Yihua ou la saveur du monde, écriture en atelier 252

© Emma Jane Browne

Lorsque nos peaux se touchent, surgissent à chaque fois le même étonnement, la même grâce et la même douceur. Un entremêlement de doigts transfiguré en un ballet dans la paume amie. Plus tard, dans la soirée, quand tes mains racontent une histoire, je deviens ton parchemin : tu traces de la pulpe de tes doigts des caractères sacrés que moi seule sais déchiffrer. Alors que la kundalini m’emporte je pense à l’art de l’aïkido …

A quoi tient la beauté d’un geste ?

Aux mains posées délicatement sur ce bâton ? A cette main droite qui le tient fermement tandis que la gauche ne fait que l’effleurer ? A cette chaleur que la paume gauche ressent de la proximité avec le bois ? De cette attraction qui existe entre deux entités ? A moins que la beauté ne vienne de la continuité des lignes entre le bras et le bâton. Une diagonale où objet et être humain ne font qu’un. Le jō comme prolongement du moi.

La beauté du geste ne vient-elle pas plutôt du regard porté sur un instant T ? A la profondeur accordée ? Une seconde qui s’ouvre sur l’infini. Les choses importantes ne se disent-elles pas dans un silence à l’intensité palpable ? Voilà la beauté d’un instant. Dans ce que l’être y met de lui, de ce qu’il projette sur cet autre, de cette entité nouvellement créée, de la photographie qu’il en prendra pour le glisser dans son album personnel. Impression rétinienne dont il aimera se souvenir lors de ses vieux ans.

Posons alors notre regard neuf et nu sur la beauté des choses, rendons-leur leur essence originelle, et de nos habits d’archéologue mettons à jour le trésor foulé chaque jour de nos pieds.

Puis chaque soir, rangeons dans nos armoires à souvenirs ces patchworks aux couleurs bigarrées. Unis, ces frêles lambeaux formeront alors une tapisserie intérieure immuable, notre ossature.
La beauté du geste, le ciment de notre âme.

© Alexandra K, le 5 février.

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Le texte de Terjit :

« « Aïkido ? Elle est dans ta classe ? ».

Comme d’habitude il n’a pas écouté le début de la phrase, totalement lobotomisé par le millième documentaire sur « Les constructeurs de l’impossible ».

Comme d’habitude il n’y a qu’une chose qui l’intéresse : que son fils soit le tombeur du collège et « qu’il ramène des wagons de gonzesses ». Alors quand le moindre mot à consonance féminine qu’il ne connait pas arrive jusqu’à son oreille c’est comme un réflexe chez lui…

Comme d’habitude j’irai dans ma chambre pour échapper encore un peu à ses questions avant d’y avoir droit ce soir au dîner. Entre les poncifs habituels sur ses trois sujets de conversation préférés, le fric, les politiques tous pourris et les vacances de son salaud de patron, il me demandera mille choses indiscrètes sur les filles de ma classe.

Comme d’habitude je vais être gêné par ses questions. Je ferai quelques hochements de tête qui ne voudront rien dire mais qui auront le pouvoir de le conforter dans l’illusion d’un fils tombeur. Pour tenter de savoir si je suis encore vierge il racontera ses fantasmatiques exploits quand il avait mon âge, avec des clins d’œil appuyés, cherchant un signe dans mon regard disant que nous sommes complices, que nous sommes « du même moule » comme il aime à le dire.

Comme d’habitude maman tentera de dévier la conversation sur autre chose, mais il s’amusera de sa pudibonderie. Il reparlera de la première fois qu’ils ont fait l’amour sur la table de la cuisine alors que son mari de l’époque dormait dans la pièce d’à côté. Maman quittera la table gênée. Je serai pris en otage une fois de plus entre l’impudeur et les larmes cachées.

Comme d’habitude il terminera la conversation par ce qu’il appelle un « partage d’expériences entre mecs » sur la meilleure façon de « ramasser les nanas comme avec une fourche ». Ses derniers mots seront comme toujours les mêmes « de toutes façons y’a que deux choses qui mènent le monde : le cul et le fric », il allumera sa troisième clope depuis le début du repas et le dîner sera terminé. Bien sûr il sera satisfait d’avoir eu ses « échanges » avec moi, il prendra même peut-être la peine de me le dire, mais si seulement il était capable de m’écouter au lieu de ne parler que de lui à travers moi.

Comme d’habitude je me réfugierai dans ma chambre en prétextant que j’ai des devoirs à finir. Je resterai quelques minutes devant la fenêtre, aussi lobotomisé que lui devant sa télévision. L’alarme de mon téléphone me ramènera doucement à la réalité, j’aurai programmé un chant suraigu en japonais dont je ne connais pas le sens mais qui est si romantique. J’allumerai mon ordinateur avec l’appréhension que Mathis ne soit pas connecté sur son compte Facebook, mais bien sûr il sera là, il y est toujours quand nous nous donnons rendez-vous en sortant des cours.

Comme d’habitude Il me demandera si j’ai enfin dit à ce père qui ne m’écoute pas que je voulais arrêter le rugby et m’inscrire aux cours d’arts martiaux. Je lui dirai comme chaque fois que je n’ai pas eu le courage de le faire, que je n’ai pas su affronter sa conviction que la mêlée est la seule façon de forger un homme. Mathis me donnera encore mille arguments pour le convaincre et je lui répondrai que c’est inutile, que pour lui l’esthétique des arts martiaux s’apparente à du maniérisme, bien sûr inconcevable dans sa vision de la virilité.

Comme d’habitude nous discuterons encore quelques minutes puis nous nous donnerons rendez-vous à la descente du bus demain matin. Juste avant de se quitter il m’apprendra un nouveau mot en japonais que j’essaierai de retenir. Il me souhaitera une bonne nuit, plongera quelques instants son regard dans le mien, fera un petit signe de la main et sans un mot de plus fermera sa page. J’attendrai encore un peu avant de me déconnecter au cas où il réapparaitrait.

Comme d’habitude je répèterai face à la glace les gestes de base de l’aïkido. Mathis sera là près de moi pour me guider, pour corriger les imperfections, comme nous le faisons au fond de la cours du collège. Comment faire comprendre à ce père que ce n’est pas dans la force brute que je me sens viril, mais dans ces postures millimétrées répétées à l’infini pour parfaitement les maitriser. Comme lui dire que c’est dans le contrôle que je trouve ma puissance et pas dans cette débauche de testostérone mal maîtrisée qu’il m’impose chaque dimanche matin sur les terrains détrempés.

Comme d’habitude je glisserai dans la tiédeur de mon lit et j’allumerai ma petite lampe. Je relirai quelques pages de « Confession d’un masque » pour m’échapper encore un peu. Sur la pointe des pieds un rayon de lune m’effleurera, et me chuchotera qu’un jour je serai libre. Apaisé, mes yeux se fermeront sur les mots de Yukio et la splendeur de Saint-Sébastien.

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Le texte de Jos :

Sur la voie de la concordance

Respect à toi Aïkidoka !

Car sagement et sans violence

Tu contrecarres la résistance

Pour éviter le vrai combat.

Muni du Jo, ce long bâton,

Tu nous forces à l’admiration

Quand tu déclames élégamment

L’alphabet de tes mouvements.

Et quand tu mets ton Hakama

Ni la peur, ni l’hésitation,

Ne trouble ta concentration,

Car tu maîtrises ton sang-froid.

Bien au-delà de la technique,

Tu sais préparer ton mental,

Développer ta force morale,

Spirituelle et philosophique.

Pour que l’harmonie soit totale

Tu fais appel à ton bon sens

En recherchant la concordance

Des énergies de ton rival.

Et pour faire face à l’agression,

De celui qui veut l’affrontement,

Tu accompagnes son mouvement,

Et tu détruis ses ambitions.

Respect à toi Aïkidoka !

Que longtemps vivent tes prières,

Que ton amour nous éclaire,

Que m’enveloppe ton aura.

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Le texte d’Isa :

Dojo épuré, frais, zen… cris stridents de délivrance, frustration, combativité, plaisir… ondes de choc des coups de bâton qui se répercutaient dans ses poignets, ses bras, ses épaules, son dos, ses reins, la faisaient souffrir d’une douloureuse jouissance. Japon, entraîneurs trésors nationaux, meilleur bois, costume sur mesure, elle avait décidé de mettre toutes les chances de son côté… comme avant… comme toujours…

Quand on lui avait proposé ce rôle de chanteuse populaire, son instinct lui avait dit de foncer. Elle avait visionné des heures de documentaires, de concerts, lu toutes les biographies, rencontré ses contemporains, exercé sa voix, sa gestuelle avec les meilleurs coachs, reproduit ses costumes, son maquillage au point de dangeureusement devenir elle. Mais ces sacrifices avaient porté leurs fruits : reconnaissance mondiale, acclamations, ovations, même sa vie de femme en avait profité et elle avait accédé à la fois au rang de star et de mère.

Quand ce personnage de femme meurtrie dans ses chairs et son âme, enfermée dans son corps comme son bourreau, roi des mers, l’était dans un espace qui ne correspondait qu’à un millième de son territoire, lui avait été offert sur un plateau, malgré les contraintes physiques et le travail sur soi, elle avait accepté. On ne refuse pas un tel présent. Et une fois de plus, rencontre avec les humains et non-humains, pénétrer et faire sien un handicap et un mal-être qu’elle ne connaîtrait jamais dans sa vie chanelienne et dioresque. Actor’s Studio… la technique des Grands.

Mais les braves gens du show-biz n’aiment pas que le même drapeau conquérant squatte trop longtemps leur sommet. Il y avait eu des ultras, admirateurs de cette icône rock intemporelle et immortelle, qui n’avaient ni accepté ni compris son apparition de pute/madone dans une vidéo. Il faut dire que pour l’occasion, elle n’avait rencontré ni prostituée, ni Marie-Madeleine moderne, et n’avait compté que sur les louanges que soulevait le retour surprise du chanteur. Puis cette mort à l’avant d’un camion, raillée sur tous les écrans du monde. Elle avait cru naïvement qu’un bon gros pathos suffirait à cette production hollywoodienne, du genre qui laisse une large quantité de cerveau disponible au paquet de pop-corn gras et sucré sur les genoux de celui qu’elle hypnotise.

Si bien que quand elle avait reçu cette nouvelle proposition, elle avait décidé de s’y consacrer à corps perdu et de retrouver sa gloire déjà passée. Et son fils serait tellement fier… Alors oui, elle maîtriserait ces bâtons de bois longs et lourds. Oui, elle, LA star française et mondiale, elle, Marion Cotillard, sortirait gagnante de l’épreuve des jarres chinoises de Fort Boyard et retrouverait la clé de sa carrière essoufflée !

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Le texte d’Adèle :

SJW : Social Justice Warrior.

JB avait l’innocence de la blanche colombe, celle que la bave de l’affreux crapaud n’atteint pas.

Ce matin JB se sentait tout guilleret, il avait trouvé son prochain sujet de texte, ça allait plaire aux lecteurs du blog, il en était certain, le thème était d’actualité, et bien qu’anonyme, la victime choisie avait une position, un statut social qui lui conférait une autorité, le genre de truc qui déclenche à la fois l’admiration et l’envie de tous, donc la jalousie de beaucoup. De ceux qui pensent être contraints dans leur vie à une quelconque soumission et détestent leur propre faiblesse.

Il s’assit devant le clavier de l’ordinateur et revêtit mentalement la tenue immaculée de B., aïkidoka 4ème dan : ample pantalon noir, pour la liberté de mouvement, veste en coton blanc surpiqué, largement croisée sur la poitrine, retenue par une longue et étroite ceinture. JB se saisit de la souris d’ordinateur comme d’un élégant bâton de combat, et il se sentit beau comme B., fier de ce qu’il faisait, persuadé du bien-fondé de son combat.

JB avait du talent, celui de l’écriture, ses mots avaient le pouvoir de bouleverser. Sur le blog, il était B., le ninja blanc. Il partageait ses peurs à travers les histoires de B., ses émerveillements et ses anecdotes de vie. Il savait appuyer là où ça fait mal et aussi là où c’est doux. Ses indignations étaient sincères, et le plus déconcertant était qu’il avait souvent raison. Il jetait en pâture l’ignominie d’untel ou untel, il rejetait la violence de l’inégalité dans les rapports humains, l’injustice de la vie. Il savait voir la beauté dans la banalité du quotidien, dans les petits gestes de chacun. La lecture du blog était addictive, les articles qui mettaient en scène B. étaient comme des shoots émotionnels. Ses lecteurs aimaient B., le lui écrivaient et JB adorait cela.

C’est sa sensibilité exacerbée qui lui rendait insupportable les commentaires négatifs, il se sentait alors agressé, morcelé, menacé dans son intégrité. Rebelle comme l’élève grondé, dévasté comme l’enfant qui se croit malaimé, ses retours sur le blog pouvaient alors être violents. Rien de pire que le sentiment d’injustice pour décupler la hargne. Heureusement, les critiques devenaient rares, un cercle d’admirateurs fidèles jouait les garde-corps à coup de réponses assassines.

Ces derniers mois, les articles de JB s’éloignaient de la poésie des débuts, B. vivait plus souvent des combats que des enchantements. La vérité absolue, la défense du plus faible, voilà qui le motivait à temps plein.  Comme les commentaires des lecteurs allaient toujours dans son sens et le flattaient,  il était conforté dans le fait qu’il avait raison, il était renforcé dans son besoin de dénoncer, d’égratigner, de pourfendre, grisé par le pouvoir de ses mots, il rendrait le monde meilleur, de gré ou de force.

Quand il rapportait l’anecdote envoyée par un lecteur, la partialité du point de vue n’avait pas d’importance, ce qui comptait était de faire mouche, de toute façon l’adversaire, anonyme et ignorant de sa mise en cause, n’avait pas de possibilité de réponse.

Peu lui importait la réalité des faits, la vérité était dans les mots, ses mots, même s’il savait très bien qu’il flattait le voyeurisme de certains, la sensiblerie d’autres.

Peu lui importait de blesser certains lecteurs, seule la masse comptait, qui lui renvoyait cette image positive de lui-même dont il avait tant besoin.

Peu lui importait si le lecteur compatissant n’était qu’un salaud IRL, JB likait tout commentaire admiratif, il y en avait de plus en plus et c’est ce qui comptait.

JB éprouva un enivrant sentiment de puissance qui lui donna le vertige recherché et l’impression d’enfin exister.

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. »

Si quelqu’un, ignorant de l’identité réelle de JB, lui rapportait une histoire le mettant à son tour en cause ? Dans un rare sursaut de mise à distance, JB se demanda comment tout cela finirait.

Si l’adversaire mis à terre par B. mourrait pour de vrai, assassiné par un lecteur ou suicidé à coup de haine déversée ? Le doigt posé sur la touche enter, il hésita.

Pire, si les humains devenaient parfaits et qu’il n’ait plus de sujet d’article ? Ah non, ça, aucun risque !

Kiaï !

Il mit toute son énergie dans ce cri et, avec un large sourire de contentement, il cliqua et déclencha la mise en ligne de son nouveau billet de blog.

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Le texte de Nady :

Une arme

Cet objet, appareil qui sert à se défendre (arme défensive) ou à attaquer (arme offensive).

Cette arme qui peut être à feu, atomique, chimique, de pierre, en bois et même blanche… délivrée avec permis, détenue par des Etats, achetée pour une pratique sportive ou ramassée in extremis dans une situation de danger.

Cet engin qu’on appelle pistolet, kalachnikov, couteau, bâton, révolver, gun, mitraillette, machette …

Une arme, cette arme, ton arme, mon arme, nos armes, vos armes…

Si tu l’utilises dans un art martial comme sur ce cliché, pour apprendre à te maîtriser (tant pour renoncer au combat s’il est évitable, que pour y faire face dans le cas contraire), alors que ton apprentissage en soit loué car il vise à ton développement global, intellectuel et moral, tant externe (pour ta force et ta souplesse) qu’ interne (pour ton énergie et ta santé).

Mais si tu prémédites son utilisation, en préparant minutieusement ton terrain avec pour seule volonté de détruire, d’attaquer, de tuer des innocents qui ne pensent pas comme toi, qui ne vivent pas comme toi, qui ne croient pas comme toi, qui sont différents de toi et qui font partie de cette même Humanité dans laquelle tu y es aussi, alors, prépare toi au combat car nos armes à nous sont affûtées, travaillées, prêtes à dégainer !

Nos armes ? Tu les connais mais tu ne sais pas les utiliser… Tu ne les verras jamais vraiment avec tes yeux mais tu les entendras et tu les ressentiras car ce sont nos mots et nos voix. Pas eu besoin de permis pour les détenir, ni même d’achat caché… L’éducation que nous avons reçue, doublée d’une instruction et d’une curiosité illimitée ont été nos passeports vers ce sésame que tu convoiteras prochainement, si tant bien même tu arrives un jour à ouvrir ton esprit rabougri ! Et tu sais quoi ? Ce n’est pas fini ! on en a encore plein d’autres d’armes mais il serait trop long ici à t’expliquer leur fonctionnement alors je vais juste t’en énumérer deux pour que tu te méfies au détour de tes allées et venues quand tu entendras leurs noms !

L’arme à travers laquelle on soutiendra ton regard haineux s’appelle l’Amour et cette arme là est souvent infaillible, même pour des cœurs sans cœur comme le tien ! Et l’arme la plus redoutable que je laisse pour la fin te fera plier sur nos passages tellement la puissance de son tir est inimaginable ! Celle-ci s’appelle LIBERTE, tu sais ? cette notion qui t’est quasi inconnue mais que tu devras apprendre à accepter car nous sommes des milliards à la porter en étendard et à force de crier son nom, ce dernier te parviendra à l’oreille et t’assourdira tellement que tu seras obligé de capituler ! Prends garde à toi ! Nos armes à nous ont un pouvoir que tu ne soupçonnes même pas… On les avait oubliées, elles s’endormaient tranquillement au fond de chacun de nous mais tes attaques répétées et de plus en plus lâches les ont réveillées. Elles te feront face inlassablement jusqu’à ce que tu comprennes que tu es sur la mauvaise voie ici bas et on a bel espoir de te faire changer ! Le chemin va être long, on est patient et volontaire pour te donner une dernière chance, alors saisis la !

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Le texte de Manue :

S’abandonner à la leçon.

Arrêter ses pensées.

Son art réclamait la pureté de son cœur et la beauté de son âme, ses perceptions forcément devaient se focaliser sur l’autre et son ressenti tout entier se tourner vers la réponse à donner à la menace.

Et pourtant, il y avait ses mains, son corps, ses gestes.

Il semblait caresser le bâton pour combattre, et c’est sa peau toute entière à elle qui frémissait.

Elle ne pouvait oublier.

Le jour, il était son maître, et, sous les étoiles, elle était sa déesse.

Elle le retrouvait à la nuit tombée, lui, l’absolu, l’interdit, la puissance et la sagesse. Il savait la concentration et l’élévation de soi. Mais, devant elle, le soir, quelques gouttes de sueur, lentement, coulaient au creux de son cou et creusaient sur son torse de longs sillons humides. Il fondait, lui, tellement solide.

Ses doigts, précis, si agiles avec les bâtons de bois, parcouraient sa peau sans jamais se tromper sur le sens de ses moindres frémissements, de ses plus minuscules soupirs.

Fermer les yeux pour mieux se recentrer. Respirer.

Impossible.

Le souffle court, le regard perçant, aucune parcelle de son corps n’échappait à ses mains. Comme une douce torture. Presque un supplice. Elle se consumait de plaisir et lui, un instant, devenait fou de tendresse.

Rouvrir les paupières.

Devant elle, un guerrier. Mais le combat était ailleurs. Sur la colline, là bas, contre le tronc du cerisier en fleurs ou derrière les panneaux de papier de leur nid d’amour.

Elle était sa faille. Il luttait. Un corps à corps qui semblait ne jamais se terminer. Peau contre peau, leurs âmes à nu, ils ne renonçaient jamais. Mais, presque à l’aube, c’était toujours lui qui, le premier, rendait les armes. Elle le rejoignait ensuite, sûre à cet instant de son emprise sur lui.

Oublier.

Et apprendre la maîtrise. Encore.

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Le texte de Bénédicte :

Bonjour !! …Même principe que la semaine dernière, vous votez si vous voulez, 1, 2, 3, ou 0 ….Plus difficile car en principe on ne doit pas avoir besoin de la photo pour comprendre le haïku !!!…Je vais sans doute me faire taper sur les doigts par les puristes !!!

Haïku 1

Les bâtons de bois

pour la beauté du geste

dansent leur combat

Haïku 2

Combat sans guerriers

danse le son percutant

des bâtons de bois

 Haïku 3

Dansant leur combat

au bout des doigts s’enroulent

les bâtons de bois

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Le texte de Valérie :

Comme tous les vendredis, j’avais rendez-vous avec Gabriel mon meilleur ami. Cela faisait des années que tous les vendredi midi nous nous retrouvions au même endroit pour partager un petit repas et échanger sur notre semaine. Il y a bien des jours où ce rendez-vous me pesait un peu car c’était souvent la course avant et après au niveau du boulot. Mais c’était aussi un moment de partage fort et Gabriel n’aurait pas compris que je veuille le manquer. Ce jour-là nous sommes arrivés un peu en retard et notre table habituelle était prise… Depuis le temps que nous venons là chaque semaine nous avons trouvé cela abusé mais bon…nous ne réservions jamais alors. Le serveur nous conduisit du coup dans une autre partie du restaurant que nous ignorions totalement, près des fenêtres.

Après nous être installés et avoir pris commande, nous prenions toujours le menu du jour, je jetai un œil par la fenêtre. Cette dernière donnait sur une salle de sport, vide pour l’heure.

L’entrée nous fut portée, des œufs mimosas avec une petite salade de tomates. Je commençai à manger, je n’étais pas très fan mais bon… quand je vis du mouvement dans la salle en contre-bas. Sur le tatami vert, des hommes en kimono firent leur entrée. Tout de blanc vêtus sauf un, qui lui avait un pantalon noir, le prof peut-être. D’où j’étais, je ne voyais pas leur tête à moins de me contorsionner sur mon siège ce qui n’aurait pas été des plus discret.

Gabriel me racontait les visites qu’il avait faites cette semaine, les contrats qu’il avait signés, les promesses de vente en cours…J’avoue qu’il n’aurait pas fallu qu’il m’interroge à la fin du repas. J’étais attirée par les mouvements de ces hommes, leurs pieds nus tapotant les tapis, leurs lever de jambe… Après ce que j’imaginais être un entraînement, ils prirent tous un long bâton de bois. Leurs gestes tout aussi lents devinrent encore plus impressionnants, plus amples, plus majestueux. Je ne comprenais rien à ce qu’ils faisaient, danse ou combat… mais j’étais scotchée.

  • « Ca va Jeanne ? Tu n’as pas touché à ton assiette. Tu as l’air complètement ailleurs.
  • Tu ne crois pas si bien dire. Penche-toi. »

Gabriel se pencha également. Après un petit ricanement moqueur de sa part, je sentis en lui aussi une métamorphose. Ses yeux, comme les miens sans doute, s’écarquillèrent, s’étonnèrent et se mirent à voyager. Il se dégageait de cette salle une telle zénitude que rien qu’en les regardant nous pouvions profiter des bienfaits de leur activité. Nous nous relâchâmes complètement. La lenteur de leurs déplacements nous laissa comme supsendus dans le vide. Le temps semblait s’être arrêté. Gabriel oublia ses dossiers et l’autre affreuse qui visitait la même maison pour la dixième fois et n’avait toujours pas fait d’offre. J’oubliai mes dossiers, le crédit de Monsieur T qu’il n’arrivait plus à rembourser…

  • « Ce n’était pas bon ? Vous n’avez rien mangé.
  • Oh, si si très bon ! Vous avez quoi comme dessert aujourd’hui ?

Nous avions un peu honte mais notre découverte nous avait emplis d’une telle sensation de plénitude et de bien-être. Nous étions rassasiés et n’avions envie que de douceurs.

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Leiloona
Épicurienne culturelle, je sillonne villes, pays et musées, toujours un livre dans mon tote bag ... Chaque lundi, je publie mes textes dans un atelier d'écriture basé sur une photographie que j'anime depuis 5 ans. Museo geek l'hiver, sirène l'été. J'aime les bulles, le bon vin et les fromages affinés. View all posts by Leiloona →

46 commentaires

  1. @Leilona : très beau texte qui nous invite à profiter de chaque instant.et de constituer ainsi notre substantielle moelle. Merci à toi.

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    1. Merci Valérie ! J’ajoute ton texte, Morphée m’avait déjà emportée loin de mon ordi quand tu as envoyé ton texte ! 🙂

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  2. @Terjit : complètement embarquée dans la douleur de ton personnage qui n’ose pas affronter son ignoble paternel. C’est puissant et superbement écrit. J’adore. Merci

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  3. Merci pour vos mots <3
    (Bénédicte, j'ai une légère préférence pour le 3 ! )
    Un joli lundi à tous <3

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  4. @Alex : Moi aussi, je suis restée scotchée sur ces deux mains quand j’ai découvert la photo …
    Je partage tes réflexions sur la beauté de l’instant, sur ce que nous y mettons de nous, sur le souvenir que nous construisons et qui participe à nous consolider.
    J’aime ton regard sur la beauté. Et sur le fait qu’il nous faut savoir nous arrêter pour en profiter, tout simplement parce qu’elle nous est nécessaire !
    Bref, j’aime ton texte 😉

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  5. @Terjit : Je souhaite à ton personnage d’un jour réussir à faire tomber son masque, et d’être heureux, débarrassé de la pression paternelle et de son regard pesant et limitant.
    Ton texte exprime une réalité malheureusement trop présente dans nombre de familles.

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  6. Terjit :
    Superbe texte sur la différence … c’est fou, un parent devrait aimer justement l’unicité de son enfant, non ? N’est-ce pas ce qui le rend beau ?

    Ce paragraphe là m’a particulièrement émue car on touche à une certaine vérité :
    « Comment faire comprendre à ce père que ce n’est pas dans la force brute que je me sens viril, mais dans ces postures millimétrées répétées à l’infini pour parfaitement les maîtriser. Comme lui dire que c’est dans le contrôle que je trouve ma puissance et pas dans cette débauche de testostérone mal maîtrisée qu’il m’impose chaque dimanche matin sur les terrains détrempés. »

    Et j’ajouterai aussi qu’une personne peut être aussi l’un et l’autre à la fois … Un yin et yang réuni. Jung parlait d’anima et d’animus. Quand une personne sait lier les deux de façon équilibrée, une harmonie se crée. (Il est très rare d’en rencontrer …) 🙂

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  7. Jos : Oh oui, respect à l’aikishugyosha aussi ! 😉
    Mon fils s’est mis au karaté cette année (il fallait encore attendre pour l’aïkido).
    J’aime beaucoup quand il me montre les kata appris. (Puis j’adore le voir en kimono, il a une élégance folle …)

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    1. oh ! Tu vas donc en faire un grand sage ! Quant à l’élégance…il doit tenir de sa maman !

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      1. Oh mais c’est lui qui a voulu en faire ! (Il n’en démordait pas depuis deux ans …) Il devient un grand sage tout seul (je te raconterai aussi comment de lui-même il s’est mis à croire en la réincarnation …)
        Quant à l’élégance, je te remercie … 😉

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  8. Isa : Mouhahaha, alors oui, le début du texte très épique et porté par un souffle tragique (la thématique du corps douleur très forte) ne présume pas de la fin nawak ! Mouahahaha, Fort Boyard quoi ! 😀

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    1. Le corps douleur… en effet…je n’y avais pas pensé peut-être parce que j’essaie d’oublier

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  9. Adèle : Oh une réflexion intéressante sur l’écriture, sur les masques portés, sur les personnages crées, sur les dérives aussi … ton texte me plonge dans une certaine perplexité.
    Finalement, est-il grisé par ce succès ? A la base, ne voit-il pas les changements opérés ? Est-ce vraiment à ses lecteurs de pointer du doigt ses dérives ?

    En tout cas, je me demande bien jusqu’à quel point on ne peut pas se dire que ce JB est devenu assurément excessif face au succès rencontré. Bien loin de la pratique de l’aïkido. Il a tout faux là. Tu as une adresse où je peux lui écrire (autant le lui dire, non ? 😉 )

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  10. Nady : Je te reconnais bien là dans ton texte.
    Je l’espère, oui, que ces valeurs gagneront … Arfff … J’ai fait des lectures éprouvantes dernièrement qui mettent justement ces valeurs en jeu et en équilibre. La haine aveugle est tout de même bien présente … et ce depuis la nuit des temps. Lupus homini lupus …

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    1. Merci pour ta lecture ma belle, suis sûre que ces valeurs gagneront mais faudra qu’on soit tous attentifs ensemble et ça ce n’est pas encore gagné… Oui, j’ai vu que tu avais enchaîné des lectures éprouvantes ces derniers jours…. Quel courage ! j’ai « petit pays » de Gael F à ma bibliothèque, me suis inscrite sur la liste d’attente pour le lire 😉 bisous

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  11. Manue : Wouf … hum … Ton texte est vraiment très beau, je l’ai vraiment (re)vécu en le lisant (c’est la marque qu’il est bon ! 😀 )
    Malgré tout, malgré l’amour entre ces deux-là, le narrateur a toujours gardé le champ lexical du combat. Assez étrange :
    « Comme une douce torture. Presque un supplice. Elle se consumait de plaisir et lui, un instant, devenait fou de tendresse. »
    Supplice, torture, hum … ils ont encore un peu de chemin à parcourir je crois. 🙂

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  12. Valérie : Ah oui, se laisser porter par la beauté d’un instant … Moi aussi suis toujours plus contemplative devant ce genre de danse que par celle des jeunes filles en tutu. 😉

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  13. @Leiloona : Savoir regarder l’instant T pour mieux le voir et le savourer ! Savoir le décrypter, s’en imprégner pour en retirer sa substance, se l’approprier…et devenir. C’est beau et délicatement écrit. Merci Leiloona !

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  14. @Alex : ton texte me parle beaucoup cette semaine. Tu sais mettre des mots joliment formulés sur des ressentis. J’aime bien ton idée « d’armoires à souvenirs », une belle expression qui avait déjà retenu mon attention lorsque que tu l’avais utilisée en parlant de trognon et son apprentissage de la lecture à haute voix.

    J’ai aussi particulièrement adoré ce paragraphe : « La beauté du geste ne vient-elle pas plutôt du regard porté sur un instant T ? A la profondeur accordée ? Une seconde qui s’ouvre sur l’infini. Les choses importantes ne se disent-elles pas dans un silence à l’intensité palpable ? Voilà la beauté d’un instant. Dans ce que l’être y met de lui, de ce qu’il projette sur cet autre, de cette entité nouvellement créée, de la photographie qu’il en prendra pour le glisser dans son album personnel. Impression rétinienne dont il aimera se souvenir lors de ses vieux ans. »

    Bref, des bulles de bonheur à la louche que tu nous offres ce matin ! Merci pour les sensations engendrées miss !

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    1. Hihi ce n’était pas « armoire à souvenirs » mais « boîte à bonheur » ! 😀 Suis très rangement finalement, va falloir que je creuse cette idée ! 😀 Parce que bon … suis une femme bordélique. ^_^ #chut
      (Non, je ne suis pas sponsorisée par le géant jaune et bleu !)

      Sinon, à la louche comme le bon camembert AOP ! 😀 ça me va, je n’aime que celui-là ! 😀

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  15. @Terjit : j’adore quand tu nous plonges dans la psychologie de tes personnages.
    au début je me disais « pauvre gamin » devant ce père qu’on voit très bien tellement tes descriptions sont fines et justes pour mettre en lumière sa lourdeur et son côté « beauf »… et je me demandais quel adulte allait bien devenir ton narrateur.
    Puis au fil de la lecture, je sentis qu’il est entouré de belles âmes : sa mère, dont il sent la gêne répétée et de qui il sera proche toute sa vie je pense et ce Mathis, ce grand copain de collège qui lui dévoile, à travers un art martial, ce qu’il est vraiment et mon petit doigt me dit que cette histoire avec Mathis ne se limitera pas seulement à de l’amitié…. mais ça c’est une autre histoire, mon ressenti de lectrice qui est curieuse de lire la réaction du père à l’annonce de cette nouvelle… 😉 Bravo mon bel ami, tu ne cesses de me bluffer avec toutes tes histoires ! congrats !

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  16. @jos : waouuu ! quelle prouesse de texte ma belle amie et tout en rime en plus ! Bravo ! J’ai adoré ta description du concept même de ce sport que tu livres à travers de beaux mots et une belle philosophie : « Et pour faire face à l’agression,

    De celui qui veut l’affrontement,

    Tu accompagnes son mouvement,

    Et tu détruis ses ambitions. » : ce passage là est juste sublime, je me demandais d’ailleurs dès le début du texte comment tu allais aborder l’affrontement en face ! Bravo !

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  17. @Alexandra K: Ah! la beauté des choses… Il y a tant à en dire!

    @Terjit: il n’est jamais facile de dire les choses. Même quand on est adulte. Très beau texte!

    @Jos: chapeau! Pas facile d’écrire un poème à partir de ce sujet…

    @Isa: je crois que Marion Cotillard se fout un peu de sa carrière… elle marche à l’instinct. Mais je suis d’accord avec toi. Elle est plutôt du genre à s’investir à fond dans un rôle.

    @Adèle: je ne sais pas s’il y a beaucoup de Social Justice Warrior sur le net mais j’avoue regarder toujours les mêmes blogs donc je ne me rends pas bien compte de l’évolution de la blogosphère… ce qui est certain c’est que les commentaires ont un impact sur le rédacteur des billets. Ton sujet est dans tous les cas très intéressant.

    @Nady: sujet ô combien d’actualité!

    @Manue: un texte très sensuel!

    @Bénédicte: le n°2 et le n°3 me plaisent beaucoup. On pourrait presque entendre le son des bâtons de bois fendant l’air…

    @Valérie: quand on est happé par quelque chose qui nous intéresse on pourrait presque en oublier de manger.

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  18. @Jos : une belle prouesse pour ce poème plein de délicatesse et d’où émane la force tranquille des arts martiaux. Merci

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  19. @Terjit : Comme c’est dur de ne pas être celui que les autres veulent que l’on soit, de ne pas répondre à leur attente. Quand ton personnage s’acceptera tel qu’il est et qu’il s’assumera, il osera enfin se montrer et imposer sa personnalité…L’aïkido devrait l’aider à se trouver. Merci Terjit pour ton texte et la réflexion qu’il implique !

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  20. @Adele : partant au départ d’un bon sentiment, il ferait presque flipper ton JB. Intéressant en tous cas, notamment sur l’impact du retour des gens sur ce qu on fait,dit,, écrit.

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  21. @Nady : très fort Nady. Si seulement ils pouvaient t »entendre, toi, moi et tous ceux qui croient en tes mots, en l’amour et en la liberté. Si seulement ils pouvaient revenir sur leur position. On ne les oblige pas à avoir les mêmes croyances que nous évidemment mais juste à autoriser les autres à vivre comme ils veulent dans le respect des différences. Qu’ils t’entendent!

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  22. J’embarque pour la Bulgarie. Je ferai un tour sur les blogs si la connexion le permet sinon à mon retour.

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  23. @Jos : Oh oui respect ! Et je veux bien un petit bout d’aura aussi 😉

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  24. @Isa … Quel plan de carrière étonnant !!! Chute inattendue ! J’ai bien ri !!!

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  25. comme d’habitude il y a de très jolies choses en ce lundi (bon par contre je me sens nulle avec mon petit texte)(mais un peu marrante aussi 😛 )

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  26. @Adèle : Mais quelle horreur ce type … Tu as raison de pointer les dérives du net, la situation décrite dans ton texte est malheureusement certainement vraie pour certains blogueurs. Un bon coup de bâton sur la tête va lui remettre les idées en place, nanméo !!!

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  27. Encore de très beaux textes, très différents dans leurs sujets et leurs styles.
    @Alex : Texte magnifique ! Je voyais ces mains et ces gestes 🙂
    @Béné : j’aime beaucoup le premier haïku
    @Nady : vive l’amour et la liberté, armes de construction massives !

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  28. @ Leil, une jolie réflexion, aussi profonde que poétique. Une belle sensualité aussi !

    @ terjit, waouh, quel texte choc !

    @ Jos, un bel hommage !

    @ Isa, mais quelle chute désopilante !

    @ Adèle, très originale et efficace cette analogie, je suis fan.

    @ Nady, beaucoup de sagesse dans ce texte !

    @ Manue, un texte magnifique encore. Une fort belle sensualité aussi. Intéressant aussi ce dualisme des personnages, cette inversion des rôles presque.

    @ Bénédicte, ce genre te va vraiment bien, tu approches de la perfection. Je suis fan du 1, superbe image « Dansent leur combat »

    @ Valérie, de quoi avoir envie de tenter l’expérience non?!

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  29. @Nady : Comme Leil, je te reconnais du début à la fin du texte !!! J’espère oui que la liberté, l’amour vont grignoter petit à petit les âmes obscures …

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  30. @Bénédicte : J’aime toujours autant tes mots et plus particulièrement ceux du 3.

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  31. @Valérie : J’ai cru qu’ils allaient finir par les croquer à la place du déjeuner ! De tels moments sont magiques, et à savourer 😉

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