Σπεῦδε βραδέως Atelier d’écriture

© Fred Hedin

Elle passa la main dans ses cheveux et lui murmura. Je vais te raconter une histoire.

Il était une fois une petite fille. Conforme à toutes celles que vous avez dû déjà dû croiser dans n’importe quel conte de fée. Peu après son onzième anniversaire, un fâcheux incident la rendit suspicieuse face au temps. Il lui fallait à tout prix engranger, amasser, combler ce temps qui filait entre ses doigts. Elle mena alors une vie à deux cents à l’heure. Jamais de repos, toujours en activité : certaines de ses amies se moquaient et l’appelaient le derviche tourneur. Effectivement, elle s’enivrait. De tout, de rien. Elle tournait.

Un jour, elle dépassa même le temps, elle alla plus vite que lui. Quelle joie ! Elle lui fit son plus joli sourire, et l’apostropha ! Enfin je t’ai vaincu ! Je suis plus forte que toi ! Elle riait aux éclats, il fallait voir la bienheureuse rayonner de toutes parts. Toute occupée à sa liesse, elle ne vit pas au sol un obstacle. Son pied le heurta. Elle s’arrêta net. La douleur irradiait de son orteil et remontait le long de sa longue jambe. Ce qu’elle avait pris pour un gros caillou était en réalité la carapace d’une tortue. Cette dernière sortit lentement sa tête, puis cligna des yeux. La petite fut impressionnée par autant de lenteur. Comment était-il possible de mener une telle vie ?

La tortue, toute imprégnée de la sagesse populaire des fables, se devait d’être à la hauteur et de guider la petite sur une autre voie.

« De tes années à chasser le temps, quel plaisir as-tu retenu ? Plutôt que de vouloir le dépasser, la sagesse voudrait plutôt que tu l’étires, tel l’élastique qui retient tes cheveux. Regarde là bas cette cabane abandonnée. Ta course folle ne te permet même pas de la voir. Tu survoles et ne vois pas la beauté des lieux. Pose toi : regarde, contemple. »

La petite s’assit alors pour la première fois de sa vie. Elle cligna des yeux trois fois, et vit, comme par magie, la beauté des choses. C’était donc cela ! La mousse unie au bois, le roucoulement des oiseaux, l’odeur de l’humidité. La petite sourit et le temps s’étira. Elle resta ainsi de nombreux jours à contempler l’insecte rampant, la coccinelle perdue, la libellule farceuse, le merle moqueur. Le soir la bordait d’une lumière chaude comme des braises, tandis que le matin lui apportait de fines gouttelettes d’eau.

Un midi, le coeur heureux, elle retourna voir dame la tortue :

« Maintenant je sais. Peu importe la durée et la fréquence d’un instant. Seule compte sa beauté. Mon oreille bourdonne encore de cette abeille venue s’abreuver du nectar des fleurs qui poussent derrière la cabane, mes yeux brillent encore des éclats de la constellation du Grand Ours uniquement visible les soirs de lune rousse, sous mes doigts crisse encore cette terre piétinée par les gros chats aux griffes pointues. Mon esprit est plein et repu de cette lenteur. »

Ensemble elles continuèrent leur route, et la petite profita enfin de ce temps retrouvé.

Ce ne sont pas les amants enlianés sous le toit de cette cabane qui nous diront le contraire. Pour eux, le temps est une donnée dont ils n’ont aucune conscience, chaque seconde s’étire comme ces langues de feu dans la lagune : l’éternité est devant eux.

© Alexandra K. le 6 mai 2017

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Anselme :

Il était une fois un refuge, bâti il y a fort longtemps dans les hauteurs de la forêt primaire du royaume.
La légende raconte qu’il fallait traverser moult torrents, franchir l’épaisse jungle de fougères et gravir le sommet de ce volcan éteint d’où tout avait commencé il y a sept millions d’années.
Sur le flanc ombragé du pic, l’homme avait creusé un habitat sur plusieurs étages, reliant plusieurs grottes naturelles entre elles.
Les anciens racontent qu’un parchemin est caché dans ce refuge construit sur des grottes connues des anciens, mais que personne n’a jamais mis la main dessus.
Pourtant, moi je l’ai trouvé, après des années de recherche, après une longue quête sur une route sinueuse.
Vous êtes curieux ?
Le texte ne dit pas grand chose mais le chante dans la langue morte des immortels, celle qui doit durer dix mille ans.
Il raconte l’histoire d’un refuge, d’une terre d’accueil, d’une colombe et d’un lion.
Malheureusement, à la toute fin de la guerre de Lormodie, quand les patriotes se cachaient ici,  un incendie ravagea les lieux.
La fin du parchemin sacré est illisible, en partie avalée par les flammes.
Des fois, quand les astres s’y prêtent,  je m’installe à l’ombre du grand saule et je me plais à imaginer sa fin.
« Ses longues lianes le retiennent à jamais et de cette fusion naîtra une oeuvre magnifique ».

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Jos :

Le paradis d’alors

Dans cette maison délabrée,
De tendres moments j’ai passé,
C’est ici que j’ai tout appris,
Que j’ai vécu, que j’ai grandi.

Mes parents étaient encore là
Pour m’entourer de leur aura.
Pour m’aimer, pour me dorloter,
Et pour m’apprendre à avancer.

Ils étaient mes meilleurs alliés,
M’encourageaient de leurs hourras
quand je regardais l’escalier
et le grimpais cahin-caha.

Si de ce paradis perdu,
Aujourd’hui il ne reste plus,
Que les vestiges d’un temps passé,
Et cette maison délabrée,

Dans mon cœur il me reste encore,
La mémoire de ma vie d’alors,
Le souvenir doux et précieux,
De ces deux être merveilleux.

Cette maison, mon paradis
Quand j’en montais les escaliers
Le souvenir doux et précieux,
De ces deux être merveilleux.

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Mary :

On s’était dit, on reviendra, promis, et puis l’un est allé à la fac à deux cents bornes d’ici, l’autre s’est engagé dans l‘armée et puis toi toujours ici, tu as ton atelier, une famille, des responsabilités.
L’ancienne tuilerie était sur le chemin qui menait à la Cadenette. Elle était déjà à l’abandon, bien décrépie, mais l’escalier était encore praticable.
Il faisait un froid glacial l’hiver, le vent rentrait par toutes les ouvertures, l’été impossible de monter sous les toits tellement l’air était étouffant. Nous nous réunissions en sortant du lycée en bas de l’escalier, exactement là où il y a des inscriptions aujourd’hui.
On n’avait pas beaucoup de temps, il fallait être concis.
L’organisation était pensée, pas plus de deux minutes chacun.
Il fallait rendre compte de sa progression, raconter en détails, de façon imagée pour que chacun visualise la scène de la façon la plus précise possible.
C’était toi, qui pensais la suite, qui imaginais immédiatement les questions à se poser, les précisions à apporter, les diverses possibilités qui s’offraient pour garantir l’authenticité de la situation.
Notre connaissance des lieux à proximité était primordiale : voies ferrées, routes, ponts, notions de chimie et de secourisme, mais aussi des différents réseaux connus et de leurs têtes pensantes, sous leur nom d’emprunt.
Lui, préférait toujours faire l’artificier, le risque, ça lui plaisait, il maîtrisait la stratégie, il avait lu « L’art de la guerre » pendant les vacances, il est dans une division d’artillerie aujourd’hui.
Moi, j’avais toujours aimé la politique, j’étais garant de la véracité des faits : alliances, progressions des armées, prises de position des dirigeants des différents pays.
Chaque semaine, le lundi on avait rendez-vous, on s’asseyait en bas l’été, en haut l’hiver et on récapitulait, on détaillait la façon de nettoyer les armes, le codage optimal des informations, la technique pour résister aux interrogatoires.
Et puis on a tous passé le bac, avec plus ou moins de succès, la tuilerie a été vendue, le nouveau propriétaire a fait mettre du barbelé tout autour.
Notre jeu, « Résistants toujours », est dans un carton à la cave chez ma grand-mère.
On pourrait, tout retranscrire, l’éditer…
Toi, après avoir repris l’atelier de ton père, tu es devenu maire.
Que vas –tu décider de faire de la vieille tuilerie?
On s’était dit, on reviendra… Te voilà à nouveau Maître du Jeu.

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Nady :

« Il y en a des grands et des petits,
Des majestueux et des plus simples,
Des droits et des circulaires,
Certains sont en métal ou en plexiglass,
D’autres en bois ou en pierre,
Souvent entretenus ou quelquefois dégradés,
Ils vous amènent au 7ème Ciel, au Paradis ou en Enfer…

Il y a Mathilde, qui, dès sa naissance, n’a connu que le top des tops : en colimaçon, en marbre à l’intérieur aux rampes d’or, en pierre de taille sur l’extérieur… Bref, autour d’elle il y en a plein qui peuvent l’amener aux sommets pour atteindre le graal du bonheur à travers l’amour, l’argent, le travail prestigieux… et j’en passe… Elle a appris à les monter avec grâce. Mais ne nous attardons pas sur elle, ce n’est pas le thème de la semaine et puis ça nous rendrait jaloux d’envie de vivre sa vie… ou pas… car même Mathilde n’est pas à l’abri d’un accident de vie qui la ferait dégringoler bien vite après être monté si haut… Le marbre et la pierre, c’est glissant en temps de pluie…

Et puis il y a Fetnat. Lui il a été retrouvé emmitouflé dans un couffin de misère, un 14 juillet, au pied des marches de celui de l’église. Les sœurs lui trouvèrent un prénom de circonstance et le déposèrent à la DDASS. Personne n’a voulu de lui à cause de sa différence physique, alors c’est vous dire comme son escalier de vie à lui était inexistant dès les premières heures de sa vie. Il en voyait parfois au loin, mais quand on a manqué d’amour et d’attentions à la source, le courage, l’endurance, la volonté font défaut pour s’attaquer à l’escalade. Alors, il poursuit tranquillement sa route sur chemin plat, maîtrisant ses droits et ses devoirs et tentant de s’intégrer dans la vie sociale ici bas. Parfois le miracle opère et il lui arrive de trouver une belle âme qui lui tend la main et ensemble ils construisent l’escalier qui les mènera vers un chez eux qu’ils fonderont, laissant ensuite à leurs progénitures en héritage un bout de cet escalier de la renaissance.

Et enfin, il y a Kevin : avec un prénom comme celui là choisi principalement par sa mère, fan de séries TV, il était prédestiné à monter l’escalier de l’Amour, de la Gloire et de la Beauté virtuelle ! Au début, tout allait bien. La surprotection des parents était telle qu’il se voyait déjà en haut de l’affiche. Et puis un jour, pouf badaboum ! En ouvrant une porte de sa destinée, le spectacle qui apparut était désolant : comment allait il faire pour continuer à monter ? Les premières marches étaient inexistantes… c’était le chantier ! Mais bon, l’espoir était toujours là car il voyait bien le sommet mais il se rendait compte aussi de l’étendue des travaux. Mais avec un optimisme éternel tout est possible et il ne lui fallut pas plus de 5 minutes pour faire appel à l’émission Tous Ensemble pour voir plein de bénévoles débarquer pour l’aider à le reconstruire cet escalier ! Faut quand même oser demander mais souvent la solidarité répond présente et puis, une fois que tout sera remis en état, il suffira de passer un petit coup de fil à Valérie Damidot pour qu’elle lui mette un peu de couleur ici et là, histoire d’agrémenter la vue pendant sa montée…

Et vous, votre escalier de vie, il est comment en ce moment ?

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Valérie :

J’étais en train de finir la formation aux premiers gestes de survie avec des élèves de 5ième quand un petit bonhomme a levé sa main.
– Monsieur, comment avez-vous décidé d’être pompier professionnel ?
– C’est une bonne question. Un jour, ça s’est révélé comme une évidence.
Les images de ce premier souvenir défilèrent devant mes yeux. Je leur expliquai rapidement.
– « Je suis né un peu prématuré. A vingt-et-une semaines au lieu des trente-six nécessaires à la formation d’un bébé en bonne santé. On ne donnait pas cher de ma peau mais grâce au dévouement des médecins et des infirmières et surtout grâce à l’amour de mes parents, j’ai été sauvé. J’étais un petit miraculé. Je n’étais pas bien grand mais j’avais une pêche d’enfer. En CM2, avec ma classe, nous sommes allés visiter la caserne des pompiers de Montlhéry et j’ai commencé à m’intéresser à ce métier. J’ai appris que dès dix ans on pouvait se former dans les sections des jeunes sapeurs-pompiers volontaires. J’ai tanné mes parents qui étaient un peu réticents pour pouvoir y aller et un mercredi ma mère a accepté de m’y amener. Je me suis retrouvé avec un groupe de garçons et de filles de 10 à 14-15 ans environ. Ils me regardaient tous un peu étrangement, le regard un peu moqueur. Je n’en connaissais aucun. Le sapeur-pompier chargeait de la formation nous a expliqué rapidement qu’on allait nous demander beaucoup de rigueur, de travail et que pour être accepté dans cette section nos résultats scolaires devaient être très bons et notre comportement exemplaire. Puis il nous mit en activité sportive. Il nous fit d’abord courir deux tours sur la piste. Pendant ce temps, il installa un parcours. Je fus dans les premiers à finir ma course. Certains arrivèrent difficilement à la finir.
« Toi, la crevette, viens là ! Tu vas montrer à tes camarades ce que j’attends de vous ! »
Je devins tout rouge, les autres pouffèrent. Il les calma de suite.
« Quelqu’un à quelque chose à dire ? Excuse-moi pour ce surnom, j’ai été maladroit. J’aurai dû t’appeler le guépard vue ta vitesse. Ce n’est pas par hasard si je te demande à toi de venir montrer les exercices. Viens-là mon gars et vous autres, soyez attentifs ! »
J’étais certes un peu gringalet mais ma volonté était telle que j’aurais pu déplacer des montagnes. Les mots qu’il venait de prononcer avaient quintupler ma force. Je rampai, escaladai des obstacles, sautai par-dessus d’autres… je fis un parcours sans faute et fut applaudi par le sapeur-pompier suivi par les autres du groupe. Ce fut mon premier déclic ! »
– Quelle est l’expérience qui a été la plus forte depuis ?
– J’étais encore mineur à l’époque et toujours chez les jeunes sapeurs-pompiers volontaires. C’était une des premières fois où j’étais de nuit. Nous avions été appelés pour un incendie dans une vieille usine. Cette usine était isolée. Elle avait été fermée il y a déjà plusieurs années et depuis elle avait été plusieurs fois squattée. En arrivant, nous vîmes beaucoup de fumée et des flammes énormes. Le bâtiment s’élevait sur plusieurs niveaux mais très vite nous réussîmes à vaincre le feu. Il a fallu ensuite s’assurer que l’usine soit vide. Y pénétrer de l’extérieur était impossible, les fenêtres du bas avaient été murées et celles du haut étaient beaucoup trop étroites. Le capitaine muni d’un masque entra dans l’usine, constata les dégâts et me fit appeler.
-« Crevette, vu l’état des marches, seul toi peut essayer de les gravir sans que tout s’écroule. Equipe-toi et monte. Je te fais confiance. »
Oui le surnom m’était resté et pour une fois ma petite taille et mon poids plume étaient des atouts. Je mis un casque pour respirer et monta marche à marche. Au début, le cœur battant, les mains moites, le corps tremblant mais peu à peu je pris de l’assurance convaincu qu’il y avait peut-être une vie à sauver. Le feu n’avait pas pu prendre tout seul. Les marches étaient vraiment dans un état piteux. Je gravis les étages le plus délicatement possible. A plusieurs reprises, une marche céda mais à chaque fois je réussis à me rattraper. Au premier étage il n’y avait personne, au deuxième pareil. Ce n’est qu’au troisième que je découvris recroquevillée dans un coin et complètement tétanisée par la peur une jeune fille.
-« Y’a quelqu’un ! » hurlai-je
Je m’approchai d’elle espérant qu’elle était en vie. Je l’appelai, lui tapotai l’épaule… Elle sursauta et je découvris qu’elle serrait dans ses bras un bébé, vivant lui aussi. Il a fallu alors faire vite. Ils respiraient tous les deux mais étaient complètement droguis. Elle était plus âgée que moi mais pas beaucoup plus grosse. Elle ne tenait presque pas sur ses jambes. Je dus les prendre sur mon dos tous les deux. Je ne sais où je trouvai la force de les descendre mais j’y suis arrivé, encouragé par mes collègues en bas qui me guidaient. Je n’ai jamais connu une telle fierté et un tel soulagement. J’avais sauvé deux personnes. Mon avenir s’est alors imposée à moi comme une évidence : je serai sapeur-pompier professionnel et c’est ce que je suis depuis plus de vingt ans. »
– « Whaouh, vous êtes un héros Monsieur ! » Les enfants applaudirent.
– Non les jeunes, pas du tout. Je crois vraiment que chacun de nous, confronté à une situation de ce type, se transforme en héros. Chacun de nous a en lui une volonté de survie qui lors d’un danger va lui donner une force extrême pour se protéger et protéger les autres. Sans doute notre côté animal. En tous cas les enfants, je vous remercie pour votre attention.
– Merci à vous Monsieur. C’était trop bien !

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Isabelle :

– Pfiou quel foutoir là-dedans ! Et tu as vu ce coin, là, comme c’est sombre !…
– Ouais, déjà qu’on a eu du mal à monter. Tu parles, un escalier tout vermoulu, avec des marches en moins. C’était casse-gueule. A croire qu’elle ne voulait pas qu’on vienne.
– Peut-être bien, mais il le faut, non ? Y a du boulot. Alors… oh regarde, des Barbie ! Purée elles sont vintage.
– Elles ont au moins quarante ans : regarde le camping-car, on dirait celui de Scoubidou !
– Tu te souviens quand elle le regardait avec son grand-père ?
– Ouii ! Des purs moments de bonheur ! Ouah, mate un peu les vinyls ! C’est qui, ce type étrange habillé en clown blanc… et là, on dirait le même mais avec des cheveux rouges… elle a des goûts bizarres, hein ? Oh j’y crois pas, il y a même une cassette audio, lol !!
– Francis Cabrel « La dame de Haute-Savoie »… ça plus « Les goélands » de Damia… c’est même plus vintage, c’est néandertalien !
– Ouais ben pas touche les chanteuses réalistes ! Ca et les chants scouts, c’était avec son père… tiens d’ailleurs, c’est lui là, sur la photo. Il est tout fier…
– Normal… ils sont à la mairie. Oh, c’est pas banal, elle s’est mariée en rouge. Décidément, elle fait jamais rien comme les autres. Comme tous ces petits bouquins jaunes en allemand, faut être taré pour lire ça !
– Môôôhh, trop choutes les petites chaussures à pâquerettes… Dire que maintenant avec sa fille, elles pourraient s’échanger leurs pompes !
– Eh… hello les filles !! Viens voir les photos ! Elle sait s’entourer, sympas les meufs !
– Yeess ! Surtout la grande blonde, là ! Tiens, attends, il y a un nom… Lei-loo-na. Ah ben ça m’étonne pas d’elle ça, toujours des copines zarbies. Qui se ressemble… En tout cas, elle a l’air de s’éclater à cet atelier d’écriture. Regarde comme elle est sérieuse, avec ses lunettes et toutes ses feuilles couvertes de mots, de flèches…
– Ben oui, mais il y avait le mec aux lasagnes aussi !
– Mais non, c’est des raviolis… je sais bien que la viande c’est pas du tout son truc, mais quand même !
– On sent que ça lui a fait du bien en tout cas, ça a mis un peu d’ordre dans le coin tout sombre là-bas. Tu sais quoi, on va continuer à le déblayer, on va tout ranger…
– Mais on ne jette rien, hein ?
– Ah non, on garde TOUT ! Enfin… surtout le meilleur… le principal, c’est de faire de la place pour le reste !
– Oui, et puis que des belles choses. Et tu sais quoi ? On va réparer l’escalier, ça sera plus facile pour elle de venir ici comme ça…

6h30. Le réveil sonne. Elle avait passé une bonne nuit…enfin… Cerveau apaisé, réparé… Pleine d’espoir…

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Terjit 

Au petit matin nous nous retrouvons comme tous les dimanches, Yuna, Hayato et moi. L’excitation est toujours la même en attendant l’arrivée de Fred et ses trouvailles incroyables. Aujourd’hui c’est dans un quartier pavillonnaire comme il en existe des milliers que nous trépignons d’impatience, d’habitude c’est plutôt dans des friches industrielles ou au cœur des villes pour découvrir un souterrain. Son message d’hier était énigmatique, impossible de savoir exactement dans quel endroit il allait nous emmener : « Rendez-vous à Bernay, au coin des rues des pâquerettes et des tilleuls pour un voyage avec Miyazaki et Audiard ».

Bernay à sept heures le dimanche matin c’est une expérience à vivre une fois dans sa vie pour des parisiens habitués au boulevard de Magenta : la seule trace de vie est celle du chien de garde de la maison d’à côté qui hurle comme si le chat qui venait de passer devant son portail mettait son existence en péril. Il commence à tomber une petite pluie fine, nous nous réfugions sous un abri bus en commençant à rouspéter sur ce climat normand toujours aussi désagréable. Chacun prépare pour la dixième fois depuis notre arrivée son appareil, la tension monte d’un cran : Yuna est comme d’habitude certaine de ne pas avoir pris le bon objectif, Hayato râle comme à chaque fois sur la lumière qui est ce matin trop faible ou trop blanche ou trop je ne sais quoi encore, et une fois de plus je me rends compte que la batterie de mon Canon ne tiendra surement pas la matinée. Nous nous regardons consternés de notre amateurisme.

Heureusement la vie reprend quand nous entendons le bruit si caractéristique de la moto de Fred, il nous fait toujours autant rire avec sa vieille Honda Four et son équipement sorti tout droit d’un film des années 70. Le Cromwell vissé sur la tête, les lunettes embrumées par la pluie, le cuir dégoulinant, il apparait enfin dans la cacophonie assourdissante de son quatre cylindres en échappement libre. Comme à chaque fois il s’arrête « tout en glisse » comme il dit, et retire ses lunettes pour mieux nous montrer son visage hilare de nous voir transis sous l’abri bus au toit troué. Selon la coutume nous le saluons d’un « Salut le Joe Bar Team » auquel il répond par « Salut les caisseux ».

Une fois passées les mondanités d’usage, de sa voix de stentor il nous demande si nous avons vu « Le château ambulant » et « Les tontons flingueurs ». Cette question n’a pas vraiment de sens tant la réponse est évidente aussi bien pour mes deux compères que pour moi. Bien que nés et élevés au Japon, Yuna et Hayato sont issus d’un couple mixte, Sonoko et Vincent, qui ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour leur transmettre la double culture. Leurs parents ont si bien réussi que maintenant Yuna est devenue une spécialiste universitaire du « titi-parisien », et Hayato est la référence de la traduction des films français des années 50 à 70 en Japonais. Autant dire qu’Audiard n’a aucun secret pour eux, pas plus que Miyazaki n’en a pour moi depuis que j’ai découvert à 14 ans les mangas.

Après avoir garé son antique pétoire enfin silencieuse sur le bas-côté, Fred nous entraine dans un minuscule chemin entre deux maisons sorties du cerveau d’un architecte visiblement névrosé par le préfabriqué. La terre est rendue tellement glissante par les hautes herbes et la boue que Yuna est obligée de s’accrocher à mon bras, en le voyant Fred me fait un clin d’œil discret mais parfaitement explicite. Une centaine de mètre plus loin un portail rouillé nous oblige à nous arrêter. Fred le pousse avec difficulté et ne réussit qu’à l’entrebâiller. Comme c’est impossible de passer à deux en même temps, Yuna quitte mon bras pour ma main et nous nous faufilons l’un derrière l’autre. Nous traversons quelques buissons et là, devant nous, apparaît une maison en bois de trois étages à l’allure étrange. La façade a plusieurs niveaux décalés les uns par rapport aux autres, les fenêtres sont pour la plupart cassées, le toit est par endroits éventré, trois cheminées en brique semblent plantées dans les coins, la quatrième est surement tombée.

Fred se retourne et nous explique que cette maison était à la fois l’habitation et l’atelier d’un menuisier mort il y a plus de 50 ans maintenant. Face à notre étonnement il nous précise que tout a été fait de ses mains, un confrère du Facteur Cheval en somme.

Nous sommes tellement surpris par ce lieu que nous en restons silencieux et immobiles. Yuna d’habitude si bavarde pour expliquer quel angle de vue elle va prendre, quelle partie va focaliser son attention ou quel arrière-plan elle va utiliser, cette fois-ci reste sans voix, sa main dans la mienne. Hayato se décide à entrer le premier par un trou dans un mur, puis Fred lui emboite le pas et ils disparaissent de notre vue. Nous restons encore quelques instants là à partager la chaleur de la paume de nos mains puis doucement Yuna fait un pas et m’entraîne avec elle. Nous faisons le tour de la maison et pénétrons par une double porte à moitié écroulée, probablement l’entrée de l’atelier. Face à nous une cascade d’escaliers monte jusqu’au toit, donnant un air de cathédrale à ces décombres. Fascinés par la perspective nous devrions nous précipiter sur nos appareils, mais pas cette fois. Yuna se rapproche de moi, je quitte sa main et passe le bras autour de sa taille, elle ne tarde pas à en faire autant. Au moment où ses lèvres touchent les miennes les murs se mettent à bouger, la maison s’ébranle, par le mur éventré nous voyons la cime des arbres, la voix de Lino appelant Théo dans la distillerie clandestine résonne. Nous sommes déjà loin, quelque part entre l’Europe et l’Asie.

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Adèle :

L’escalier de Penrose.
Quand elle pénétra dans le bâtiment en ruine, elle fut saisie d’une curieuse sensation de déjà vu. C’était pourtant bien la première fois qu’elle venait là. Elle ressentait un vague malaise, tête qui tourne, nausée hésitant entre estomac et lèvres. Au pied de la première marche, son regard fût attiré vers le haut, sur l’enfilade des étages. Cela ne serait pas facile d’arriver au sommet, voir même impossible, beaucoup de planches avaient disparues, l’escalier était en piteux état. Pourtant, de là-haut la vue devait être belle, elle en était certaine, et c’est pourquoi il fallait qu’elle y arrive. Tel était son tempérament, ne jamais renoncer.
Son opiniâtreté, elle la devait à son père, cet homme exigeant, qui l’avait courageusement élevé seul, après le décès de son épouse. Dès ses six ans, il l’avait emmenée dans ses randonnées, puis dans ses courses en montagne, la poussant à toujours se dépasser, malgré ses peurs et ses ampoules aux pieds. Moquant ses pleurs, lui apprenant ainsi à ne jamais se plaindre, à masquer ses douleurs. Elle obéissait, qu’est-ce qu’elle aurait pu faire d’autre, si petite, si seule ?
Ses yeux se posèrent sur le premier escalier, il n’était pas bien haut, les montants en bois lui semblaient quand même solides, peut-être pourrait-elle l’escalader, un pied posé de chaque côté ?
Son père, une ascension en solitaire lui avait été fatale. Un mauvais choix d’une voie rendue difficile par les conditions météo. A sa mort, elle s’était retrouvée seule, démunie aussi bien moralement que matériellement. Elle avait enchainé les petits boulots, et puis il y avait eu la rencontre avec Nicolas. Dix ans déjà. Un homme fort, comme son père, et sur qui elle s’était sentie soulagée de pouvoir s’appuyer. Un véritable guide.
Ce matin, Nicolas avait souri quand il l’avait vu empoigner les courroies de son sac-photo. Un sourire en coin, qui l’avait blessé avec finesse et précision. Elle se rappelait de son éclat de rire il y a deux jours – un rire qui n’augurait rien de bon – quand elle lui avait parlé de son projet d’exposition.
« Toi, faire une exposition, mais pauvre cloche, avec quel argent ? »
Il se remit à rire, grinçant et grimaçant. Elle murmura qu’elle allait peut-être rencontrer quelqu’un, le directeur d’une petite galerie ; une amie lui avait montré ses clichés, il semblait intéressé.
« Parce que maintenant tu penses que tu peux intéresser quelqu’un ? Mais ouvre les yeux, même moi, avec le talent que j’ai, je n’ai pas encore réussi à exposer mes peintures ! Alors toi, avec tes pauvres vignettes en noir et blanc, style années cinquante, tu me fais rire ! »
Ce matin, un regard mauvais animait ses prunelles jaunes.
« J’ai besoin de nouvelles toiles, demain j’emporterai ton Leica chez le prêteur sur gages. Si j’en tire un peu d’argent, pour une fois il servira à quelque chose ! »
Elle n’avait rien répondu. C’est vrai que Nicolas avait du talent, c’était tellement injuste qu’il n’arrive pas se faire connaitre. Peut-être pourrait-elle demander au galeriste de prendre ses toiles, plutôt que ses photos à elle qui n’était, c’est vrai, qu’une amatrice, alors que lui, il avait quand même fait l’école des Beaux-arts. Et le prêteur sur gages, c’était mieux qu’une mise en vente, peut-être pourrait-elle un jour, avec la paye d’un prochain job, récupérer son Leica, acheté sur un coup de tête pour ses vingt ans.
Aujourd’hui elle voulait profiter encore un peu de son merveilleux joujou, et aussi, elle avait besoin de quelques clichés originaux. Elle avait rendez-vous lundi avec le galeriste, et ne l’avait pas dit à Nicolas. Premier secret après dix ans de transparence, elle se sentait un peu coupable. Malhonnête, même.
Les pieds en équilibre périlleux, le Leica autour du cou pour libérer ses mains, elle s’était hissé jusqu’au premier niveau. Le plancher semblait fragile, chaque pas déclenchait un mouvement de roulis inquiétant. Elle leva la tête. Au-dessus d’elle, un escalier, suivi d’un autre escalier, et encore un autre. Elle en avait le vertige. Et toujours cette impression de déjà-vu. Tant pis, elle devait continuer, comme son père le lui avait appris.
Elle sortit du sac l’appareil, régla les paramètres, visa. Clic, l’escalier au-dessus d’elle, clac, celui du bas, clac-clac, des marches, toujours des marches. Contrôlant ses prises de vue dans l’écran, l’image jaillit enfin de sa mémoire. L’escalier de Penrose, l’illusion d’optique, la construction imaginaire, où monter n’a pas de fin. Comme dans un miroir, elle se vit tourner inlassablement, prisonnière volontaire d’une existence qu’on lui imposait. L’angoisse la saisit.
Qu’est-ce que lui disaient ses amies ? Qu’elle tournait en rond dans sa vie ? Que ses photos étaient belles, que Nicolas ne la méritait pas et que l’entêtement est parfois déraisonnable ? Que tous les combats ne se valent pas et qu’il est essentiel de choisir ? Que renoncer n’est pas faillir, surtout si c’est pour sauver son cœur et sa peau ?
Elle rangea le précieux appareil, remit son sac en bandoulière et regagna avec légèreté le sol du bâtiment.
Et si elle passait dès maintenant à la galerie ?

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Manue :

Elle est arrivée seule dans cette maison, avec son amoureux, enfin celui qui la suivait partout comme son ombre, et quelques proches, qui l’aimaient. Elle se savait forte, séduisante, et ça n’est pas cette bâtisse qui lui faisait peur, des poutres solides, elle en avait vu d’autres ! Elle s’installa.
Invisible, elle échappait aux regards les plus acérés. Elle en profita pour développer sa raison d’être, grignoter, grignoter, grignoter !!! Bientôt, ils furent nombreux. Ses idées étaient simples, une poutre pour chacun, les intrus n’avaient qu’à s’installer ailleurs, chacun dans sa maison, en sécurité, autour de belles barrières, solides et bien gardées.
Toujours bien propre sur elle, sourire aux lèvres, ses crocs mordaient sans se fatiguer. Et ses crocs, ceux de sa famille, de ses amis, de ses disciples, de ceux qui avaient des dents bien longues, faisaient des dégâts, mais loin des projecteurs. Ils sapaient, en profondeur, des pans entiers de la vieille demeure, pourtant réputée solide, pourtant reconnue inviolable. Ses gardiens, les habitants, n’imaginaient même pas l’existence d’un danger. Il faut pourtant que je vous parle d’eux, ils étaient si lumineux … Des gens libres, intelligents, ils avaient de moins en moins d’argent, mais ils étaient heureux et savaient partager, ils avaient parfois peur mais ne rejetaient personne, ils vomissaient parfois les bombes, les balles, pleuraient, mais ensemble, ils réussissaient toujours à se relever. Leur humanité les rendait aveugle, ils ne voyaient pas que les autres avaient juste faim.
Un beau matin, ils se réveillèrent dans une maison délabrée, prête à s’écrouler, sans qu’ils n’aient rien vu venir. Les termites avaient tout dévoré. Les poutres n’étaient plus que poussière, les escaliers, dangereux, et pourtant, elle était encore séduisante cette maison, malgré ses sales bestioles, et encore debout. Elle avait une histoire. Les incendies ne l’avaient pas détruite, ça n’est pas quelques crocs qui allaient avoir raison d’elle. Alors les habitants se lancèrent dans une profonde rénovation … il fallait qu’ils réfléchissent bien au moyen de rendre les indésirables inoffensifs tout en reconstruisant mieux et plus solide. Un si bel endroit … il était grand temps de faire quelque chose contre les termites, non ?

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Leiloona
Épicurienne culturelle, je sillonne villes, pays et musées, toujours un livre dans mon sac ... Chaque lundi, je publie mes textes dans un atelier d'écriture que j'anime depuis plus de 5 ans, basé sur une photographie. Museo geek l'hiver, sirène l'été. J'aime les bulles, le bon vin et les fromages affinés. View all posts by Leiloona →

81 commentaires

  1. Hello Leiloona : Je t’ai envoyé les 2 dernières lignes manquantes par mail. Bises. 🙂

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  2. @Leiloona : un joli conte d’une douceur infinie en ce lundi pluvieux. Désormais, j’écoute les gouttes de pluie taper sur la baie et ruisseler sur le sol. Quel plaisir de revenir aux choses simples, d’ouvrir les yeux et les oreilles sur ce qui nous entoure et de savourer avec sagesse.

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  3. @Anselme : l’heure est aux contes et légendes. Quel plaisir de lire de belles histoires (contrairement à mon texte qui est carrément plombant haha). On se laisse porter par cette aventure, par cette légende qui habite ces grottes. Bravo et merci.

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  4. @Jos : se souvenir, garder en mémoire ces lieux et ces parents qui ont fait de nous ce que nous sommes et nous ont vu grandir, c’est toujours très émouvant. Tu le retranscris simplement mais superbement. Sans fioritures, juste avec le cœur qui parle. Bravo !

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  5. @alexandra : superbe ton histoire, elle m’a fait penser à une petite fille que je connais très bien et qui un jour buta aussi contre une tortue. Elle était bleue la tortue , elle l’est toujours d’ailleurs et son enseignement lui a appris la contemplation, comme à ton personnage et depuis la vie à pris une autre saveur pour cette petite fille, plus douce et précieuse. Merci ; -)

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      1. @Anselme : tu as titillé ma curiosité mais je ne saurai donc jamais ce que les flammes ont emporté…grhh

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      2. @Jos: très bel hommage Jos.Pour un peu on te verrait en barboteurs montant et descendant les marches.j aime beaucoup.

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        1. cette réponse est pour Leil, je ne sais pas pourquoi ça va en dessous du com de Valérie… :/

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  6. @Mary : qu’il est bon de se souvenir des jeux que l’on inventait enfant avec ses amis. On ressent cette envie de les revoir, cette envie de tenir la promesse faite il y a bien longtemps. La nostalgie habite ton récit, c’est doux et amer à la fois.

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  7. @Terjit : des références que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre et donc moi non plus 😉 sauf qqs noms comme Audiard mais l’histoire est superbement racontée. On s’accroche aux moindres détails de ton récit et particulièrement le rapprochementre avec Yuna pour ma part 😉 sinon ta derniere phrase me rappelle ton texte après le 1er tour. Un tel endroit doit être sublime pour apprendre la photo, d’ailleurs la perspective du cliché est bien cernée. Bref, j’ai tout aimé : la photo, l’histoire et ta plume 😉

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  8. Anselme : Mes accointances avec la littérature médiévale (et la littérature tout court) aime cette quête et cette trouvaille de l’objet recherché, tel le Graal finalement … (un preux chevalier doit passer par moult épreuves afin de prouver sa bravoure légendaire)

    Je crois bien d’ailleurs savoir où se trouve ce refuge caché (Je suis docteur ès Lettres mention Carte du Tendre. 🙂 ) (je te le montrerai, tu me diras si c’est le même).

    Bref, j’aime ! (Surtout le futur prophétique.)

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  9. Jos : Le pouvoir des lieux, la force qui en rejaillit, les histoires qui ont été créées … oui, il y a tant à dire sur des ruines, alors si en plus nous y avons vécu …
    Joli poème !

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  10. Mary : Belle histoire dans laquelle tu nous mènes : on ne sait pas trop ce qu’il en est … Vrai ? Jeu ? On suit alors le récit, avec l’envie de savoir quelle sera la chute.
    Sympathique constat aussi des années qui passent, des routes qui se défont, puis se refont au hasard d’une élection. 😉

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  11. @Nady : je ne sais plus quoi dire … non vraiment j’adore toujours tes créations. J’ai beaucoup de mal à l’expliquer, mais j’aime cette profondeur qui nous questionne, nous invite à un instantané de vie. Jolie idée que d’utiliser cette photo pour parler des escaliers de vie, oui très belle idée.

    Quant à l’escalier de vie du jour, j’ai pas le courage de monter les marches. Emmitouflée dans mon plaid, avec un thé citron et miel, des paquets de mouchoirs à porter de main, un nez rouge comme une tomate et la tête dans un étau… Fichu temps ! Plutôt que de grimper, je vais rester bien au chaud au rez-de-chaussée, à suspendre le temps et vous lire 🙂

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    1. Rooo suis touchée par ton retour l’Ivresse (rose qui monte aux joues 😉 ) , je prends tout 😉

      Quant à ton escalier du moment, prends soin de toi et t’as bien raison de suspendre le temps parfois ! Take care !

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  12. Nady : Ah ah … oui, symbole de l’escalier qui monte ou qui descend, comme la fameuse roue de la Fortune des anciens. En haut, ou en bas, mais elle tourne …

    Les miens ? Eh bien lentius, profundius, suavius ! 😀

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    1. waouuu ! kool alors ! 😉 tu sais quoi ? J’adore, tout le monde s’est pris au jeu de répondre à la question de conclusion, tu ne peux pas imaginer comme ça me touche !

      bon, de mon côté, l’escalier de la semaine s’annonce à pic à l’usine avec quelques peaux de banane que je voie déjà d’en bas… Mais bon, vais porter des chaussures de sécurité pour parer à l’imprévu mais le dos est déjà tendu ! Il me presse de me détacher de tout cela en milieu de semaine à l’apparition du nouveau cliché de la semaine, comme une bulle d’oxygène qui viendra raviver mes neurones stressées …. 😉 gros bisous de reprise 😉

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  13. Valérie : Histoire émouvante autour d’une vocation ! Tu m’étonnes que les mômes soient captivés !

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  14. Iza : Un escalier métaphore comme chez Nady ! Ton texte m’a fait penser au DA « Il était une fois la vie » !
    Bel humour, j’ai bien ri avec les lasagnes (vegan, forcément ? 😛 ) En revanche, je ne comprends pas du tout pourquoi Leiloona serait zarbie. Ne suis-je pas le conformisme incarné ? Zut alors …

    (J’aime le message du texte, tu le sais déjà. 😉 )

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    1. ♥ ♥ J'ai eu un flash… les chemins tortueux… mais qui montent… 😉 Et tu n'es conforme qu'à toi-même et ça, c'est immense !

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      1. Les lignes droites sont assez soporifiques, non ? (Toujours préféré l’art nouveau avec ses volutes, ses lianes et ses entrelacs …)
        (Conforme et immense ? De quoi donc parles-tu ? De ma grande taille, c’est ça ? 😛 )

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        1. Déjà en 6e je préférais le style ionien au dorique ;-). Et l’art nouveau je n’en parle même pas !

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  15. @Valérie : joli portrait pour un métier ô combien courageux et admirable. On sent la passion qui habite cet homme, son passé, sa naissance qui ont motivés sa détermination.
    C’est touchant et émouvant et c’est ce genre d’histoire qui crée des vocations.

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  16. Terjit : Miyazaki et Audiard ! J’aime cet assemblage étonnant qui va bien ensemble finalement ! 😀

    (Me suis un peu perdue dans ton texte, je crois que je l’aurais davantage ramassé.)

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  17. @Alexandra : ça fait du bien de se poser avec ta petite fille. Merci pour ce doux moment.

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  18. Adèle : « renoncer n’est pas faillir ».
    Très beau, et belle illustration avec ton texte.
    C’est assez terrible (euphémisme) de rester avec quelqu’un qui porte un tel regard sur l’autre, non ? (J’avoue ne pas trop comprendre d’ailleurs. Comment en arriver à un tel mépris ? Bref, elle a bien raison de passer à la galerie. Qu’elle lui entrouvre de nouvelles voies meilleures et plus sereines oui.)

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  19. @Isabelle : un texte plein d’humour. J’ai eu la sensation d’être une petite souris (ce qui pourrait arriver vu l’état du lieu) et d’observer la scène.
    J’aime beaucoup la référence à l’atelier d’écriture et le coup des lasagnes de Pierre Raufast, excellent ! Sans parler de notre chère Leiloona :p. Merci pour ce délicieux moment.

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  20. @Terjit : il y a certains endroits qui nous laissent coi, tu le décris superbement dans ton récit. Récit pour lequel on se laisse porter avec ravissement entre France et Japon, entre passé et présent mais aussi futur, celui de deux jeunes amants. Tu nous offres un texte plein de finesse, un moment suspendu. Merci.

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  21. @Adèle : qu’elle passe à la galerie tout de suite ! Et qu’elle laisse en plan ce Nicolas si destructeur et si imbu de sa personne … Il semble que ce soit le bon moment pour elle de gravir les marches de la liberté. Comme tu l’écris si bien « renoncer n’est pas faillir, surtout si c’est pour sauver son cœur et sa peau ».

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  22. @ Leiloona : quel beau conte, que de lumière et que d’amour.. J’embrasse très fort la petite fille !

    @ Jos : la mémoire des lieux, la mémoire du coeur… Ton poème te ressemble, une immense sensibilité et une grande douceur . Tu as le don de nous emporter dans ton monde…..Bises !

    @ Adèle : j’ai toujours pensé que renoncer, fuir, c’était aussi se sauver. Alors, il est grand temps pour elle de passer à la galerie et de saisir à bras le corps cette Liberté qui s’offre à elle !

    @ Nady : Toujours fan de tes écrits, tu le sais… Mais là, je suis juste scotchée !! Quelles métaphores !! Bravo !

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  23. @Alex : Se poser, regarder, profiter, … Elle a tout compris cette petite ! Un bien joli message pour nous qui avons du mal à nous arrêter parfois !

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    1. Manue : Hum, c’est clair … 🙂 (Qui sait ce qu’elle deviendra une fois adulte. Une grande sagesse en elle il y a. 🙂 )

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  24. @Mary : je me suis laissée emportée dans le jeu de tes trois amis.J ai même cru que c’était plus qu’un jeu…tant l’engagement était palpable.

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  25. @Anselme : Quel drôle de texte, chargé de mystère, de lieux de de personnages imaginaires, … Il laisse un goût d’ailleurs …

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  26. @Jos : Les lieux nous aident à garder vivants les êtres chers c’est vrai, ils sont une autre mémoire … qui nous marque aussi.

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  27. @Mary : Tout le récit je me suis demandée si c’était une histoire ou l’Histoire que tu écrivais … finalement, il s’agit de destins croisés et d’une certaine nostalgie qui pourraient peut-être eux aussi marquer l’histoire avec un grand H, qui sait ?

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  28. @Nady : Le mien … il se porte bien, et pourtant, j’ai horreur des escaliers !!! Il faut du temps pour apprivoiser chaque marche au risque de finir tout en bas !!! Et puis, cela a t-il un sens de vouloir gravir sans cesse un escalier imaginaire ? Bref, une idée, des tas de questionnements 😉

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    1. arghhh mon commentaire n’est pas passé alors je recommence.. Je te disais That is the question… Le mien cette semaine est bien là et j’amène du monde avec moi… Puissions nous arriver au sommet sans chute car ma corde est déjà raide et les muscles donnent des signes de fatigue… ça serait dommage qu’une crampe me fasse tout lâcher… lol Merci pour ta lecture miss 😉

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  29. @Valérie : Tu me réconcilies avec les histoires d’incendie … la tienne se termine bien et provoque une vocation, ouf !!!

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    1. Oups …les flammes ne portent pas que de bons souvenirs…

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  30. @Isabelle : J’aime l’humour de ton texte … la fille zarbie, le gars aux raviolis, … mais de qui peux-tu bien parler ???!!!

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  31. @Terjit : Tout ça pour un baiser et une envolée magique, des références connues et d’autres moins, un décor peut être un peu trop planté mais une fin en technicolor 😉

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  32. @Adèle : Oh oui, bien sûr qu’elle a raison de passer tout de suite à la galerie !!! Son escalier de vie passe par là, et pas par la case prêteur sur gages … Forcément !!!

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  33. @Anselme : beaucoup de mystère dans ton texte qui attise ma grande curiosité 😉

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  34. @jos : waouuuu ! Que de beaux souvenirs d’enfance bien rimés en ces lieux !

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  35. @Manue : excellente l’idée de ton texte ! Au bout de la deuxième ligne j’ai pensé aux souris 😉 hihihi bravo !

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    1. J’ai eu la même vision que toi Nady…il faut dire qu’elles sont plus mimis que les termites. Bravo Manue

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  36. @Adèle : j’attendais ton texte avec impatience depuis ton teasing sous le cliché. Je ne suis pas déçue 😉 comme les amies de ton personnage, je lui conseillerai de sauver sa peau en prenant ses distances avec Nicolas… il a peut être fait les Beaux Arts mais il lui manque le don et surtout il semble mauvais et jaloux, alors sauve qui peut, la vie est courte ici bas, inutile de suivre un looser….

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  37. @Leiloona : Très jolie fable ! Deux idées que j’aime beaucoup : la petite fille « conforme à toutes celles … » et « la tortue, toute imprégnée de la sagesse populaire des fables ». Parce qu’une fable, c’est tout-à-fait cela, c’est la fantaisie et l’imagination qui se conjuguent au service d’une morale du quotidien.

    NB j’aurais aimé un lien plus explicite entre le texte et la toute dernière phrase

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    1. Ah ? Eh bien, la cabane est habitée par des amants, et eux aussi ils partagent la vision de la tortue : le temps élastique. 🙂

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  38. @Anselme : un conte énigmatique qui laisse la part belle à notre imagination. J’ai pensé à une Terre post apocalyptique, comme dans le film Waterworld.

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  39. @Jos : Quel bel hommage aux parents ! Nostalgie et douceur, témoignage d’une enfance heureuse, et s’il ne reste que des ruines de la maison, on sent que l’homme (ou la femme) est solide.

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  40. @Mary : Jouer pour apprivoiser la vie et construire sa personnalité. A mi-texte j’ai même hésité entre réalité et jeu. Ces jeux de rôle semblent captiver certains, comme … mon fils de 29 ans ! 🙂

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  41. @Nady : j’adore ce festival de métaphores et j’adore les histoires de destin et de résilience, de hasard et de rencontres. J’adore aussi ta façon de nous interpeller pour nous faire réagir.
    Deux phrases qui m’ont touchée : « Mathilde n’est pas à l’abri d’un accident de vie » et « quand on a manqué d’amour et d’attentions à la source, le courage, l’endurance, la volonté font défaut pour s’attaquer à l’escalade. »
    NB Dans mon escalier, on est plusieurs à se tenir par la main, y en a qui tirent, y en a qui poussent, on espère tous arriver au sommet.

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    1. merci pour ton retour Adèle et j’adore la réponse à la question et j’ai noté que chacun a un rôle actif, personne ne se laisse porter ! Tu es une femme chanceuse dans ton escalier, ça fait envie ! 😉 gros bisous

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  42. @Valérie : Chouette histoire ! Quel récit émouvant !
    « Chacun de nous, confronté à une situation de ce type, se transforme en héros. Chacun de nous a en lui une volonté de survie qui lors d’un danger va lui donner une force extrême pour se protéger et protéger les autres. » Partir de son cas personnel pour délivrer un message d’espoir, c’est beau !

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  43. @Isabelle : Quel sens de l’auto-dérision ! Faut être gonflée ! J’aime bien l’idée du rangement de cerveau pendant le sommeil, qui permet d’entasser de nouveaux souvenirs et de mieux retrouver les anciens. Et les allusions à quelques célébrités de cet atelier ! 😀

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  44. @Iza : j’ai beaucoup ri 😉 je n’étais pas à l’atelier in situ mais en ai tellement entendu parlé que j’ai compris les références 😉

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  45. @Manue : sacrée leçon au travers, toi aussi, d’une fable bien menée. Je ne me suis pas ennuyée une minute à la lire et à la fin arrive la morale, puissante et porteuse d’espoir. Vite, les désinsectiseurs !

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  46. @valérie : j’ai été happée par ton histoire. Une question me taraude : 10 ans pour entrer pompier volontaire et être appelé dans des circonstances périlleuses ???? Heuuu…. suis pas sûre de laisser le sang de mon sang vers une telle voie si jeune…. égoïstement…. bravo pour ton texte !

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    1. Merci Nady. Juste une précision, il a commencé à 10 ans les JSPV mais lors de l’incendie il était plus vieux, encore mineure mais plus vieux. Ceci dit je pense qu’à tous âge, savoir son enfant ou son homme en mission doit être un stress permanent.

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  47. @Nady : Amusante cette idée de l’escalier comme « reflet » de notre vie. Moi en ce moment l’escalier, tel l’escalator, va trop vite. Envie de prendre le temps de monter marche par marche mais il ne l’entend pas ainsi et avance sans me laisser le choix…

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  48. @Terjit : Un texte aux références nombreuses en effet. J’ai bien aimé le passage de l’arrivée de Jo sur sa moto et la montée en douceur de ta chute. Merci.

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  49. @Adèle : Oh qu’il est détestable ce Nicolas!! Au début on croit qu’elle a trouvé un soutien sur qui s’appuyer mais il est juste odieux! Son père lui a donné beaucoup de force et de courage mais n’a semble-t-il pas eu le temps de la mettre en garde vis à vis des hommes. Que ses photos lui apportent le salut qu’elle mérite.

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