Soulfood (Atelier d’écriture)

© Kot
© Kot

De loin, on pourrait penser à un lieu mal famé. Un quartier peu reluisant, une rue sombre, peu passante à certaines heures. Des photos publicitaires bas de gamme placardées. Les touristes pourraient même penser à de la nourriture avariée, ou du moins salement faisandée. Il faudrait être fou pour acheter dans cette carriole ! A moins de vouloir tomber malade …

Il est vrai que les abords sont peu recommandables ou fréquentables. Moi-même je me suis laissé avoir au début. Et puis un jour, je me suis arrêté. Et j’ai alors appris à connaître cet homme.

C’est un orfèvre. Là, derrière sa guérite enfumée de douces odeurs s’échappent.  Une multitude d’épices, il est impossible de les reconnaître toutes, mais quel bonheur en bouche … Je défie quiconque de ne pas revenir une fois que nos sens ont goûté à ses plats.

Le voir préparer les sandwichs est mon moment préféré. Il prend à pleines mains la rondeur des tomates, touche leur peau lisse et ferme avant de trancher dans le vif. Il laisse alors s’écouler le jus avant de déposer délicatement les tranches d’un rouge vermillon  sur la mie blanche. Le poulet subit le même sort. Il rit quand je lui demande de me donner la recette et ne cesse de me rétorquer que ce ne sont que des épices, et une cuisson des plus simples, mais moi je sais bien que cet homme-là est un magicien. Ses sandwichs nourrissent mon âme.

Dis-moi comment tu cuisines, je te dirai qui tu es.

© Leiloona, le 4 janvier 2015

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Le texte de Louise Morgendorfer :

Seule au milieu du monde…
A quel moment ma vie est-elle devenue si pitoyable? Comment en suis-je arriver à réveillonner seule devant un vendeur de kebab?
Je vois bien hein comment je pourrais te vendre ça en images de papier glacé : la rencontre avec ce petit marchand que je croisais tous les jours depuis mon arrivée ici, la complicité qui nous a uni, chacun dans notre quotidien. La vérité c’est que c’est pas si compliqué de transformer mes instantanés de solitude en cliché de bout du monde.
Mais je ne vais pas te mentir, hein, pas à toi…
Dans ma nouvelle existence de baroudeuse sans attache, ce qui visiblement s’approche le plus d’un contact humain, c’est commander un bout de viande au camion en bas de chez moi. Et il faut bien admettre que ces quelques mots échangés seront bien plus épanouissants et conviviaux que mes livraisons de pizza quotidiennes lors desquelles je n’ai même pas droit à un regard. A peine le geste machinal de vérification de la monnaie, les yeux baissés déjà loin vers le prochain client. Alors que là, ça me change! J’ai tout de même réussi à converser quelques secondes!
Oui j’avoue, je n’y mets pas trop du mien. Je ne sors quasiment plus de chez moi. Ça me terrifie à l’avance de penser que je vais devoir chercher mes mots, dans cette langue que je ne parle même pas, chercher mes repères dans cette métropole immense et anonyme, où les rues ont pour seules dénominations des numéros.
Mais donc bref ce soir, j’ai eu une relation humaine qui à mon niveau de désespoir pourrait presque être qualifiée de chaleureuse. Non pas qu’il ait pris la peine de me souhaiter une bonne année. Simplement, il m’a mise en garde que la viande était brûlante lorsqu’il l’a déposée entre mes doigts. Je suis donc rentrée chez moi au paroxysme de la joie et de la bonne humeur. Enfin ça c’était avant de lire tes délires sur les voyages qui nous révélerait à nous-mêmes.
Je t’avoue que j’ai eu envie l’espace d’un instant d’écraser mon kebab sur mon écran.
Mais après tout, c’est moi qui ai cru que l’inconnu avait la saveur du bonheur. Alors qu’en fait non. Il a juste le goût de mes angoisses réchauffées.
A la chaleur d’un kebab donc et sans rancune.

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Le texte de Claude :

En Jordanie, ce magnifique petit pays où circulent nombre de contes et légendes, on raconte une histoire assez étonnante.

Ali tenait une baraque à brochettes bien modeste dans un petit village situé entre Amman et Pétra, ce lieu sublime ou roches et architectures se mêlent avec une complicité émouvante. Du matin tôt jusqu’à minuit, il préparait des kebabs et différentes nourritures locales sur des braises qu’il entretenait avec grand soin, et ce tous les jours de l’année. Il avait ainsi succédé à son père qui lui-même avait hérité du commerce de ses parents, et ainsi de suite depuis pas mal de générations.

Ses grillades faisaient le régal de toute la région, et même des touristes échappés des groupes qui osaient s’aventurer dans ce coin retiré du pays. Son commerce marchait vraiment très bien. Ali qui avait un sens aigu des affaires, loua au bout de quelques temps une auberge coquette du quartier huppé de la capitale où se pressaient banquiers et magnats pétroliers. Un jour, à sa surprise, il eut la visite d’un riche cousin lointain vivant aux Etats-Unis qui lui proposa de l’aider à monter, à Chicago, une chaîne de restaurants orientaux.  Le succès fut rapide, l’entreprise prospéra très rapidement. Il devint vite un habitué des plateaux télés et des journaux peoples. Il créa même une marque, « Ali food », qui proposait des plats tout préparés vendus dans toutes les grandes surfaces du continent américain. Dans son bureau au cinquantième étage, Ali aimait se retrouver seul et contempler la ville tout en rêvant au désert de son enfance.

Lors d’une réunion hebdomadaire, son chargé de communication et le directeur de la publicité lui suggérèrent d’afficher sur ses produits haut de gamme une touche de tradition qui mettrait le consommateur « en état de confiance affective ». Il accepta et fit faire apparaître sur toutes les boîtes « Ali food » l’image de son père vendant les kébabs dans sa carriole jordanienne. Le chiffre d’affaires battit en peu de temps tous les records.

Quelques années passèrent. Un jour, on le fit prévenir que son vieux père était mourant et qu’il souhaitait voir son fils une dernière fois. Ali se fit emmener aussitôt en avion privé dans sa Jordanie natale et gagna immédiatement la maison familiale. Son père alité, entouré des amis du village, porta avec peine un regard sur son fils qui entrait en larmes, esquissa un sourire et dit alors avec douceur : « Ali mon fils, je suis très fier de ta réussite, mais tu aurais quand même pu choisir une autre photo ». Il ferma les yeux et s’éteignit paisiblement.

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Le texte de Bénédicte :

Cet homme me fait peur….Chaque fois que je passe devant son échoppe,surtout l’hiver quand la nuit tombe si tôt,je me refuse à croiser son regard.J’ai la sensation que s’il plante ses yeux dans les miens,je vais me retrouver en train de signer un pacte avec le diable avant d’avoir compris ce qu’il m’arrive.C’est bizarre non?….

   Tout m’impressionne en lui,sa moustache,cette fumée mystérieuse qui le voile et le dévoile,le fait de ne jamais voir son corps en entier….Même quand je me raisonne, je n’arrive pas à lui imaginer une vie qui ressemblerait à celle de Monsieur Tout le Monde.Et il m’attire pourtant puisque je n’ai jamais essayé de changer mon trajet pour ne plus passer devant chez lui.Je dirais même qu’il me fascine,et cela me fait encore plus peur car je ne trouve pas ça normal….

   Je ne vois jamais personne devant chez lui et je ne veux surtout pas savoir ce qui mijote dans son éternelle marmite parce que,pour moi,cela ne peut être qu’une potion magique.Mais pas magique comme:

  « Buvez,buvez,et l’amour ne vous quittera plus…. »

  Ou bien:

  « Buvez,buvez,et tous vos maux disparaitront…. »

  Non.Ce serait plutôt:

  « Venez,venez,donnez-moi votre sang,un gros morceau de votre âme,et vous aurez la jeunesse éternelle…. »

  Un truc glauque de chez glauque quoi….

  Et ça,je suis bien trop trouillarde pour essayer.

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Le texte de Manue :

Elle avait toujours le même rituel avant de se retrouver face aux autres dehors. Assise sur les marches de son entrée, elle enfilait lentement ses chaussures en espérant qu’elles seraient, qui sait, remplies du courage qui lui manquait à chaque fois qu’elle sortait de chez elle. Elle n’avait pas peur de partir à la rencontre des gens, non, elle aimait la diversité de la foule, elle savait trouver un petit mot pour chacun, connu ou inconnu. Elle savourait ces instants de grâce où deux êtres que tout opposait échangeaient quelques mots devant le comptoir de la boulangerie ou à la caisse du supermarché. Pourtant, rien ne la paralysait plus que d’être dehors, debout, exposée au regard de tous. Elle portait tant de choses en elle que jamais pensait-elle ses jambes n’allaient la supporter plus que quelques pas. Elle flottait plus qu’elle ne marchait, admirant ceux ou celles qui arpentaient les rues avec assurance. Son héros n’avait nulle cape ni sabre laser, il possédait juste deux pieds solidement ancrés dans le sol. La nuit, elle se rêvait arbre aux racines profondes. Le jour, elle puisait sa sève dans les mots et les petits bonheurs simples : une tasse de café bue sur sa terrasse réchauffée par le doux soleil du printemps, les dix secondes -sur ses quinze minutes de trajet jusqu’à son boulot- où elle traversait un champ entier de coquelicots, la minute où elle quittait ses sandales pour fouler pour la première fois de la saison le sable de sa plage préférée, la lumière qui soudain éclairait les cabines de bain, les cinq secondes du »gros câlin » offert par son fils. Elle se nourrissait de ces moments uniques, les rangeaient dans un petit coin de son cerveau pour les jours où elle ne tiendrait pas debout.

La confiance est un sentiment inné que nul n’arrive à acquérir par entrainement. La volonté peut beaucoup, elle remplace souvent chez elle la confiance qui lui manque. Elle a cette force de vouloir à tout prix rester sur ses deux pieds quoiqu’il se passe là haut dans ses boyaux de la tête ou en bas, dans son ventre battant au même rythme que son cœur. Et les soirs où elle joue, se mettant encore un peu plus en danger, elle s’arrête donc manger léger au kebab du coin ! Dans sa petite cabine remplie de bonnes odeurs, le vendeur arabe respire la bonne humeur. Comment peut-il en être autrement ? Il a survécu à la pauvreté, aux bombes, aux tortures des geôles de son pays et même à l’attaque d’un chevalier Jedi ! Celui-ci avait certainement dû rater quelques séances de son apprentissage au maniement du sabre qui fait depuis toujours la notoriété de ces guerriers … Notoriété somme toute relative pour lui depuis qu’il a abandonné son arme dans ce food truck ambulant au cours d’un combat malheureux.

Durant quelques minutes, elle oubliait son trac, ses jambes flageolantes et échangeait quelques mots avec le cuisinier et les autres clients. Ils avaient tous eu une vie si rude et pourtant ils se tenaient là, debout, solides. Elle rêvait de s’oublier un peu et de leur ressembler. Elle rêvait du moment où elle réussirait à lâcher prise pour vivre enfin sa vie. Elle rêvait d’être elle, enfin elle, au milieu du monde, aimée, l’équilibre retrouvé. Un jour, peut-être, elle trouverait son mode d’emploi !

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Le texte de Nady :

Lui a dessiné, croqué, peint des scènes populaires de la vie quotidienne.

Cet autre croque, photographie les mêmes scènes de son temps.

Tous deux arrivent à capter avec brio la lumière dans l’obscurité qui attire le regard par le jeu des contrastes appuyés. Les scènes y sont alors intenses et vivantes.

Lui me fascine par ses peintures vraies : Il n’est pas un peintre de la beauté ou de la richesse mais sait montrer la compassion et l’humanité, sentiments qui ressortent dans l’expression de ses personnages, qui sont parfois indigents ou usés par l’âge. Ses thèmes de prédilection sont le portrait (et les autoportraits) ainsi que les scènes bibliques et historiques.

Cet autre m’interpelle à travers ses clichés. Je me retrouve souvent devant la page blanche de l’écriture quand je découvre ses photos. Plein d’émotions en jaillissent sur ces moments volés de notre vie quotidienne. Il me faut un peu de temps pour y canaliser une inspiration qui en ressortira pour l’atelier d’écriture de Bricabook à partir de ses photos qui semblent être des pauses dans le temps qui file. Depuis mon entrée dans cette bienveillante communauté de l’écriture, ma plume a eu le bonheur de se prêter au jeu de l’atelier sur 5 de ses photos ; l’inconscient y a vu de la solidarité à travers le parcours d’Aymée, de la sagesse aussi sur celle prise d’un mur, de l’indifférence à autrui quand on est plongé dans les transports en commun dans son livre ou son smartphone et de l’amour dans la seule photo en couleur où le noir et blanc des habits, du bitume et des chaussures entoure la paire bleue mise en lumière. Le cliché de cette semaine m’inspire une citation d’Edmond Rostand : « C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière ».

L’un a un nom en 2 syllabes qui impose, qui s’installe dans le temps de sa prononciation.

Cet autre a un nom en une seule syllabe, qui claque dans l’air et s’impose aussi à sa manière.

Tous les deux ne me laissent pas indifférente. Je suis subjuguée par leurs talents. Je connais un peu la vie de REMBRANDT ; sa biographie m’aide à comprendre la magie de ses œuvres. Je suis curieuse d’en connaitre un peu plus sur l’artiste KOT…

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Voici les liens vers les autres textes écrits à partir de la même photographie :

 

Leiloona

Museo geek l’hiver, sirène l’été.
Je lis et j’écris durant les 4 saisons.
J’aime le bon vin et les fromages affinés.

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84 commentaires

  1. @Leiloona : moi j’aime comment tu cuisines les mots… En un paragraphe, savamment dosé et équilibré tu plantes le décor. Un petit paragraphe de transition pour se mettre en parfaite empathie avec le lecteur… avant de titiller ses sens dans le troisième paragraphe dont se dégagent d’agréables senteurs épicées. Et de saliver dans le quatrième qd tu nous décris le maître en action… Dis moi comment tu écris, je te dirais qui tu es.. Tu es un master chef écrivain 😉

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    1. Nimentrix : Merci pour tes mots … forcément ils me font du bien … Je ne sais pas si je suis un master chef, mais le lire me donne une jolie banane !

      Mille mercis.

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  2. @ Leiloona : Ton texte décrit d’une très belle manière ce que j’ai pu ressentir dans certains de mes voyages. Tu racontes bien l’humilité de  » l’orfèvre » et les saveurs épicées de ses préparations. J’en salive et je rêve. Merci.

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  3. @Louise Morgendorfer : réflexion d’un baroudeuse confrontée à sa solitude dans laquelle elle s’enferme. Apprendre à dépasser ses peurs, la barrière de la langue pour créer des liens. Juste sortir de sa zone de confort.

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  4. @Claude : toujours ton regard taquin et pertinent sur le monde. Sommes nous prêt à « brader » nos raines et nos souvenirs pour des choses aussi futiles que l’argent et le pouvoir ?

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  5. @Benedicte : ah, les apparences… Comment se faire peur tout seul en s’imaginant les pires choses. Si cet homme était le Diable, il utiliserait une apparence bien plus séductrice pour récolter des âmes.. On attire pas les mouches avec du vinaigre 😉 Si elle s’arrête un jour, elle découvrira certainement une très belle personne avec laquelle elle pourrait passer des heures à discuter plutôt que de frissonner sans raisons 😉

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  6. @Manue : joli portrait d’une femme qui se cherche désespérement, tout en portant un regarde pertinent et bienveillant sur le monde qui l’entoure.. Elle s’est déjà trouvé mais elle ne le sais pas encore 😉

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    1. Tu as peut-être raison ! Je voudrais le croire en tout cas 😉

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    1. Merci @Nimentrix pour ton retour. Suis un petit peu honteuse car j’ai lâché le wagon de tes écrits depuis 2/3 semaines…. je ne comprends plus rien… ai tenté de renouer avec les sosies mais ma tête tourne…. promis, j’y reviendrai une fois que je l’aurai vidée (ma tête ;)). Sans rancune j’espère et Très belle et douce Année 2016 à toi et tes proches !

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  7. @leiloona : ton texte me rappelle mes nombreux passages devant le « kiosque » extérieur de l’As des falafels rue des rosiers. J’ai longtemps hésité à goûter mais depuis que j’ai franchi le pas de l’achat du premier falafel, j’en suis devenue addicted 😉 Belle et douce année à toi 😉

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    1. Nady : Rooooooh tu sais quoi ? Moi aussi j’ai mis longtemps avant de sauter le cap et depuis je ne peux m’en passer … j’en ai l’eau à la bouche en y pensant ! 😀

      Belle année également ! ♥

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  8. @Leiloona : Apparence,apparence,que d’erreurs commises en ton nom!….Contrairement à mon héroïne,la tienne est passée de l’autre côté du miroir et elle y a trouvé de la joie….Et là ton texte lui-même par le choix des mots,devient sensuel,goûteux,inspiré…Et c’est vrai que la nourriture donnée avec l’amour du travail bien fait et des beaux produits comble au delà du corps….Je trouve que sur ce texte tu as réuni le narratif et le lyrique….

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  9. @Claude : j’ai bien aimé partir en voyage avec toi ! Beau regard et jolie plume !

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  10. @Bénédicte : et pourquoi ne prépare t-il pas de la potion magique comme Panoramix ?
    J’espère qu’elle va réussir à vaincre sa peur ! Et arrêter de se fier aux apparences !

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    1. Je crois que parfois chez moi la peur reste plus forte que l’envie!!Il faut en général me tenir la main la première fois et après ça va!!!

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  11. @Leil : Voilà, c’est malin, j’ai envie d’un kebab 😉
    J’aime ton magicien !

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    1. Hi hi Manue Rêva, attends on devrait se faire un kebab quand on se verra ! 🙂

      Sinon je dois bien l’avouer ici … moi aussi j’aime mon magicien. 🙂

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  12. @Claude: Toujours cette constance dans la qualité de tes textes avec cette patte qui te caractérise,ce mélange de fiction,de réalité et souvent d’humour,qui s’appuit sur une belle culture….Mais en m’appuyant sur des textes précédents je peux déduire aussi que tu as un sens du commerce bien affuté,ce qui fait de toi un être tres complet!!….C’est toujours un plaisir de voir ton imagination à l’œuvre…..

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  13. @Nady: Quel point de vue original et interessant que d’avoir rapproché le travail de ces deux artistes!La lumière et les ombres,les sujets et une approche sans filtres de la réalité de leur époque….J’ai aimé la description toute simple de ton cheminement face à l’univers proposé par ce photographe que je connais peu.Ton style est different dans ce texte,plus épuré,moins flamboyant.Il y gagne en intensité et en précision….
    Mais j’aime bien aussi quand tu t’envoles!!

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    1. Merci pour ton retour @Bénédicte. J’essaie de tenter différents style, de peur d’ennuyer les lecteurs avec le style dans lequel je me sens à l’aise mais qui me lasse aussi certaines semaines alors je veux éviter le même effet sur les miroirs qui me lisent 😉 Belle et douce Année à toi

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  14. @ Bénédicte : il est bon d’avoir peur parce qu’il est encore meilleur d’être rassuré. Je pense que ce monsieur n’est pas Diable car les braises de son kebab sont trop faibles pour brûler tous ceux qui méritent l »Enfer…

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    1. Mais bien sur,pourquoi ne pas y avoir pensé,ça m’aurait rassurée!!!!

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  15. @ Nady : ton enthousiasme pour Kot photographe est touchant. Rembrandt… Kot… La Ronde de Nuit sans doute. Je pense qu’il doit être très flatté.

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  16. @ Manue : l’équilibre vient peut-être de l’accumulation de ces plaisirs simples vécus pour ce qu’ils sont… Ton joli texte semble paradoxalement le prouver.

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  17. @ Louise Morgendorfer : tu décris très bien cette désespérance où tout devient hypersensible au point de sublimer une détail enfin positif. Ne jette pas le kebab contre la télé, mais savoure le en pleine conscience…

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  18. @Manue Rêva:Ah les chaussures magiques!…Finalement n’avons-nous pas tous un rituel de ce genre,même inconscient,avant d’aller affronter le monde extérieur?Ce texte est étrange et poétique,par moments elle parait si fragile et à d’autres elle sait si bien trouver la « nourriture »qui la rend forte…Peut-être qu’il lui manque juste le compagnon dont tu ne parles pas(alors qu’elle a un fils)pour retrouver en elle une confiance perdue?J’aime beaucoup la dernière phrase….

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  19. @Louise Morgendorfer:J’ai vraiment eu l’impression d’ouvrir les premières pages d’un roman et je me suis sentie frustrée quand ça s’est arrêté….J’aurais volontiers continué à accompagner cette nomade volontaire qui a cru de bonne foi trouver le bonheur dans ce style de vie et qui commence à douter…..Tu écris bien.

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    1. Wouaouh merci, je ne suis pas sure de me sentir capable de continuer ses aventures mais qui sait, au gré des inspirations, elle reviendra peut-être!

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  20. Louise Morgendorfer : j’aime que ce soit un narrateur absent de la photo. Et j’aime particulièrement la fin du texte « c’est moi qui ai cru que l’inconnu avait la saveur du bonheur.[…] Il a juste le goût de mes angoisses réchauffées. » Ca sonne bien à mon oreille

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    1. Merci, ça me touche, surtout venant d’une personne dont j’aime beaucoup la plume.

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  21. Claude : on a tellement envie de connaître tout ce que renferme l’ellipse temporelle !

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  22. Bénédicte : on est souvent bien esclaves de nos peurs et de nos préjugés 😉

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    1. C’est vrai,surtout quand on a un tempérament un brin angoissé comme le mien!!

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  23. Manue : j’aime beaucoup le paragraphe central mais j’ai du mal à accrocher avec le reste. Pourquoi une si longue accroche ? Et je trouve un peu « facile » la transition finale. Mais ce n’est que mon ressenti de lectrice 😉

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  24. Nady : je te préfère dans les pures fictions mais tu nous as mené un joli exercice de style et un chouette hommage à Kot 😉

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  25. @Louise Morgendorfer : waoouuu ! tes mots sonnent justes, ta description de cette terrible solitude, en principe « choisie » de la baroudeuse devant son écran m’a ramenée en mémoire ces êtres seules pendant les fêtes, qui devaient, d’après les écrits de certains, avoir envie de balancer à leur écran pas mal de sandwichs devant les photos et enthousiasmes débordant de ceux qui réveillonnaient entourés dans une ambiance de fiesta ! j’aime vraiment beaucoup ta plume ! 😉 Belle Année 2016 à toi !

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    1. Merci pour ce commentaire, c’est toujours aussi dingue de voir à quel point les émotions peuvent voyager à travers les mots, même quand ils parlent de tout autre chose…

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  26. @Claude : ton texte est beau. Il m’a interpellée dès les premiers mots quand tu as commencé avec la Jordanie, un beau pays que j’ai eu la chance de visiter in extremis en janvier dernier ! J’étais bien replongée dans le contexte avec ta description de Petra. Quel contraste avec les USA ! Ton histoire est touchante et super bien menée 😉 merci et belle et douce Année 2016 à toi !

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  27. @Bénédicte : ça ne te ressemble pas de voir le Diable, toi qui a un regard apaisant et doux sur les gens qui t’entourent 😉 ton texte m’a bien fait rire 😉 Très belle et douce Année 2016 à toi

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    1. Je vois que tu ne connais pas l’affreuse sorcière qui sommeille en moi!!!Bon en gros c’est vrai je suis plus proche de ce que tu dis!Mais je t’assure que la première impression que j’ai eu en regardant la photo c’est le magicien qui touille des mixtures étranges!…..Belle année à toi aussi…..

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  28. Un petit mot pour souhaiter à tout le groupe Brica Book, et à Leiloona en particulier, tous mes meilleurs voeux pour 2016. Merci pour toutes ces passionnantes lectures.

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    1. Merci @Claude et bonne année à toi.
      J’en profite pour vous présenter tous mes voeux 2016, avec beaucoup d’idées et de créativité pour participer à cet excellent atelier…
      Merci à @Leiloona de nous accueillir chaque semaine 🙂

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      1. Nimentrix : Vous ne pouvez pas savoir, tous, combien vous accueillir ici m’est précieux. Merci à vous. 🙂

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  29. @Leiloona : Ton écriture m’a donné l’eau à la bouche! Encore une fois grâce à la sensualité de tes mots!

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  30. @Claude : Encore une fois, il aura suffi de quelques mots peut-être un paragraphe pour que je finisse le sourire aux lèvres.

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  31. @ Bénédicte : Dans les passages plus oraux, on a l’impression de découvrir ta voix et j’aime beaucoup ce côté lacher-prise.

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  32. @ Manue : une jolie écriture avec de belles expressions (j’aime beaucoup les boyaux de la tête pour le cerveau!), un petit bémol tout personnel pour des passages, notamment la fin que j’aurais plus imagée. Mais ce n’est que mon ressenti…

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  33. @Nady : une jolie mise en abime artistique : Kot et Rembrandt mais surtout ce qui m’a touché toi en train d’écrire et de regarder leurs oeuvres.

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  34. @tous : effectivement, belle année 2016 … j’espère qu’elle sera riche (de plein de choses) et pailletée (surtout) pour tous 🙂

    @tous aussi, j’ai mis beaucoup, beaucoup, beaucoup de moi dans l’écriture de ce texte (je vous le dis à vous mais peu de gens savent que j’écris, que ça me fait un bien fou, que c’est tellement évident que j’ai mis des années à m’en apercevoir et que j’ai réellement à n’importe quel moment de la journée les jambes en coton pour x ou y raisons qui m’échappent) après tout, l’écriture permet d’exorciser certaines choses 😉 … en fait, c’est moi sauf que je mange quasiment jamais de kebab !!!
    Je suis assez d’accord avec vos avis, le troisième paragraphe est trop court et pas assez développé mais j’étais à la bourre pour livrer mon texte alors j’ai un peu expédié la fin !

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    1. Je ne veux et ne peux répondre qu’en mon nom,mais saches que je suis touchée par tes paroles et par la confiance qu’elles témoignent….Se dévoiler est un cadeau que tu fais à ceux à qui tu t’adresses….Il est vrai que ce lieu et les gens qui le fréquentent inspirent de jolis sentiments….

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      1. Bénédicte et Manue : Merci à vous … Effectivement nous nous dévoilons pas mal lors de cet atelier, nous nous mettons à nu, et petit à petit nous sommes devenus un joli cercle, avec des personnes que j’ai plaisir à lire, avec lesquelles j’ai envie d’échanger. Avec cette impression de vous connaître aussi. Merci aussi à vous de faire de l’atelier ce qu’il est. 🙂

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    2. Alors je n’ai qu’une chose à dire continues je suis sûre que ce sera une jolie exploration!

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  35. @Leiloona : ton texte m’a touché, il est vraiment très beau !
    @Louise Morgendorfer : Tu as une façon de décrire les choses tellement vraie – la solitude y est palpable …

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  36. @Bénédicte : ton texte reflète, enfin c’est mon impression, la peur de l’autre, du regard de l’autre. Ces préjugés qu’on peut avoir envers une personne, sans pourtant la connaître. En tout cas, tu as bien décrit ce sentiment de crainte.

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    1. C’est tout à fait ça…..pour le texte.Mais ce n’est pas moi,j’aime trop les gens….

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  37. Louise : Je trouve ton texte d’une réalité cuisante (pour rester dans la cuisine ! :P) sans doute parce que je sais qu’en voyageant seule ce serait ceci qui m’attendrait, sans doute parce que j’ai déjà ressenti cela quand j’étais seule avec moi-même, alors que j’étais en voyage … Drôle d’impression, mais effectivement il vaut mieux être au clair avec ses angoisses avant de chambouler nos repères … Super bien croqué, bravo.

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  38. Claude : C’est toujours un plaisir de te lire. Chaque semaine tu nous embarques dans un nouvel univers, là exit l’Antiquité, place à la fable … Fichtre, la morale est terrible et je suis certaine que ce conte pourrait figurer dans les classiques.
    Merci de nous faire profiter de tes textes, un vrai régal, oui.

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  39. Bénédicte : Ah oui, alors effectivement je comprends mieux ton commentaire sur mon texte. Il fait fichtrement peur ainsi ! 🙂 Mais pourquoi donc, le pauvre homme ! 😛

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    1. Toi qui m’a vivement poussée à faire marcher mon imagination,tu ne peux pas te plaindre maintenant!!!!Tant pis si ce pauvre homme qui ne m’a rien fait en a fait les frais!!!!

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  40. Manue Rêva : Un texte profond, plus fouillé que ceux que tu écris d’habitude. On voit effectivement que tu y as mis beaucoup de toi … J’aurais aimé que tu développes un peu plus le dernier paragraphe, le déclic est presque là. ♥

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    1. ohhhh il vit dans la capitale en plus !!! Kool !!! alors oui, ça me fera super plaisir de mettre un visage sur ces photos et de mieux connaitre cet artiste 😉 je tente de m’inscrire soon à un SMV, mes mois de janvier et février sont quasi bookés mais je laissera quelques dates de dispos sur mars 😉 bisous belle Leiloona !

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  41. Avec « un tout petit » peu de retard, je prends enfin le temps de commenter les textes … 🙂

    @Leiloona : j’aime cette interprétation entre la noirceur de la photo et la beauté, le talent de cet homme que l’on découvre au fur et à mesure
    @Louise : un peu d’humanité dans cette solitude … tout le monde en a besoin. Et ça vient souvent d’une personne dont on en attend le moins. J’espère que cette jeune fille arrivera à s’ouvrir et à vaincre ses angoisses.
    @Claude : une belle histoire, une belle réussite … et une chute qui donne le sourire autant qu’elle est émouvante !
    @Bénédicte : Léger et divertissante ! Ton texte m’a fait sourire … Il ne me faisait pas si peur que ça avant moi ce monsieur …
    @Manue : J’aime beaucoup ce point de vue « intérieure ». La confiance est en effet parfois difficile acquérir, mais je suis certaine que cette femme réussira bientôt à être ce héros dont elle rêve tant.
    @Nady : J’aime beaucoup cette façon de te dévoiler plus personnellement grâce à cette photo, qui fait aussi penser à un bilan en ce début d’année … Hâte de découvrir la plume qui vit en toi au fil des futurs ateliers 🙂

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