L’Inconnu du métro, Atelier d’écriture #198

© Kot

Engoncée dans son manteau, le col relevé et le regard perdu, Mina pensait à ces heures évanescentes qu’elle aurait aimé rattraper. Femme tronc, ses bras frêles et exsangues n’avaient plus la force de retenir des illusions perdues. Pourtant, tout en elle criait : colère, peine, souffrance. Des ouragans qui ne transparaissaient plus sur son visage lisse et froid. Une femme papier glacé qui ne rêvait que d’aimer.

Station Reuilly Diderot, 8h22.
Pierre attend que la rame de métro passe. Enfin, c’est ce que les autres imaginent. Ils seraient surpris de savoir ce qu’il fait là…
Un homme au sourire bienveillant s’approche de lui. Le genre de personne à qui vous ne pouvez pas vous empêcher de répondre si elle vous adresse la parole.

« Bonjour. Je sais pourquoi vous êtes là. »
Pierre le regarde, surpris.

Mina n’a rien perçu de cet échange sur le quai, c’est à peine si elle sait qui l’entoure, alors imaginez deux hommes passe-partout derrière la vitre. Pourtant, quelque chose a changé, imperceptible pour le moment, mais son inconscient est à l’affût. Quelque chose est sur le point de vaciller. Un clignement de cils, une pupille qui se rétracte, son instinct animal a déjà compris, mais il faudra encore quelques heures à Mina pour comprendre que sa vie est sur le point de basculer.

L’homme a sorti son smartphone, il montre une vidéo à Pierre.

« Elle s’appelle Mina. Tous les soirs aux alentours de 18h22, métro Bonne Nouvelle, elle attend sur le quai, comme vous aujourd’hui. Regardez ! »
Il a stoppé la vidéo : sur le quai en face, une rame de métro passe.
Ce que Pierre voit à la fenêtre d’une des rames est pour le moins surprenant.
C’est exactement à ce moment de stupeur que l’homme au sourire bienveillant pose la main sur son épaule. A cet instant précis, le décor de la station Reuilly Diderot disparaît, Pierre est seul, au milieu d’une immense prairie.. A l’horizon, le soleil se lève …

Quelle est l’époque ? Quel est le lieu ? Pierre entend quelques ressacs au loin, signe qu’il est près de la mer. Toutefois il ne se rappelle pas être venu là auparavant. Mais bon dieu, qu’a fait cet homme dans le métro ? Qui était-il ? Un magicien ? Un sorcier ? Un illusionniste ? Et son travail ? Son patron ne sera guère heureux de son retard …

Pourtant, Pierre se sent bien ici. Il aperçoit alors un chemin sur le côté, et s’y engage.

Station Bonne Nouvelle – 18h22
Mina attend que le métro passe. Enfin, c’est ce que les autres imaginent.

L’homme au sourire bienveillant s’approche d’elle.

« Bonsoir Mina. Inutile d’attendre le passage de Pierre, il ne sera pas dans la rame de métro ce soir. »
Elle le regarde, surprise.

« Chaque matin, il guette le passage de votre métro à Reuilly Diderot. Chaque soir vous faites de même ici. Pourtant vous ne vous êtes jamais rencontrés, mais vos regards se sont croisés, réveillant quelque chose de profondément enfoui. Vous êtes en attente. Depuis ce matin votre vie a changé, c’est en train d’arriver. Maintenant ! Il pose la main sur son épaule et la station disparaît, laissant place à un chemin au milieu d’une immense prairie.

© Leiloona et Nimentrix, le 28 et 29 novembre

————————————————————————————

Le texte de Pauline :

Clair-Obscur

Prendre le temps,

Prendre son temps,

Prendre le temps de prendre son temps,

Prendre le temps qu’il faut,

Ralentir,

Mettre à plat,

Freiner, refréner,

Prendre le temps.
Vaincre le vertige d’être ou pas,

Ce simple passeur dépassé,

Simple passeur trop pressé,

Oppressé,

Oubliant les leçons du passé.
Prendre le temps de marcher à contre-courant,

Prendre le temps de se perdre pour mieux avancer,

Creuser,

Planter,

Recommencer.
Prendre le temps,

Quand une petite main étreint le bout des doigts,

Que le sourire foudroie,

Prendre le temps de guider ses pas.
Penser un monde meilleur,

Où les jeunes pousses,

En toute liberté,

Useront des mots : Aimer, rêver, créer.
Passeur,

Sens cette petite main s’agripper,

Vois ce sourire plein de candeur,

Etreins la et ne le trahis pas.
PS : N’oublie pas : « Qui ne se plante pas, ne pousse pas » …
Réprimant un sourire, Thy replia la feuille de papier, unique héritage de son père, simple homme parmi les hommes.

————————————————————————————

Le texte de Nady :

NE VOUS FIEZ PAS AUX APPARENCES

Il est 8h15, Paris est éveillé depuis bien longtemps et Aymée n’est pas en avance mais bien contente d’avoir pu trouver une place assise dans ce métro souvent bondé en semaine à ces heures où chacun court à son travail. En plus, elle a réussi à se caler près de la fenêtre et apprécie ce luxe inestimable car ainsi elle est sûre de ne pas être bousculée par des coups de sacs ou de fesses de certains passagers pressés, souvent inattentifs aux autres humains qui les entourent ou étourdis et courant à la dernière seconde vers la sortie avant la fermeture des portes. Car aujourd’hui, Aymée n’a pas envie de faire trop d’efforts, elle est moralement fatiguée et surtout plongée dans ses pensées. Elle va profiter de son parcours quotidien sur cette ligne 8 qu’elle affectionne particulièrement, pour réfléchir.

Aujourd’hui, c’est la direction Créteil Pointe du Lac qu’Aymée prend pour se rendre à une des antennes de sa société TAA (Territoire d’Art Accessible). « Société » est un bien grand mot mais c’est ainsi qu’on nomme sa structure sur les papiers administratifs. TAA est surtout une grande aventure pour Aymée. Après des années fastes dans la publicité, durant lesquelles Aymée a toujours su trouver du temps pour des actions de bénévolat dans des associations d’insertion sociale, le bilan de la quarantaine et la crise financière qui se profilait à l’horizon avec des coupes certaines dans le secteur publicitaire, l’ont convaincu de lancer un projet fou qui lui tenait à cœur. Oh oui, il y avait de la folie dans ce projet mais Aymée se sentait l’énergie d’essayer pour ne pas avoir de regret plus tard. Et puis, il faut dire qu’elle était bien entourée ; son banquier de mari lui apportait tout son soutien, les enfants étaient grands maintenant pour pouvoir se gérer tout seul dans leur appartement cossu du 2ème arrondissement et elle savait qu’elle pouvait compter sur son réseau fidèle et sincère dans cette folle aventure qui commença il y a quelques années au terminus Balard de la ligne 8.

A cette époque, Aymée avait trouvé un local commercial assez grand dans lequel elle fit faire des travaux et on y trouve aujourd’hui plusieurs salles conçues pour des ateliers autour de l’Art ; Il y a même une petite salle, tout au fond, transformée en petit théâtre pour recevoir certains spectacles. Tantôt des spécialistes du théâtre viennent faire ressortir le clown heureux ou triste de chacun des participants, d’autres fois ce sont des ateliers écritures, ou d’autres qui permettent d’avoir de l’aisance pour des lectures sur scène ; certains jours ce sont des mini cours d’histoire sur un artiste célèbre suivi de la visite guidée en groupe de l’expo le concernant dans la capitale et parfois même on peut y voir des cours d’alphabétisation. La particularité de la société d’Aymée est de proposer ces ateliers d’Art pour des personnes aux revenus modestes et grâce à une participation symbolique, ces dernières peuvent s’évader, parfois avec leurs enfants, le temps de quelques heures d’une vie pas toujours simple. Aymée est en relation avec les Maisons de l’emploi des quartiers environnants, les associations d’insertion sociale qui sont pour elles des vecteurs de communication pour promouvoir sa société vers leurs publics ciblés. Aymée cherche, à travers son TAA, un moyen de garder ces êtres humains à flot dans notre société économique en berne avant que le doute ne commence à s’installer en eux.

Les débuts ont été difficiles pour la création de sa société mais Aymée a tenu bon. Elle ne perçoit plus le même salaire de ses années fastes dans la publicité mais la récompense qu’elle reçoit quand elle lit le bonheur à travers les yeux de ses adhérents dans la découverte de la culture et de l’art, dont notre capitale foisonne, n’a pas de prix. Elle a su compter sur des aides financières providentielles de ses amis fidèles, elle a su jouer de ses talents de négociatrice pour avoir régulièrement des fonds auprès de sociétés qui parrainent ce beau projet, au démarrage elle avait même reçu une bourse qui reconnaissait son idée innovante et qui lui permit de se lancer avec crédibilité. Beaucoup de bénévoles viennent donner un coup de main aussi, offrir de leur temps et de leur passion sur certains ateliers. Alors, dans l’ensemble Aymée est plutôt satisfaite et a même pu ouvrir une deuxième antenne à Créteil, à l’autre terminus de cette ligne 8, une ligne bien riche de tous les types de quartiers qui composent notre beau Paris et qui traverse les Rives Droite et Gauche.

Aymée vit à mi-parcours de ses 2 antennes, à la station Opéra, au milieu de ce C que forme cette ligne 8 à travers notre capitale. C comme compassion, un sentiment qui lui va bien car au-delà de l’empathie qu’elle pourrait ressentir vis-à-vis d’êtres pour qui notre société capitaliste n’a aucune pitié, Aymée a besoin d’agir dans une solidarité active car elle croit sincèrement que l’Art et la Culture peuvent sauver notre monde actuel.

Aujourd’hui, le visage d’Aymée est grave. Elle retourne à son antenne de Créteil ce jour pour revoir une adhérente fidèle, d’ordinaire discrète, mais qui lui est tombée dans les bras hier avec un besoin vital de s’épancher en lui confiant son désarroi ; cette adhérente a reçu il y a quelques jours l’appel de son fils dont elle n’avait plus de nouvelles depuis quelques mois et ce dernier lui annonçant qu’il avait décidé d’aller faire son « Djihad en Syrie »…

Aujourd’hui, Aymée est triste et fatiguée. Pourtant son monde perso et pro se portent à merveille. Heureuse en ménage, des enfants polis, serviables et dans de grandes études, un travail prenant mais passionnant… mais aujourd’hui Aymée se sent impuissante et découragée… mais elle sait pertinemment qu’il existe une solution à ses interrogations et la vie lui donne des moments de solitude, bien calée à bord de cette rame pour y réfléchir.

————————————————————————————

Le texte de Manue :

Et son regard se posa sur cette femme.

Assise et seule. Terriblement seule. Toute sa détresse dans une attitude. Ce matin là, elle s’était habillée machinalement, les gestes gourds et le corps lourd, les yeux fatigués, marqués par la vie, la sienne. A peine le temps de boire son jus de fruit qu’il fallait réveiller les enfants sans faire de bruit pour ne surtout pas le déranger. Il dormait. Enfin. Pour quelques heures encore. Quelques rires sortaient de la salle de bain … ils semblaient joyeux, eux, alors qu’elle mourait à petit feu. Ils l’aidaient à vivre pourtant, à continuer à se lever. Leur douceur, leur candeur face à sa brutalité. Dieu que ses cernes étaient sombres … ils cachaient presque la noirceur des dernières traces. Avec rapidité, elle appliqua quelques touches de maquillage sur son visage et effaça les coulées de dentifrice sur celui de ses gosses. Une porte claqua mais c’était l’heure de partir pour tous les trois et sans s’attarder ils dégringolèrent les cinq étages de leur immeuble et se retrouvèrent en sécurité dans la rue. Un bisou, un câlin devant l’école puis enfin le métro.

Il soupira, ça n’était pas possible autant de tristesse.

Elle avait dû beaucoup danser cette nuit là, son corps commençait à fatiguer et elle s’endormait presque en rentrant chez elle. Combien de temps tiendrait-elle encore à ce rythme ? Les autres danseuses étaient pleines d’entrain, il fallait qu’elle donne le change. Déjà ses costumes la serraient, ses seins plus lourds allaient finir par faire craquer les coutures pourtant solides de ses soutiens gorges d’apparat. Strass et paillettes avaient été toute sa vie pendant tellement de temps… C’est une existence différente qui l’attendait dorénavant. Et ça la remplissait de doute et d’incertitude.

Non plus … les danseuses de cabaret, ça ne rentre pas en métro mais en taxi. Trop de marches pour leurs jambes épuisées.

Le regard vide, les paupières lourdes, elle pensait … Mais qu’est-ce qu’elle allait bien pouvoir faire à manger ce soir ? Elle revoyait mentalement le vide sidéral de son réfrigérateur et entendait déjà les cris d’affamés de sa tribu quand elle rentrerait. Misère … mais pourquoi fallait-il les nourrir trois fois par jour de manière équilibrée ? Cinq fruits et légumes par jour, c’était bien une réflexion de nutritionniste célibataire vivant sans jamais rencontrer un seul enfant, ce petit être principalement constitué d’un ventre perpétuellement vide et/ou habité par un ver solitaire. Au diable l’équilibre alimentaire, ce soir, elle ferait des pâtes ! Comme tous les soirs finalement … pourquoi s’obstinait-elle à chercher une autre idée ?

Sourire aux lèvres, il se demanda quelle pouvait être la vérité de cette femme. Un instant, leurs solitudes s’étaient mêlées. Puis la rame était repartie le laissant seul sur le quai avec son imagination. Et lui, que donnait-il à voir aux autres ? Cette pensée le figea un court moment mais il n’avait déjà plus le temps de réfléchir, il fallait qu’il continue à avancer, pris dans le tourbillon de sa vie. Drôle d’époque quand même !

————————————————————————————

Le texte de Bénédicte :

Il est 5h,il fait nuit encore,le réveil sonne….La tentation est tellement grande que je referme les yeux,mais l’habitude m’a enseignée à ne pas pousser le bouton sur off…La voilà la deuxième sonnerie,celle qui me met assise au bord du lit.L’homme qui dort à côté de moi grogne un peu et se tourne sur le côté.Sa main effleure doucement ma hanche.Le temps que je sois debout,il s’est déjà rendormi…

Pipi,café,salle de bain,les gestes enchaînent sans avoir besoin d’y penser dans le silence de l’appartement.Un coup d’oeil dans la chambre de Léo,il est encore à l’envers dans son lit,la couette par terre…Je la ramasse,la pose doucement sur lui et ses rêves avec juste un baiser léger dans le creux de cette nuque où flotte encore une odeur de bébé….

Une tartine et j’emporte ma deuxième tasse de café pour me maquiller:un peu de crème,un trait de crayon sur les yeux,du mascara,un baume coloré sur la bouche et ces cheveux courts si faciles à coiffer.L’heure tourne et j’ai un métro à ne pas laisser passer…Mes vêtements sont prêts sur une chaise dans la pièce de séjour qui sent la nuit et un peu le dîner d’hier soir.Je fais ça pour laisser dormir mes deux amours…

Je sens que les gestes quotidiens ont paisiblement remis la machine en marche.Les derniers lambeaux de sommeil me quittent lorsque je referme sans la claquer la porte du palier.Il y a peu de monde dans les rues,parfois on échange un signe de tête à force de se croiser aux mêmes heures.Il fait froid,je remonte le col de mon manteau…

J’ai eu de la chance ce matin,j’ai trouvé une place assise.Je ne veux pas gêner mes voisins en les regardant machinalement,je n’ai pas non plus envie d’engager une conversation,alors je sors de mon sac mes petits écouteurs noirs,je mets en route ma play list et je regarde défiler à travers la vitre pas très propre le nom des stations.Plus je me rapproche de la mienne,plus mes pensées s’organisent dans ma tête.Elles vont déjà vers la prise de relais,les consignes,et tous ces malades,ces opérés qui vont commencer leur journée avec moi.Ils seront heureux de me voir car lorsqu’on souffre on n’aime pas la nuit….

————————————————————————————

Le texte de Claude :

Cher Monsieur,

Je me permets de vous écrire aujourd’hui pour manifester mon mécontentement au vu de la photo que vous avez prise de moi l’autre jour dans le métro. Je sais que l’ambiance et l’éclairage ne sont pas propices à y faire une couverture de Vogue, mais quand même. Je me trouve très laide, un air complètement déprimé ; le cadre est glauque, et la grisaille générale ne fait que renforcer la tristesse du tableau. Excusez-moi, mais si la station s’appelle Reuilly-Diderot, nous sommes bien loin du Siècle des Lumières…

Sachant que cette image va circuler sur Brica Book afin que les participants y laissent aller leur imagination et leur plume, j’imagine la teneur de leurs textes. La pauvre femme pas gâtée par la vie qui va travailler, tous les malheurs du monde qui l’accablent, une dose d’exotisme ou d’immigration, les transports parisiens inhumains,… Bref une couche de plus à la morosité ambiante.

Aussi, cher Monsieur, par la présente je tiens à vous préciser que je ne prends que très rarement le métro, que je suis très heureuse dans ma vie, mes proches me trouvent plutôt jolie, et mis à part un colis suspect à la station Châtelet, ma journée à la COP 21 à laquelle j’interviens s’annonce des plus passionnantes.

Signé : la dame du métro

————————————————————————————

Le texte de Marion :

Il suffit de ne pas s’y arrêter. De la considérer comme une station comme les autres, sans plus ni moins de signification. Elle veut oublier comment ces 2 noms – Reuilly Diderot – ont peu a peu pris du sens dans sa bouche, dans ses pensées.
Aux débuts, aux temps où on apprend à se connaître, il lui avait parlé de son appartement, tout près de Reuilly Diderot, qu’elle verrait peut-être bientôt. Elle avait répondu avec des aigus d’excitation sur toutes les lettres, à l’idée d’un dîner avec lui. Les syllabes étaient gonflées de la joie de se projeter, main dans la main, dans son quartier, avec lui. Ils iraient au marché peut-être, ou bien dans son bistrot préféré.
Aux débuts, Reuilly Diderot n’était qu’une promesse, comme une destination lointaine, dont on peut encore oublier le nom, mais dont on aimerait découvrir chaque ruelle.
La première fois, elle s’était trompé de direction en haut des marches en débouchant sur la rue et était arrivée chez lui après avoir pressé le pas pour arriver à l’heure. Elle avait fait une halte dans les escaliers pour retirer son manteau et s’assurer qu’elle ne serait pas écarlate quand il ouvrirait la porte.
La deuxième fois elle avait cherché un commerce où acheter une bouteille de vin, heureuse que chaque pas lui rende ces rues un peu plus familières. Et son cœur battait un peu plus fort avant de sonner à sa porte.
Ensuite, pour tous ses proches, Reuilly-Diderot était devenu le synonyme d’une lumière dans son regard, d’un sourire accroché à ses lèvres.
Puis elle avait connu les secrets du quartier, où est le parc, le cordonnier, le café et son écailler en hiver, le Franprix, les sushis. Les commerçants l’avaient reconnue, elle connaissait le nombre de minutes exact pour aller jusqu’au métro.
Ensemble ils avaient aimé cette façade d’immeuble, lorgné sur un appartement en dernier étage avec une terrasse immense, parlé de toutes les plantes qu’ils y mettraient s’ils l’habitaient. Ils avaient descendu les marches de la bouche de métro, synchronisant leurs pas, pour aller chez sa sœur, chez leurs amis devenus communs, au cinéma.
A force de la répéter, parcourir, piétiner, traverser cette station avait pris un sens de plus en plus grand, elle contenait sa vie, son cœur, ses espoirs, ses projets.
Et, tout s’était arrêté.
Tout, sauf ce sentiment douloureux, qu’il existait toujours quelque part, dans ces lieux aimés à deux, qu’elle devait maintenant arrêter d’aimer seule.
On dit qu’à force de répéter un mot banal il peut perdre tout sens. Le répéter à s’en étourdir, pour que les lettres éclatent, se répandent aux quatre coins du crâne et ne puissent plus jamais s’assembler. Reuilly Diderot doit se dissoudre. Elle passe, elle repasse devant les lettres en faïence, blanches sur fond bleu. Elle se force à ne pas réagir, à ne transmettre aucun message au cerveau. Reuilly Diderot, Reuilly Diderot, « nous » à Reuilly Diderot n’existe plus, il ne reste que « moi » dans le métro.

————————————————————————————

Les textes écrits sur d’autres blogs, mais à partir de la même photographie :

une photo quelques mots atelier d'écriture en ligne

78 comments

  1. Stephie says:

    Leiloona et Nimentrix s’y mettent à deux pour nous perdre… Eh bien, c’est réussi :)

    Répondre
  2. Stephie says:

    Pauline : jolie chute inattendue. Joli texte, merci :)

    Nady : parce que notre monde se trouve irrémédiablement dans une sphère plus large que la nôtre et que ça n’y tourne pas toujours rond… J’aime beaucoup le parcours de ton personnage, c’est ce qui me touche le plus. Le reste, la Syrie, tout ça, je t’avoue que j’aimerais pouvoir oublier ça quelques heures 😉

    Manue : oh oui, drôle d’époque…

    Bénédicte : oui, la nuit peut être anxiogène. Et surtout dans les hôpitaux

    Claude : hi hi, j’ai bien ri. Merci :)

    Marion : oh, je ne comprends que trop bien. Joli texte. On ne peut s’empêcher d’imaginer ce qui a pu les séparer…

    Répondre
    • Nady says:

      Merci pour ton retour Stephie. Comme toi j’aimerais oublier ce reste mais pas en ce moment où je suis dans le cheminement de comprendre l’origine de l’horreur pour aider à l’éradiquer et ne plus avoir à y penser de manière définitive. 😉

      Répondre
  3. Claude says:

    @ Leiloona et Nimentrix : c’est vraiment très réussi. Je me fais balader agréablement dans votre texte.

    Répondre
    • Nady says:

      Merci pour ton retour Claude. J’ai voulu prendre le contre pied d’un préjugé qu’on pourrait tous avoir en regardant la photo et penser que c’est elle qui serait dans le besoin et offrir la surprise que c’est elle qui tend la main pour relever l’autre. La vie est souvent pleine de surprises 😉 et c’est aussi un hommage que j’ai voulu rendre à tout le personnel qui travaille dans le social et qui fait des miracles pour ceux qui prennent la peine de faire l’effort d’y croire à nouveau 😉

      Répondre
  4. Claude says:

    @ Manue : c’est toujours intéressant de prêter une histoire aux gens qu’on observe.Mais effectivement, c’est encore mieux d’en prêter plusieurs.

    Répondre
  5. Nady says:

    @Nimentrix & Leiloona : joli texte, j’ai plus ressenti votre écriture à 4 mains dans ce texte que dans celui de la semaine dernière. j’aime beaucoup le paragraphe d’introduction 😉

    Répondre
    • Leiloona says:

      Oui, Nady, je crois que là on voit bien la patte de l’un et de l’autre, dans le premier texte nous avions moins mis en avant notre modus scribendi. 😛

      Répondre
  6. Claude says:

    @ Bénédicte : nous avons fait différents cette fois-ci. Tu as fait une jolie description des matins ordinaires. J’aime beaucoup.

    Répondre
    • Benedicte D. says:

      @Claude:Je ne trouve pas que notre approche soit si differente:pour nous deux cette femme est tout simplement surprise par le photographe dans sa vie de tous les jours,une vie choisie et plutôt heureuse il me semble…Mais ton texte a beaucoup plus d’humour que le mien,j’ai adoré l’évocation des catastrophes que Bricabook allait faire tomber sur sa tête!!!

      Répondre
  7. Claude says:

    @ Marion : l’histoire est triste, mais bien racontée. Au fil du temps, beaucoup de choses deviennent des rappels du passé…

    Répondre
  8. Claude says:

    @ Pauline : belle leçon de son père contre la fatalité et le désespoir. C’est bien écrit.

    Répondre
  9. Nady says:

    @Pauline : ton texte m’apaise et me donne envie de prendre le temps ce jour qui promet d’être compliqué sur les routes qui entourent notre belle capitale alors je vais y aller doucement 😉 merci pour cette pause du temps 😉

    Répondre
  10. titine75 says:

    @Leiloona et Nimentrix : On sent bien la patte de Nimentrix dans le texte, vous nous emmenez loin tous les deux. En ce lundi matin, j’aimerais bien qu’une main sur mon épaule face disparaître le métro…

    Répondre
    • Leiloona says:

      Oui, le monsieur mystérieux ne pouvait venir que de Nimentrix, ou alors il aurait fallu que je veuille vous induire en erreur, mais j’avoue, mon esprit de faible femme n’y a pas pensé une seconde ! 😀

      Répondre
  11. Benedicte D. says:

    @Marion:Une histoire bien racontée qui sonne tres juste…Qui n’a pas dans sa tête ou son cœur un lieu chargé des souvenirs qui reviennent lorsqu’on y passe….Deux solutions me viennent à l’esprit;soit elle modifie son trajet,soit elle tombe amoureuse dans un autre quartier!!!

    Répondre
  12. Benedicte D. says:

    @Nady :Je crois que j’aimerais te prendre dans mes bras et te faire un gros câlin…..

    Répondre
  13. Benedicte D. says:

    @Manue :C’est tragique et révoltant.J’espère que cette femme trouvera un jour la force de dénoncer son mari et de le quitter….
    La fin est surprenante car elle pourrait ouvrir sur un tout autre texte….

    Répondre
  14. Benedicte D. says:

    @Pauline: Très émouvant…Pour moi c’est un presse papier sur mon bureau qui,à chaque fois que je le prends dans ma main,m’évoque mon père et tout ce qu’il m’a transmis….Et j’espère que j’en ai transmis à mon tour au moins une partie…..

    Répondre
  15. Manue Rêva says:

    @Claude : j’adore ton idée ! Excellent !
    @Leil et Nimentrix : je suis fan, vraiment fan de SF, votre texte est très sympa ! Va t-il y avoir une suite ?
    La suite … pour plus tard !

    Répondre
  16. Nady says:

    @Manue : ton texte me toucha particulièrement dans ce monde d’apparences et de préjugés dans lequel nous évoluons. Et tout ceci résumé comme tu l’as si bien écrit : « Et lui, que donnait-il à voir aux autres ? … Drôle d’époque quand même ! » Tout simplement, MERCI ! 😉

    Répondre
  17. Nady says:

    @Bénédicte : un bon moment cette lecture du récit de ce quotidien d’une personne qui va jouer chaque jour un rôle super important dans le bien être d’autres. Merci

    Répondre
  18. Nady says:

    @Claude : j’adooooore ton texte ! L’idée de la lettre qui fait parler le sujet de la photo est juste géniale et l’idée de prendre le contre pied de ce que l’on pourrait imaginer de ce personnage avec la réalité est juste fantastique !!! Bravo !!!

    Répondre
  19. Benedicte D. says:

    @Leiloona/Nimentrix:C’est vraiment amusant et interessant ce travail à quatre mains….Et ça doit te faire un peu de repos Leiloona,toi qui bosse chaque semaine toute seule depuis la création de l’atelier!!….
    Je jurerais que l’entame est de Leiloona(mais je n’y mettrais pas quand même ma main à couper!)et je crois retrouver Nimentrix dans la disparition du réel et ces plaines imaginaires…Et tous les deux dans le jeu de la séduction!! Et encore une fois que se passe-t-il après?…..Vous êtes tres complémentaire dans l’écriture car on ne sent pas de rupture dans le recit….

    Répondre
    • Chroniques de Nimentrix says:

      Ecrire à 4 mains avec @Leiloona est un véritable plaisir… J’ai assez vanté les qualités de son écriture dans les commentaires des divers ateliers, je n’en rajouterais pas sur le sujet 😉

      Répondre
    • Leiloona says:

      Bénédicte : Loooool du repos ? Ecrire à deux ou seule n’est pas le même travail, mais du repos, non. :)

      Merci en tout cas pour ton compliment sur la complémentarité. Je crois oui, effectivement, que l’écriture est quelque chose qui nous rapproche … entre autres.

      Répondre
      • Benedicte D. says:

        Ma pauvre!J’avoue que le choix du mot repos n’était pas très adroit!!Tu sais que je voulais évoquer l’aspect ludique du partage qui change de la solitude….Bon j’arrête sinon je vais faire pire!…..

        Répondre
  20. Chroniques de Nimentrix says:

    @Leiloona, c’est qui ce type avec lequel tu écris régulièrement ? Comme un air de déjà vu 😉
    @Pauline : ça valait la peine de prendre le temps de lire ton texte. Joli héritage « initiatique » :-)
    @Nady : j’ai été très sensible à 90 % de ton texte… J’ai trouvé que l’apparition du Djihad au milieu de tout cela n’était pas en cohérence avec le reste de l’histoire. Si c’est un élément important de l’histoire, il doit apparaître assez tôt,cela pourrais alors permettre d’expliquer la tristesse d’Aymée. De plus, la réaction d’Aymée me surprend, je pensais que tu allais nous raconter comment elle avait écouté cette mère, l’avait réconforté, çela me semblait plus en cohérence avec la femme que tu nous a brillamment présenté pendant de nombreux paragraphes.
    J’ai donc adoré le portrait d’Aymée, et je pense qu’elle est suffisamment forte pour redonner espoir à une mère.
    @Manue : très sensible à ton texte, vu que je me suis souvent adonné à ce genre de jeu, imaginer la vie d’inconnu(es) croisé(es) au hasard. Un excellent exercice pour muscler sa créativité 😉 Si un jour tu fais cela sur le quai d’un métro et qu’un homme au sourire bienveillant s’approche, ne le laisse pas toucher ton épaule 😉
    @Benedicte : superbe portait ! Tu gagnes en maîtrise, un texte où le sens sont en éveil. J’ai aimé suivre le réveil de cette femme.
    @Claude : ta réclamation m’a beaucoup fait rire, et pour rassurer la dame du métro, fais lui lire l’ensemble des textes, elle n’a pas fait qu’inspirer la morosité 😉
    @Marion : texte très émouvant. Garder espoir. Peut-être qu’un autre « nous » se construira à Reuilly Diderot, ou ailleurs….

    Répondre
    • Benedicte D. says:

      Merci Nimentrix…(.Je n’en dis pas plus parce qu’on va finir par croire que je suis amoureuse de toi)

      Répondre
    • Nady says:

      Merci pour ton retour Nimentrix. J’ai préféré faire apparaître le Djihad en conclusion car les souvenirs et le quotidien d’Aymée ont repris le dessus sur l’actualité. Comme la plupart d’entre nous elle a envie d’oublier ou du moins vivre avec les événements actuels de notre pays mais une rencontre avec son adhérente vient encore lui souligner que malgré la résilience et le quotidien retrouvé, y a encore du boulot pour changer les choses et c’est peut être entre ses mains. Aymée n’est pas forte dans le réconfort, assistante sociale est un métier et Aymée n’a pas cette fibre, elle est plutôt active dans la proposition d’idées, de solutions pour fuir l’ignorance et l’obscurantisme, c’est là dessus qu’elle excelle et la preuve en est son TAA.

      Répondre
    • Nady says:

      Merci pour ton retour Nimentrix. arghh mauvaise manip qui a effacé mon com précédent alors je recommence 😉 J’ai préféré mettre le Djihad en conclusion car comme nous tous, Aymée aimerait oublié tous les événements actuels, maintenant que son quotidien a repris le dessus mais la vie vient encore lui souligner, à travers cette adhérente en panique, qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour pouvoir être complètement serein. C’est là dessus qu’Aymée réfléchit à agir. Elle n’est pas forte dans le réconfort, assistante sociale est un métier et Aymée n’en a pas la fibre. En revanche, là où elle excelle c’est dans la recherche d’idées / solutions pour fuir l’ignorance et l’obscurantisme et donc le partage de ses clés ;).

      Répondre
      • Chroniques de Nimentrix says:

        Merci pour cette double réponse @Nady, c’est moi qui est projeté en lui imaginant des capacités d’écoute… ah la la ces lecteurs qui n’en font qu’a leur téte … Mais sa capacité à trouver des idées et solutions pouvait lui permettre de rassurer la femme, les entretiens orientés solutions ça s’appelle ☺. Je te remercie pour cet échange et je te félicite à nouveau pour ce portrait de femme.

        Répondre
        • Nady says:

          You’re welcome @Nimentrix 😉 Les échanges sont la vie et je ne remercierai jamais assez Leiloona, qui grâce à son atelier écriture, permet la discussion bienveillante entre inconnus dans un monde du vivre-ensemble plein d’indifférence et de chacun pour soi 😉 mais l’espoir grandit de voir du changement 😉 à la semaine prochaine autour d’une autre photo

          Répondre
  21. blogadrienne says:

    oh Leiloona! j’adore ton histoire et je ne peux pas attendre d’avoir lu les autres tellement je suis pressée de te le dire :-)
    merci pour ce moment de rêve!

    Répondre
  22. blogadrienne says:

    Bénédicte, joli texte aussi! j’avais un peu peur de ce qui allait lui arriver (à elle ou à ses deux amours) mais ouf, elle va à son boulot, il est beau, c’est bien :-)

    Répondre
    • Benedicte D. says:

      Merci Adrienne ça me fait plaisir que tu ais eu peur,ça veut dire que tu étais dedans!!!!

      Répondre
  23. Albertine says:

    @ Leiloona et Nimentrix : Je vote aussi pour Morgan Freeman dans le rôle de l’homme mystérieux.
    @ Pauline : Aujourd’hui, c’est toi la « passeuse », une passeuse d’émotions…
    @ Nady : J’aimerais beaucoup travailler dans cette structure, une belle utopie qui pourrait devenir réalité. Pour rebondir sur la remarque de Nimentrix, je pense que tu suggères qu’elle saura trouver les mots lors de la deuxième rencontre avec cette adhérente.
    @Manue : Le pouvoir de l’imagination en action: trois vies possibles pour cette jeune femme pensive…
    @ Bénédicte : Ton personnage vient peut-être relayer le mien 😉 ! Un portrait construit par petites touches réalistes, auquel je suis très sensible.
    @Claude : Excellent contrepieds : Une bonne claque à tous les clichés…
    @ Marion : Une fin terriblement poignante ! Un texte fort sur le « désamour ».

    Répondre
    • Benedicte D. says:

      C’est vrai que j’ai souri en lisant ton texte en pensant à la façon dont ils se correspondaient….Il y a des présences qui vous réconfortent encore plus qu’un médicament….

      Répondre
    • Nady says:

      Merci pour ton retour Albertine. Je prends note de ton souhait pour travailler dans cette structure 😉 Je connais quelqu’un qui ne tardera pas à se lancer à l’ouvrir et perso, c’est certain que je ferai partie de l’aventure 😉

      Répondre
    • Leiloona says:

      Pfff suis à la ramasse en ce moment … le temps, les microbes, la fatigue, les conseils de classe. Merci, j’ai changé. :)

      Répondre
  24. Pauline says:

    @Leiloona et Nimentrix : Quelle réussite ! Nous « téléporter » dans un univers entre anticipation et poésie. Merci à vous.
    Nimentrix est-il un disciple de Morphéus ? (Sourires)
    Merci encore Leiloona de nous ouvrir cet espace.
    @Bénédicte : Le quotidien a quelque chose de vaporeux dans ce joli texte. Merci !
    @Claude : Revendication on ne peut plus légitime, nous ne pouvons qu’abonder en son sens. Merci pour ce texte qui redonne le sourire.
    @Nady : Beaucoup d’altruisme dans ce beau texte, merci !
    @Manue : Bel exercice que le pouvoir d’imagination …
    @Marion : Quelle fluidité dans l’écriture ! Quel beau texte ! Merci.

    Merci pour vos commentaires et encouragements. Je « prendrai le temps » de lire les autres textes dans les jours à venir.

    Répondre
      • Benedicte D. says:

        Zut alors!Moi j’aime bien qu’un bel inconnu me mette la main sur l’épaule en souriant!!….Sauf si c’est pour me signaler que j’ai mis mon pull à l’envers ce matin(si,si ça m’est arrivé!!)….

        Répondre
    • Leiloona says:

      Pauline : Anticipation et poésie, oh merci, un très très joli compliment, le plus joli, je crois, vu le texte. :)

      Répondre
  25. Leiloona says:

    Nady : tu as dessiné là un portrait de femme forte, une fois le coup passé, je suis certaine qu’elle relèvera la tête. Je connais bien ce profil là. Je t’embrasse (je pense à toi et à ton mail, je ne t’ai pas oubliée.)

    Répondre
    • Nady says:

      Merci pour ton retour Leiloona. Comme j’aime ton regard toujours bienveillant et lucide. Je viens de t’envoyer mon texte de la semaine avec un peu d’avance car je cours un peu beaucoup en ce moment entre des choses passionnantes et d’autres bien moins glam mais il y a des taches, comme la participation à ton atelier, qui sont des Musts que je ne rate pas 😉 merci de le faire exister car j’imagine le « travail » que ça doit te prendre en back office 😉

      Répondre
  26. Leiloona says:

    Manue : Deux solitudes qui se rencontrent … oui, voilà, c’est ça, et pas un pour faire un pas vers l’autre alors que chacun crève à petit feu … drôle d’époque où tout va très vite oui. :-(

    Répondre
  27. Leiloona says:

    Bénédicte : j’ai adoré me plonger dans le quotidien de cette femme, sans doute parce que je m’y suis retrouvée un peu (du moins à une époque …). Plus les semaines passent, meilleurs sont tes textes, bravo ! Un réel plaisir de te lire.

    Répondre
  28. Leiloona says:

    Marion : Un joli texte sur ces lieux qui avaient un sens grâce à l’Autre, un certaine charme aussi, mais ces lieux qui perdent tout aussi une fois l’Autre parti … :-/

    Répondre

Laisser un commentaire