Rien n’arrête les oiseaux, François Salmon

 Il est des auteurs avec qui on a une « relation » particulière, même si le plus souvent elle est virtuelle et à sens unique. On a aimé son livre, on adore son univers, on l’a croisé sur une dédicace…
En ce qui concerne François Salmon, auteur belge, j’aurais pu être dans ce cas… Mais le hasard nous a joué un tour délicieux qui rendent ses textes encore plus savoureux pour moi.
Nous nous sommes rencontrés lors d’une remise de prix où nous étions en concurrence, lui avec son premier recueil de nouvelles  Rien n’est rouge (éditions Luce Wilquin).
J’avais beaucoup aimé ces nouvelles, drôles, tendres, dont les chutes parfois absurdes vous arrachent un sourire et vous font dire : il est fort le bougre !
Nous avons sympathisé et nous sommes revus au même endroit l’année suivante. François y annonce la sortie de Rien n’arrête les oiseaux son nouveau recueil et nous découvrons que nous avons écrit sur le même thème, au même moment, sans s’être concertés, des textes jumeaux… Alors vous devinez mon impatience de découvrir ce second recueil de nouvelles ?

Elles sont au nombre de huit, parlent d’amour, de quotidien, d’amitié, de haine parfois, bref de la vie… Mais chacune d’elles finit par glisser et nous entraîner vers une chute le plus souvent inattendue, que le lecteur ne voit pas venir, et comme dans le premier recueil, on se surprend à sourire du bon tour que François Salmon vient de nous jouer, du terrain sur lequel il nous a entraînés et nous laisse, ébahis par la chute.
Les personnages mis en scène sont des gens simples, pas de héros, seulement vous, moi, lui…
Vincent, jardinier passionné de lecture (ou l’inverse ?), un employé communal, Thierry, retraité inquiété par la maçonnerie de son appartement, Laurent, microbiologie en séminaire, un quarantenaire revenu chez papa-maman, Mathilde, veuve dont la vie est rythmée par les listes qu’elle dresse, un bon copain à qui il arrive toujours des trucs incroyables, et un unijambiste chez la marchande de chaussures…

Certains textes virent à l’absurde, d’autres sont emplis de poésie, dépeignant les amours passées, des souvenirs, des rencontres, ou alors de dérision avec une chute qui rend ridicule le personnage principal et se moque de lui !
De mon point de vue les huit nouvelles du recueil sont réussies. Toutes vous marquent et vous laissent un excellent souvenir de lecture. Il n’en est pas une plus faibles que les autres. On entre très vite dans les histoires, le format nouvelle l’impose, mais on s’attache quand même à ces personnages, à leur petite histoire qui nous parle forcément.

Et puis la langue est soignée, François Salmon est doué pour brosser des images, dire le simple en le rendant poétique. Plusieurs fois j’ai arrêté ma lecture pour relire une formule qui chantait à mon oreille, ai eu envie de corner les pages.

Pour résumer, un excellent recueil de nouvelles qui ne laisse pas indifférent et à côté duquel il serait dommage de passer, un auteur à suivre.

Rien n’arrête les oiseaux
François Salmon
Éd. Luce Wilquin
Sept 2017
9782882535382
16€

7 commentaires

  1. J’aime beaucoup ce que tu écris sur les hasards des rencontres et l’écriture de romans jumeaux … Du coup, très envie de le découvrir ! ♥

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    1. 🙂 ce moment où l’on découvre avoir eu des idées si proches était absolûment surréaliste et savoureux! J’adore aussi ces p’tits hasards/clin d’œil!
      Mais si c’est un prétexte à démarrer le billet (j’ai hésité à faire Si long!) le recueil en reste vraiment bon et mérite un peu de lumière!

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    1. On leur reproche souvent de ne pas donner le temps de s’immerger dans les histoires. Ce sera le cas ici, c’est sur, mais les textes bien que courts nous emportent et la chute finale gomme tout ca!

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