Libres sont les papillons, Théâtre Rive gauche

Libres sont les papillons, De Léonard Gershe, adaptation Éric-Emmanuel Schmitt, mise en scène Jean-Luc Moreau, Avec Nathalie Roussel, Anouchka Delon, Julien Dereims, Guillaume Beyeler, Theatre Rive Gauche (Paris), 13 janvier 2016, © Fabienne Rappeneau

Libres sont les papillons, De Léonard Gershe, adaptation Éric-Emmanuel Schmitt, mise en scène Jean-Luc Moreau, Avec Nathalie Roussel, Anouchka Delon, Julien Dereims, Guillaume Beyeler, Theatre Rive Gauche (Paris), 13 janvier 2016, © Fabienne Rappeneau

Au théâtre Rive Gauche, depuis le 15 janvier, se joue un contemporain classique de Broadway : Libres sont les papillons. La pièce de Léonard Gersche a été adaptée à la scène parisienne par Eric-Emmanuel Schmitt. De nos jours, à Barbès, un jeune homme vient de quitter le cocon familial (le giron maternel plutôt). Il se sent bien dans ce nouvel appartement et se plaît à composer des chansons d’amour. Si l’on n’y prête pas attention, on ne s’aperçoit pas que ce jeune homme est aveugle. Mais il maîtrise la situation et se débrouille comme un grand qu’il est. Sa mère, elle, à Neuilly, s’inquiète de cette indépendance et voudrait bien qu’il revienne … Mais cela semble mal parti, car son fils vient de faire la connaissance de sa pétulante et énergique voisine de palier.

Libres sont les papillons pourrait laisser penser à une comédie de boulevard sur le papier. Un jeune homme qui découvre les mystères et les affres de l’amour, une mère qui s’accapare son fils et ne veut pas le laisser partir, un jeune fille volage et indépendante … de bons ingrédients pour faire monter le comique, des personnages au caractère marqué, presque caricatural.

Libres sont les papillons, De Léonard Gershe, adaptation Éric-Emmanuel Schmitt, mise en scène Jean-Luc Moreau, Avec Nathalie Roussel, Anouchka Delon, Julien Dereims, Guillaume Beyeler, Theatre Rive Gauche (Paris), 13 janvier 2016, © Fabienne Rappeneau

© Fabienne Rappeneau

Et effectivement, il y a une multitude de ressorts comiques, ne serait-ce que la figure de la mère crampon. On rit, oui, des situations, des quiproquos, des jeux de mots aussi ; mais la pièce acquiert au fil de l’intrigue une autre dimension plus dramatique.

Le titre l’indique : libres sont les papillons. Et effectivement il est question ici de liberté, de recherche de soi, de vie aussi. L’infirme n’est pas forcément celui qu’on croit, et la pétillante jeune femme pourrait être celle qui est la plus handicapée finalement. Véritable questionnement sur l’être humain, la pièce fait naviguer du rire à l’émotion contenue. Sur scène les talentueux comédiens vibrent d’un jeu sincère et touchant. Des passionnés qui embarquent le spectateur jusqu’au final. Conquis, le public applaudit à tout rompre et crie des « bravi ».

Libres sont les papillons est une pièce politique au sens étymologique du terme. Il fait du bien au spectateur, le questionne sur sa propre identité, sa propre liberté. Quand il est question d’amour, de liberté, d’indépendance, de peur de l’attachement, d’infirmité des sentiments, ça ne peut que toucher l’être sensible que nous sommes.

Allez vous aussi vous régaler de cette comédie juste et terriblement bien jouée. Chapeau les artistes. Une mention spéciale à l’impressionnant Julien Dereims.

Libres sont les papillons, De Léonard Gershe, adaptation Éric-Emmanuel Schmitt, mise en scène Jean-Luc Moreau, Avec Nathalie Roussel, Anouchka Delon, Julien Dereims, Guillaume Beyeler, Theatre Rive Gauche (Paris), 13 janvier 2016, © Fabienne Rappeneau

Libres sont les papillons, De Léonard Gershe, adaptation Éric-Emmanuel Schmitt, mise en scène Jean-Luc Moreau, Avec Nathalie Roussel, Anouchka Delon, Julien Dereims, Guillaume Beyeler, Theatre Rive Gauche (Paris), 13 janvier 2016, © Fabienne Rappeneau

Libres sont les papillons
De Léonard Gershe
Adaptation Éric-Emmanuel Schmitt
Mise en scène Jean-Luc Moreau
Avec Nathalie Roussel, Anouchka Delon, Julien Dereims, Guillaume Beyeler
Theatre Rive Gauche (Paris)

DEPUIS LE 15 JANVIER 2016
Du mardi au samedi à 21h
Matinée le dimanche à 15h

Tarifs guichet : 36€ (Carré Or), 30€, 25€, 18€, 12€
OFFRES DECOUVERTE JUSQU’AU 9 FEVRIER 2016

Stephie aussi a aimé.

13 comments

  1. Chroniques de Nimentrix says:

    Encore une belle critique qui donne envie de se précipiter au théatre. Bientôt la mention « comédie juste et terriblement bien jouée » sur le affiches avec à coté entre parenthèse « Bricabook » ? 😉

    Répondre
    • Leiloona says:

      Ah ah ah, je peux toujours rêver ! 😉 Cela dit, au théâtre de poche Montparnasse, j’apparais dans la revue de presse au même titre que le figaro ou le monde. Top, non ? 😀

      Répondre
  2. Stephie says:

    Ben mince, moi aussi j’avais aimé mais snifle tu m’as boudée et pas citée… (je ne suis juste pas une machine qui retient tout…)

    Répondre
    • Leiloona says:

      Joli tacle … c’était pour ça alors ? Un retour à l’envoyeur ?

      Au moment de mon billet, je ne pouvais accéder à ton blog, alors vérolé … comment aurais-je pu alors prendre ton lien alors que mon pc me bloquait l’accès ?
      Je change mon billet ..

      Répondre
      • Stephie says:

        C’est juste de l’ironie pas méchante… Je dois disposer de dix minutes pour faire un billet. J’ai zappé votre truc au moment où je l’ai écrit. J’ai même zappé des trucs pour mon fils alors tu sais…

        Répondre
        • Leiloona says:

          Ok … Pas compris le tacle ce matin, mais bon, ce soir je suis passée à autre chose. Un quiproquo comme sait le faire le net. 🙂

          Répondre
  3. Sylvie DUCRETOT says:

    Grâce à votre billet, je suis allée voir cette pièce hier soir. On rit bien sûr, on est touché et on réfléchit sur nos relations parent/enfant, adulte/adulte. J’ai passé un très bon moment !
    Merci

    Répondre
    • Leiloona says:

      Oh, merci de ce retour ! C’est toujours un plaisir de voir que le plaisir que j’ai ressenti est partagé ! 🙂 Bon week-end !

      Répondre
  4. Myle says:

    Joli décor, mise en scène vivante, on sourit quelquefois.
    Les deux personnages principaux jouent bien avec un surjeu pour la jeune fille qui donne d’ailleurs l’impression d’être plus explosive qu’elle ne veut le montrer. (On verra plus tard dans sa carrière…) La mère aussi surjoue un peu dans son rôle de protectrice castratrice, sauf à la fin où son ton s’affine. Le fils est impeccable, très crédible, touchant. En revanche, l’autre zigoto n’est pas à la hauteur du personnage qu’il devrait figurer ; il semble ballot alors qu’il devrait être un Don Juan opportuniste et menfoutiste.

    Et le texte est gentillet, pétri de bons sentiments dans une situation presque banale à propos du handicap, de l’amour maternel et de la prise de liberté. On devine souvent « le mot » qui va suivre. On espère toujours autre chose mais on voit les gros sabots qui avancent pesamment ou au contraire, qui étonnent car il y a des « manques ». Par exemple, aucune indication du changement de point de vue de la mère..
    Tiens, à un moment, la jeune fille dont on sait qu’elle n’est pas cultivée a une expression qui ne relève pas du tout de son niveau de langue. Quelque chose comme « Je ne m’aventurerais pas à… » C’est un bug, nan ?

    L’ensemble n’est pas très crédible. Particulièrement quand la jeune fille revient au bras d’un autre sans état d’âme, et ne cesse de l’enlacer et de se faire peloter devant son amoureux d’un jour et sa mère devant laquelle elle avait précédemment une attitude plus retenue. Qui fait ça ?! Tout ce cinéma pour bien nous faire comprendre, nous montrer, nous prouver sa légèreté ou son lunatisme. Dans le cas où on ne l’aurait pas bien vu, allez, encore un bisou ! Qu’elle doive faire sa valise nous aurait suffit, monsieur le metteur en scène…

    Personnellement, je ne me suis pas profondément ennuyée mais avec cette impression d’avoir quand même perdu mon temps… et ne pas comprendre les critiques dithyrambiques.

    Répondre

Commentaire :

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.