An-esthésie (Atelier d’écriture)

© Vincent Héquet
© Vincent Héquet

Pripiat. 1986.

La plus moderne des villes ukrainiennes. Des installations que les villes aux alentours enviaient : cinéma, piscines, patinoires, complexes sportifs. L’Eden des villes soviétiques, la marque solaire du communisme. Flambant neuve, elle rayonnait. Véritable ville de Cocagne aux rives douces et tempérées, peuplée d’ingénieurs triés sur le volet. Bandoura, rires et accordéons résonnaient aux mariages. Les slaves faisaient couler l’alcool à flots !

Мноoooooooгая літа mногая літаaaaaaaa mноoooooгая літа mногая літаaaaaaaaaa mнoooooогаooooooя mнoooooогаooooooя літаaaaaaaaaa ! ♪ ♫ ♫ ♫ ♪ ♪ ♫

Et puis, et puis, la centrale en feu, des flammes qui tapissent le ciel et l’embrasent. Fatum divin ? Hybris châtiée ? Nul dieu, nul maître, non. Simple ville de Babel abolie, tronçonnée, rayée de la carte.

Au loin j’aperçois la grande roue vide jamais inaugurée, telle une roue de la Fortune à jamais immobilisée. Je foule aujourd’hui ce sol irradié, je pèse mes pas plume sur une terre de plomb. Aucun bruit si ce n’est ma respiration saccadée. Pourtant, la tempête a déjà eu lieu, et la Nature a repris ses droits. Mon leica en main, je mitraille l’indicible, la perte et le fardeau. Des vitres brisées, des appartements abandonnés à leur sort d’objet. Aux alentours, du vert à perte de vue, des lianes qui jaillissent des tréfonds des caves… Que monte ce chant verdâtre, qu’il comble le silence et donne une nouvelle force à cette Terre bafouée et honnie des hommes.

Je marche et foule le sol de mes pas maladroits. Parfois, je croise des visages émaciés, échansons porteurs des stigmates de la tragédie : des peaux loqueteuses en lambeaux, spectre d’une tragédie finie.
Pourtant, pourtant, comment nier la renaissance qui se joue sous nos yeux ? Des loups hantent les ruines, en meute : ce sont eux les nouveaux rois, ils imposent leur règne animalier là où les hommes ont échoué. Leur regard perçant me fait baisser les yeux. Honteux.

Marika me crie que les 20 minutes se sont écoulées, qu’il est temps déjà de remonter, de faire machine arrière, de repartir de la zone sinistrée. Pourtant, si elle se prenait le temps d’écouter le silence, elle y percevrait ce chant des ombres qui hurle leur complainte irradiée.

© Leiloona, le 17 janvier 2016

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Le texte de Bénédicte :

Elles attendent depuis des jours,des semaines,des mois maintenant….Une longue agonie les a peu à peu condamnées.Famille après famille les étages se sont vidés dans une lente et pernicieuse hémorragie.Le vent traverse leurs corps blessés,le soleil et la pluie en alternance les couvrent de longues fissures,même les squatteurs sont tous partis.Les animaux errants se sont emparés des lieux,les rats,les chats sans domiciles fixes,les chiens abandonnés,les araignées pourchassées,les cafards,et des ombres aux pelages non identifiés….

     Il ne leur reste que leurs souvenirs, ceux de leurs jours glorieux,où leurs murs vibraient de vie,de chaleur,de rires d’enfants,ceux des jours où des gens grandissaient et mouraient parfois dans leurs enveloppes protectrices,se rencontraient dans les cages d’escaliers,étendaient du linge aux fenêtres,s’aimaient,divorçaient,travaillaient,buvaient certains soirs de chômage, souffraient parfois de solitude au milieu de tous,taguaient les murs,vendaient des substances interdites ou jouaient simplement au foot à leurs pieds….

     De temps en temps des ouvriers envoyés par la Ville sont venus panser quelques blessures trop visibles,car les voisins ne supportent plus ce spectacle de fin du monde.Un vote a enfin eu lieu qui a entériné la décision.Depuis quelques jours des équipes se relaient pour déposer des matériaux à des endroits stratégiques…..

     Elles ont vite compris qu’il ne s’agissait pas de réaménagements porteurs d’espoirs….Elles ne pleurent plus,elles ne réclament plus rien,il n’y aura pas de grâce présidentielle,dans une semaine exactement elles seront mortes….

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Le texte de Mariane :

Bonne Année ! Bonne Année ! C’est vite dit ! Cette année , ça va pas être pareil ! Faut que je déménage et en vitesse encore : ils vont tout démolir ! La Cité Paul Verlaine , ils vont la passer au karcher à ce qu’ils ont dit, tout , les deux barres, allez hop ! par terre, ils vont venir avec leurs gros engins, leurs ciseaux à découper le béton, les grues, les pelleteuses. Je connais, j’ai déjà vu ça à Colombes quand ils ont démoli la barre Victor Hugo.

Bon sang ! pourtant on n’était pas malheureux, on était même bien ici !

Mais c’est rapport aux p’tits malins qui roulent des mécaniques et se promènent en BMW avec leurs lunettes noires et leurs bagouzes…Ils se sont fait pincer l’année dernière, je me doutais que ça allait mal finir.

Moi, la cité Paul Verlaine c’était mon monde, ma famille et le soir, quand les fenêtres du grand immeuble s’allumaient, c’était ma télé ! J’avais trouvé des vieilles jumelles et quand tout le monde dinait, moi , bien à l’abri dans mon petit chez moi , je matais chez les gens. Oh ! je sais , c’est pas très poli mais ça me faisait de la distraction. Je regardais comment ils vivent c’était bien.

Y avait Ali et Farida, ils se mettaient sur la gueule, je me marrais ! Faut dire, Ali, quand il rentrait du boulot, il s’arrêtait des fois pour bavarder avec moi et on buvait des bières. Faut pas l’dire, sa religion l’interdit, alors il le faisait en douce avant de remonter chez lui. Mais Farida  elle s’en apercevait et ça l’énervait, alors ils se disputaient.

Après Ali venait me voir et j’lui disais : « Tu devrais pas Ali, tu devrais pas cogner dessus, ça me rappelle ma Lulu, quand on était ensemble. Un jour elle en a eu marre, elle est partie avec le gars des poubelles. »Farida , quand elle me voyait, elle me battait froid , ni bonjour, ni bonsoir, comme si c’était de ma faute.

Et puis il y  avait Rosette, la petite dame du quatrième. On discutait quand elle allait promener son chien. Elle me disait «  m’enfin Jeannot, tu vas pas rester là, comme ça , c’est pas une vie ça , va voir l’assistante sociale pour qu’elle t’aide ! » Je lui disais que j’avais besoin de rien  et encore moins de ces assistantes sociales qui restent dans leurs bureaux à se faire les ongles. Elle était gentille quand même Rosette, quand elle faisait de la soupe, elle en faisait pour deux. On aurait dit celle de ma grand mère !

Pour la taquiner j’lui disais : « ça t’dirais pas Rosette, toi et moi qu’on s’mette à la colle ? »Pendant trois jours je l’ai plus revue, elle passait par le local à poubelles pour ne pas me voir. Et puis elle est revenue, le chien , la soupe ça a recommencé…Le jour où les pompiers l’ont emmenée à l’hôpital , elle m’a donné son chien à  garder. Fanfan qu’il s’appelait.

Et quand elle est morte, eh bien huit jours après c’était au tour de Fanfan. C’est bizarre comme on s’attache…j’ai même pleuré.

Non, j’étais pas malheureux, y a plus malheureux qu’moi !

Tenez l’hiver par exemple , j’avais jamais froid !! Et ça, c’était grâce à Gérard, le gardien : il me laissait dormir dans le local près de la chaufferie ! Tu parles d’une aubaine ! les copains étaient verts !Mais moi , je n’étais pas en reste et je l’aidais à sortir ses poubelles quand il avait mal au dos. N’empêche, si les HLM l’avaient su, il risquait sa place !

Et pour manger , c’était pareil, à l’Aid j’avais du couscous , j’ai eu du foie gras à Noel et une fois, les petits Mamadou du sixième – je les appelle comme ça mais leurs vrais noms c’est Marc ,Jean, Mathieu et Luc- m’ont apporté des œufs en chocolat à Pâques ! C’est pour vous dire que non j’étais pas malheureux.

Il paraît qu’ils vont construire un foyer de réinsertion à la place de la barre avec des chambres individuelles, salle de bain et tout!! Non mais au secours ! Réinsérer qui ? Dans quoi ? Ah ! non , moi j’vous tire ma révérence, j’arrache ma Quecha et je vais planter ma tente ailleurs !

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Le texte de Louise Morgendorfer :

Chère madame G.,

Je vous écris suite à la semaine que j’ai passé dans ce que vous aviez vous-même décrit dans votre annonce comme un loft coquet.
Chère madame, n’aimant pas vraiment à être pris pour un simple d’esprit, je vais vous laisser le bénéfice du doute. Mais soit vous n’avez pas mis les pieds dans votre « résidence de rêve » depuis des années, déterminée par un altruisme généreux à faire partager votre bien enchanteur, soit vous vous foutez vraiment de notre gueule.
Je veux bien admettre que la photo qui accompagnait votre offre ne soit pas contractuelle et même qu’elle date un peu, mais là, on a dépassé la publicité mensongère. Pour étayer mes propos je vous joins un cliché de votre ruine (je suis désolée d’emphaser ainsi mon propos mais je ne vois pas d’autre qualificatif qui siérait à votre bien immobilier madame). Par ailleurs, l’offre ce devrait selon moi de décrire avec un minimum d’honnêteté votre demeure. Or pardonnez-moi mais j’ai du mal à établir des similitudes entre votre « Coquet loft de 100m², à deux pas de la mer, refait à neuf récemment. Logement idéal pour vacances en famille dépaysante» et le 50 m² aux fenêtres cassées, à l’odeur d’urine et aux murs tagués dans lequel j’ai dû passé les quelques jours que mon employeur m’octroie habituellement pour me délasser (et non pour me faire prendre pour un pigeon et être sommé de dormir dans un lieu qui ressemble plus à un tas de béton qui aurait survécu à la guerre qu’à un endroit idyllique.
Dans le doute que vous ayez mis une fois dans votre vie les pieds là-bas et que vous ouvriez régulièrement les lettres que vous recevez le concernant, sachez tout de même qu’un avis de démolition a été déposé et que je pense qu’à l’heure actuelle, votre résidence saisonnière s’est transformé en tas de ruine.
Ceci étant dit, je me dois néanmoins de vous rendre justice, je sais désormais que je suis doté d’un sens moral et d’une transparence dont tout le monde ne peut visiblement pas se vanter. J’ai également grâce à vous pu concéder à quel point le logement dont je bénéficie dans ma vie quotidienne offre un confort dont j’oublie parfois qu’il ne va pas de soi. Enfin, je dois avouer que mes vacances n’ont ressemblé à rien de ce que j’ai jamais connu (et à rien de ce que j’aimerais connaître dans le futur). Sur le dépaysement, vous n’aviez donc pas menti.

Très chère Mme G., je ne vous prie donc pas d’agréer mes sincères salutations mais seulement l’accusation au tribunal que je joins à ma photographie et à ma petite missive.
Je doute en effet que votre conscience ne joue le rôle qui lui est normalement attribué.
Au plaisir de ne plus jamais avoir à faire à vous dans l’avenir.

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Le texte de Délice DeLire :

Désert. Sombre. Délabré.

Moi, je rêve d’une autre vie loin d’ici, loin de ces immeubles en noir et blanc, loin de ces arbres défraîchis, comme figés sur une image de Polaroïd.

1973. Berlin-Est – République Démocratique Allemande.

Je lève la tête vers l’appartement de mes parents, situé au quatrième étage gauche. Un des seuls logement où trône encore un rideau sur la fenêtre. D’autres ont préféré fermé leurs volets, comme s’ils avaient besoin de préserver le semblant d’intimité qu’il leur restait. Mais qui peut échapper à la police du parti ? Vivre ici ne nous met pas à l’abri. Ils ont des yeux partout. Je ne dois pas donner l’impression d’être perdue dans mes pensées.

Trop tard, mes pieds ne me portent plus, mon cerveau m’oblige à m’arrêter et à scruter encore une fois ce qui constitue mon chez-moi. Toute forme de vie semble anéantie et pourtant à l’intérieur fourmillent de nombreuses familles attachées à leurs petites vies. Mais, quelles vies ?

Moi, je rêve d’une autre vie loin d’ici, loin de ces tours froides et impersonnelles, toutes droit sorties de l’esprit d’un architecte à la solde du parti.

Bâtir ce mur hideux qui nous sépare de nos semblables ne leur a pas suffi. Il a fallu qu’ils entrent dans nos vies, les parties les plus intimes de nos personnalités. Ils nous ont tout pris. Ici, nulle place pour la chaleur et la convivialité. Tout le monde craint tout le monde. La Stasi épie chacun de nos gestes. Mais, tous l’acceptent. A croire qu’ils ont perdu tout espoir de liberté.

Derrière ces fenêtres, hommes, femmes, enfants ont perdu toute volonté de rire, sourire, penser.

Moi, Mina, douze ans. je m’apprête à retourner dans ma prison de béton, avec l’espoir qu’un jour j’aurai la force de me révolter.

Arrivée au bas de l’immeuble,je prends une profonde inspiration et gravis les étages, essayant vainement de réprimer cette soif de liberté.

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Le texte de Claude :

Brzylowitz le 16 février 1985

Chère Maman,

D’abord mille mercis à toi et Papa de nous avoir offert notre voyage de noces.  Tout se passe bien. La guide, qui reste toujours avec le groupe, nous a emmenés dès le premier jour visiter le stade, puis l’usine modèle avant d’écouter les enfants de l’Ecole du Parti réciter quelques poèmes.

Hier soir, danse au Théâtre de la Révolution avec, en introduction, un discours du Chef de la Section des Patriotes. C’était pas mal, bien qu’un peu long : cinq heures.

La nourriture est assez simple ici, et peu variée. Les repas nous sont servis à 18h15 dans une gigantesque salle toute en marbre. Le mobilier est massif et costaud, tout comme l’est le pavé de légumes bouillis appelé Swzkz en hommage à la bataille de 1945.

En général, le temps est gris, et il ne fait pas chaud ; on nous dit que c’est à cause des américains qui ont amené la guerre froide.

J’aurais voulu vous envoyer une carte postale, mais il y avait rupture de stock dans le magasin pour touristes. Aussi, j’ai demandé à Vincent de faire une photo du paysage qu’on voit de notre chambre d’hôtel. En noir et blanc, bien sûr ; comme tout est gris, on économise des pellicules couleurs. On voit au premier plan ce qui était la résidence de l’ancien premier ministre envoyé en camp de travail pour critique du régime. Le quartier est calme.

Encore merci pour ce beau voyage. N’oublie pas de dire à Papa que grâce à lui, son engagement politique, et son réseau de camarades militants, nous avons pu découvrir les richesses d’un pays qui fait vibrer en nous l’esprit révolutionnaire.

Je vous embrasse fort.

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Le texte de Nady :

Quel miracle ! Une place de parking se libère dans la rue qui m’intéressait comme si ma prière avait été entendue ! Je ne voulais pas me garer plus loin, déjà que les rues étaient encombrées avec les installations de l’opération à venir. De cette rue, on a une belle vue…

Je sors de la voiture et me précipite pour l’aider à sortir. Elle prend son temps, veut jouer avec mon écharpe, mes lunettes puis une fois sur le trottoir elle s’amuse à tirer sur mon sac. « Sachez être ferme avec elle ! » me répète t on mais autant la patience ne fait pas partie de mon quotidien, autant avec elle cette qualité devient mienne avec le plus grand naturel.

Nous faisons quelques pas et prenons place tranquillement sur un banc public. Je sors de mon sac le dernier mini polaroïd que nous avions acheté pour l’animation des 20 ans de mon aînée et le dirige vers l’immeuble d’en face pour l’immortaliser instantanément. Pendant les quelques minutes qui s’écoulent pour sécher ce papier glacé, je note que son regard ne quitte plus l’immeuble. Ses yeux pétillent, elle sourit même et s’attarde sur cette fenêtre, la dernière sur la gauche en haut du cliché avec la décoration d’un papillon géant sur les vitres, vous la voyez ? Soudain j’aperçois une larme qui coule sur sa joue. Comme j’aimerais être dans sa tête, là, à cet instant précis, juste quelques secondes, le temps de comprendre à quoi elle pense. A son passé ? A ses joies, ses drames, ses espoirs, ses bonheurs entre ces murs ? Son quotidien dans cet environnement ? J’ai envie de lui poser toutes ces questions, de lui demander de me raconter encore les histoires de son temps, ses histoires de sa vie qui ont forgé son caractère, son passé qui fait aussi partie de mon Histoire car nous sommes du même sang. Mais le médecin m’a conseillé d’y aller doucement. Il a compris ma démarche de vouloir lui montrer l’immeuble dans lequel elle avait vécu plus de 50 ans avant que ce dernier ne soit détruit par implosion demain mais m’avait fait promettre de ne pas lui dire toute la vérité car ça ne ferait qu’aggraver son état qui commençait à se fatiguer. J’aime bien ce médecin, il est différent des autres, plus à l’écoute de la famille des patients et prêt à tenter toute expérience si elle ne dérange pas le processus médical. Il sait qu’on est très loin de trouver une solution pour une totale guérison du patient, alors tout ce qui pourrait adoucir le mal de ce dernier est à prendre. Il a aussi compris que l’entourage proche souffre moralement de la situation et qu’il fallait être doux avec lui. Avec moi en tout cas, il a cette attitude empathique et rassurante, ce qui n’est pas le cas de tout le personnel de la MAPAD, alors dès que j’ai eu l’idée de venir ici avec ma grand-mère, je lui ai demandé son avis. Je lui ai expliqué que je voulais qu’elle voie une dernière fois l’immeuble dans lequel elle avait vécu toute sa vie de femme mariée et mère attentionnée, avant que ce dernier ne redescende en terre. C’est comme quand on perd un proche, il est important de voir son visage avant la fermeture du cercueil, ça aide au deuil et ne sait on jamais, peut être qu’on trouvera prochainement un médicament qui redonnerait sa mémoire à ma grand-mère et que vais-je lui dire le jour où elle me demandera de la ramener dans son appartement d’autrefois ?

Tout à coup, elle prend ma main. Elle a reconnu la bouche de métro au loin et commence à me raconter les années de folie où elle devait allier sa vie de femme active, d’épouse et de mère. Elle me montre l’espace de jeux à l’arrière où elle se promenait au début avec ses enfants puis où ces derniers jouaient au basket ; c’est pour cela qu’ils sont grands me dit elle, ce sport aide à grandir. Elle a oublié que je n’étais pas sa fille mais sa petite fille, mais ce n’est pas grave, je bois ses paroles, j’emmagasine ses souvenirs avec maman, je serre sa main bien fort, je veux garder à jamais le souvenir de sa main dans la mienne jusqu’à mon dernier souffle.

Une brise fraiche nous caresse les visages. Elle me regarde et me demande : « Vous avez emprunté un nouveau chemin de promenade aujourd’hui, n’est ce pas ? Je suis un peu fatiguée, pourriez vous me ramener à ma chambre s’il vous plait ? »

Nous nous levons tout doucement, je l’aide à s’installer dans la voiture. Elle doit être terriblement fatiguée car elle ne cherche plus à jouer. Etait ce vraiment une bonne idée de l’avoir amenée ici ? Est-ce que je n’ai pas été égoïste de faire cela ? N’était ce pas plutôt moi qui avais besoin de venir sur ce lieu, avant qu’il ne tombe par terre, pour faire ce deuil d’elle à l’avance par peur de flancher dans le vide quand ce sera elle qui rejoindra le Ciel ? Toutes ces questions hantèrent mon esprit sur le chemin du retour mais elle sut m’apaiser, comme à son habitude, en me sortant ces quelques mots quand, arrivées à la MAPAD, je la bordais dans son lit : « Merci ma Chérie, je suis contente d’avoir une petite fille comme toi, je t’aime. » et elle ferma les yeux vers un sommeil bien mérité. Je me lève, pose le cliché dans le tiroir de sa table de chevet, me dirige vers sa fenêtre, admire un instant l’étendue de verdure du parc qu’elle a comme vue et ferme les rideaux pour la laisser se reposer.

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Les liens écrits à partir de la même photo, mais postés sur d’autres blogs :

Leiloona
Museo geek l'hiver, sirène l'été. Je lis et j'écris durant les 4 saisons. J'aime le bon vin et les fromages affinés. View all posts by Leiloona →

71 commentaires

  1. bonjour l’ambiance 🙂
    mais il est vrai que je suis au diapason, ce qui est normal, sans doute, avec cette photo?
    il n’y a que Claude pour essayer d’y mettre de l’humour!

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  2. @Leiloona, ton texte me fait penser au superbe carnet de voyage « Les fleurs de Tchernobyl ». C’est très beau. J’aimerais bien y aller.

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  3. @Bénédicte : « Objets inanimés, avez-vous une âme ? » Ton texte nous permet de savoir que les barres HLM en possèdent une …

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  4. @Mariane : Cette barre HLM quasi à l’abandon a eu une vie, riche en événements heureux ou malheureux. Ce SDF en parle avec cœur…

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  5. @Claude : Un voyage de rêve au pays des « illusions révolutionnaires » ! Tu pratiques à merveille l’humour pince-sans-rire.

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  6. @Leiloona : Ohlala…Je reste sans voix….Je crois que c’est un des plus beaux textes que j’ai lu de toi…Tout y est maitrisé,le narratif comme le lyrique étroitement embrassés.J’y étais et j’en ressors hantée par le regard des loups et « la complainte irradiée des lieux »…..

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  7. @Louise Morgendorfer: Très fort l’angle d’attaque de la photo!!!Un peu d’humour dans ce monde de désolation? Je prends…Qui n’a pas connu une « vue sur mer » en montant sur le couvercle des toilettes?!!Et oui c’est vrai,cette personne ne regardera plus jamais son chez-lui de la même façon,les voyages servent aussi parfois à ça!…

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  8. @Claude : Ah Pierre Perret et ses jolies colonies de vacances!! Il aura marqué notre inconscient collectif!…Son détournement dans un régime communiste dur et pur est une trouvaille…Et le pire(ou le meilleur!) c’est que ce jeune homme(ou cette jeune femme)qui écrit à ses parents ne pratique visiblement pas le second degré!….Tu as une grande faculté d’adaptation aux photos proposées…..

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  9. @Nady: C’est très beau,d’une tendresse et d’une douceur qui enveloppent le lecteur comme un châle posé sur les épaules….Je suis complètement d’accord avec cette jeune femme.Même si sa grand-mère est fatiguée ça valait le coup quand on sait que dans cette maladie survivent parfois longtemps les souvenirs très anciens…Tu as tiré une vraie beauté de cette photo si décourageante!….Tu as écrit un texte qui te correspond j’en suis sûre,et tu as su maitriser le flot de tes mots…..C’est un de tes textes les plus construits…

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    1. Merci @Bénédicte pour ta lecture, suis touchée et t’en remercie.
      Tu vas rire mais mon premier texte version manuscrite, était dans la lignée du tien. Puis au moment de le passer en version tapée j’ai dérivé vers la grand-mère et sa petite fille après avoir croisé et observé un tel duo dans un parc pendant une promenade digestive / méditative 😉
      Ton texte va à l’essentiel avec des mots bien choisis, des ambiances bien résumées, où dans une même phrase, on connait la joie de vivre entre ces murs et le fait de pouvoir y mourir aussi. T’as vu que l’inspiration arrive toujours ! 😉 bravo et merci

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  10. @Leiloona : ça n’est jamais évident de revenir sur les lieux où l’Apocalypse s’est déclenché. Ca demande un sacré courage, comment ne pas penser à tout ce bonheur balayé par l’imbécilité des hommes ?
    Coté connerie, la race humaine est championne du monde, et certainement même de la Galaxie, mais les autres habitants planqués ailleurs préfèrent rester caché plutôt que de devoir subir notre coté « éléphant dans un magasin de porcelaines ». Plus généralement, je pense que la race humaine a un vrai problème avec le bonheur, ça doit être génétique, c’est « trop beau pour être vrai »…

    Alors voilà, il faut des événements comme Chernobyl pour qu’il y ait un semblant de prise de conscience.. Mais juste un semblant, hein, parce que malgré tous, des centrales y’en a d’autres qui ont pétés ailleurs, Fukushima, vous connaissez ?
    Ton texte montre que la Nature reprend toujours le dessus, que malgré la connerie humaine, rien n’est jamais annihilé à tout jamais, la végétation, les loups sont bien plus puissant que la Bêtise humaine, et je sais de quoi je parle…
    J’ai juste commenté le contenu de ton texte, pas ton style, son écriture.. j’y arrive.. patience 😉

    C’est toujours frustrant de lire des textes aussi courts de la part de quelqu’un qui a une telle puissance d’évocation dans sa plume. J’aimerais en savoir plus sur cette funambule qui marche sur le dangereux fil tendu au dessus de ce Chaos par le compteur Geiger. Qu’est-ce qui l’amène ici ?
    Ou peut-être qu’est-ce qui la ramène ici, un lien familial ?
    Ou bien est-elle juste la pour explorer un monde plus radioactif est dévasté que sa propre existence, histoire de se rassurer, ou d’inconsciemment pour dépasser la limite acceptable de radiation, comme le laisse suggérer les cris de Marika ?
    Cherche-t-elle un endroit ou la Nature a repris ses droits, un lieu dont l’Homme s’est banni lui-même ?

    Tant de choses à découvrir sur cette femme, tant de choses juste esquissées mais qui pourrait être l’objet de feuilles et de chapitres entiers…
    J’aime comment tu maîtrises la mise en scène, l’opposition nette, brutale, entre l’avant et l’après. J’aime aussi la dimension sonore avec ce chant que je pouvais presque entendre même si cette langue m’est inconnue (à part quelques chants entendus chez une personne chère à mon coeur, mais je disgresse…).
    J’adore « je pèse mes pas plume sur une terre de plomb », phrase qui montre toute la force de ton style inimitable, la femme écrivain qui danse avec les mots aussi facilement qu’avec les loups, qui nous propose un peu plus loin : « Que monte ce chant verdâtre, qu’il comble le silence et donne une nouvelle force à cette Terre bafouée et honnie des hommes. » et pour finir « ce chant des ombres qui hurle leur complainte irradiée. ».

    Votre talent irradie dans ce texte, Madame, affole le compteur Geiger du putain de talent qui sommeille en vous. Vous devriez le laisser exploser. Les retombées de ce nuage là, ça serait un véritable plaisir de les accueillir.

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  11. @ Leiloona : une belle évocation poétique en effet avec de belles trouvailles, je vais pas les répéter hein Nimentrix les a déjà mis en lumière!
    @Bénédicte : Original de faire des tours le personnage central!
    @Marianne : J’ai beaucoup aimé ton style et le côté gouaille tu n’en fais ni trop ni trop peu!
    @Delice delire : J’espère que Mina trouvera de quoi étancher sa soif de liberté dan sun futur plus radieux
    @Claude : J’ai adoré! Tellement d’humour et de justesse sur une époque et une idéologie. Bravo!
    @Nady : beaucoup de douceur et de tendresse dans ce joli texte

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  12. @Benedicte : je ne sais pas ce que tu vas penser mais j’ai aimé ton texte 😉 Poésie et nostalgie sont au rendez-vous… Une belle idée que celle de rendre ses tours « vivantes », bravo ! 🙂

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    1. J’en pense que du bien,merci!!!…..Promis la prochaine fois je ne te fais plus la blague chez toi!!!……

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  13. @ Leiloona : ton texte m’a rappelé ma lecture de l’album « Un printemps à Tchernobyl ». Il est sans concession et sa dernière phrase, accablante.

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  14. @Mariane: Tu as réussi à rendre vivante cette photo de tours mortes en insistant sur le moment ou elles étaient habitées.C’était pas la fête tous les jours mais c’était le monde de ton héros le SDF philosophe,un monde réaliste,cru,tendre,tout ce qui l’a aidé à se sentir chez lui au pied de cet immeuble….Joli texte qui se lit avec plaisir..

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    1. Merci Bénédicte
      Ton texte est plein de nostalgie mais l’image n’est pas rigolote et pourtant elle nous fait travailler la tête!

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  15. @Délice DeLire: Elle a eu raison d’y croire Mina,le mur est tombé et j’espère qu’elle a eu la vie dont elle rêvait en montant ses étages…..

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  16. @ Leil, j’aime le jeu sur le titre, l’image des « pas plume » et cette poésie de la catastrophe qui nous remémore cette tragédie.

    @Bénédicte: intéressant et émouvcant point de vue des tours.

    @Mariane:j’aime beaucoup ta dernière phrase mais j’aime bien aussi, comme dans d’autres textes, l’vocation du bonheur au delà des façades.

    @Louise, bonne idée que la lettre. J’ai beaucoup aimé cet humour un tantinet décalé.

    @ délice delivre, on ne peut que compatit avec cette petite Mina

    @ Claude, je suis totalement fan de ton humour! Quel voyage de noces!

    @Nady, beaucoup de sensibilité et d’huamnité dans ce texte.

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  17. @Benedicte : votre texte a failli me donner le bourdon toute la matinée ! 😉
    Heureusement, le texte de @Louise m’a rendu le sourire !

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    1. Je suis contente de ne pas avoir réussi à plomber votre journée!!!!

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  18. Leiloona : j’ai beaucoup apprécié l’évocation de la fin tragique et de la renaissance sur les ruines. Cette phrase aussi : « je pèse mes pas plume sur une terre de plomb ». que je trouve poétique et bien amenée. J’aurais aimé être aussi inspirée ! C’est ce que j’aime aussi, le fait que la nature se permette de tout remanier, relooker, faire avancer. mais ce qui se cache dessous est bien l’oeuvre des hommes …pour le meilleur et pour le pire !

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  19. Bénédicte : c’est tragique mais tellement vrai. J’ai connu une cité à l’abandon qui a fini par être détruite et avec elle les souvenirs de ceux qui y ont vécu.

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    1. Je crois qu’on a tous dans la tête ces images si fortes de ces tours qu’on détruit après des années de bons et loyaux services…..

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  20. Mariane : je vois que nous sommes plusieurs à être partis dans la même direction. Dans ton texte j’aime bien cette idée des fenêtres comme la TV. C’est vrai. La multitude de la vie grouillante des cités, les fenêtres qui donnent sur d’autres fenêtres puis la vie de quartier où chacun se connait

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  21. Louise : c’est bien trouvé ! On ne sait si l’on doit en rire ou être terrifiés mais, tu sais, je connais des amis qui ont été arnaqués ainsi lors d’un voyage. Arrivés à l’hôtel ils ont vite compris que les travaux n’étaient pas dus à la rénovation mais que l’hôtel était tout simplement … en construction ! ici c’est pire dans ton texte. bonne idée

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  22. Délice de lire : j’ai bien aimé ce retour dans l’Histoire et l’idée que son chez soi puisse devenir une prison

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  23. Nady : il est poignant ton texte. On reste dans le souvenir, la perte, d’une autre façon. Le s personnes âgées se souviennent souvent de choses très anciennes, comme ancrées

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    1. Merci @Nath pour ton retour, tu traites super bien du souvenir aussi 😉 je viens de laisser un mot chez toi 😉

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    2. @Mariane : ton texte est superbe ! le ton, l’histoire, les pensées de ce SDF qui se plait plutôt bien dans sa vie, tout sonne juste ! merci 😉

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  24. @ Leiloona : ton texte est magnifique. Riche en vocabulaire et en musique des mots. Et le sentiment qui reste après l’avoir lu est une forte, et j’oserais dire belle,émotion. Bravo.

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  25. @ Bénédicte : Une personnification des tours qui fonctionne très bien, tu réussis sans difficulté à nous mettre en empathie avec elles !

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    1. Merci,c’est justement ce que j’espérais faire,alors ce que tu dis me fait plaisir…..

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  26. @ Bénédicte : Personnifier ces tours affreuses les rend subitement attachantes, et tu finis par nous faire avoir pitié d’elles… Bien vu. J’aime bien.

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    1. Merci Claude,ce doit être tragique de savoir qu’on ne sert plus à rien…..

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  27. @ Mariane : je suis tout à fait d’accord avec le commentaire de Bénédicte. Elle dit tout. Ton texte est super.

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  28. @ Louise Morgendorfer : ta lettre est bien dans le côté outrancier de la situation. Effectivement, parler de loft coquet…

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  29. @ Délice de lire : en 73, beaucoup ont dû penser ce que tu écris…

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  30. Leil : Un beau texte qui m’a rappelé la BD de Lepage. J’aime beaucoup l’expression  » je pèse mes pas plume sur une terre de plomb »

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  31. Bénédicte : joli, le point de vue des tours condamnées. Il est temps de toutes les raser même si des pans de souvenirs s’échappent avec elles 😉

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  32. Marianne : j’aime la voix qui fait très vraie. Et oui, derrière ces barres se cachent autant de belles que de vilaines histoires. Merci

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  33. Louise : ton texte me rappelle la triste expérience d’une maman arrivée des Antilles avec ses enfants dans la cité qui jouxtait l’établissement dans lequel je travaillais. Persuadée s’installer en riche banlieue parisienne et sortir ses mômes de leur précarité insulaire, elle avait gravement déchanté.
    Joli contrepied à la photo en tout cas 🙂

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  34. @Leiloona : en lisant ton texte je me trouvais embarquée dans un nouveau voyage organisé avec toi comme guide et c’était très fort de suivre ton regard et de ressentir l’énergie qui se dégage d’un tel lieu sinistré. Bravo as usual et merci 😉

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  35. Une image et tellement d’interprétations différentes… Toutes se valent, toutes sont si justes. Merci à tous pour ces petits moments d’évasion et de réflexion.

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  36. @Claude : ta lettre est merveilleusement drôle !!! Je n’en voudrais pas du tout de ce voyage de noces mais ton héroïne semble l’apprécier et la conclusion est divine !! Merci pour ces beaux moments d’humour que tu nous offres chaque semaine et cela sur des photos où faut vraiment aller chercher loin pour vouloir en rire ! Chapeau l’artiste ! 😉

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  37. @Mariane : ton texte est superbe ! le ton, l’histoire, les pensées de ce SDF qui se plait plutôt bien dans sa vie, tout sonne juste ! merci 😉

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  38. @Louise Morgendorfer : les lettres sont super drôles cette semaine ! J’ai beaucoup ri à la lecture de la tienne et m’inspirerai de ce ton cynique à souhait lors de mes prochains courriers de réclamations 😉 merci

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  39. Les photos prises autour de la centrale et dans les villes alentours m’ont toujours fascinées. Gamine puis ado, je me revois devant les images de ses travailleurs de la dernière chance qui ensevelissaient le réacteur … Quelle folie humaine …
    Sombres ou moins sombres, vos textes reflètent la diversité de nos imaginations et elles font ressurgir ce qui nous interpelle ou nous a interpellé, merci pour ce bon moment de lecture !
    Je suis un peu charrette en ce moment, à plus !

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    1. C’est sympa d’avoir pris le temps de passer,à bientôt!…..

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    2. Manue Rêva : Merci d’être passée tout de même ! Nous n’attendons, l’atelier est toujours là ! 🙂

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  40. Bénédicte : très très joli texte, tout en émotions contenues mais bien là. J’ai aimé le lire, même si la réalité est bien sombre … Merci.

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    1. Merci beaucoup Leiloona, je suis heureuse que tu ais aimé mon texte….Tu sais que je suis fan de ton écriture, alors quand tu aimes la mienne c’est un honneur…..

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  41. Délice de Lire : je suis allée à Berlin l’an dernier, et j’ai visité entre autres une ancienne prison de la Stasi … le guide m’a fait froid dans le dos … et j’ai retrouvé cette ambiance dans ton texte. C’était juste l’horreur effectivement.

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  42. Claude : encore une fois j’ai pouffé, quel talent, monsieur, et toujours renouvelé !

    J’ai même regardé si la ville existait, pfff, c’est dire ! 😀

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  43. Nady : Que te dire … si ce n’est que ton texte me parle très fort … je me suis identifiée, mais comment en pouvait-il être autrement …

    Et me voici hantée par une de tes phrases … oui, voir le visage d’un mort avant la fermeture du cercueil … te dire que je n’ai jamais réussi à le faire … on comprendra aisément pourquoi le deuil chez moi n’a jamais été fait.

    Bon, je m’épanche, mais ton texte me remue… Merci pour tes mots, je reconnaîtrai ton style entre 20 ! 🙂

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    1. Merci belle @Leiloona pour ton adorable retour. Je me dis, au fil des semaines, que nous nous ressemblons sur certaines émotions, nous avons dû connaître certains combats communs . Quelle coïncidence de lire ton billet dans la semaine de ce texte sur la maladie d’Alzheimer… Je tenterai de lire le livre que tu recommandais. Tu as un « je-ne-sais-quoi » d’humanité qui m’avait bluffé lorsque j’ai fait ta connaissance à mon premier SMV !
      Oui, voir le visage d’un mort avant la fermeture du cercueil est important mais la vie ne nous donne pas toujours le choix et comme toi je n’en ai pas eu l’occasion une fois. On le fait le deuil mais ça prend plus de temps…
      C’est toujours un plaisir de te lire et d’avoir ton retour. Je demande à la vie de nous permettre de philosopher en live sur cette année 2016 😉 Il me semble qu’on est voisine de ville, dès que mon emploi du temps se libère vers mars je te call pour un verre philosophique avant de te faire découvrir la musique soul du Bizz’art aux beaux jours 😉 grosses bises, vais lire les textes de cette semaine où je me suis donnée un challenge d’écriture 😉

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