Kodomo no Hi : où une carpe se transforme en dragon …

© Julien Ribot

Il le sait, elle est là. Il l’aperçoit. A l’autre bout du pont. Elle regarde, comme toujours les lumières et perd son regard au loin. Elle semble aimer ces lumières qui dessinent en creux de belles ombres …

Elle a ses habitudes. Chaque mardi, 21 h, elle arrive. Il se délecte alors de la voir de loin. Jamais la même, toujours une autre, mais terriblement elle. Dans ses postures, ses gestes, sa façon altière de poser les talons au sol avant de poser délicatement la pointe des pieds en dernier.

Un rien le retient.

La première fois, il avait été amusé par cette silhouette enfantine et espiègle qui se balançait sur la rambarde du pont. Il s’était imaginé son rire cristallin alors qu’il n’avait jamais entendu le son de sa voix, mais seul un rire aigu pouvait sortir de ce corps. Un rien les séparait, mais il n’avait pas franchi le pas. La deuxième fois, il avait été surpris de la retrouver là, sur ce pont. Deux fois de suite ? Une coïncidence, un signe ? Un sourire sur son visage.
C’était bien un endroit pour tomber amoureux, tiens.
Après s’être baignée de lumières, elle avait fait demi tour et elle l’avait frôlé en repartant. Il avait juste eu le temps de saisir l’effluve d’un parfum capiteux. Surprenant. Il l’imaginait plutôt porter une fragrance plus fleurie … il avait encore tant de choses à apprendre d’elle.

Aux autres rendez-vous, il avait choisi de ne saisir qu’une chose d’elle. La courbure de ses reins, la taille de ses pieds, sa façon de mettre ses cheveux derrière les oreilles … Un détail par semaine, une sorte de puzzle qu’il aimait rassembler chez lui. Cela faisait 58 fois qu’il revenait de ce pont avec dans sa besace à souvenirs une nouvelle partie d’elle.

Mais un soir, la rencontre fut manquée. Elle n’était pas là. Étrange sentiment : lui était-il arrivé quelque chose, comment le savoir ? Il s’était alors assis sur le banc central, le coeur battant, sortant son téléphone toutes les minutes afin de s’assurer de l’heure qu’il était. Des perles de sueur sur ses tempes. Quel con ! Mais pourquoi n’avoir jamais parlé à cette inconnue ! Ah il avait l’air malin avec son puzzle de 58 pièces ! A jamais incomplet !

Il avait pris sa tête entre ses mains et avait pesté, avant de se lever furibond de son banc.

A cet instant, une voix l’avait interpellé. Une chose était tombée de sa poche. Hum, il existait donc encore des gens honnêtes. Il s’était retourné et était tombé nez à nez face à elle. Les yeux écarquillés de surprise. Quelle voix suave ! Jamais il ne l’aurait jamais imaginée aussi douce.
Assurément, oui, un puzzle dont il manquait bon nombre de pièces. Il était bien résolu à les positionner toutes …

© Alexandra K. le dimanche 18 décembre

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Le texte de Jos :

Espérance

Errant dans la ville lumière,

Je m’en vais faire une prière,

Pour que nous soyons réunis,

Et pour qu’à tous la vie sourit.

Arrivée près de notre Dame,

Je vais entrer dans ses entrailles,

Pour chasser toutes mes idées noires,

Et pour remplir mon coeur d’espoir.

Aux pieds de cette souveraine,

Je prie pour toutes ces âmes en peine,

Pour tous ces être emplis de haine,

Que ma prière ne soit pas vaine.

Et puisqu’ici ce soir tout brille,

J’aimerais que dans cet asile,

Cour des miracles d’un temps passé,

Même les damnés soient pardonnés.

Devant la cathédrale en pierre,

Je rêve d’un tout autre univers,

Ma main caresse le point zéro,

Et crée un monde sans bourreau.

Plus belles alors seront nos âmes,

Dans le ventre de notre Dame,

Quand enfin elles auront passé,

Le portail du jugement dernier.

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Le texte de Nady :

Esméralda, je sais,

Que même morte maintenant,

Il t’arrive de là Haut pourtant,

De veiller sur nous, tes enfants.

Un siècle et demi plus tard,

Ta cathédrale est toujours là,

Comme les sans papiers d’ailleurs,

qui trouvent refuge ailleurs :

A l’église Saint-Bernard,

A Calais, voire même dans nos rues.

Notre Dame sonne parfois le glas,

Ou prochainement l’heure de la nativité,

Quand ce n’est pas des cloches de joie

Pour célébrer Jésus ressuscité.

Regarde comme elle est belle

Dans notre capitale de merveilles

Qui brille de milles feux…

Pas ceux de la guerre cette année

Mais ceux plus joyeux des fêtes de fin d ‘année.

Esméralda, tu sais,

L’amour est toujours très compliqué.

Il y encore des interdits pour les Frollo,

Et certains arrivent hélas à les transgresser

Avec la cible des enfants sous leur autorité.

Mais une chose a vraiment changé :

Notre condition de femme plus libérée,

Mais ça serait là trop long pour t’expliquer.

Esméralda, tu vois,

Rien n’est plus comme avant,

Mais Paris garde sa beauté

Sous un ciel bien dégagé.

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Le texte de Bénédicte :

Il y a des traversées qui sont plus difficiles que d’autres, et visiblement en ce moment la nuit en est une….C’est la première fois depuis que nous avons emménagé ensemble qu’il ne dort pas contre moi. Il est parti quinze jours aux Etats-Unis voir ses parents et son frère. Je serai volontiers partie avec lui, mais trop de dossiers en attente sur mon bureau ont plombé mes projets. Alors j’ai voulu me faire légère et le pousser avec amour dans cet avion….

La journée ça va. C’est comme d’habitude en fait, à peine le temps de relever le nez que la nuit est déjà là. Quelques mots doux rapidement échangés dans ces espaces-temps décalés me maintiennent à flot. Mais c’est le soir en rentrant que le manque se fait sentir….

Le premier jour, la vue de ces fenêtres noires dans notre rue m’a fait un tel choc que depuis je laisse une lampe allumée dans le séjour quand je pars le matin. En général ses horaires à lui font qu’il est toujours rentré avant moi. J’ai à peine le temps d’ouvrir la porte qu’il est déjà là, et notre premier baiser du soir enferme en une étreinte la chaleur du dedans et le froid du dehors…

Le premier jour donc, j’ai lutté comme j’ai pu, décidant que ce serait agréable de trainer dans mon bain, puis dans l’appartement en faisant des trucs de fille comme un masque à l’argile. Et sûrement agréable de me faire un plateau de n’importe quoi devant un vieux film. Et bien aussi de m’étaler en travers de notre lit comme une étoile de mer ….Mais trois heures après, j’étais toujours bien réveillée, son oreiller dans les bras, nichée dans l’odeur de son cou, avec tout cet espace vide à contempler….

Le second jour, je suis allée directement retrouver des amis en sortant du bureau. Je me suis sentie tellement seule que je ne me suis pas attardée…

Et depuis, chaque soir le même choc en pénétrant dans l’appartement vide, et chaque nuit si longue, ponctuée de trous dans lesquels je m’enfonce d’un bref sommeil agité. Sa voix au téléphone me brise en morceaux, la honte me terrasse d’être jalouse de le sentir gai et heureux, tout mon corps me fait mal, mon cerveau tourne en boucle, l’odeur de son oreiller a disparu, et lorsque je me caresse le plaisir me fuit….

Alors je continue à traverser le désert de mes nuits, à moitié morte de soif en attendant l’oasis…

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Le texte de Manue :

Hier, Paris brillait. Hier, Paris pleurait. Hier, Paris était.

Depuis, la nuit est tombée et je ne dors plus.

Il y a d’abord eu l’inégalité, la colère, et la haine s’est installée, bien confortablement, dans chaque foyer. Et la peur. La haine et la peur. De l’autre, de son voisin, du crétin du dessus, de l’abruti d’en face. De celui qui est célèbre, ou riche. De celui qui a le pouvoir et qui ne sait pas s’en servir. De celui qui a le pouvoir et qui sait trop bien l’utiliser. La peur de celui qui n’a rien mais qui pourtant semble heureux, la lumière au fond des yeux. La peur de celui qui rit, de celui qui pense, de celui qui dit.

Tu ne peux pas le croire. Tu ne veux pas y croire. Pourtant, regarde. La ville brûle et nous n’avons rien vu venir. Il y avait bien eu des avertissements, des signes dans d’autres lieux ou dans d’autres temps mais, noyé dans tes problèmes, dans ta vie quotidienne, branché sur le monde en direct, tu restais de marbre au milieu des tourments de la planète.

Un peuple résistait. Il croyait aux Lumières. Il croyait au bonheur, aux fleurs du printemps et aux douceurs sucrées. Chez lui, l’horreur s’est installée. Les hommes sont morts de trop penser, le sang des combattants coule encore, et celui de leurs femmes, et celui de leurs enfants. Les doudous se consument lentement dans la cendre chaude des maisons en ruines, ils ont vu eux aussi la terreur. Des enfants tués parce qu’ils habitaient le mauvais quartier. Des enfants massacrés parce qu’ils étaient du mauvais côté. Des enfants tués par l’amour d’un père, d’une mère, qui savaient que s’ils restaient en vie, l’enfer aurait été un doux paradis à côté de ce qui les attendait. Des enfants.

Certains ont fui mais ne trouvent refuge nulle part, la faute à la peur qui se faufile partout et aveugle de plus en plus.

La guerre s’installe ici aussi, les lumières s’éteignent peu à peu, d’abord les lieux de culte, les salles de spectacle, les cafés. Chacun, croyant se protéger, se replie sur lui même. Tu ne supportes plus rien, tu ne crois plus en rien, tu ne vois plus rien, tu ne sais plus penser. Et quand bien même tu saurais, tu ne sais plus vers qui se tourner pour résister, alors, à quoi bon ? La haine a pris le pouvoir, insidieusement, au printemps aussi, saison mortelle pour la liberté. Et l’abruti d’en face te guette maintenant, il est armé. Le crétin du dessus, lui, est du bon côté, enfin celui de la force, du côté qui n’hésite pas à piétiner. Et chacun se regarde en pensant que c’est lui qui détient la vérité. Impossible de sortir, trop de peur, trop de haine. Et même les écoles commencent à brûler.

Paris n’est plus, mais qui s’en soucie ? Ici comme ailleurs, les peuples souffrent. Ils souffrent de trop d’indifférence. Ils souffrent d’être trop seuls. Ils souffrent d’être noyés dans trop d’informations.

Paris n’est plus, au milieu de l’indifférence générale, mais comment pourrait-il en être autrement ?

Hier Paris brillait, mais aujourd’hui, il ne reste que des ruines. Il suffit d’ouvrir les yeux, la lumière est un leurre, en vrai, c’est la nuit qui règne en maître, des ténèbres profondes, comme ailleurs de par le monde.

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Le texte de Valérie :

Aujourd’hui n’allait pas être un jour comme les autres. Je m’apprêtais à vivre un jour hors normes, ça je le savais. Mais jamais je n’aurais pu imaginer qu’il marquerait en moi un tel changement.
Je devais rencontrer Marc.

Vivant dans un petit village de campagne où tout le monde se connaissait, fortement encouragée par une amie, je m’étais enfin décidée à m’inscrire sur Meetic. A trente ans passés, Marie venait de m’ouvrir les yeux.

Après mon bac, je m’étais consacrée à mes études d’agronomie, puis je m’étais investie à fond dans la ferme de mes parents…Et je n’avais pas vu les années filer. Mes amies s’étaient éloignées pour leurs études, avaient rencontré leur mari en ville. Moi, je n’avais pas quitté mon village, je n’avais rien connu. La dernière fois qu’elle vint au village, Marie me secoua un peu : – « Thérèse!! Ce n’est pas possible! Toujours célibataire à ton âge! Il faut réagir. Tu es une jolie femme en plus. Qu’attends-tu? »
Je ne m’étais jamais posé la question. Je connaissais tous les hommes du village, des copains pour la plupart…mais aucun ne m’avait jamais attirée, aucun n’avait essayé de me draguer, non plus d’ailleurs.
Marie me parla des sites de rencontres, m’expliqua comment ils fonctionnaient et insista pour qu on fasse mon inscription dès le soir même sur l’un d’eux. Plusieurs copines à elle avaient rencontré leur mari ainsi, alors pourquoi pas moi.
Je me suis laissée tenter et les premiers contacts ne tardèrent pas. Il faut dire que Marie avait particulièrement soignée mon profil trouvant les mots justes pour mettre en valeur mes points forts et avait fait une très belle photo de moi.
Avant Marc, j’avais échangé avec deux trois hommes, mais sans intérêt. Avec Marc le feeling est passé tout de suite. Nos échanges étaient simples, authentiques. Il ne semblait me cacher quoi que ce soit ni surjouer. J’aimais beaucoup discuter avec lui. Aussi quand au bout de deux mois de discussions via le net il me proposa de le rencontrer, j’acceptai.
J’avais pris le train en milieu d après midi direction Paris. Paris où je n’avais jamais mis les pieds. Paris où j’allais vivre mon premier rendez-vous avec un homme. Nous devions nous retrouver à la fontaine de la place Saint-Michel à 20h. Arrivée en avance, je décidai d’errer un peu dans les rues de la capitale. La nuit commençait à tomber, les réverbères à s’allumer. J’étais émerveillée devant tant de beauté. Mais je ne l’avais pas encore vue. Et soudain, je me trouvai face à elle. Je n’avais jamais rien vu d’aussi beau. Gigantesque et dégageant un je ne sais quoi d’insaisissable. Je me mis à trembler. Attirée par ses deux tours qui semblaient m’inviter à la rejoindre, j’avançai vers elle comme hypnotisée. J’avais des étoiles dans les yeux, je ressentais des émotions inconnues. Quand je la pénétrai, je n’étais plus moi même. La cloche tinta huit coups, je restai le regard accroché à ses rosaces n’arrivant pas à m’en détacher. La tête me tournait. Je m’assis avant de tomber. J’essayai de reprendre mes esprits. Marc devait m’attendre. Et pourtant, j’étais incapable de bouger. Je ressentais un bonheur intérieur si fort… Je n’avais jamais été aussi bien nulle part.
-« Ne m’attend pas Marc. Rien à voir avec toi mais je ne viendrais pas ce soir. Grâce à toi, excuse-moi du paradoxe, je viens de faire LA rencontre de ma vie. J’ai eu une révélation. Ne m’en veux pas. Thérèse »

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Le texte de Terjit :

Je n’ai jamais vraiment compris ta fascination pour « Nôltre Diame dé Pariss » comme tu disais avec ton accent abominable. Il y a tant de choses dans cette ville alors pourquoi le symbole du christianisme écrasant durant des siècles tout autour de lui, toi qui a fait de ta vie une lutte permanente contre les religions, toi qui a toujours été libre au point d’abandonner ta terre pour ne pas subir la répression qu’on réserve à celles qui refusent de baisser les yeux ? Mais qu’importe, ce voyage je le fait pour toi, pour tenir la promesse faite le jour où nous t’avons retrouvée en exil.

Même si je n’avais que 5 ans je me souviens parfaitement de tes cris de joie quand papa a garé la voiture devant ton immeuble délabré, mais qui ressemblait à un rêve en comparaison de ce que nous avions traversé ces derniers mois. Je me revois encore soulevée de terre et quasiment étouffée dans tes bras. Je t’entends encore me demander 20 fois si je vais bien, si je ne suis pas blessée, si j’ai faim, si j’ai froid, si j’ai chaud, si je ne suis pas trop fatiguée, et tout cela entrecoupé des bisous les plus tendres qui soient. Comme c’était bon de te retrouver dans un endroit en paix et de garder un peu de là-bas dans ta manière très orientale de rendre outrancières les retrouvailles, pour mieux cacher ton émotion.

Quand tu as décidé de laisser mes poumons reprendre un peu de leur espace vital, et que tu as tout de même pris le temps d’embrasser papa et maman, nous sommes entrés  dans ton palais. Les odeurs de thé au jasmin et d’amandes fraiches remplissaient la pièce, j’avais l’impression de retrouver ma maison. Je me souviens aussi très bien du moment où assise sur tes genoux j’ai vu papa et maman sortir en même temps. J’étais pétrifiée par la peur qu’ils ne reviennent pas, tu m’as rassurée en me disant qu’ici les gens ne disparaissent pas quand ils vont dehors et qu’ils allaient juste vider la voiture. Puis, maline comme tu es, tu en as profité pour déposer dans ma main une petit enveloppe en me disant « c’est un secret qui aide à faire de beaux rêves, on l’ouvrira ce soir juste avant de s’endormir ». J’ai gardé toute la journée l’enveloppe dans ma poche, j’avais hâte que le soir arrive pour enfin savoir ce qui avait l’air d’avoir tant de pouvoirs. Je me rendais bien compte que papa et maman voyaient que toutes les deux minutes je tâtais ma poche pour vérifier que le secret ne s’était pas envolé, mais comme ils ne disaient rien c’était bien le signe que tu allais me faire une révélation incroyable ce soir, j’étais fière d’être assez grande pour que tu me fasses une pareille confiance. Au moment de me souhaiter une bonne nuit tu as pris ta toute petite voix de fée pour me demander d’ouvrir notre secret. A l’intérieur il y avait une photo en noir et blanc découpée dans une revue avec l’inscription « Paris » en rouge juste au-dessus d’une énorme église. Tu m’as expliqué qu’elle s’appelait Nôltre Diame, que c’était ton rêve d’aller la voir et tu m’as fait promettre que quand je serai assez grande je t’y emmènerai. Bien sûr le temps a fait ses désastres et tu es partie trop tôt pour faire avec moi ce voyage, mais je tiens toujours mes promesses, tu le sais bien.

Aujourd’hui j’y suis à Paris, avec mon enveloppe bien rangée dans mon portefeuille, juste à côté de la dernière photo que j’ai de toi. Durant tout le voyage pour arriver jusqu’ici je me suis demandée quelle est la plus belle façon de la découvrir, et comme elle est à Paris ça parait naturel de prendre le métro. Mais voilà, dans ma chambre d’hôtel j’ai réalisé que si tu avais été là tu aurais voulu y aller à pied, comme tu l’as fait toute ta vie. Alors je me suis décidée à marcher lentement, comme pour aller vers mon destin avec ma main dans la tienne. Pour ne pas être trop intimidée je ne veux pas arriver directement devant Notre Dame, mais plutôt l’apprivoiser de loin avant de m’en approcher, et me glisser dans son dos pour qu’elle ne me voit pas tout de suite. Le concierge de l’hôtel m’a donné un plan de Paris sur lequel il m’a tracé le chemin pour passer par le pavillon de l’arsenal et remonter les quais par la droite.

Il m’a dit qu’il faut une demi-heure, pas plus. Mais marchant à ton pas je compte plutôt une heure, de toute façon ça n’a aucune importance. J’ai passé la place de la Bastille, longé les beaux immeubles le long du canal avec les péniches serrées les unes contre les autres, et quand je suis arrivée face à la Seine j’ai pris les quais vers la droite, comme sur le plan. J’y suis sur les quais mais elle n’est pas là. Je crois que les parisiens sont bien ce qu’on en dit, je suis persuadée qu’il s’est moqué de moi. Je sens cette colère de l’enfance monter, j’ai envie de hurler contre cet imbécile qui n’a pas compris à quel point c’est important d’être là, lui qui probablement passe devant tous les jours sans même la voir. Comme il fait nuit je ne peux pas faire passer ma colère en me mettant au soleil et attendre que l’ombre me recouvre pour me transformer en princesse douceur, comme maman me l’a expliqué et comme tu l’as fait avec elle. Les yeux pleins de larmes je viens de m’écrouler sur un banc, désespérée, anéantie.

Une voix douce me demande quelque chose, mais comme je ne parle que quelques mots de français je réponds juste « i don’t speak french, sorry ». La voix devient plus enveloppante et ce jeune homme me demande en anglais si je vais bien. Le regard trouble je lève les yeux vers lui en disant que je veux voir Notre Dame, comme une enfant qui demande sa maman. Il me donne un mouchoir et me fait signe de le suivre avec le sourire d’un ange. J’éponge mes larmes et me lève. Il met ses mains sur mes yeux, me fait avancer de quelques pas puis s’arrête. Il me demande avant de retirer ses mains si je suis bien certaine de vouloir la voir, si je n’ai pas peur d’être déçue tant cela a l’air d’être important. Je me contente d’un hochement de tête et délicatement il fait glisser ses mains. Un bateau-mouche passe au même moment, je suis aveuglée par ses projecteurs. Le faisceau lumineux continue sa route et elle là, devant moi, entre deux arbres ! Toutes les larmes de mon corps se vident en un instant, il me tend un second mouchoir, puis un troisième. En me donnant le quatrième il me dit que je dois arrêter de pleurer parce qu’il n’en a plus et que les yeux embués ce n’est pas la meilleure façon de profiter du spectacle. Comme par magie mes larmes s’arrêtent, il prend la peine d’essuyer la dernière d’un geste tendre comme tu le faisais quand j’étais petite. Avec délicatesse il me demande s’il peut m’accompagner encore un peu. Je ne sais pas quoi répondre, j’hésite. Bien sûr dans l’instant j’ai envie de lui dire oui mais je suis venue ici pour toi, avec toi, et je ne veux pas gâcher ce moment. Je suis à la limite de le remercier et de lui dire que je vais me débrouiller seule quand je sens que la pression de ta main se fait plus légère.  Je tente de te serrer plus fortement mais rien n’y fait, tes doigts glissent lentement jusqu’à ne plus sentir ta chaleur sur ma paume. Dans son regard je vois qu’il comprend ce qu’il se passe, et il me tend sa main ouverte que je prends sans appréhension, comme un passage de témoin. Des gens passent et repassent, mais le monde n’existe plus, comme si l’ombre était finalement venue sur moi. Alors, profitant de ma transformation en princesse douceur je dépose un baiser sur sa joue et je dis tout doucement pour que personne n’entende : j’y suis, j’y reste, avec un accent abominable que tu aurais adoré.

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Les textes écrits à partir de la même photo, mais publiés sur d’autres blogs :

Leiloona
Épicurienne culturelle, je sillonne villes, pays et musées, toujours un livre dans mon tote bag ... Chaque lundi, je publie mes textes dans un atelier d'écriture basé sur une photographie que j'anime depuis 5 ans. Museo geek l'hiver, sirène l'été. J'aime les bulles, le bon vin et les fromages affinés. View all posts by Leiloona →

91 commentaires

  1. @ Jos : un texte magnifique, pudique.. Des mots qui résonnent !! Des émotions à fleur de peau… J’aime beaucoup, beaucoup !
    @ Béné : Comme toujours, je suis fan ! Tu sais dire sans dire tout en disant, et c’est là ta magie, ta magie à toi, ma douce Béné…Je ne te connais pas « en de vrai » et pourtant, au fil de tes écrits, j’ai l’impression que tu fais partie de mes proches…C’est sans doute ça, ce lien que les mots créent, qui vont de coeur à coeur . Des bises et belles fêtes à toi et à ceux que tu aimes …

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    1. Merci beaucoup Nath et je te souhaite de tout coeur de belles fêtes aussi. …Je suis très touchée par ton commentaire et ta phrase « tu sais dire sans dire tout en disant « est pour moi une belle récompense pour toutes ces semaines de labeur!

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    2. Merci beaucoup Nady…Je n’aurai certainement pas le temps de lire et de commenter les textes aujourd’hui (week end surprise à Honfleur :)) avant ce soir tard ou demain mais j’ai hâte de te lire. Gros bisous !

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  2. @Leillona:Quelle patience! Cela le rend admirable et on est content qu il en soit recompensé.Trés plaisant. Merci

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  3. Jos : De très belles images, cette fameuse souveraine est une belle image bien trouvée.
    Quant à la prière, si seulement … 🙁

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    1. Oui si seulement…C’est exactement ce que je voulais faire ressortir : un sentiment d’espoir que l’on sait vain ! Bisous Leil et à demain pour la lecture et les commentaires de tous ! (J’ai eu une belle surprise hier : Week end à Honfleur! En quelques sortes le réconfort avant l’effort à fournir pour les fêtes à venir). 🙂

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  4. Nady : Je retrouve bien ton côté féministe mêlé de culture. La belle Esméralda … joli symbole des femmes d’aujourd’hui ! ♥

    Quant aux autres références et autres lieux cités, il donne à ton poème une sombre gravité qu’on ne peut oublier en ces périodes de fêtes (comme aux autres périodes d’ailleurs.)

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    1. Merci Leiloona. J’ai pris beaucoup de plaisir à lui parler en effet ;-).Du coup j’écoutais en boucle la comédie musicale ND de Paris cette semaine, ce qui a pu, je l’avoue, insupporter mon entourage… lol presque je me mettais à jouer et chanter en l’écoutant…. mdr bref…

      Ton texte a failli me faire bondir quand j’ai vu qu’il n’avait toujours rien fait au bout du 58 ième jour… Près de 2 mois sans tenter de lui parler !!! Arghhhh ! mais bon, comme il n’y a pas de hasard et quand il faut que rencontre se fasse, elle se fera, alors, j’ai été super heureuse du dénouement de ton texte 😉 hihihi, la lectrice qui vit les histoires !! N’empêche que c’est super fort de la part de l’auteur du texte d’arriver à susciter ce type d’émotions vers son public alors chapeau bas ma belle !
      Bon Noël pour toi et Trognon et belles vacances à vous 2

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  5. Bénédicte : Rolalalala … tu as bien décrit toute la détresse de cette femme … Elle me semble bien accro, non ? 😮 Dans 15 jours, c’est le retour de son chairi, tout devrait rentrer dans l’ordre.

    Je plains réellement sa souffrance en tout cas …

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    1. Merci à toi. …Ce sont mes amoureux épisodiques tu sais! ! Ils avancent doucement dans leur histoire au détour de certaines photos. ….

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  6. Manue : Outch … eh oui, remplaçons une ville par une autre et tout notre point de vue s’en trouve changé … Indifférence générale ou presque, tensions entre les grands de ce monde au détriment de l’être humain. Texte fort, oui. En serait-il de même si tout ceci se passait à Paris ? 🙁

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    1. Je crois que ça serait pareil … pourquoi nos existences seraient plus importantes que celles des habitants d’Alep ou d’ailleurs ??? Bien que très informés de toutes les tragédies de par le monde, nous pouvons peu pour les éviter, alors oui je pense que le monde pourrait peu faire pour nous sauver si ça arrivait. Certains seraient courageux, d’autres lâches, comme partout, et la Terre continuerait de tourner jusqu’à ce qu’un nouveau printemps arrive, plus doux pour les hommes.

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  7. Valérie : Roh eh ben, c’est ce qu’on appelle une illumination … et avec son prénom, remarque, entre « le père Noël est une ordure » (Marc en Thierry Lhermitte ? 😛 ) ou bien une apparition, l’écart était là ! 🙂

    Un coup de foudre inattendu en tout cas. 😮

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    1. Je n’avais pas du tout pensé « Au père Noël est une ordure »…et le choix des prénoms s’est un fait au hasard…pour Marc en tous cas. Marie et Thérèse moins…C’est drôle en tous cas…

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  8. Terjit : Oh j’ai de mon côté de sacrés souvenirs avec cette histoire d’accent … Je comprends terriblement ce que ton personnage ressent … ce formidable hommage à une personne chère à son coeur.

    Je n’aurais pas fait intervenir une tierce personne, sans doute pour resserrer l’action entre 2 personnages … mais ce n’est qu’un point de vue. 🙂

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    1. Merci Leiloona. Je me suis aussi posé la question du troisième personnage, j’ai hésité mais j’ai fait le choix de le faire intervenir pour deux raisons : d’abord j’aimais bien l’idée du passage de témoin, et puis ça laisse ouverte la possibilité d’une suite. Va-t-elle repartir ou rester avec lui ? Qui est-il vraiment ? Se connaissent-ils sans le savoir ? Je viens de voir la photo de la semaine, et je pense que Beaubourg est un bon prétexte pour lui faire découvrir Paris et raconter la suite de leur histoire… à moins qu’une autre idée n’arrive 🙂

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  9. @leiloona : Quand le hasard fait très bien les choses… Heureusement que la chose est tombée de la poche sinon il aurait attendu combien de pièces pour tenter de faire son puzzle ? 🙂 Il ne manquera plus qu’un cadenas sur un pont pour tout sceller (ah bah non c’est fini ça bordel !)

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    1. Ah non, le cadenas renvoie trop à l’image d’un enfermement ! 😀 Sinon voui, la hasard est toujours un précieux allié, non ? 🙂

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      1. Oui tu as raison, pas de cadenas en effet… en même temps rien n’empêche de le briser… 😉
        Oui, je fais toujours confiance au hasard… je ne sais pas si je devrais mais bon ça me convient. 🙂

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  10. @Jos : Très joli poème ou plutôt prière sur un monde un peu fou et qu’on voudrait plus beau. Je suis prête à brûler un milliers de cierges dans ND pour parvenir à ces miracles. Merci.

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  11. @Nady : Très belle idée d’avoir pris Esméralda pour en faire à la fois un symbole féministe et un témoin de notre temps (de notre temps bien sombre…). Et en même temps, ce Paris qui reste Paris la merveilleuse, la ville lumière… en attendant les vraies Lumières…

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    1. Merci Virginie.
      Ton blog semble inaccessible….J’ai tenté à plusieurs reprises depuis ce matin de me connecter, en vain…

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  12. @Bénédicte : Voilà une solitude bien pesante pour cette jeune femme. L’amour qui occupe toutes les pensées… elle devrait cependant profiter de ces instants pour penser un peu à elle et découvrir de nouveaux horizons… Paris est belle la nuit même en solitaire. 😉

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    1. Ben oui ma pauvre, ils sont en pleine fusion passionnelle ces deux-là !!! Il faut dire qu’ils se sont trouvés en juin à l’occasion d’une belle photo d’arc-en-ciel pour l’atelier et depuis cet état amoureux ne fait que croitre et embellir !!! Il va falloir attendre encore un peu pour que le monde extérieur redevienne perceptible !!!

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  13. @Manue : Quel texte magnifique même s’il est dur ! Il faut dire qu’il est si vrai. Paris qui peut sombrer comme sombrent actuellement d’autres villes… pensée pour Alep…
    J’aime ce jeu entre la lumière et les ténèbres. Oui les lumières sont un leurre…
    « Les doudous se consument lentement dans la cendre chaude des maisons en ruines, ils ont vu eux aussi la terreur. » : je crois que c’est la phrase qui m’a le plus glacée.

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    1. Merci.
      Oui, c’est à Alep que j’ai pensé en voyant la photo, immédiatement …

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  14. @Valérie : Ah bah je ne m’attendais au coup de foudre spirituel. La naissance d’une vocation. Il faut dire que ND est si belle que je peux le comprendre. Dommage pour Marc, Thérèse était peut-être l’amour de sa vie… ou pas.

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    1. @Jos : Une bien belle prière qui me touche toute athée que je suis. Il faut garder l’espoir d’un monde meilleur d’une manière comme d’une autre. Merci à toi, que tes mots résonnent haut et fort!

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    2. @Nady : Bel échange avec Esmeralda pour lui dépeindre le Paris d’aujourd’hui, ses lumières et ses « tâches » noires. Très intéressant.

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      1. Merci Valérie, oui la vie quoi 😉

        J’ai bien ri avec ton texte et sur la chute ai imaginé une seconde version de la vie de Thérèse de Lisieux… ROoooo, je sais ce n’est pas bien de ma part de penser ça, il va falloir que j’avoue à confesse…. 😉
        Belle réussite ton texte 😉 va quand même falloir expliquer quelque chose à Marc, le pôooooooooooovre….

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  15. @Alex : C’est magique de se construire un personnage au fil des semaines qui passent, magique de frémir à chaque détail, magique d’imaginer autant que constater, … et absolument merveilleux de découvrir que la réalité est assurément encore plus belle que ce qu’on s’était imaginé !!!

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  16. @Jos : un doux rêve et une jolie prière. Je me demande si avant de passer le portail du jugement dernier, nous aurons su construire un monde un peu meilleur … je l’espère !!!

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  17. @Nady : On te retrouve tellement dans ce poème, féministe et optimiste malgré tout !!!

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    1. Merci Manue.
      Je reconnais ta plume ! Elle est forte, très forte, puissante même ! Ton texte parle de Paris mais j’ai beaucoup pensé à Alep.. peut être que le choc de l’impuissance de l’ONU la semaine dernière m’a marqué profondément que je crois voir, lire et entendre ces malheurs à chaque fois ???
      « La peur de celui qui n’a rien mais qui pourtant semble heureux, la lumière au fond des yeux. » : cette phrase apparaît discrètement dans ton texte et je la comprends parfaitement ; on ne doute pas de cette peur qui pourtant est bien grande aussi et qu’on pourrait nommer « jalousie »… Bravo miss !
      Belles fêtes de Noël avec ton Homme et tes loulous ! bisous

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  18. @Bénédicte : J’aime tes mots qui décrivent le manque avec tant de justesse, le manque qu’on croit pouvoir dompter le jour mais qui est toujours là et qui ronge, le manque qui est immense la nuit, et qui fait souffrir, qu’on ne peut oublier … Je suis terriblement fan de ta façon de dire tout ça avec douceur, tu sais rester à la bonne place, au coeur de l’humain. Bref, comme d’hab, j’aime beaucoup !!!

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    1. Merci Manue. …quand je lis tes mots je trouve qu’il y a des souffrances autrement plus préoccupantes que l’absence momentanée de celui qu’on aime. ….mais je n’arrive pas à les exprimer comme tu le fais même si elles vivent en permanence dans ma conscience. ..Alors je te remercie de le faire. …

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  19. @Leiloona : tomber amoureux de cette Dame face à l’autre grande Dame, pouvait-on rêver plus romantique ?
    J’aime cette image du puzzle qui colle parfaitement à la rencontre et la découverte de l’autre (que l’on ait d’ailleurs osé quelques mots ou non). Très joli récit qui donne envie de (re)tomber en amour.

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    1. Oh oui, bel écrin pour cette rencontre, hum ! 🙂
      Si le récit donne envie de (re)tomber en amour, ça me va (faire gaffe à la Seine, en revanche, elle est froide en cette période.)

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  20. @Jos : que dire de plus que tu n’as déjà dit ? Ces quelques vers d’amour, de pardon et d’humanité sont sublimes. J’aimerai que ta prière soit entendue et tout comme Virginie, je serais prête à brûler tous les cierges présents dans notre Dame ou ailleurs …

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  21. @Terjit : que dire de ton texte sinon me répéter que j’en deviens addicted comme une drogue (douce et légale) que j’attends chaque lundi et sans ma dose hebdomadaire, la couleur de la semaine en est ternie…
    J’aime en plus beaucoup comme tu agences les suites de tes précédents textes, sans qu’on s’y attende.
    J’ai été subjuguée par d’autres textes très fortement mais alors cette histoire me fait fondre… Le passage de témoin entre la main de la grand-mère et ce Parisien est si intense que le temps s’est arrêté pour moi à ce moment de lecture. C’est super de vouloir tenir « les promesses » qu’on se fait entre êtres chers et ce que je trouve le plus admirable est de les accomplir même quand l’autre n’est plus « là » en vrai. ça me donne l’idée de réfléchir aux rêves fous qu’avaient ma grand-mère d’accomplir avec moi… Même si je pense avoir fait le max pour les vivre avec elle, il doit bien rester encore quelques idées et je le ferai comme dans ton texte, avec sa main dans la mienne 😉
    Bon, j’arrête là ;-). Je ne te remercie pas d’avoir bousillé mon maquillage avec ce trop plein d’émotions dans la lecture de ton texte surtout que je mène une grosse réunion avec mes « tueurs » de collègues cet aprem mais mille mercis pour toute la douceur de ton texte. J’ose espérer que beaucoup d’enfants pourront avoir de telles belles issues avec tous les exils forcés en cours en ce moment… des bises

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    1. Merci Nady ! Désolé pour ton maquillage, mais un peu de fragilité sincère ne peut pas faire de mal à tes « tueurs » préférés (on peut toujours espérer…).

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  22. @Jos : je me joins à ta Prière : elle est belle, sincère, pleine d’espoir comme on peut l’être quand on n’a plus rien à perdre mais que subsiste encore au fond de soi une once de rêve et de croyance en l’Humanité… MERCI ma belle ! La forme te va comme un gant ! Jolie prouesse poétique ! après les larmes laissées sur le texte de Terjit et un retour vers le passé, je reprends de l’énergie à travers le tien 😉 grosses bises et belles fêtes de Noël à toi et tes proches. On se capte en janvier 😉

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  23. @Nady : joli poème à Esméralda, je vois que cette semaine l’amour des autres, l’amour des femmes, l’amour tout court est au rendez-vous malgré la morosité qui nous entoure.

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  24. @Valérie : Waouhhhh, rencontrer Dieu au lieu de Marc, … quelle chute !!!
    ça me laisse toujours perplexe de dévouer sa vie à Dieu en balayant les plaisirs de la vie terrestre, perplexe mais aussi admirative, dévouer sa vie aux autres et à la prière est un immense don de soi qui ne peut pas laisser indifférent !!

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  25. @Bénédicte : Il semblerait qu’elle soit bien mordue la demoiselle. Ah l’amour … ce sentiment à double tranchant : tantôt joyeux tantôt douloureux surtout lorsque l’on devient « dépendant » de la présence de l’autre.
    Vite que l’amoureux rentre pour regonfler à bloc son cœur meurtri par son absence.

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  26. @Jos et Nady : désolée mes commentaires sur vos textes se sont glissés à l’intérieur d’une autre discussion…

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  27. @Bénédicte : Oh le terrible manque! Le vide immense qui ne peut être combler! Il faut espérer qu’il ne soit pas parti trop longtemps …La pauvre! La prochaine, elle saura et l’absence sera peut-être mieux gérée.

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  28. @Manue : Une fois de plus tu me donnes des frissons. Et en plus cette fois, ton texte est si proche de la réalité, pas de personnages mystères mais juste des hommes comme toi et moi, des voisins…L’ailleurs est si proche de nous, comment réagirons-nous? Pensée à tous les gens qui souffrent à Alep bien sûr mais dans bien d’autres régions du monde.

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  29. @Terjit : Complètement transportée…j’aurais voulu que ton histoire dure encore un peu. Trop beau, vraiment. J’adore! Merci pour ce moment de douceur.

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    1. Oulala ! Merci beaucoup ! Il n’est pas impossible que l’histoire dure encore un peu, Notre Dame c’est bien mais il a d’autres endroits à lui faire découvrir et ils ont tant de choses à se dire. Peut-être cette semaine vers Beaubourg, qui sait ?

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  30. @ Manue : un texte fort, j’ai eu la chair de poule en le lisant… Un texte qui crie une indéniable réalité.. J’aime !

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  31. @ Leiloona/Alexandra :
    L’éloge de la lenteur …..J’adore.Tout va tellement vite maintenant que je savoure ton texte comme autrefois mes sachets de bonbons, ne m’en autorisant qu’un par jour pour que le plaisir dûre plus longtemps….Comme je le comprends cet homme, c’est fascinant de laisser l’amour s’installer de cette façon.
    Et ce qui est drôle c’est d’imaginer qu’elle aussi viendrait à ce rendez-vous pour faire la même chose mine de rien !!….Et comme souvent c’est elle, la femme, qui a décidé du moment d’entamer une autre partie…..
    C’est charmant…

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    1. Oh Béné, tu cites Kundera avec cet éloge de la lenteur … Sais-tu que c’est mon écrivain préféré ? 🙂
      Oui … tu as raison, nous n’avons que le point de vue de cet homme, mais je pense tout comme toi : elle aussi fait partie de ce jeu entre eux deux.

      Merci pour ta lecture, toujours très juste et sensible.

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  32. @ Jos :
    C’est une prière bien émouvante que la tienne, même si je suis moins d’accord pour que les damnés soient pardonnés…..Je crois vraiment que certaines personnes méritent de brûler en Enfer pour l’éternité en attendant que la caresse de ta main crée un monde sans bourreau…
    Mais qui suis-je finalement pour en juger ?.

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  33. @ Nady :
    Esmeralda te va bien Nady !..Elle a eu le don de semer un certain désordre en secouant ses cheveux et faisant danser sa robe et toi tu nous secoues en faisant valser tes mots ….Bien des choses n’ont pas changé, les gueux sont toujours dans le froid de la rue quand d’autres sont au chaud, et bien des femmes attendent encore d’être libérées…..

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    1. Merci Bénédicte pour ton retour de lecture.
      Dans ton texte, je plains la détresse affective de ta narratrice. On la ramasserait à la petite cuillère si elle arrive un jour à perdre son chéri (départ pour une autre ou mort dans un accident d’avion au retour…) mais de loin je peux comprendre les aléas négatifs de l’amour passionnel…. Elle doit être encore jeune…. Il faut espérer qu’elle ait un déclic un jour pour moins souffrir… hâte de lire une suite 😉

      Très belles fêtes de Noël à toi et aux tiens ! grosses bises

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  34. @ Manue :
    Comme c’est fort et comme c’est vrai ….
    Il y a des lieux dont on voit les plaies béantes et dans ceux-là on ne peut que réaliser la souffrance qui se vit au quotidien….Mais il y en a d’autres, intacts, qui brillent de toutes leurs lumières mais qui se désagrègent de l’intérieur ….
    Il est beau ton texte Manue et je le lis avec beaucoup d’émotion et une boule, là, dans la gorge….

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  35. @ Valérie :
    C’est un texte étrange que celui-là. Il commence d’une manière très ordonnée, déroule une histoire plaisante et nous amène en toute logique au moment de la rencontre….Mais que nenni, cela aurait été trop simple, la magie de Notre-Dame dans ses habits de lumière, et tout ce passé qui vibre à l’intérieur nous amènent à un tout autre rendez-vous….
    Mais que va-t-elle faire maintenant ? La presence divine qui l’habite va-t-elle suffire à combler sa solitude au fond de sa campagne ? Va-t-elle tout abandonner pour Le rejoindre ?
    Moi je crois que Dieu s’épanouit dans l’amour que se portent ses créatures et qu’Il aurait partagé avec Marc le cœur de Thérèse, mais ce n’est que mon avis !!

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    1. Merci Bénédicte pour ton retour. Thérèse n’était pas préparée à rencontrer Dieu, elle n’avait jamais été attirée par les hommes…jusqu’à sa rencontre virtuelle avec Marc …Alors que va-t-elle faire? Rentrer dans les ordres ou se partager entre cet appel divin et un amour humain…à voir. « Dieu seul le sait? »

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  36. @ Terjit :
    Je m’attendais à des horreurs comme souvent avec toi ces derniers temps et j’ai commencé ma lecture d’un pas hésitant …..Mais je me suis trompée et je m’en excuse !!
    Tu m’as pris par la main pour m’emmener vers Notre-Dame dans la lumière tendre de ce vœu accompli d’une manière très douce et je t’en remercie ….

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    1. tu es toute excusée 🙂 . c’est vrai que j’ai écrit pas mal de trucs horribles ces derniers temps, fruit d’une ambiance glaciale probablement. Mais sous cet aspect sombre il y a aussi un petit coeur qui bat, et j’ai décidé de lui laisser un peu de place 🙂

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  37. @Manue : Il semblerait que nous soyons connectées ou peut-être simplement conditionnées par les événements actuels.
    Si nos textes se rapprochent fortement, je trouve malgré tout le tien bien plus abouti, bien plus prenant. Bravo pour ce récit empreint d’une grande force.

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  38. @Valérie : Quelle chute ! Je ne m’y attendais pas du tout.
    C’est que ce Marc n’était peut-être pas l’homme de sa vie… en tout cas elle ne se sera pas déplacer pour rien, la rencontre spirituelle l’a illuminée.

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  39. @Terjit : tu n’aurais pas un mouchoir pour moi ?
    Que dire, que dire … J’ai l’impression de me répéter toutes les semaines mais cette plume, ta plume me bouleverse. Le souvenir de cet être cher toujours présent au plus profond de ton héroïne est juste sublime. J’aime cette promesse tenue, j’aime cette main qui ne remplace pas la précédente mais qui prend le relai, pour quelques minutes ou toute une vie. Merci pour ce moment de douceur.

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  40. @Leiloona : J’aime beaucoup cette découverte progressive de l’autre. L’idée du « puzzle » est vraiment bien trouvée…Et vive le hasard !

    @Nady : Belle idée que celle de t’adresser à Esméralda et de la prendre comme témoin du Paris d’aujourd’hui. Un texte qui mélange délicatement passé et présent et dans lequel on retrouve ta plume avec plaisir. Merci Nady et gros bisous.

    @Bénédicte : Le manque de l’autre que l’on arrive tant bien que mal à combler mais qui vous rattrape néanmoins au détour d’une rue aux fenêtres noires ! Très belle description de la détresse suscitée par l’absence. Pourtant, quel dommage pour elle de s’enfermer dans ce sentiment de solitude alors que l’autre sera de retour dans quelques jours. Pourquoi ne pas profiter de ces moments pour se retrouver entre soi et soi et faire tout ce qu’on ne peut pas faire à deux ?

    @Manue : Oufff ! Ton texte est tellement dur et criant de vérité ! Tes mots justes ne peuvent qu’atteindre le lecteur. Bravo pour ce superbe texte très différent des autres mais d’un réalisme navrant et Bravo pour ce cri !

    @Valérie : Elle cherchait l’amour et l’a trouvé, certes plus spirituel que celui qu’elle aurait vécu avec Marc mais la vie réserve parfois des révélations inattendues ! Ceci dit, je m’interroge : Sœur Térèse va-t-elle apporter plus d’amour au nom de Dieu que si elle le diffusait en son nom ? L’important n’est-il pas d’aimer tout simplement et de le montrer ? Agréable lecture en tout cas.

    @Terjit : Une lecture toute en douceur, tendresse et amour. Une promesse faite par amour à une personne disparue et qui, une fois qu’elle est tenue, laisse place à un autre amour. J’aime beaucoup l’idée de cette femme qui s’efface pour laisser la place à un autre. Merci pour ce beau texte.

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    1. Merci beaucoup Jos pour ton retour de lecture et Joyeux Noël à toi avec les tiens ! big bisous

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      1. Merci à toi Nady et bonnes fêtes à toi aussi ! Je ne participerai pas aux deux prochains ateliers. Avant de profiter des fêtes il va falloir mettre les bouchées doubles au magasin pour les deux réveillons à venir et je vais vraiment manquer de temps. Mais bon Dimanche 25 petit repas de Noël (quand même) et idem pour le 1er. Donc de retour à l’atelier du 9 janvier pour bien commencer l’année ! Gros bisous à toi et à très bientôt. 🙂

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        1. Je sais ce que c’est quand on est dans la profession la plus demandée en ces périodes de fêtes ;-). Noël familial, after de Noël familial… Et nouvelle année famille de coeur à l’honneur ; -). Bisous ma belle et à tout bientôt, bon courage pour cette dernière ligne droite ; -)

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    2. Elle a tenté de le faire le premier et le deuxième jour mais elle en est au stade où « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé  » !!!….Mais je lui dirai de ta part !!!

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      1. Oh mais je la comprends ! Qui n’a pas connu ça, hein ? 😉 Mais bon la vie passant, on apprend à profiter de chaque moment…Très belles fêtes de Noël et de fin d’année Bénédicte 🙂

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  41. @Leiloona : j’aime beaucoup l’idée de cumuler les petites pièces petit à petit, et de ne découvrir la voix qu’à la fin, c’est tellement important la voix, ça peut être génial comme tout gâcher. j’apprécie aussi la description de son côté romantique qui ne prend qu’un petit bout à chaque fois, pas plus. mais au fait, est-ce juste par romantisme ou par timidité ? Parce que franchement il est très touchant mais quel empoté tout de même ! J’ai bien lu 58 fois ? Je vais vérifier ! Ah ben oui… quand même… 🙂

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  42. @Jos: quelle espérance en effet ! La foi deplace des montagnes parait-il ? Et bien en lisant ton très beau texte j’ai soudain envie d’y croire… et me faire croire c’est un exploit ! Bravo Jos !

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  43. @ Nady : Esméralda est toujours là-haut ? Je ne vais pas assez souvent à Notre Dame, je ne savais pas ! :-). Plaisanteries à part il est très émouvant ton texte en mélangeant le sombre et la lumière de cette ville, notre ville, qui est et restera encore longtemps un phare pour le monde. Tu as raison, c’est un joyau, mais ce n’est pas pour cela qu’elle cache la souffrance, elle est humaine malgré tout. Merci beaucoup Nady

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  44. @Benedicte : quelle magnifique manière de décrire l’absence, c’est bouleversant ! Et cette phrase « J’ai à peine le temps d’ouvrir la porte qu’il est déjà là, et notre premier baiser du soir enferme en une étreinte la chaleur du dedans et le froid du dehors… » ! Qu’elle ne s’inquiète pas, il sera heureux de la retrouver assoiffée et tout s’effacera dans une étreinte qui se sera enrichie de l’absence.

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  45. @Manue : Wahhh ! quelle puissance dans ton texte ! Cette image de Paris qui était mais n’est plus comme tant d’autres endroits aujourd’hui, la peur qui revient en boucle et écrase tout, les enfants  » tués par l’amour d’un père, d’une mère, qui savaient que s’ils restaient en vie, l’enfer aurait été un doux paradis à côté de ce qui les attendait « , et le symbole de la haine qui prend le dessus au printemps… franchement scotché par tes mots, et tellement impressionné par ce monde qui nous épargne encore un peu, mais pour combien de temps… Super Bravo !

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  46. @Valérie : pauvre marc tout de même ! Mais je comprends la fascination que l’on peut ressentir devant un tel chef d’oeuvre, et après tout si sa vie est là maintenant, pourquoi pas… Très beau texte !

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