Portrait d’après blessure, Hélène Gestern

 

Avant la rentrée littéraire et son flot de nouveautés qui va déferler sur nos PAL et nos listes d’envies (à vrai dire, ça a déjà commencé!) j’essaie d’épurer ma propre liste, et j’ai bien fait ! Ce roman est sorti en 2014, et je l’avais repéré depuis sa sortie, parce que j’avais aimé le premier roman de l’auteur (Eux sur la photo, magnifique, précipitez vous!) (qui avait en plus un sens particulier pour moi, c’était le premier roman que me conseillait Leiloona via son blog ! Là aussi précipitez vous sur sa chronique !) mais ne l’avait pas acheté ! Par un hasard heureux comme je les aime (vous savez quand la vie fait des clins d’œil!) je finis par le lire pendant ces vacances !

Et c’est un véritable coup de cœur  !

L’histoire :

Olivier et Héloise prennent le métro pour aller déjeuner, un déjeuner de travail, puisqu’ils sont collaborateurs sur une émission de télévision. Mais une explosion dans le métro survient. Leur vie va être changée, mais pas seulement à cause des blessures physiques, aussi parce qu’un photographe peu scrupuleux, au nom du droit à l’info, va publier une photo d’eux d’eux lors de leur évacuation, dans un journal à sensation.

C’est cette photo en Une, violente et impudique qui va faire trembler tout leur monde, effondrer leurs repères et tout remettre en cause ! Le roman choral raconte la suite, comment la vie s’écroule autour d’eux, comment cette photo a des conséquences sur leur emploi, les couples, leurs amis, leur confiance en eux et ensuite, comment il faut reconstruire son image, reprendre confiance, rebâtir et avancer, malgré les dégâts, irréparables pour certains !

Évidemment le roman à une résonance particulière aujourd’hui après l’année 2015 et le début 2016 que nous avons connus. C’est fort, invite à réfléchir au pouvoir de l’image et à se placer du côté des victimes, ce que, après réflexion, nous faisons rarement lors d’événements comme celui là ! En effet, on nomme le tueur, on montre des victimes, mais très vite on les oublie à leur sort, avec une vie à reconstruire et des conséquences que l’on n’envisage pas !

En parallèle de cette histoire, on découvre des témoignages d’autres personnages à partir d’autres photos qui ont aussi marqué leur temps (des photos de guerre par exemple), enrichissant le propos de l’auteur sur la violence possible d’une simple image. On comprend ce que cela vient faire là au fil de la lecture.

Puis en filigrane il y a aussi l’enquête et l’on finira par savoir ce qui a causé cette explosion, pour quelle cause un type a fait sauter un wagon, tuer et détruit plusieurs innocents. Cet aspect reste en arrière plan et on aurait presque pu s’en passer.

Ce n’est pas le fil du roman, centré sur cet homme et cette femme dont la vie bascule à leur dépends. On suit leur combat pour réparer les dégâts et combler les pertes que cette simple image a causées dans leur vie.

Un roman fort, porté par une écriture soignée, qui donne à voir et à réfléchir.

Un véritable coup de cœur au milieu de l’été… Qui a dit que les lectures de vacances se devaient d’être légères ?

Portrait d’après blessures
Hélène Gestern
Arléa 1er/mille
ISBN: 9782363080639
232 pages

13 commentaires

  1. Merci Ludo pour cette jolie chronique ! Il m’a fait relire du coup la mienne, fichtre, elle date la bougresse ! 🙂

    Et surtout, j’avais noté ce roman dans un coin de ma tête, mais comme j’ai trois mille choses en tête en même temps l’idée a dû se cacher en dessous de plusieurs autres et je ne m’en souvenais pas ! Merci donc ! Et j’ai hâte de savoir quel est l’album jeunesse dont tu m’as parlé aussi. 😉

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    1. Merci ! C’est drole il est dans ma liste de lecture depuis longtemps et une coïncidence me le fait souvenir. Et c’est un coup de cœur!
      J’ai aussi relu ta chronique et elle a une saveur particulière puisque c’est celle qui m’a amené sur ton blog! Quand on sait ce que je lui dois!:)

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      1. Merci Ludo ! 🙂 Oui, c’est « rigolo » ces coïncidences dont notre vie s’émaille ! Je suis ravie de lire que c’est elle qui t’a conduit jusqu’ici. Joli parcours, mister, depuis ! 🙂

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  2. Quel bonheur de lire une chronique de Ludovic ici ! J’ai beaucoup aimé « Eux sur la photo » et ce titre me donne envie. Avec un peu de chance, puisqu’il est sorti en 2014, il est disponible en poche !

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    1. Merci! Il faut que je me secoue un peu, des dizaines de fois j’ai eu l’envie de partager une lecture ici et n’ai pas pris le temps d’écrire le billet! C’est pourtant tellement agréable de partager!
      Le roman n’est pas sorti en poche, je pense que les ventes n’ont pas été suffisantes… Et c’est dommage car il vaut vraiment le coup d’être lu, encore plus aujourd’hui! Si en plus tu aimes l’auteur, il ne faut pas se priver!

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      1. Ah ah ah !!! Eh bien tu vois ce qu’il te reste à faire : venir partager plus souvent car tu manques aux lecteurs de Brica et en plus tu aimes écrire ! 🙂 (et je ne peux que t’encourager à le faire. 😉 Tu chroniques ici quand tu veux / peux, tu le sais bien. 🙂 ) C’est toujours un plaisir (même si j’ai du coup noté un nouveau bouquin dans un coin de mon caboche.)

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        1. désolé! 🙂 Et merci pour tout, je vais essayer d’etre plus présent, ca fait partie des bonnes résolutions de l’année qui arrive!

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          1. Pas de problème ! 😀 Ici c’est une auberge, viens qui veut, quand il veut ! 😉 Ouverte 24/24 ! 😀

  3. Je suis allée voir sur Internet ses autres titres et du coup j’ai vu qu’elle en sortait un autre à la rentrée. Par contre, le prix est prohibitif : 26 ou 27€ !

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    1. Voui, je l’ai mis sur ma liste de romans à découvrir … Je verrai si je le lis ou pas ! 🙂 (j’en ai déjà pas mal qui m’attendent …)

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