Il y a 15 ans : Ground Zero (Atelier d’écriture 230)

© Leiloona

© Leiloona

On n’aurait jamais cru que la roue tomberait. Elle était tellement forte, tellement lumineuse ! Voilà plusieurs années qu’elle tournait. Et jamais une interruption ! Jamais une panne. Non, personne n’aurait pu prédire sa chute.

Les touristes venaient de loin pour l’admirer, ils se pressaient pour la voir, y faire un tour, sentir de là haut combien ils étaient puissants. Ils étaient alors les maîtres du monde, souriaient et regardaient émerveillés les toits de Paris. Ils s’enivraient du parfum de la Capitale : la fraîcheur et le vent en haut cinglaient leurs joues pâles. Ils s’y sentaient bien et se promettaient de revenir plus souvent la voir. Des promesses que personne ne tenait bien sûr … Mais la roue était toujours pleine, la queue à minuit en témoignait encore. Elle tournait, véritable pivot central de la Place.

Et puis, cette nuit. Plus rien. Un bruit sourd, bref. Juste 3 fois rien. Mais ce matin, le carnage est là. La roue n’est plus. Disparue.

Quelle en est la cause ? Aussi minime soit-elle, les dégâts sont flagrants. De la roue, il ne reste rien. De sa splendeur passée, de sa magnificence, rien. Seulement des ruines.

Dès ce matin, des techniciens viendraient, ils la remplaceraient. La nouvelle promettait plus de douceurs, moins d’accrocs que l’ancienne. Les touristes, une fois la douleur passée, y gagneraient au change ! Certains parlaient même de  technologies dignes de navettes spatiales ! Pour un peu, elle nous emmènerait sur Mars !

Finalement, les gros titres oublieraient très vite la première pour se concentrer sur la seconde…

Seule, chez le ferrailleur, la grande Roue glisserait, dans le plus grand anonymat, sa dernière larme.

© Leiloona, le 11 septembre 2016

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Le texte de Manue :

La musique résonne brutalement en elle, entrainante, insupportable. L’amour en cage file sous ses yeux, une capsule pour un vœu, une lumière par ténèbre.

Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, je t’aime, …

Elle dégringole, elle s’enfonce, elle perd pied, l’horreur absolue pour un désir irrépressible.

Elle hésite à monter dans la roue encore une fois, elle qui a déjà tant donné, et pourtant elle le veut, elle le désire, elle fera tout pour l’avoir, elle a déjà tout fait pour être libre.

Elle parle aux objets pour se donner du courage ; au couteau, pour préparer les légumes de sa soupe, à la hache, afin de couper le bois pour la cheminée, à la pomme de douche pour noyer son chagrin.

A l’oreiller.

Pour étouffer l’autre.

Elle meuble le silence pour oublier ce qu’elle fait.

Elle le veut, il faut donc qu’elle se débarrasse du précédent. Logique implacable. Ne pas laisser le néant l’envahir, la raison la punir.

Il se débat et elle se parle. Quelle lessive va t-elle ensuite utiliser pour tout nettoyer ? Celle à la lavande lui donne un peu la nausée et l’autre est presque vide, il faudra qu’elle aille en racheter une troisième. Il ne faudra pas qu’elle oublie de prendre une pelle, plus solide que la dernière, les carottes vont devoir faire de la place. Ses soupes n’auront pas la même saveur l’an prochain. Qu’est-ce qu’elle peut avoir comme énergie en ce moment ! Certainement à cause des poireaux de son amour de l’hiver dernier, il se nourrissait de produits dopants.

C’est long.

La roue n’en finit pas de tourner, la vie de s’échapper.

Enfin, l’engin s’arrête. Sûre d’elle et de ses atouts, elle se voit déjà avec lui dans son lit. Il est beau et surtout l’ancre tatouée sur son bras est magnifique, bien plus belle que celle du gars des poireaux, plus élégante que celle de celui qui gise maintenant sous les quelques carottes qui restent, plus aboutie que sa première prise, qui a pourtant failli finir en abat jour mais que finalement elle a enterré à l’ombre de son saule pleureur, une erreur de jeunesse celui-là.

Il descend et sa vie s’effondre soudain. Ce bellâtre a recouvert l’objet de son désir par un affreux dragon plein d’écailles et de piquants. Cela lui apprendra à prendre une semaine de congé, elle n’a pas vu que son patron avait finalement réussi à faire changer d’avis son client ! Il claironne à qui veut l’entendre que les motifs marins sont passés de mode, la bonne blague, pas dans sa mode à elle ! Elle a d’abord collectionné, petite, les maquettes de bateaux en bois, mais uniquement les modèles qui pouvaient naviguer sur le grand bassin du jardin du Luxembourg. Elle s’est prise ensuite de passion pour les pois, sa literie était à pois, ses chemisiers, ses chaussettes étaient à pois, elle ne mangeait que des petits pois. Tout ça à cause de la princesse au petit pois que son papa, charpentier de marine, lui racontait à chaque permission. Puis, cette passion, somme toute enfantine, a fait place à une attirance grandissante pour les ancres. Il fallait qu’elle les possède toutes, celles vendues en porte clefs comme celles qui étaient exposées au musée de la Marine. Elle n’avait pas pu avoir celle du bateau de son père alors il lui fallait toutes les autres. Et finalement, son désir évolua, il se porta sur les hommes, tatoués … elle grandissait ! Elle voulait les posséder, ils devaient être un jouet entre ses mains tout comme elle avait été un jouet entre les siennes. Elle les jetait dès qu’elle en trouvait un autre plus attirant. Non sans lui avoir fait mal avant, son paternel lui avait laissé les outils pour.

Des ancres, des pois. Des pois, des ancres. En attendant, elle ne digère pas son échec, elle rumine inlassablement. Et la roue se remit à tourner, emportant petit à petit avec elle ses pensées les plus sombres. Elle se dit que, finalement, tout n’était pas perdu. Elle avait une pelle de compétition, et une nouvelle lessive au délicat parfum. Ses semis de carottes nouvelles allaient avoir un bon engrais dans les mois à venir et elle, un nouvel amant. Son regard venait en effet de tomber sur lui. Il ne s’était pas aperçu de sa présence, trop occupé à lire le nouvel opus d’un célèbre auteur de polars. Rassuré sur le fait que le Mal n’existe que dans les livres c’est avec confiance qu’il s’abandonna à cette belle inconnue qui lui demandait  avec un sourire d’ange de l’accompagner faire un tour de grande roue.

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Le texte de Bénédicte :

Je suis montée un jour dans ce genre de nacelle. J’avais dix-neuf ans , l’âge où l’idée même de la peur ou de la mort dans ces circonstances ne nous effleure pas. L’âge un peu stupide où le groupe est plus puissant que l’individu, et où la crainte de se singulariser l’emporte sur la raison. L’ambiance de la foire aussi, la peluche gagnée au tir, les restes d’une barbe à papa trop sucrée collés encore autour des lèvres, et ce garçon qui me plaisait et m’invitait à m’asseoir avec lui…..

Il me semblait pourtant que mon cerveau essayait de m’avertir de quelque chose, une sensation luttait pour remonter à la surface. Mais la main chaude qui tirait la mienne, les doigts qui bouclaient ma ceinture, les mèches de cheveux qui frôlaient mon nez, la musique et les éclats de rire omniprésents, ont refoulé toutes ces tentatives au bout de leur chaîne neuronale….

A peine en marche, à petite vitesse pourtant, lorsque j’ai vu le sol s’éloigner, le souvenir a explosé dans ma tête. Il m’a ramené en un éclair au jour où j’ai compris que j’avais peur du vide. J’avais dix ans, j’étais montée assez haut dans un arbre et, accrochée au tronc de toute la force de mes bras, la joue collée contre l’écorce, j’étais incapable de redescendre. Je sentais l’arbre bouger sous le vent, mon cerveau sur pause bruissait juste du mouvement des feuilles, je fermais fort les yeux pour ne plus voir comme le sol était loin….J’y serai peut-être encore si un père, inquiet de ne pas nous voir revenir, n’était venu me chercher. Il est monté, a décroché mes doigts un par un, m’a hypnotisée de sa voix encourageante, a guidé mes pieds de branche en branche et m’a ramenée au sol les yeux encore fermés….J’ai toujours éprouvé une tendresse spéciale pour cet homme qui a eu la gentillesse de ne jamais reparler de cet incident.

Mais à ce moment précis, j’aurai bien aimé que lui et mes copains d’enfance se soient trouvés là pour me le rappeler….Car ce tour de manège ne fut qu’un grand cri désespéré, les paupières étroitement serrées. Sans mentir, j’ai cru mourir. De ces secondes interminables je ne retiens que la chute, encore et encore, et jamais l’envolée vers les sommets. Je n’étais habitée que par une émotion : la terreur, brute, animale, viscérale….Mes poumons ne se remplissaient que pour continuer à crier. Mon plexus n’envoyait que des messages de panique. Si j’avais pu, j’aurai pénétré dans le siège pour m’y réfugier….

Je ne suis pas sûre que tous mes organes aient retrouvé leur place d’origine depuis, j’ai vomi tout le contenu de mon estomac et plus encore à peine le pied posé par terre, et j’ai abandonné tout espoir de finir la soirée autre part que seule dans mon lit !

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Le texte de Jos :

Le cycle de la vie

Silencieuses, la mère et la fille admiraient le tout Paris qui sans pudeur ni retenue, exhibait sa grandeur et sa beauté scintillante.

Sans se concerter, les deux femmes avaient cessé de parler quand la roue s’était ébranlée pour commencer sa progression. Maintenant plongées dans leurs pensées, elles contemplaient chacune à leur façon le spectacle qui s’offrait à elles.

Alors que la roue n’en était qu’au premier quart de son cycle, la nostalgie d’un temps révolu assaillit la mère tandis que l’impatience s’empara de la fille.

« Ah ! si je pouvais revenir en arrière, remonter le temps… » songea la mère.

« Ah ! si je pouvais aller plus vite… » pensa la fille.

Insensible aux états d’âme de l’une et sourde aux supplications de l’autre, la roue continuait sa lente ascension et arrivait au point culminant de sa rotation.

« Comme c’est beau ! » se dit la fille, « le monde est à mes pieds, je suis libre et j’ai tout le temps devant moi !»

« Comme c’est beau !» se dit la mère « que j’aimerais suspendre le temps et jouir indéfiniment de l’instant présent !»

Imperturbable, la roue avait amorcé la descente et se trouvait déjà aux trois quarts de sa trajectoire.

La mélancolie s’empara de la mère.

« Le temps est passé bien vite et il m’en reste si peu !» constata-elle.

De son côté, la fille rêvait sa vie, impatiente de la croquer à pleines dents et de se délecter de ses plaisirs.

« J’ai la vie devant moi et tant de choses à réaliser !» se réjouit-elle.

Tandis que la roue terminait son voyage et les entraînait vers l’inéluctable arrivée, la mère regarda sa fille et fut saisie par sa métamorphose. Devinant l’état d’allégresse dans lequel se trouvait la jeune femme, elle se revit à l’âge auquel le champs du possible paraît infini. Elle ressentit alors un immense bonheur en pensant à l’avenir que sa fille s’apprêtait à construire et c’est apaisée qu’elle retrouva la terre ferme.

Quand elle commença enfin à envisager son propre futur, les mots de Proust lui revinrent à l’esprit

« Une heure n’est pas qu’une heure, c’est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats ».

Elle se promit alors d’employer au mieux le temps qui lui restait et d’en profiter pleinement.

Puis ce furent les paroles de Tolstoï qui s’imposèrent à elle

« Ce qui nous reste à vivre est plus important que toutes les années écoulées ».

Elle prit alors sa fille par le bras bien décider à faire avec elle un bout du chemin qui lui restait à parcourir.

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Le texte de Marie Claude Gagné :

-Je voulais vous dire, Olivia, vous êtes la femme qu’il me faut.

-… La femme qu’il vous faut?

-Voilà.

-Soyez gentil Stéfan, surtout ne bougez plus  quelques minutes…

Vertige.

Et je ne parle pas du tsunami d’émotions qui prennent d’assaut ma tour de contrôle.

Nous sommes arrêtés au sommet de la grande roue le temps d’embarquer de nouveaux passagers. Tous les deux, face à face, dans une nacelle qui oscille au gré de nos mouvements. D’où l’idée de rester calmement assis deux-petites-minutes, s’il-vous-plaît-Stéfan…

Le tour de grande roue, c’est mon idée. Il nous arrive de faire un bout de chemin ensemble à la sortie du bureau. La douceur de cette soirée de septembre m’a donné envie de flâner… Une idée irrésistible : et si on faisait un tour de grande roue? Il dit «ça fait longtemps» et revient avec deux tickets.

-Quand je vous ai vu prendre un chocolat dans la boîte et le mettre dans votre bouche en fermant les yeux, je me suis dit : c’est la femme qu’il me faut.

-Vous cherchez une femme qui aime le chocolat?

-Je cherche une femme qui savoure. Une femme qui ferme les yeux et dont le visage s’éclaire quand c’est vraiment très bon.

-ah ça, ils étaient sacrément bons ces chocolats!

-N’ayez crainte, je ne vous épie pas. J’ai simplement levé les yeux de mon écran et j’ai vu l’extase sur votre visage. Ma journée en a été transformée.

-Je parie que vous vous êtes demandé si une tarte aux pommes encore tiède préparée avec soins par vous (je sais que vous êtes un excellent cuisiner, inutile de le nier, Éric me l’a dit), donc si cette tarte saurait m’illuminer le visage d’aussi belle façon?

-Ou le premier café du matin, vous savez, j’ai des goûts très simples.

Après, il s’est tu et m’a laissé l’observer un long moment. La grande roue est repartie et notre cocon se balançait en douceur.

-Regardez comme la lumière est belle à cette heure-ci.

Du haut de la grande roue, nous nommions les édifices que nous reconnaissions, pointions la rivière, les trois montagnes au loin. J’aimais qu’il n’attende pas de réponse de ma part. J’aimais cet espace qu’il savait créer.

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Le texte de Nady :

Tourne, tourne la roue,

Tu nous entraînes, enfants et adultes un peu fous,

Dans ton mouvement parfois un peu « relou ».

Au début lent, puis avec de plus en plus de remous,

Tu fais naître de belles émotions en nous,

Avec plein de frissons non mous.

Tourne, tourne le vent,

Nos éoliennes t’adorent passionnément,

Les cyclones et tempêtes dont tu te nourris intensément,

Laissent souvent sur leurs passages lents,

Tantôt de beaux spectacles époustouflants,

Mais souvent il en reste des présents bien désolants.

Tourne, tourne la vie,

Dont le temps est parfois ami,

Ou tantôt ennemi…

Tel un boomerang averti,

Tu sais si bien reprendre la partie,

Selon tes envies.

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Le texte de Nicole :

Éblouie par  toutes ces lumières et le chaos des musiques incessantes,  Maggie tentait de frayer un chemin à ses mots, emmêlés par les cris provenant du grand huit. C’est lui qui l’avait emmené là, il avait dit «  tu verras c’est super la foire du trône de nuit, j’adore la grande roue  ».

La grande roue, quelle idée pour un premier rencard  ! Elle s’était laissée entraîner malgré tout. Était-ce son sourire charmeur  ? L’enthousiasme enfantin de sa voix qui l’avait poussé à accepter  ?  Elle ne s’en souvenait plus mais elle avait cédé.

            Julien était le premier homme qui l’avait touché par ses messages emprunts de poésie. Elle s’était laissée envelopper par la chaleur de ses mots. Délicatement choisis, ils étaient toujours à la bonne place. Elle relisait chaque phrase plusieurs fois. Elle vérifiait qu’elles lui étaient destinées. Elle rêvait, imaginait qui se cachait derrière ces poèmes. Elle n’osait pas lui poser de questions sur son âge. Ce qui lui plaisait, c’était cette correspondance.

Ils s’étaient rencontrés sur internet en discutant sur un forum dédié aux amateurs de poésie. Dès les premiers échanges, elle s’était sentie intéressée et intriguée par «  JL  ». Elle sentait que son intérêt pour les vers et les rimes la poussait bien au-delà des considérations techniques avec «  JL  ». «  JL  » voulait en savoir plus sur elle, «  MG 80  ».  De discussions plus privées en messages par e-mails, «  JL  » l’avait séduite, harponnée, conquise avec son art de manier les mots. Maggie brûlait  d’impatience de le rencontrer pour le voir, découvrir son visage et son sourire. Ils s’étaient appelés la veille pour échanger quelques paroles avant de se rencontrer. Sa voix était douce, jeune et agréable. L’idée était folle mais Maggie désirait en savoir plus.

            Maggie redescendit de son nuage. Son esprit venait de vagabonder quelques minutes pour faire le chemin arrière. Julien, la vingtaine, était blond aux cheveux courts, des yeux bleus en amande et des lèvres charnues. Le bruit assourdissant des auto-tamponneuses l’interrompit. Les cris de joie des enfants, le tintamarre des chamboule-tout emplissaient l’air au point de les rendre silencieux. Puis, Julien la regarda et lui saisit la main pour l’entraîner dans une course folle vers la grande roue. Au pied du manège, il tendit un ticket au forain qui désigna une cabine. Maggie ouvrit la porte puis s’installa sur la banquette. Julien la suivit et s’assit à ses côtés. Quelques minutes après, la cabine s’envola pour rejoindre le ciel étoilé. Julien fixa longuement Maggie dans les yeux. Leurs regards hésitèrent, se croisèrent et lentement, un sourire se dessina sur leurs visages. Julien frôla les doigts graciles de celle qu’il avait tant fantasmé. Une brise légère souleva quelques mèches de la chevelure frisée de Maggie. Julien essaya maladroitement de les remettre en place et laissa glisser ses doigts le long de sa joue. Elle ferma ses yeux, son visage ovale se lova doucement dans la paume qui lui était offerte. Il approcha sa main gauche de l’autre joue de Maggie et attira son front vers ses lèvres. Il y déposa un baiser. Puis il descendit en frôlant ses paupières, elle tendit ses lèvres vers lui. Julien l’embrassa tendrement puis fougueusement.

L’espace d’un instant, Maggie laissa derrière elle ses trente cinq ans et céda à la magie de cette nuit, sans savoir où elle la mènerait.

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Le texte d’Adèle :

L’employé de la grande roue avait refermé en rigolant la portière de la nacelle numéro 23. « Allez les amoureux, en route pour les étoiles ! ». Ils n’avaient rien eu le temps de répondre, mais riaient à leur tour et me faisaient des grands signes de leurs mains, la vitre comme une frontière inflexible. La cabine s’élevait doucement et je restais là, en bas, les bras ballants, le cœur, comme un idiot, bredouillant dans ma poitrine serrée.

 Le manège prenait de la vitesse, les emportant en haut de la ville et bientôt je ne distinguais plus que  la tache rouge de leurs deux bonnets. Le ciel était d’une opacité bleu marine, et la grande roue y étincelait toute entière, comme l’auraient fait la Voie Lactée et le Septième Ciel réunis. Dans  la profondeur du fond  océanique dort le terrible monstre. La jalousie  déjà remontait par paliers. Les salauds !

Je n’étais venu à la fête foraine que pour le privilège de passer quelques instants avec elle, le tir à la carabine, la loterie, comme des en-cas, des amuse-bouches. L’attendrir avant de la croquer, comme les petits choux glacés à la framboise que m’évoquaient ses bonnes joues rondes et roses.

Le loup, c’était moi et voilà que le petit chaperon rouge s’envolait avec le père Noël !

Les mains hargneuses au fond de mes poches, je quittais ma place dans la fille d’attente. J’imaginais déjà les petits cris de la peur de l’abime, le bras passé autour des épaules tel une pieuvre chasseresse, le baiser qui redonne souffle.

La musique de la fête ricanait à grands éclats bruyants, la roue tournait, retournait et ma tête avec.  Le cœur me chavirait, je l’avais au bord des lèvres, le froid me transperçait et le chagrin, mon cœur, le chagrin qui me noyait.

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Les liens vers d’autres textes écrits à partir de la même photo mais publiés sur d’autres blogs :

 

117 comments

  1. Stephie says:

    @Leiloona : triste constat, non seulement de l’obsolescence des choses mais surtout de notre capacité à oublier ce qui nous a fait rêver, pour la nouveauté. Très joli texte.

    @Adèle : quel plaisir de te lire en ce lundi matin. C’est surtout un pauvre loulou, ton personnage 😉

    @Manue : toi, tu as rencontré Carrisi 🙂 Tu es cuite ! Très bonne ambiance distillée par ton texte ! Merci !

    @Bénédicte : jolie explosion des sens avant celle de l’estomac. Un texte vraiment réussi 😉

    @Jos : jolie réflexion sur la conception que l’on peut se faire du temps. Et oui, profitons, mordons à pleines dents 🙂

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  2. Mylene says:

    première participation et sûrement pas la dernière 🙂 Merci à tout le monde pour ces jolis textes 🙂

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  3. adèle says:

    @Leiloona : ton texte me touche par sa simplicité, les mots sans fioriture inutiles font mouche. Bravo !

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    • Leiloona says:

      Merci. Oui, un texte écrit rapidement, dans la soirée déjà bien avancée. Une pulsion. Une version complètement différentes existe, mais elle ne sera jamais publiée. 🙂

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  4. Jos says:

    Leiloona : J’aime beaucoup ton texte et tout ce qu’il représente. « La roue ne tourne plus, il ne reste que des ruines »… Le temps se serait-il arrêté pour nous laisser le temps de faire le triste constat de son passage et de verser une larme ?

    Manue : Ton personnage pratique une drôle de culture (Ah ! ce potager ) et a une façon très singulière de passer son temps. J’aime beaucoup ce passage « La roue n’en finit pas de tourner, la vie de s’échapper »

    Bénédicte : Ton texte résume bien l’empreinte laissée par notre passé qui nous rattrape là où on l’attend le moins.

    Marie-Claude : Belle histoire qui décrit si bien le moment palpitant de l’amour naissant ! Un petit tour de grande roue, juste le temps d’une rencontre…

    Nady : Ah Nady ! Encore une fois j’aime le rythme de ton texte. Et si « la roue entraîne enfant et adultes un peu fous », toi tu nous entraîne agréablement avec tes mots. Tu nous fait là une belle description des différentes étapes qui jalonnent une vie.

    Nicole : Bien pensée cette roue qui raccourcie l’espace-temps qui sépare deux êtres détruisant ainsi les barrières érigées sur la terre ferme.

    Adèle : La roue de la vie nous joue parfois de bien mauvais tours. Belle description de la déception, la rage, la jalousie.

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    • Nady says:

      Merci pour ta lecture @Jos, je m’en vais te lire 😉 à bientôt ne live dans notre belle capitale 😉

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    • Leiloona says:

      Jos : Effectivement prendre le temps de lever la tête du guidon, regarder autour, voire même de verser une larme sur des choses passées. Rebondir ensuite. Ou pas. 🙂

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    • Manue Rêva says:

      C’est qu’il n’a pas la main verte ! Alors mon personnage mise tout sur l’engrais !

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  5. Virginie Vertigo says:

    @leiloona Très beau texte qui illustre bien l’expression « la roue tourne ». Une catastrophe qui peine mais que finalement on oublie vite, qu’on remplace. Mais après tout, la vie continue aussi mais le souvenir devrait perdurer.

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  6. Nady says:

    @Jos : un merveilleux texte super bien vu entre les pensées d’une mère et sa fille, j’ai adoré ! Elles sont d’accord sur un point, le présent quand la roue est en haut ! 😉 vais le faire lire à ma mère 😉

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  7. Nady says:

    @Leiloona : un très beau texte avec cette idée de donner vie aux objets (les larmes de la roue) m’a touchée ! Merci

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  8. Nady says:

    @Manue : certaines parties de ton texte m’ont fait penser à celui d ‘Antigone. J’i beaucoup aimé cette idée de roue qui tourne inlassablement, entraînant avec elle bien des désagréments pour ta narratrice…

    Ma douce @Bénédicte : arghhh le vertige !! Quelle horreur d’en souffrir ! un texte réussi ! bravo ma douce et belle semaine à toi !

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    • Benedicte D. says:

      Merci Nady, le petit soleil de notre atelier !!!….Ma maison s’est emplie pour trois jours de la présence d’un ami et je vais prendre un peu de retard j’en ai peur !!!!…A bientôt.

      Répondre
  9. bisquine56 says:

    De très jolis textes, des sentiments tellement différents, j’aime cet exercice où tout le monde prend le même départ pour en divulguer une arrivée si éloignée les unes des autres, très enrichissant et un réel plaisir à être parmis vous 🙂 Biz à tout le monde

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    • Leiloona says:

      Bonjour Bisquine !

      Je ne peux aller sur votre site, et je ne vois pas de texte dans les liens à votre adresse : avez-vous écrit un texte cette semaine ? (suis un peu perdue là.)

      Répondre
  10. nady says:

    @Marie-Claude : waouuuu ! Que de beaux textes autour de l’amour cette semaine ! Suis curieuse de connaître la suite mais vais travailler ma patience à savourer l’instant présent ; ) Merci pour ton texte !

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    • Marie-claude says:

      @Nady: un jour, moi aussi je tenterais la forme en vers! Quelle légèreté! Merci!

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  11. nady says:

    @nicole : arghhh la beauté des mots qui peut nous séduire ! Y a des hommes qui excellent danservice cetu art ! Mais là la réalité est rude avec ces 15 ans de différence… wait and ses… Bravo pour ton texte !

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  12. Manue Rêva says:

    @Leil : Je trouve ça tellement triste que les humains remplacent les objets que l’on aime tant par des engins plus modernes, mais avec tellement moins de charme … Que la roue pleure et verse une larme me paraît plus que normal, c’est presque une personne que l’on perd.
    Belle idée, tout en sobriété ! J’adhère <3

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  13. Manue Rêva says:

    @Bénédicte : Le vertige me glace, j’aime beaucoup ta façon de raconter que corps et esprit gardent en mémoire ces crises de panique, c’est exactement la vraie vie mais racontée joliment ! Je m’y croyais mais je n’ai même pas vomi !!!! J’adhère aussi !!!

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    • Benedicte D. says:

      Je vais te dire je suis bien contente de ne pas avoir réussi à te faire vomir !!!!….Merci….

      Répondre
  14. Manue Rêva says:

    @Jos : Jolie idée, très bien menée ! Le temps s’écoule et influence cette belle relation entre la mère et la fille, à chaque étape, il faut savoir ouvrir les yeux, son coeur et profiter du présent ! J’aime beaucoup !

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    • Leiloona says:

      Merci ! Oui, je me rends compte que c’est la 3è roue que je mets dans l’atelier ! 😮 Je vais aller voir Tonton Freud pour qu’il m’explique …

      J’adore la roue de Pripiat …. si ce n’était pas dangereux, je serais déjà allée là bas pour écrire …

      Répondre
      • lemexicainjaune says:

        Pfff. pas besoin de tonton Freud. La roue, c’est le symbole de la queue du Paon. Sans parler de la queue (pas de ça chez nous !), le Paon est le symbole de la dualité psychique de l’homme – sujet qui te tient à coeur.
        voilà.

        Répondre
        • Nimentrix ○ says:

          @lemexcainjaune, evite de parler de paons à @Leiloona, je l’ai « sauvé » d’une attaque de cet oiseau « maléfique » cet été 😉
          Ne lui cause pas poules d’eau non plus, elles ont des pattes trop bizarre 😉

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          • Leiloona says:

            Les volatiles sont des fourbes attirés par les gambettes nues d’une femme. Dans les contes, personne ne nous prévient de les éviter ! Aaaah le loup oui, mais les paons. Nada !

            Répondre
        • Leiloona says:

          Le Mexicain : Mouarf … si tu savais le nombre de paons qui croisent ma route (réalité et fiction). La dualité, c’est mon dada, comme disait Omar …

          Répondre
  15. Stephie says:

    @Marie-Claude : j’aime beaucoup ! Et ce charme suranné du vouvoiement !!

    @Nady : très joli texte, joli rythme ! J’aime l’insertion de mots familiers ou techniques au milieu du poétique !

    Nicole : très joli texte à la chute savoureuse !

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    • Marie-claude says:

      @Stephie: j’ai failli passer le tout au « tu »… Heureusement que je m’en suis abstenue!

      Répondre
    • nady says:

      Merci @stéphie. J’ai longtemps hésité pour la familiarité mais ça s’imposait à moi 😉 belle journée

      Répondre
  16. victor says:

    @Leiloona : Une idée originale, qui donne lieu à un beau texte. J’espère que cette grande Roue resservira un jour, qui sait ?

    Répondre
  17. Stephie says:

    @Carnet de textes : j’aime bien le retour de phrase comme un tour de roue supplémentaire 😉

    Répondre
  18. Antigone Héron says:

    Leiloona : oh pauvre petite grande roue abandonnée… ;(
    Manue : oh comme j’adore l’inventivité poétique de ton texte, vraiment ! Bravo.
    Bénédicte : merci pour ce texte réaliste, et ce souvenir… je crois que j’ai un peu le vertige moi aussi, alors monter dans la grande roue !!
    Jos : j’aime beaucoup l’atmosphère de conte de ton récit… on dirait une sorte de fable de La Fontaine… 😉 sans doute ces dialogues en miroir, très bel effet !
    Marie-Claude : quel joli petit moment précieux, merci !! 😉
    Nady : oh un poème !! 😉 Pas évident à faire, tu t’en sors très bien… et j’aime ce « relou » qui arrive même à bon escient.
    Nicole : très joli texte !! 😉
    Adèle : brrrr… mais excellente idée !! Bravo.

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    • nady says:

      Merci @antigène, mon idole de plume ; ) comme j’aimerais écrire comme toi ! Ton texte de la semaine à tellement résonné en moi que je me suis permise de partager des extraits sur mon mur fb avec le lien vers ton blog 😉 Merci encore de nous enchanter avec tes mots !

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      • nady says:

        Je voulais dire antigOne mais l’écriture automatique n’a pas voulu… grrrr

        Répondre
  19. victor says:

    @Manue : J’aime beaucoup ton texte, je le trouve très poétique avec ces différentes figures de style sur cette roue coloré… Cette femme a quand même une drôle de façon de s’amuser !

    Répondre
  20. victor says:

    @Bénédicte : Je ne m’attendais pas à ce que ton histoire prenne cette tournure pour le moins… humoristique 😉 J’ai bien ris, mais j’avoue que je compatie, ayant moi-même le vertige….

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    • Benedicte D. says:

      C’est déjà ça si j’ai réussi à te faire à la fois rire et compatir !!!!….La prochaine fois tu vomis pour me tenir compagnie ?……

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  21. victor says:

    @Jos : J’aime beaucoup cette confrontation de ces deux états d’esprit, si différent l’un de l’autre, suivant l’âge… J’aime beaucoup la métaphore de la roue, le temps qui passe… Ainsi que les deux belles citations de ces grands auteurs. Belles références ! Merci !

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  22. adèle says:

    @Manue : je ne t’aurais jamais cru capable d’un texte aussi horrifiant ! Que s’est-il donc passé avec le beau Carrisi ??? Dis, tu nous racontes ?

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      • Benedicte D. says:

        Allez dis-nous !…On voudrait savoir nous, c’est un rien frustrant ton truc !!!

        Répondre
        • Manue Rêva says:

          Donato Carrisi est très drôle et c’est son humour qui m’a donné envie d’essayer de lire un de ses livres (car en vrai ce genre de littérature me fait frémir d’horreur !!). Pendant la master class, nous avons dû essayer d’écrire un petit bout de texte avec un méchant et j’ai ramé comme une folle, c’est très loin de mon univers … Alors du coup je me suis dit que pour l’atelier j’allais essayer à nouveau !
          Il nous a aussi dit qu’il se voyait comme un narrateur d’histoires et que le lecteur aimait voyager, loin de ce qu’il pouvait vivre, loin de son quotidien ! Que le lecteur se fichait de tes états d’âmes d’écrivain ! J’ai l’impression de mettre beaucoup de moi dans mes écrits, je veux conserver ça mais aussi raconter plus d’histoires, un peu différentes de d’habitude !

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  23. adèle says:

    @Bénédicte : Pauvre héroïne, étourdie et nauséeuse ! Je compatis à son malaise, que malheureusement je partage !

    Répondre
    • Benedicte D. says:

      Merci Adèle, nous sommes nombreux finalement à ressentir l’angoisse du vide ….

      Répondre
  24. victor says:

    @Marie-Claude Gagné : J’aime beaucoup ce Stéphan, il m’a l’air d’un type bien ! J’espère sincèrement qu’Olivia se laissera séduire, car c’est la femme qui lui faut !

    Répondre
    • Marie-claude says:

      @Victor: moi aussi je les aime bien… Je pourrais peut-être écrire sur eux à l’aide des prochaines photos? Qui sait!

      Répondre
  25. victor says:

    @Nady : Je ne peu qu’admirer ce joli poème, moi qui est tant de mal à composer des rimes… Je trouve que tu retranscrit parfaitement bien les émotions qui nous envahissent lorsque l’on monte dans une grande roue… C’est très réaliste ! Bravo !

    Tu sais (petit message qui n’a rien à voir) j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire notre texte à quatre mains… J’aimerais beaucoup réitérer l’expérience ! Cela te tente ?

    Répondre
    • nady says:

      Merci pour ta lecture Victor. J’ai quelques semaines de rentrée plus qu’overbooked en ce moment et pour encore quelque temps si bien que je cale l’écriture entre 2 moments mais pourquoi pas réitérer une écriture à 4 mains plus tard. Bonne semaine

      Répondre
  26. adèle says:

    @Jos : quel joli moment de réflexion et de partage en plein ciel ! Quel joli souvenir se construit là, sous nos yeux de lecteurs !

    Répondre
  27. victor says:

    @Nicole : Je suis fans de ton texte ! Il est si tendre, si beau, tout n’est que douceur, un peu comme un poème d’amour 😉 Je leur souhaite de tout cœur d’aller loin !

    Répondre
    • Nicole says:

      Désolée pour ma réponse tardive, merci pour le compliment et la lecture de mon texte. Je n’ai pas encore lu de texte, as tu participé à celui-ci ?

      Répondre
  28. adèle says:

    @Marie-Claude Gagné : ils se sont bien trouvés, ces deux-là, romantiques comme on n’en fait plus. Tu me fait rêver …

    Répondre
  29. adèle says:

    @Nady : Excellente idée que ce poème ! Comme la roue qui tourne, tes mots vont et viennent et nous entrainent dans la ronde du temps.

    Répondre
  30. adèle says:

    @Nicole : oh la belle histoire ! Elle a bien raison d’y croire, il y a tant d’espoir et l’âge ne fait rien à l’affaire, heureusement !

    Répondre
  31. nady says:

    @adèle : une belle description imagée du sentiment de la jalousie, fléau pour celui ou celle qui y succombe. … Bravo pour ton texte

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  32. janickmm says:

    à Manue : Ah ! c’est sordide à souhait, tout droit sorti d’un méchant polar … ah ! ah ! et je ne savais pas que Popeye avait fait un tour de grande roue (rires)

    Répondre
    • Manue Rêva says:

      J’ai pensé à appeler l’homme Popeye et puis je me suis dit que c’était un peu trop gros !!!

      Répondre
  33. janickmm says:

    à Bénédicte : Moi aussi j’éprouve cette sensation de vertige et je ne l’ai pas ressentie là-haut, le bonheur était au rendez-vous

    Répondre
    • Benedicte D. says:

      Tant mieux, dans les combats de sensations c’est la plus forte qui l’emporte comme tu l’as remarqué…..

      Répondre
  34. janickmm says:

    à Adèle : Excellente idée car tous les textes que j’ai lu embarquaient au moins une personne à bord de la grande roue

    Répondre
  35. adèle says:

    @carnet de texte : se laisser aller, lâcher prise, et se concentrer sur ses sensations, c’est finalement ce que ton texte m’a invité à faire !

    Répondre
  36. adèle says:

    @jacou : pas de texte avec le lien ?
    @marilyne @ Pierre Dupuis : commentaires modérés ?

    Répondre
  37. nimentrix says:

    @Leiloona : les roues ne finissent pas leur vie chez le ferrailleur, c’est juste un truc que les mamans paons racontent aux bébés paons pour leur faire peur
    Les gens, être émerveillés par la nouveauté ?
    Tout le monde le répète à longueur de temps : « C’était mieux avant »…

    Quelle lecture faire d’un texte qui semble évoquer juste un lointain 11 septembre maudit ?
    Comment ne pas lire entre les lignes ?
    Cela serait méconnaitre le talent de la personne qui a écrit ce texte,
    Et du talent, tu n’en manques pas.

    Très joli texte pour évoquer un moment douloureux.

    Répondre
  38. Nimentrix ○ says:

    @ManueReva… AHHHHHH on sens l’influence d’une masterclass avec le maitre du Thriller 😉 Excellent, tu as bien retenu la leçon 😉

    Répondre
  39. Marie-claude says:

    @Leiloona: Cette fameuse capacité d’adaptation qui nous rend si fiers de nous… Oui la vie continue, mais nous avons aussi un devoir de mémoire, non? Ton texte met en valeur tout ça d’une façon sobre, sensible et efficace.

    Répondre
  40. Marie-claude says:

    @Manue: Ce n’est pas facile de donner de la crédibilité et de la cohérence à un tel personnage sans tomber dans l’exagération… Ambiance réussie, j’y ai cru tout du long!

    Répondre
  41. Marie-claude says:

    @Nicole: ton texte pose des questions importantes sans leur répondre. C’est délicat, finement amené, je reste avec un goût de nostalgie… Ce n’est pas déplaisant!

    Répondre
  42. Leiloona says:

    Mnaue : Tu es impitoyable ! Je suis morte de rire, tu réussis même à replacer tes carottes ! Excellent !
    Bon, je ne reviendrai pas sur le fond … que tu puisses ainsi te mettre dans la peau d’une serial killeuse … breee … Mais rappelle-toi, les femmes qui tuent ne font pas vendre ! 😛

    Répondre
    • Manue Rêva says:

      Je n’arriverai jamais à écrire tout un bouquin vendable qui fasse peur, rien que le coup de l’abat jour je frémissais rien que de l’écrire !!!!

      Répondre
  43. Leiloona says:

    Bénédicte : Ton texte me rappelle un sale souvenir … d’un manège à fortes sensations. Là, comme ton personnage, j’ai compris dès le début pourquoi j’allais vivre 3 minutes aux Enfers … c’est fou ces souvenirs qui remontent ainsi.

    Répondre
  44. Leiloona says:

    Jos : jolie réflexion sur la fuite du temps … Effectivement tout n’est qu’une question d’angle de vue … Oui, carpe diem, même à 80 ans. J’ai un oncle qui y arrive parfaitement ! 🙂

    Répondre
    • nady says:

      Yeaaap, comment l’as tu deviné ? Écrit dans le bus entre 2 visites de forums ; -)

      Répondre
  45. Leiloona says:

    Nicole : Touchants premiers émois … Mais je n’arrive pas à passer outre la trompeuse virtualité … Ma propre vision sur ton texte, car ce que je ressens n’est pas ce que tu voulais faire passer, avec ces jolis souvenirs. 🙂

    Répondre
  46. Leiloona says:

    Adèle : Ah une réécriture des contes bien sympathique, mais finalement le loup est toujours celui qui perd dans l’histoire, non ?
    J’aurais aimé en savoir plus sur ce trio … le pourquoi du comment en quelque sorte, mais sans doute être une autre histoire ! ©Gérard Blanc ! 🙂

    Répondre
  47. Nimentrix ○ says:

    @Benedicte : j’aime la façon dont ton texte brouille les pistes, en plus de barbouiller l’estomac 😉 Dans la première partie j’ai craint que l’héroine ne soit la future victime d’un psychopathe. Etant moi-même sujet au vertige, ton texte m’a proposé un tour de manège très…. attend je reviens je vais vomir.. non je plaisante 😉
    Une petite remarque constructive à mon avis  » Sans mentir, j’ai cru mourir » est de trop, il fait sentir des sensations que tu décris juste avant et après. « Show, don’t tell ». Les sensations « viscérales » que tu décris sont bien plus efficace que le « sans mentir » qui ramène au mental.
    Un texte « vertigineux », quoiqu’il en soit, bravo 🙂

    Répondre
  48. Benedicte D. says:

    Comme je t’aime je te tiendrai la cuvette !!!!….Merci pour la remarque, en relisant je suis d’accord avec toi ….Parfois ma tête reprend le pouvoir au milieu d’un texte, alors que j’adore écrire avec mon corps…..

    Répondre
  49. Benedicte D. says:

    @ Leiloona :
    Une grande beauté dans l’évocation pudique d’un 11 Septembre qui est passé comme un rouleau compresseur sur nos certitudes aveugles…Cette larme de la Roue continue d’être la mienne devant un monde que je ne comprend pas ….Merci.

    @ Manue :
    Ton texte est parfaitement et délicieusement immoral….Je ne mangerai jamais de la soupe si tu m’invites chez toi, c’est une certitude. Pour le reste je ne crains rien, je suis une femme et pas tatouée !…Du talent, toujours du talent, on trouverait presque normal le comportement de ta mante religieuse, de son point de vue bien entendu !!!

    @ Jos :
    Tu arriverais presque à me réconcilier avec ce genre de manège ! C’est vraiment attachant et original ce parcours conjoint de cette mère et de sa fille….Deux parallèles qui vont quand même se toucher dans la tendresse…
    .
    @ Marie-Claude Gagné :
    C’est joli cette nacelle face à face….Bien que la seule idée de l’imaginer immobilisée tout là-haut me donne déjà le vertige !….Que de gourmandise dans ce premier échange amoureux ! Un texte assez érotique en fin de compte…J’espère qu’ils seront heureux et auront de nombreux petits gourmands …..

    @ Nady :
    Comme quoi on peut trouver à la fois du bon et du mauvais dans tout ce qui tourne sur soi-même ….C’est joli et pourtant sérieux, tout toi Nady !!

    @ Nicole :
    J’aime bien ce texte hyper actuel qui confronte le virtuel à la réalité….Elle a beaucoup de chance, tellement de choses désagréables peuvent se cacher derrière un pseudo, les prédateurs ne lésinent pas sur les moyens de ferrer une proie parfois …..Je la suis dans son choix de vivre le moment à 100 pour 100…Si ça ne dure pas il restera de jolis souvenirs….

    @ Adèle :
    Quelle dommage cette nacelle à deux places !…On aurait pu avoir une version de « Jules et Jim » après tout et personne ne serait resté en bas, l’amertume au bord du cœur et les poings serrés dans les poches….Bon elle sera peut-être plus en sécurité avec le père Noêl qu’avec le loup, quoique !!!….C’est une jolie idée de texte .

    Répondre
  50. Manue Rêva says:

    @Marie-Claude Gagné : Les premiers moments d’une relation sont magiques … même dans une grande roue !

    Répondre
  51. Manue Rêva says:

    @Nicole : Elle a bien raison de se laisser emporter par son élan, virtuelles ou non, toutes les rencontres sont magiques, quelque soient les données de départ !

    Répondre
  52. Manue Rêva says:

    @Adèle : Il n’avait qu’à associer à la jolie jeune femme qui draguait les hommes tatoués le loup et comme ça ils auraient eu leurs proies 😉

    Répondre
  53. sabariscon says:

    Ouf, j’ai enfin trouvé le temps de finir mes lectures!
    @ Leil, intéressant ce pointb de vue sur le destin d’une roue. J’aime bien cette approche originale du cliché.

    @ Manue , étonnante et forte cette analogie que tu tiens d’une main de maitre jusqu’au bout. Bravo !

    @ Bénédicte, je me retrouve tellement dans les contradictions du personnage! J’adore!

    @ Jos, tu passes adoitement d’une roue à une autre. C’est du bonheur ! J’adore ce duo féminin qui me parle beaucoup… à chacune son temps et son tempo …

    @ Marie-Claude, drôle d’endroit pour une déclaration… beaucoup de tendresse. Quelle sera donc sa réponse????

    @ Nady, une jolie musique à la hauteur de ce manège!

    @ Adèle, j’ai apprécié à sa juste valeur cette variation sur le premier baiser.. des jeux de mots croustillants à souhait !

    Répondre
  54. Nimentrix ○ says:

    @Jos : Nous ne portons pas le même regard sur notre chemin de vie en fonction de l’endroit ou nous nous trouvons. Une belle illustration de cela avec ton texte, bravo !

    Répondre

Commentaire :

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