Fragonard Jean-Honoré (1732-1806). Paris, musée du Louvre.
Plus que deux jours pour aller voir cette exposition polissonne et frivole saupoudrée de mythologie délicieuse.
On entre dans « Fragonard amoureux » comme dans un boudoir. De belles alcôves, une certaine préciosité aussi : l’ambiance feutrée est là.
Un petit retour en arrière : nous sommes au XVIIIè Louis XV, sa nature et ses rocailles sont passées par là. La mythologie et l’Antiquité, très à la mode toujours, permettent une frivolité et une sensualité indéniables. Corps alanguis et désirables, les sujets sont souvent repris des Métamorphoses d’Ovide … Procris et Céphale représentent ici moins la mort que la sensualité. Eros et Thanatos plus intimement liés que jamais.
Céphale et Procris
Très vite, toutefois, Fragonard délaisse les dieux pour se focaliser sur ses compères. L’amour bucolique et pastoral voit alors le jour sur ses peintures. Là on retrouvera un bouvier qui vient de basculer dans le foin une fille de ferme, là une bergère écoute avec amour son berger lui jouer de la flûte … Inutile d’attendre Freud pour comprendre la symbolique.
L’étable, Fragonard
Au détour d’une pièce, nous retrouvons Les Contes (érotiques) de La Fontaine qui offre à Fragonard l’occasion de se frotter à des scènes libertines sur pas moins de 57 dessins …

Amour interdit, adultère, libertin : les corps résistent et ne sont que torsion … Offrant alors au visiteur le soin d’imaginer le contexte de la scène …
Toutefois nous ne tombons jamais dans le grivois grotesque avec Fragonard. Une certaine délicatesse surgit toujours. Aussi, a-t-il l’art de peindre l’ambiguïté de l’amour, ce moment si particulier où une bascule s’opère. Ses peintures sont presque une photographie de cet instant T que nous connaissons tous. Et voilà comment une terrible sensualité se dégage de « L’instant désiré ».

A chacun d’apprécier ces joues rosissantes, tel un point de fusion, véritable allégorie du désir qui brûle en eux.
Avec « Fragonard amoureux », tout n’est que tension, corps alanguis, désirés et désirables. Mais force est de constater qu’il n’a pas fait que « peindre avec son cul » comme il aimait lancer à la dérobade… Multiples visages de l’amour et du désir. Délicieux.
« Fragonard amoureux galant et libertin»
Au Musée du Luxembourg
16 septembre 2015 – 24 janvier 2016
Le billet de l’Irrégulière.

Très jolie expo !
Oups, j’ajoute le lien vers ton article, je l’ai complètement oublié … fatiguée ? Nannnnnnnn ! 🙂
Magnifique !
Et le lieu est superbe, ce qui ne gâche rien ! 🙂
Délicieux en effet ! Un article très sensible 🙂