Le texte de Claude :

Sale journée. Rémi était allé la veille, comme tous les soirs, chez sa mère. Il avait bu deux doigts de Porto, et en avait coincé sauvagement un dans la porte d’entrée, ce qui lui fit très mal. Dieu merci, il n’était pas pianiste de concert, mais astro physicien. Mais allez vous concentrer sur les années lumières et les trous noirs quand la douleur au doigt vous ramène sans cesse à des réalités d’ici bas. Il alla donc travailler bougon dans ce petit matin blême. Il pris le métro, se plongea dans un bouquin acheté à la station. Une histoire pas trop compliquée avec quelques dessins. Chaque jour, le trajet durait au moins une heure à l’aller, même chose au retour, sans compter les pannes, les grèves ou les incidents voyageurs. Il feuilletait sans conviction son livre, le doigt enturbanné, levé comme pour une tea-party dans le Sussex, pensant qu’une lecture facile le détournerait de sa souffrance. Rien n’y fit.

Il savait qu’il arriverait en retard à l’Observatoire. Son chef de labo le recevra, ainsi qu’à l’accoutumé, avec des remontrances de bas étage, et aujourd’hui la compassion vis à vis de l’index endolori de son collaborateur sera aussi absente que la vie sur Mars. Il était déprimé de mener cette vie constellée, si on peut dire, d’ennuis et de galères.

Assis sur sa banquette Rémi se laissa aller à rêver d’une Voie Lactée dont le lait sidéral adoucirait éternellement la douleur de son doigt. Il lui fallait suivre une Voie d’apaisement. Son regard se posa alors sur un petit panneau suspendu dans la rame : Printemps RATP des proverbes : « Quand le sage montre l’astre, l’imbécile regarde le doigt » (proverbe chinois).

L’imbécile, c’était lui ; il lui fallait devenir sage. Se focaliser sur l’espace et non sur son doigt. Arrivé à l’Observatoire, il attendit le soir. Il monta alors calmement jusqu’au télescope, dirigea précautionneusement la lunette vers une magnifique galaxie spirale qui se détachait dans la nuit noire. Il défit les lentilles de l’appareil, entra à l’intérieur du télescope, rampa le long de la paroi de cuivre, et ressortit par l’autre bout, dans l’espace profond et silencieux, en apesanteur. Il se muait lentement au milieu des étoiles, comme un personnage de Folon, le chapeau en moins. Son mal avait complètement disparu, il était loin de son travail ingrat, des tracas ridicules du quotidien. Il était enfin heureux.

Le Directeur de l’Observatoire le chercha longuement et trouva peu après, dans la grande salle ouverte du télescope, devant les lentilles de verre soigneusement démontées, un mot manuscrit :

Printemps RATP  des proverbes :« Lorsque tu crieras métro, boulot, bobo, le sage te montrera le bonheur de l’infini »  (proverbe sidéral)

 

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Leiloona
Épicurienne culturelle, je sillonne villes, pays et musées, toujours un livre dans mon tote bag ... Chaque lundi, je publie mes textes dans un atelier d'écriture basé sur une photographie que j'anime depuis 5 ans. Museo geek l'hiver, sirène l'été. J'aime les bulles, le bon vin et les fromages affinés. View all posts by Leiloona →

63 commentaires

  1. oulala! on dirait qu’il y a de plus en plus de textes à lire!!! bientôt ce ne sera plus possible de lire tout le monde…
    bel optimisme dans le tien, Leiloona et chez Ludovic encore une fois un point de vue original 🙂
    bonne semaine à tous!

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    1. Oui, de plus en plus de textes, effectivement, hier soir j’ai halluciné sur le nombre à ajouter ici. Mais tant mieux, non ? 😀

      Merci Adrienne, oui, pour une fois, c’était léger, ce n’est pas assez souvent à mon goût. 🙂

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  2. Jolie sélection de textes cette semaine encore, je vais prendre le temps de les commenter tous, mais progressivement… 😉

    @Leillona : donnez une photo à la Dame, un stylo, une plume ou un clavier, et hop elle, vous embarque ! La fluidité de ton style me laisse toujours sans voix, et je peux très bien m’imaginer à la place de Lena, m’isolant phoniquement de ce moyen de transport, tou en inventant des histoires à mes compagnons de voyages…

    Comme cet homme qu’elle observe. cette homme qui ne semble pas très concentré. Il est troublé parce que la femme qui est montée dans le métro et qui a sorti son casque ressemble à la femme décrite dans le livre qu’il lit. Il est un peu nerveux, il a rendez-vous, avec l’inconnue. Fasciné par sa présence, il le regarde descendre à la station Rome, elle le regarde brièvement et esquisse un sourire. Les portes se referment et il se souvient alors qu’il avait rendez-vous près de la station Rome….

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    1. Merci mister ! Le flot est venu, dès le réveil … la seconde d’avant, je n’avais aucune idée de ce que je voulais écrire. Et là, paf, une évidence « mais c’est bien-sûr ! » 🙂

      Sinon oui, c’est dingue cette littérature où l’on a l’impression que les mots ont un pouvoir et interagissent avec le réel. Je crois qu’il y a de la sorcellerie derrière, mais bon, ce sont des secrets bien gardés.

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  3. Leiloona : j’ai l’impression de me reconnaitre dans ton personnage.
    Blueberry : j’adore ton texte, quelle bonne idée de scénario, mais quel dommage de ne pas lire ces livres…
    Yuna : ah on aimerait plus souvent voir les couvertures des livres, et discuter avec les lecteurs mais il y a cette convention de distance dans les transports en commun.
    (Je lirai les autres textes plus tard… bonne journée !! )

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    1. C’est un joli compliment, ça, Antigone, ça veut dire que l’illusion se crée, tant mieux ! 🙂 Merci.

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      1. @Leiloona je confirme que tu as vraiment l’art de créer l’ambiance, on est vraiment dans la peau du personnage. Je sais je me répète mais c’est mon grand âge…

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  4. Il faudrait vraiment que j’arrive à être régulière dans mon écriture pour espérer vous arriver à la cheville !! J’aime particulièrement celui de Blueberry.

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    1. Elora : où as-tu vu que c’était un concours et qu’on hiérarchisait les textes ? Ici, tu te fais plaisir à TOI, le reste n’est qu’une question de jugement : relatif, donc, et subjectif. une affaire de goût. 🙂 En revanche, être plus régulière, oui, je peux t’inciter à l’être ! :)) Gnark gnark.

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  5. Leiloona : je n’aurais pas mieux dit, c’est exactement à ça que j’avais pensé, c’est rigolo 🙂
    Blueberry : j’ai adoré ! Quelle belle idée !
    Adèle : excellente idée d’avoir choisi ce pansement. Et alors ? L’a-t-il revu ?
    Ludovic : c’est génial cette vie de livre ! (et ça m’est déjà arrivé de rater ma station…)
    Claude : ces proverbes sont souvent bien trouvés, comme on le voit dans ce texte 😉

    Pas de texte chez moi, j’ai écrit pour le boulot 😉 mais je vais aller lire tout le monde.

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  6. Hey ! dis donc, c’est quoi cette fin qui me laisse perplexe et pour laquelle j’avais envie de tourner la page du livre pour en savoir plus ! hum ?

    Le texte de Blueberry : Ah ! Ah ! faire semblant de lire pour ne pas vomir dans le col de la voisine, j’avoue que c’est charitable, un bon geste, bien sûr que la Sécu devait elle aussi faire un petit geste

    Le texte de Yuna : il reviendra, un peu plus tard, il ne faudra pas descendre si vite la prochaine fois

    Le texte d’Adèle : une bonne idée d’aller sur cette petite place, mais comment faire luire le soleil en pleine nuit, un artiste complet, ce musicien

    Le texte de Ludovic : c’est joli cette histoire de bookcrossing, je ne connaissais pas ce nom et cet art littéraire, pour l’avoir déjà fait dans un train, aussi, car le livre m’avait tellement diverti que je voulais qu’une autre personne puisse avoir autant de plaisir que moi

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  7. @ Leiloona : Observer les lecteurs pourrait devenir ma prochaine marotte 😉 ! J’aime beaucoup le passage sur les rencontres inabouties dont l’écriture diffère du reste du texte. Une magnifique « fulgurance » stylistique !
    @ Blueberry : Si ton personnage se sent encombré par ses trois mille livres, je suis preneuse 😉 ! Texte très bien construit, une mécanique bien huilée aux détails ultra-précis qui le rend encore plus drôle.
    @ Yuna : l’auteure et son lecteur dans le métro, l’idée est originale ! Ton personnage est émouvant, fragilisé par ce second roman qui se fait attendre et ses rituels qui la rassurent…
    @ Une pépite de nostalgie ! Ne dit-on pas que la coccinelle porte bonheur ? une texte où les sens, très présents, rendent le personnage « vivant ».
    @ Ludovic : Quelle jolie idée, ce livre en quête de lecteur !
    @ Nady : La citation en incipit est très belle. J’apprécie chaque semaine la profondeur de tes réflexions sur notre temps, elles sont pétries d’humanité.
    @ Bénédicte : Les livres peuvent « réparer » certains maux de l’âme… A ma connaissance, pas encore les coupures au doigt 😉 !
    @ Claude :Un texte animé d’une douce folie : j’adore !

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    1. Rhooooo Merci pour ce beau compliment Albertine, je suis sincèrement touchée 😉

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    2. Albertine : Oui, effectivement, ce passage là n’est pas dans le même ton, mais c’est celui (à mes yeux) qui se rapproche le plus de moi, de mon moi profond en tout cas.

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  8. Le texte de Nady : bravo ! c’est magnifique, bien pensé, bien écrit, et délicieux, et c’est vrai moi aussi je me réfugie sous un plaid sur une banquette dans un salle d’attente, partout pour lire, mais aussi parfois écouter les commentaires des uns et des autres

    Le texte de Bénédicte : c’est adorablement bien narré et cette petite phrase qui dit que ce livre a été exactement écrit pour moi, moi aussi j’ai souvent ce sentiment et je me sens moins seule

    Le texte de Claude : Oh ! merci, quel bonheur ce texte qui au début semble terre à terre, et je sombrais dans le désespoir et puis quelques mots, une géniale idée chinoise, ah ! pour une fois, et hopopop ! notre petit bonhomme se fait la malle et rencontre le bonheur au bout de l’objectif, c’est ça ! il faut toujours être objectif !

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  9. @Beaucoup d’émotions transparaissent dans ce qui n’est que simplicité apparente. Belle image que ce « monde de limbes »!
    @ Yuna: belle écriture du doute!
    @ Adèle, j’aime cet instant de liberté malencontreusement volé et joliment écrit.
    @ Ludovic, jolie cette histoire de livre voyageur!
    @Nady, Défense et Illustration de la lecture! Bravo!
    @ approche émouvante de la lecture.
    @ Claude, quelle poésie ! J’aime beaucoup cette analogie qui mène ton texte.

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  10. @ Blueberry: j’adore ce point de vue décalé, et cette requête totalement pertinente à la sécurité sociale
    @ Yuna : scène de la vie d’une auteure.. Moi aussi, je pratique la lecture « à l’envers », dans le métro 😉
    @ Adèle : j’ai été moi aussi tenté par une histoire autour du pansement (je la garde dans mes tiroirs et elle finira bien un jour par éclore sur mon blog…), j’aime beaucoup la métaphore de la goutte de sang coccinelle porteuse de chance, ces vrais actes manqués pour faire « l’école buissonnière ».

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    1. J’adore la lecture à l’envers. Contente de ne pas être la seule!

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  11. les premiers textes que j’ai lu sont superbes,j’ai beaucoup aimé l’histoire du livre qui se balade
    je reviendrais plus tard, il va falloir au moins la semaine pour les lires tous
    bonne journée à tous et toutes

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  12. ce régal ce lundi matin ! pas tout lu, j’y retourne dans la journée ! pour un peu de douceur dans cette folle journée !
    merci à tous 😉

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  13. @Leiloona : C’est fou le nombre d’émotions qui peuvent nous assaillir dans le métro !
    @Blueberry : J’ai beaucoup aimé ton texte grinçant et complètement improbable !
    Les autres… je vous lirai plus tard, c’est promis !

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    1. Ah ah, mais chacun interprète l’image comme il le souhaite, c’est le principe. Je sais que Kot prend en photo dans le métro, donc forcément mon regard est orienté. 🙂

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  14. @Leiloona : J’aime aussi observer mes compagnons de voyage, parfois je leur imagine des vies comme Léna. Ton texte est plein de légèreté, plein d’espoir.
    @Ludo : J’adore une nouvelle fois l’originalité de ton angle d’approche, quelle jolie idée que de faire parler ce livre qui va de maison en maison !
    @Bénédicte: Je trouve que tu définis bien ce qu’est la lecture : une bulle magique. C’est tellement ça, on se retrouve plongés dans des vies, des siècles, des pays totalement différents de celui où l’on évolue. On est coupés du monde par l’imaginaire et les mots.
    @Claude : J’aime vraiment beaucoup le début et ton jeu de mot sur les deux doigts de porto. Ton texte est très poétique.

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  15. @Yuna: Comme tu le décris si bien, je pense également que les écrivains ont tous leur petit rituel pour retrouver cet état d’esprit qui rend tout si facile.

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  16. @Adèle: J’aime beaucoup le jeu des émotions de ce texte et ce magnifique sentiment de se retrouver lorsqu’on revient aux sources.

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    1. C’est joliment dit Pierforest 😉 Je pense qu’on apprend beaucoup sur soi aussi en lisant 😉

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  17. @Bénédicte: On a tous nos auteurs fétiches, car on sait qu’ils nous feront voyager, s’évader et même oublier un moment cette vilaine coupure.

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  18. Super exercice ! J’imagine la part de projection dans chacun de ces textes !
    Je remarque (au passage) que les lectrices aiment bien les hommes qui lisent dans le métro. Je sais ce qu’il me reste à faire 😀 (tiens, je vais prendre un Jane Austen pour enfoncer le clou)
    PS : Je me suis un peu emmelé les pinceaux pour cette première participation : Blueberry et Lemexicainjaune sont la même personne qui a proposé 2 fois le même texte 😮

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    1. Oui, chacun effectivement projette ses peurs / envies / désirs … on ne voit jamais la même chose, c’est ce que j’aime du coup (ça tombe bien …) : lire une multitude de point de vue à partir d’une même photographie, donc d’un seul regard. La multiplicité de le réalité en somme.

      Et les hommes qui lisent sont attachants, c’est vrai …

      Je vais supprimer le texte de Blueberry alors, en ajoutant un lien vers ton blog.

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  19. @Leiloona : la fluidité de ton texte, ton art à nous faire entrer dès la première phrase dans tes textes nous fait être dans la rame avec toi et cet inconnu que tu observes. La chute m’intrigue et ai envie d’une suite 😉
    @Blueberrry : curieuse de connaître la réponse de la Sécu 😉
    @Yuna : une partie de ton texte fait écho à celui de Leinoona, un vrai régal de lecture ! J’ai adoré le Rouge et le Noir à l’école 😉

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    1. Oh Nady, merci beaucoup. Tu sais à quel point tes commentaires me touchent particulièrement. Merci de poser ce regard sincère sur mes textes.

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  20. @Ludovic : un vrai régal ton texte, comme toujours.
    « Elle devait aimer les romans d’amour, ceux qui racontent les larmes de la rupture, la lumière de l’espoir, les rires des débuts, les fougues des premières nuits.  » : j’adore tout simplement !!!
    « « Pas le temps de lire ces histoires, moi! J’ai un métier, des responsabilités, pas de temps à perdre… »
    Si seulement il m’ouvrait et commençait à lire, il s’apercevrait peut être que c’est en ne lisant rien qu’il se perd… » : je surlike !!!

    J’aime beaucoup ces idées de bookcrossing pas encore très tendance dans la capitale à mon goût 😉

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  21. @Leiloona : c’est joli. J’aime cette idée de regarder les lecteurs. Et aussi « station Rome, une ville dans la ville »
    @Blueberry : excellent ce cumul de livres non lus
    @Yuna : les mystères de l’écriture…
    @Adèle : Qu’a t-on dit au public ?
    @Ludovic : c’est vrai, le livre a une ou plusieurs vies.
    @Nady : tu as raison, dans la lecture évasion l’imagination jubile
    @Eva : les salles d’attente, hauts lieux de suspicions mutuelles
    @Titine : un bobo au doigt et confondre un assassin ? Ca vaut le coup.
    @Anne-Véronique : j’aime beaucoup cette auto-réflexion. Une future mère reste pleinement une femme
    @Laflibust : c’est drôlement bien rythmé
    @Lyvann : joli poème
    @Missnefr : la suite, la suite…
    @Antigone : prêter une histoire aux gens que l’on croise est passionnant
    @Lestribulations : le moment de lecture change le regard sur les réalités
    @Nimentrix : super cette altercation un peu surréaliste
    @Parlonslittérature : c’est super la voix obsédante qui donne le nom de l’assassin
    @Pierreforest : c’est plein d’imagination et la magie est bien décrite
    @Titoulematou : c’est triste de ne plus lire… Alors, il faut écrire.

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  22. @Yuna : Un texte sur le métier d’écrivain, qui donne furieusement envie de se poser dans un café pour écrire un livre !
    @Adèle : Ca me plait, le « concert buissonnier » 😉

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  23. Adèle : une chouette idée que de partir du pansement de la photo… et un très beau texte.
    Ludovic : très bonne idée aussi de se mettre à la place du livre… un livre qui partirai en bookcrossing.
    Benedicte : oui on sent que ce sont des mains qui ne font pas que tenir un livre, peut-être font un travail manuel, et puis ce moment bref de poésie, dans le métro, à lire…
    Claude : on se sent vraiment dans cette rame de métro où parfois il doit être bon de r^ver à la voie lactée.

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  24. @Leiloona: Avec toi, la curiosité semble un joli défaut !
    @Blueberry : j’ai bien ri ! Si seulement la sécu remboursait la lecture ! J’ai lu un article sur une médecin qui soigne ses patients en leur donnant des livres à lire. Intéressant, non ?
    @Yuna : je suis un auteur sur un blog, qui a eu la même réaction que ton écrivain : pas osé aborder son lecteur.
    @Ludovic : j’aime beaucoup l’idée d’être la famille d’un livre que j’accueille.

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  25. @Nady : Belle plaidoirie mais tu prêches une convaincue !
    @Bénédicte : autour de moi, les hommes ne sont pas de grands lecteurs, alors un homme qui lit dans le métro, je trouve ça émouvant (surtout s’il est mignon, lol ! )
    @Claude : Fantastique ! Je vais désormais surveiller mon beau-frère, astronome amateur éclairé !

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  26. @adèle : oui ! ça s’appelle la bibliothérapie. ça marche très bien. Je pratique. (surtout en tant que prescripteur-docteur) 🙂

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      1. Rare sont les problèmes moraux inédits. Si tu considères les 2500 ans de littérature avant nous, il y a beaucoup de chance que le problème de la personne en face de toi a déjà été évoqué dans un livre. Voir même plusieurs options différentes dans plusieurs livres. A partir de cette idée, tu choisis le bouquin qui va aider ton interlocutrice (avec un homme ça ne marche pas bien. trop bourrin) : soit en lui montrant qu’elle n’est pas un cas unique (si la raison fonctionne toujours, ce qui n’est pas garanti lors d’un choc émotionnel), soit en lui faisant changer d’air, redonner goût à quelque chose, etc.
        La principale difficulté est de détecter la vulnérabilité. La vraie. Pas celle qui est apparente.
        PS : Je crois que dans un film de Woody Allan (lequel?) une pharmacienne conseillait des livres à ses patientes qui venaient chercher des médicaments.

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