Le Secret du mari, Liane Moriarty

Les mille autres chemins que nos vies auraient pu, et peut-être dû, prendre nous restent à jamais inconnus. C’est probablement pour le meilleur. Certains secrets sont faits pour demeurer secrets. Ce n’est pas Pandore qui vous dira le contraire.

Le roman se déroule dans une grande ville australienne dont nous avons tous une image d’Épinal, un de ces quartiers « huppés » où jardins garnis de rosiers finement taillés se succèdent devant chaque maison aux volets fraîchement repeints. Un quartier paisible, où le soleil brille toujours et où chacun(e) ne laisse voir de lui que le meilleur. Ce quartier dans lequel se déroulent toutes bonnes séries américaines dans lesquelles les petites filles aux cheveux bouclées et aux jupes plissées vivent en parfaite harmonie avec leur maman.
Mais on sait bien que derrière les façades, les apparences laissent place aux vérités parfois plus crues, plus terribles, indicibles…

Le roman met en scène trois femmes, bien différentes en apparence mais que la vie va lier.

Cécilia, mère parfaite de trois filles, engagée dans la vie de l’école et les associations de quartier malgré son travail à plein temps et son mari en déplacement, découvre, par hasard une enveloppe fermée, sur laquelle John-Paul son mari a noté à son intention : à n’ouvrir qu’après ma mort.
Évidement cela attise sa curiosité et l’envie d’ouvrir est forte, surtout en l’absence de John-Paul. Il suffira de ne pas le lui dire.

Tess débarque en ville pour aider sa mère qui a eu un accident et s’est cassé une jambe. Et puis c’est l’occasion de s’éloigner du domicile avec son fils Liam, après que son mari lui a annoncé aimer une autre femme. Elle revient alors sur le terrain des souvenirs de l’adolescence et croise un amour oublié…

Rachel apprend que son fils part s’installer pour New-York avec sa femme et leur fils, seul rayon de soleil de cette grand-mère veuve, dont la vie est marquée à jamais par la mort de sa fille alors qu’elle était ado. Un meurtre non résolue, dont Rachel ne s’est jamais remise, elle qui est sûre de connaître le meurtrier, mais ne possède aucune preuve de sa culpabilité. Ce meurtrier qu’elle croise chaque jour, qui vit dans le quartier et avec qui elle travaille.

Le début du roman m’a semblé long, le temps d’installation des trois intrigues et des trois personnages féminins traine un peu en longueur. Mais ensuite, le roman prend une nouvelle dimension, puisque ces trois femmes vont se retrouver liées par les événements, la vie, des découvertes, des souvenirs… et des questions.
Que se serait-il passé, où serions-nous, si nous avions fait d’autres choix ? Ces petits moments qui engagent nos vies, irrémédiablement, et pour lesquels on a souvent peu de doutes au moment de décider…
Ces trois femmes se débattent avec ces questions, elles qui sont pourtant si différentes l’une de l’autre de par leur statut social, leur famille et leur personnalité.
Les homme sont les grands absents de ce roman, partis, transparents, ou décédés, en tous cas, incapables de décision.

La fin, lorsque le roman d’abord choral, devient un simple roman où les trois femmes partagent les mêmes chapitres parce que vivent les mêmes histoires, l’une avec l’autre, cette fin est impeccable à mon goût, forte et à sensation, chacune prenant une fois de plus des décisions qui les engagent pour le reste de leur vie, avec les conséquences que l’on imagine.

Un chouette roman, pour conclure, même s’il m’a fallu persévérer au départ, pour ne pas décrocher.

Le secret du mari
Liane Moriarty
Le livre de poche
9782253067948
7€51
2015 pour la première édition chez Albin Michel

16 commentaires

    1. J’ai longtemps pensé en rester là, un peu à la porte du roman, et finalement l’histoire m’a happé, la deuxième moitié m’a emporté.

      Répondre
    1. J’avoue avoir persévéré… le début était long, et l’abandon tentant! Mais la fin est vraiment plaisante!

      Répondre
  1. Bon, les thèmes m’intéressent, mais le traitement narratif un peu moins … Je ferai une place pour un autre livre du coup ! 😉

    Répondre
    1. Au moins le billet aura le mérite de te rappeler qu’il est dans ta PAL… 🙂

      Répondre
    1. Il faut vraiment faire l’effort de dépasser le premier tiers… apres c’est effectivement plaisant!

      Répondre

Commentaire :

%d blogueurs aiment cette page :