Femme au foyer, Jill Alexander Essbaum

femme au foyer essbaumIl est toujours étrange de lire un roman que tout le monde encense et de le trouver hautement soporifique.

La 4è de couverture est dithyrambique : « Après madame Bovary et Anna Karénine, Essbaum montre qu’on n’en a jamais fini avec les histoires de bonnes épouses … Magistral. » Publishers Weekly

La barre était haute, donc … Flaubert, Tolstoï tout de même. Deux romanciers que j’aime particulièrement pour leur fine psychologie de l’âme humaine. Oui, mais voilà, n’est pas Léon qui veut …

Le début du roman possède effectivement des ressemblances avec Emma Bovary : une femme mariée s’ennuie avec son mari pourtant bien sous tous rapports, et est attirée par un homme qu’elle vient de rencontrer. L’adultère est commis, elle s’envoie en l’air dès qu’elle peut (mais attention, n’attendez pas un roman sulfureux).

Cette situation est ô combien banale de nos jours (et à toutes les époques, si je puis dire …), mais cela suffit-il pour en faire la nouvelle Madame Bovary ?

Ce serait mentir si je disais que l’auteur écrit mal. Non, nous sommes loin des romans où les dialogues creux abondent pour remplir l’espace. Ici, au contraire, une narration fluide, et même une traduction qui n’a pas été faite à la truelle. Toutefois, force est de constater qu’à chaque prise de ce roman mes yeux se sont fermés.

 Pourquoi finalement ?

La complainte des femmes mariées avec trois enfants qui souhaitent trouver un peu de piquant en trompant leur mari m’exaspèrent de leurs jérémiades, je crois … Sans doute mon côté wild qui a envie de dire à cette femme de cesser de se plaindre et d’agir.

Bref, rejet total de cette peinture réaliste et chirurgicale de la femme américaine infidèle. Ces femmes m’ennuient… Aussi, me suis-je demandé pourquoi le livre rencontrait un tel succès … Les femmes mariées et engoncées dans leur foyer s’identifieraient-elles à Anna, cette jeune américaine de 37 ans ? Par effet d’identification (et de fantasme) aiment-elles lire qu’une héroïne passe par la case adultère ? Quid des lecteurs masculins alors ? Sont-ils aussi charmés par cette écriture incisive et sans fard ?

Comment nier effectivement la part d’identification que produit ce roman ? En effet, Anna est une héroïne qui se cherche, souffrant de l’isolement et de la solitude. Mais les atermoiements de la jeune Anna ont eu raison de ma patience. Voici un best-seller que j’ai boudé …

Auteur Jill Alexander Essbaum
Traduction Françoise Du Sorbier
Éditeur Albin Michel
Date de parution 05/01/2016
Collection Grandes Traductions
EAN 978-2226322760
ISBN 2226322760
Nombre de pages 400
22 €

Noctembule s’est au moins autant ennuyée que moi …

Clara en fait un livre magnétique et troublant.

Cathulu écrit que c’est le genre de roman qu’on adore ou déteste, voilà c’est exactement ça. 🙂

19 comments

  1. keisha41 says:

    J’en suis restée sur l’avis de cathulu, craignant d’être dans la case ‘ça casse’ et n’ai pas cherché à le lire; les femmes au foyer adultère, si j’en veux, j’ai Emma B., tu as parfaitement raison… Bon, à tenter, avec la bibli, sans urgence.

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    • Leiloona says:

      Oui, d’autres l’ont bien fait … cela dit, le thème peut être ré-exploité, mais là non, point d’ironie flaubertienne pour relever la sauce. 😉

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  2. kathel2 says:

    Bon, j’attendais plusieurs avis pour ne pas trop allonger ma liste… pourtant, j’adore la littérature américaine, oui, mais je deviens difficile.

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  3. Fab!en says:

    On dirait que tu parles de « Fifty Shades » dans ce roman… Saga qui n’est déjà pas fameuse, hahaha ! Mais en vrai, j’ai envie de voir ce que ça donne !

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