Roule brouette ! Atelier n°280

© Sandra Le Guen / Drawoua RéCréation

De 21 h au lever du soleil

J’écris. J’écris le théâtre d’ombres, les graines, les plantes, la création. Je renouvelle chaque jour ma rizière d’émeraudes, et ajoute à mon oeuvre une nouvelle topographie.  Jamais je ne me lasse, la beauté des jours oscille et apporte son quotidien chaque fois renouvelé.

Je sème mes pieds dans cette boue créatrice, martèle la langue des oubliés, puis me pose et regarde les feuilles danser. La main droite sur mon sein, ma constellation d’arabesques laisse échapper de futures graines germinatrices.

J’écris. J’écris pour toi à chacun de mes souffles. Je rends peau de chagrin les secondes de mes battements métronome qui nous séparent. Mes mots sont une religion païenne dont les vitraux cathédrale scintillent de toi.

J’écris. J’écris pour ricocher par delà le mur de mon enfance, le retrouver intact sans ses oripeaux. J’ancre çà et là des mots qui vêtiront notre royaume aux premiers froids, comme ce tricot de laine mal dégrossie.

J’écris. J’écris pour oublier la merde du monde, les passants oubliés, les secrets, et nos mensonges de croire en l’éternité. Mes mots se font remparts cathartiques. Sans eux, je crèverai la bouche sèche et deviendrai alors comme ces hommes qui ne cessent de s’oublier dans la grisaille du quotidien. Alors je plonge mes mains dans l’encre de mes viscères, je les regarde et perpétue leur beauté intrinsèque d’une ribambelle de croches musicales.

J’écris. J’écris parce que c’est la seule raison qui me permet d’accepter ma mortelle condition.

© Alexandra Koszelyk, le dimanche 15 octobre 2017

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Le texte de Pierre :

(à celle qui veut des textes courts)

– Papy, si un pousse-pousse ça se tire pourquoi une brouette ça ne s’appelle pas un tire-tire ?

– Qu’est ce que ça peut te foutre? De toute façon tu n’as qu’un bras !
– …

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Le texte de Ludo :

Charlotte retrouve la cabane, elle n’y était plus venue depuis plusieurs longues semaines, la faute à ce fichu déménagement, si loin… Elle pousse la porte qui chante sur ses gonds la chanson des retrouvailles et immédiatement, le parfum de l’automne, mélange de terre humide et de feuilles d’arbres lui sature les narines. Elle qui n’a senti que la pluie sur les trottoirs détrempés et les pots d’échappement de la grande ville qui l’a happée depuis son départ d’ici ! Alors elle profite ; les yeux fermées, s’emplir de longues minutes, se souvenir, retrouver le calme, apaiser la frustration, et faire des réserves pour retourner à la ville.

Elle finit par entrer.

Dans le coin, la vieille valise rouge attend, impassible. Charlotte ne l’ouvre pas tout de suite, elle sait qu’elle y viendra mais retarde le moment. Elle fait un tour, observe en souriant les photos accrochées au mur. Finalement, elle tire le rideau blanc, allume le projecteur dont la lumière crue envahit la pièce et s’assied sur le coussin qui recouvre la caisse de bois. Elle projette quelques ombres sur le drap à l’aide de ses mains, un loup, un cygne, une lutte entre eux, le loup qui dévore, sans pitié. Très vite, elle se souvient des autres figures, n’a rien perdu.

Elle revient vers la valise rouge, installe le décor et choisit une marionnette parmi toutes celles qu’elles ont fabriquées. Ce soir, ce sera Martin, marionnette de petit garçon qu’elle retrouve avec plaisir, lui qui a été de tellement d’histoires racontées et jouées ici. Elle l’observe longuement comme on le fait avec un vieil ami pas vu depuis longtemps et que l’on a tant de plaisir à retrouver.

Elle remonte la boîte à musique, annonce à voix haute le titre du spectacle, comme le fait monsieur Loyal :

Mesdames et messieurs, en exclusivité ce soir et pour votre plus grand plaisir, nous retrouvons Martin dans une nouvelle aventure extraordinaire, pour petits et grands.

D’abord surprise par sa propre voix qui résonne dans la cabane, elle continue de plus belle et au son de la boîte à musique, elle joue, invente, narre, mime, rit, crie, chuchote, s’esclaffe… S’amuse.

La boîte à musique émet ses dernières notes, Martin termine en vainqueur son aventure extraordinaire et le silence retombe… soudain troublée par des applaudissements !

Charlotte bondit et découvre dans l’encadrement de la porte restée ouverte, Zoé, sa complice de toujours, celle qui d’habitude partage les rôles et les marionnettes avec elle, invente les histoires et les chansons derrière le rideau blanc du théâtre de leur cabane d’enfants.

Elles se jettent dans les bras l’une de l’autre, comblent le vide de l’absence de cette nouvelle vie… Puis elles s’installent sur la caisse de bois, tandis que Martin rejoint les autres acteurs de chiffon dans la valise. Personne ne le sait, mais cette histoire est son dernier rôle… Zoé et Charlotte quittent doucement l’enfance et son besoin de jeu, de mise en scène… Les prochaines rencontres des deux copines de toujours seront discussions et questions sur la vie, les garçons et le collège, de plus en plus loin des dragons, des fées et des princes de la malle rouge, des guignols et des Martins qui ont pourtant tenu tant de rôles, provoqué tant de rires et de partages… L’enfance s’en va, se perd comme les dernières notes au tempo ralenti de la boîte à musique qui s’essouffle.

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Le texte d’Iza :

« CA Y EST !!! LE VOILA !!! LE VOILA !!!
Ah mais arrête de hurler tu vas le faire partir !
Mais non, on est à l’intérieur et il y a du double vitrage
Ben tu sais bien qu’il peut SENTIR qu’on l’observe.
Tais-toi… je suis si contente que Puck soit revenu, franchement je n’y croyais pas.
Puck ?… mais pourquoi tu l’appelles Puck ?
Ben à cause de Shakespeare… Il est tellement joyeux et malicieux qu’il me fait penser à Puck… et ses petites oreilles pointues aussi… »
Diane et Axel s’émerveillaient devant la petite créature frêle et vive à la fois qui dansait, virevoltait, sautillait dans leur jardin, ce petit fée qui se roulait dans la rosée du matin en fredonnant un air ancien aux paroles d’un autre monde. Au début, ils n’avaient pas osé en parler à leurs copains à l’école, ils avaient peur qu’on se moque d’eux. Mais quand un farfadet était un jour rentré dans la salle de classe et s’était installé à une table pour écouter la maîtresse, ils avaient vite compris qu’ils n’étaient pas les seuls à vivre ce miracle.
Il avait fallu la Grande Catastrophe pour que les hommes comprennent enfin à quel point la Terre était sur le point de mourir. Cette année-là, elle avait atteint son point d’épuisement en mars ! Un triste record ! Les Monsanto, les Bayer avaient été bannis, d’autres avaient suivi… Les gouvernements, se rendant enfin compte de leur inutilité, avaient décidé de former une seule et unique Présidence, celle de la Terre. Finis les engrais, finis les pesticides, finis l’élevage intensif et l’holocauste de milliards d’animaux, finies les énergies fossiles… l’homme chouchoutait enfin la nature et il se rendait compte que dans le fond, elle le lui rendait bien. Et tout avait commencé en Islande… alors que bon nombre d’Européens matérialistes riaient des croyances des Islandais en la force de la nature et en l’existence de créatures mythiques et légendaires, les journalistes étaient assaillis de témoignages corroborant une toute nouvelle réalité… le Petit Peuple émergeait de son hibernation. Près des geysers, les trolls sortaient au grand jour et s’aventuraient même aux abords de Reykjavik. En Bretagne, à Paimpont, les habitants avaient assisté, médusés, au spectacle de korrigans buvant une bolée de cidre en terrasse (certains s’étaient même jurés d’arrêter le chouchen, croyant avoir été victime d’une hallucination éthylique). Les yokaï venaient assister à la floraison des cerisiers à Shinjuku Gyoen. Partout, elfes, lutins, gobelins, sylvains, kobolds, klabouters osaient enfin sortir du fond des mers, des rivières, des souterrains, afin de refaire connaissance avec ceux qui les avaient pourchassés, voire pire, oubliés. Car ils n’avaient jamais cessé d’être là. Mais eux n’avaient pas supporté de voir leur monde se flétrir et avaient pris la sage décision de le quitter… pour un temps… Et on raconte que même Edouard de Ramuret de Branquignolle, le dernier grand patron du dernier grand laboratoire pharmaceutique, se réjouit, lors d’une de ses promenades en fauteuil roulant dans le parc de son château, de constater qu’en ses lieux résidait une famille de gnomes bien comme il faut, avec un papa, une maman et deux charmants petits aux joues rouges.

(Merci au grand William pour son merveilleux songe et à Pierre Dubois pour garder la magie intacte)

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Le texte de Nady :

Danse ma chérie,

Ne t’arrête jamais de danser ma jolie !

La danse est le sel de la vie !

Tu en usais abondamment au commencement de ta vie ; tu virevoltais, tu sautillais parfois toute nue, le bras en l’air, les cheveux au vent et l’insouciance qui flirtait avec l’innocence.

La nature était ta scène, les feuillages et fleurs tes accessoires et devant le public de ta famille tu dansais, tournais, chantais, riais sur n’importe quel type de musique.

Danse ma chérie,

Ne t’arrête jamais de danser ma jolie !

La danse est le sel de la vie !

Au printemps de ta vie, tu préférais les danses en duo : avec la salsa, la rumba et le rock tu laissais l’homme te guider, et même prendre les rênes de ta vie… Un jour tu es tombée sur un très bon et tu lui as fait un bébé.

Les boîtes de nuit étaient ta scène, les tenues sexy tes accessoires et devant les yeux de ton amoureux transit tu dansais, te déchaînais et te laissais enlacer jusqu’au lit.

Danse ma chérie,

Ne t’arrête jamais de danser ma jolie !

La danse est le sel de la vie !

A l’automne de ta vie, on t’a conseillé de diminuer la dose pour réguler ta pression artérielle et puis il fallait aussi gérer le départ de ton amour pour une plus jeune que toi. Alors tu as tenté d’oublier avec la zumba, un style de danse où l’on fait n’importe quoi.

Les salles de fitness étaient devenues ta scène et devant  toi un miroir … Puis un jour tu repris ton destin en main et fréquenta les salons pour y découvrir le tango à travers lequel tu savais si bien révéler ton corps de femme sûre d’elle et de ce qu’elle aimait jusqu’à rencontrer celui qui allait faire un bout de chemin dans tes pas.

Danse ma chérie,

Ne t’arrête jamais de danser ma jolie !

La danse est le sel de la vie !

Maintenant que tu es à l’hiver de ta vie, tu préfères danser le soir dans le souvenir ou les rêves et crois moi, je t’aide volontiers à swinguer dans ces moments là parce que je suis toi… Certains m’appellent l’enfant intérieur, d’autres le clown éveilleur, d’autres encore l’inconscient et il y en a même qui ne me nomment pas, de peur de faire face à une dualité en soi mais je suis celle qui a constamment dansé avec toi en gardant l’innocence de tes débuts pour toujours te regarder te mouvoir avec bienveillance ; je suis celle qui ne cessait de tambouriner à ton cœur quand tu ne voyais pas l’amour passer devant ta fenêtre en te hélant pour un slow, trop occupée que tu étais dans d’autres danses… je t’ai toujours accompagnée, encore plus aujourd’hui où le déambulateur est devenu ton accessoire et les pas de danse réduits depuis l’opération de ta hanche.

Mais malgré cela notre duo continue à slalomer au son de la musique de la vie jusqu’à la dernière danse !

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Le texte de Valérie :

Voilà plusieurs semaines que je me sens bien seul. Il y a quelques mois, le ventre de ma maman s’est arrondi. Elle n’était pas très bien, elle vomissait beaucoup. Elle avait de plus en plus de mal à me supporter. Elle a beaucoup grossi et plus elle grossissait, plus je semblais l’encombrer. Un soir, elle souffrait tellement que mon beau-père l’a amenée à l’hôpital. J’étais à moitié endormi, il m’a attrapé tel un sac à patates et il m’a jeté å l’arrière de la voiture. Maman hurlait, j’étais terrifié…Quelques heures après, qui me parurent une éternité, une infirmière est venue me chercher et c’est là que j’ai fait la connaissance de mes demi-sœurs. Deux petites poupées minuscules mais adorables. Maman souriait de nouveau, elle semblait radieuse mais ne me dit pas un mot, ne me regarda même pas. Une boule se forma dans ma gorge ce jour-là. J’aurai aimé être associé à ce nouveau bonheur mais on m’en excluait. Et depuis ce jour-là, c’est comme si je n’existais plus. Ma mère ne s’occupe que des bébés sous prétexte qu’elles sont petites et ont besoin d’elle h24. Et moi, du haut de mes trois ans, je dois me débrouillais tout seul. Pour ma toilette, pour m’habiller, pour jouer. Je passe mon temps à me faire disputer pour un oui pour un non, parce que je fais trop de bruit, parce que je suis toujours dans leurs pattes.

Ce jour-là, il faisait grand beau et chaud, je sortis jouer dans le jardin. Pour ne pas me salir, je me mis en culotte. Je jouai avec la terre. Avec la pelle, je creusais, je mettais la terre dans la brouette, je l’emmenais plus loin. C’est les mains pleines de terre que je découvris mon nouvel ami sur le mur. Je levais le bras, il levait le bras. Je penchais la tête, il penchait la tête. Je sautais, il sautait. Je courrais, il courrait. Par contre quand je lui souris, je ne vis pas son sourire mais je savais qu’il me répondait. Tout au fond de moi je sentais son sourire et il me fit un bien fou.

Je n’en dis rien à personne. C’était mon secret. Je revins le voir plusieurs jours. Il me donnait la force de grandir, d’affronter ces jours difficiles et ma solitude. Mais l’automne arriva avec ces mauvais jours. C’était plus difficile pour moi de sortir, pour lui aussi semble-t-il. Plusieurs fois je l’ai attendu mais il n’est pas venu… Peut-être avait-il peur des nuages menaçants et d’être mouillé par la pluie ??

Le souvenir de nos jeux silencieux m’aide encore aujourd’hui. Si seulement, je pouvais le lui dire.

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Le texte de Manue :

Je ne suis que cette ombre, celle que tu vois là, celle qui au fond de son cœur danse à l’ombre du soleil couchant ou sous les projecteurs de son imagination.

Je ne suis rien d’autre et certainement pas l’image que je donne à voir aux autres. Je suis celle qui se cache, celle qui a honte, celle qui ne sait pas être légère. Celle qui souffre et ne le dit jamais. Celle qui vit avec vous, qui résiste, qui pousse seule, un peu de travers, qui cherche ses racines ailleurs, qui voit la noirceur aussi bien que la lumière, le sombre et le rouge flamboyant.

Je suis cette enfant, une image projetée, une gosse qui se rêve. Une môme dans un corps de pantin articulé, sans le mode d’emploi pour le faire fonctionner. Une gamine dans un monde de faux semblants, qui cherche sa vérité.

Je ne suis que cette ombre, dans le théâtre de la vie. Un clignement d’œil et je disparais. La réalité est ailleurs, tout au fond de mon être. Et elle explose, elle transpire par tous les pores de ma peau, quand je rêve.

Ferme les yeux et imagine. Qui es-tu ? Qu’est-ce qui se projette sur ton mur ?

Ferme les yeux et imagine. Le mien est là, un soleil caressant, la terre sous mes pieds nus, la douceur de l’herbe humide, l’odeur de la nature mouillée, un souffle d’air … et l’envie de virevolter. Un peu de musique, très forte, fait vibrer la corde qui tient tout mon être. Je ne suis que ça. Une ombre qui danse.

Et toi ?

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Le texte de Pacha Mama :

ZOE

– « Tiens, regarde ! C’est Zoé sur cette photo ! C’est ma fille là; tu vois ? Elle a 4 ans aujourd’hui. Tu sais je te l’avais évoqué déjà, elle est porteuse d’une malformation, enfin je ne sais toujours pas trop, je mets comme un brouillard sur les mots barbares.  H.T.A.P en définitive, Hyper Tension Artérielle Pulmonaire, le terme exact. Personne ne connaît l’évolution ni la chanson, la médecine tâtonne encore, bref… c’est compliqué, les traitements, le quotidien, les hostos, les crises etc… C’est accessoire en plus ici, parce que tu sais ce que je vois moi sur cette prise de cet été ? Ma Zoé de 4 ans point.La Malicieuse, la Chipie, la Sorcière, l’Aigre-douce, Ma Princesse, Mon Hamster Jovial, Ma Fleur et je t’en passe ! »

Elle rit. Nuque déployée mais larmes aux yeux, elle a parlé vite, un peu trop fort aussi.

-«  Le truc, c’est que mon homme et moi, et même son frère à la Zoupette, je pense, on n’veut pas se battre contre la maladie. J’entends lutter en permanence. Je veux lui FAIRE CONFIANCE à ce petit bout de Nana. M’abandonner toute entière à sa force et son courage…. J’ai qu’UNE certitude, une vie peut-être courte, à nous de la remplir de l’essentiel. C’est pas moi qui plus est d’être abattue et malheureuse.  On me l’a donnée ainsi, je l’arrose ! »

Elle se tait. Digne, calme, le sourire aux lèvres toujours, elle semble toutefois regretter de s’être dévoilée. Elle détaille les cannes de serin de sa Pitchoune, le grand geste, l’appel d’air ? Et la lumière qui se dégage de cette photo  peut-être ! Elle est incroyable cette photo de leur fille. C’est marrant, je l’ai sous les yeux l’image et ce ne sont pas les détails mais une vérité idéale que j’y vois : La seule pensée qui m’envahit, c’est leur amour pour la Mioche. Ça transpire l’innocence, les herbes coupées, le soleil, la moiteur, et l’attachement fou du photographe derrière l’objectif. Cette histoire de cœur, on sait. C’est dans un coin de nos têtes, aux proches et connaissances, ça c’est dit autour d’eux. En prime, tout ce que je trouve à lui répondre est banal, j’suis pas hyper à l’aise devant la Mère-courage.

-« J’adore. »

Elle replace le cadre sur son bureau « Allez, où en étions-nous au fait ? »

J’ai fermé les yeux 2 secondes, la Gamine bien imprimée dans ma tête quand même.

«  Epate-nous Zoé-Joie d’Vivre ! » j’aurai dû lui dire.

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Le texte de Terjit :

J’ouvre un œil, la lumière m’aveugle : étrange à 06h00 du matin. J’attrape mon téléphone, mais déchargé il ne donne plus l’heure. Je tâte à côté de moi, c’est vide et froid. Mauvais présage. Je me fracasse deux fois le petit orteil en traversant l’appartement pour arriver dans la cuisine. Je crains ce que je vais découvrir, alors les yeux fermés j’hésite à ouvrir le droit plutôt que le gauche. Après mûre réflexion je décide que l’heure vue de l’œil gauche sera moins douloureuse. Je déchiffre un peu, et là « c’est le drame, net vendeur » comme on dit sur M6. Les 4 chiffres qui vont me crucifier dans l’instant sont maintenant bien nets : « 08 : 04 ».

Je me répète « restons calme » 2387 fois dans les 8 minutes qui me séparent encore de mon moto taxi habituel à moitié dingue… mais rapide… mais dingue… Je saute dans mes fringues d’hier, me lave vaguement les dents et me retrouve assis derrière le Cro-magnon de la route. Habitué à être mon sauveur des réveils tardifs, il me demande dans combien de temps est l’avion à Orly, je réponds 26 minutes d’une voix tremblante et il éclate de rire… dans un démarrage de décérébré… Il roule comme un malade mais me parle tranquillement comme si nous mangions des macarons chez mamie.

Bon… la discussion est autant limitée par ses poncifs habituels sur le métier pas facile, les charges sociales et les politiques tous pourris, que par ma certitude qu’on va crever tous les deux encastrés dans une bagnole, ou un poids-lourd, c’est au choix. Il me demande où je vais et pourquoi. Quand j’arrive péniblement à lui répondre que je vais interviewer une star de cinéma, pour la deuxième fois il éclate de rire : il me demande comment elle s’appelle. Il entend la réponse, pile au milieu du périph et hurle dans le casque : « Brigitte… Bardot !? LA BARDOT !!!!????. Mon vieux il ne s’en est jamais remis de BB alors un peu de sérieux ! pas question de rater l’avion ! ». 12 minutes plus tard il me jette devant le terminal… dingue…mais très rapide… mais totalement dingue… Assis dans l’avion je vois le drame s’éloigner en même temps que la pression monter sérieusement.

Un autre taxi, en voiture et normal celui-là, m’attend à l’arrivée. Dans l’odeur du cuir de la limousine je passe un coup de déodorant et enfile le t-shirt acheté à prix d’or 5 minutes plus tôt. La téléportation du monde réel vers Brigitte Bardot est en marche. En descendant du taxi je suis excité comme une puce, jusqu’au moment de sonner.

La porte s’ouvre et elle est là, simplement souriante. La puce qui menait sa vie de puce il n’y a pas si longtemps est soudainement pétrifiée comme par un vulgaire coup de Beygon. Bien sûr elle est âgée, un peu gâteuse par moment, et souvent franchement raciste, mais elle a tellement marqué son époque que personne ne peut la voir autrement que sur un lit avec Piccoli, ou nue entre des draps qui sèchent au soleil. Voyant mon embarra elle prend mon bras, me guide comme un aveugle jusqu’à la terrasse, désigne un fauteuil et me verse un thé. Heureusement elle me parle un peu, me demande si j’ai fait bon voyage. Je bredouille péniblement quelques phrases en m’abstenant de raconter les détails.

Après la troisième tasse nous démarrons les choses sérieuses. J’explique que mon souhait n’est pas de faire une interview « people », ni de parler d’animaux, mais de comprendre son parcours personnel, de ce qui a définitivement fait d’elle une star. Avec un large sourire, et histoire de me mettre de nouveau à l’aise, elle me dit que cela va être probablement l’interview la plus brève de sa carrière, ou la plus longue… que cela dépendra de moi… Les quelques couleurs aux joues reprises il y a deux minutes se volatilisent et pour mieux disparaître je fusionne avec le fauteuil.

Visiblement fière de son effet, elle se lève sans un mot pour chercher une photo posée sur le buffet et la pose sur mes genoux tremblants. Je lui demande l’autorisation d’enregistrer la suite, pour être sûr de ne rien oublier, elle accepte avec plaisir. Avant de me permettre de la regarder elle m’explique que sur cette photo il y a l’ombre portée d’un enfant, probablement autour de 6 ou 7 ans, mais que fait –il cet enfant ? Son bras tendu est celui de la ferveur du révolutionnaire, de la détresse du mutilé ou du rêveur qui touche les étoiles ? La première marche est-elle le piédestal du vainqueur, le premier échelon vers l’échafaud ou un escalier vers le bonheur ? C’est la deuxième fois aujourd’hui que je crains ce que je vais découvrir.

Elle me demande d’attendre encore un peu avant de retourner le cadre et elle continue. L’enfant sur la photo elle ne sait pas qui c’est, ni même si c’est un garçon ou une fille, mais ce n’est pas là l’important. Cette photo est arrivée par le courrier il y a 15 ans exactement, offerte par un jeune admirateur, avec juste quelques mots au dos. Elle récite par coeur : « Mademoiselle Bardot. Excusez-moi de vous importuner par cette lettre. Cet après-midi je suis passé devant un photographe pas loin de chez moi et il y avait cette photo en vitrine. Je venais juste de voir pour la première fois « Et dieu créa la femme ». Le rapprochement entre cette photo et vous m’a sauté immédiatement aux yeux. Vous êtes comme cette ombre : surprenante, éphémère et mystérieuse. Vous êtes comme cette ombre : en route pour les étoiles. Je voulais simplement vous l’offrir. Très respectueusement. Antoine Blondeau, 38 rue du Maréchal Foch – 80000 Amiens ». Recroquevillé dans le fauteuil je dois avoir totalement disparu des écrans radar,à  chaque mot je me revois sur mon bureau à refaire 1000 fois ce petit texte, je deviens rouge de honte.

Elle me regarde tendrement et me dit : « Je savais qu’un jour nous allions nous rencontrer. Vous aviez déjà tout compris sur mon parcours par cette photo : l’enfance rêveuse, le chemin incertain, la volonté inébranlable, et l’envie de s’envoler… Il faut juste ajouter la fin du chemin dans le vide que j’ai évité pour rester éternellement BB. Voilà, l’interview est terminée, je vous remercie… sauf si vous voulez prendre le temps d’en parler, confidentiellement bien sûr ». En guise de réponse mon doigt tombe sur le bouton stop de l’enregistreur. Elle part un instant dans la cuisine, et reviens avec une nouvelle théière brulante et une assiette de macarons. En me servant elle m’informe que c’est du thé noir, « parce qu’on n’est pas couchés ».

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Les textes écrits à partir de la même photo, mais publiés ailleurs :

Leiloona
Museo geek l'hiver, sirène l'été. Je lis et j'écris durant les 4 saisons. J'aime le bon vin et les fromages affinés. View all posts by Leiloona →

95 commentaires

  1. @ Pierre : Un texte qui pulse, qui envoie tout valser en quelques lignes. Un haiku en prose, un texte jeu de quilles. Et forcément je ne vois plus que ce bras manquant. Tu frappes juste où il faut pour que le lecteur retienne l’essentiel.
    Et effectivement, oui, le monde est étrange … pourquoi un pousse-pousse se tire ? Une question de force ? Newton est passé par là, crois-tu ?

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  2. @ Ludo : La sortie du monde de l’enfance : as-tu lu le dernier De Fombelle ? Il devrait te parler, si ce thème t’intéresse ! 😉

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  3. @Pierre : bravo d’avoir osé ! J’avais moi aussi écrit un texte d’une phrase et puis j’ai pensé que c’était un peu insolent de ma part, moi qui suis si heureuse de frequenter ce blog accueillant. Bises

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    1. Oh, pas de crainte : elle ne s’offusquera pas de cette référence à Daudet 😉

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  4. @leiloona. Tu écris, Mais dis donc, qu’est-ce que tu écris bien… Je vais le relire une nouvelle fois… Merci.

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  5. Bravo @Pierre.. Comme quoi le court peut être percutant… Et Alex a raison, on ne voit plus que ce bras qui manque… Dans le mille Emile !!

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  6. Un peu nostalgique @Ludo ce matin ? En tout cas, ce pont de ‘enfance vers l’âge adulte est bien doux et bien agréable à lire. Puisse-t-il être aussi agéable à vivre…

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  7. @Iza… Au fur et à mesure de ma lecture et en bon breton que je suis, je me disais.. Et les Korrigans, elle oublie les korrigans…
    Ah non, ils sont là et je les connais bien et toi aussi… Merci pour cette jolie danse des lutins qui nous ramènent plus près de la nature !!

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    1. Je pensais que la page allait regorger de textes pleins d’elfes, de fées et j’ai même failli ne pas envoyer ce texte… j’aurais donc eu tort 😉 Merci Amor-Fati

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    2. Et inutile de te dire (mais je le dis quand même car ça fait toujours du bien à lire 😉 )que j’ADORE ton texte !

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      1. N’hésite pas à aller le marquer sur le site d’Amor Fati. ;)(je ne sais pas s’il lira ton commentaire sur son texte. : ) )

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          1. @ Amor Fati : Ah ah, non, aucune taquinerie de ma part. Une fois les choses dites, je passe à autre chose. 😉 Et puis, c’est toujours plus sympa d’avoir des commentaires sur son blog, plutôt que des commentaires sur un texte à un endroit autre que là où il a été écrit. 😉

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  8. @Nady.. C’est rigolo, au fur et à mesure que je lisais, il y avait Brel qui chantait en moi. D’abord la valse à mille temps, gaie, enjouée et envoutante. Puis Les flamandes qui dansent sans sourire aux dimanches sonnants et vieillissent tout en dansant.. Pour finir par la chanson des vieux amants et cette fichue pendule qui nous attend tous un jour ou l’autre… Belle balade en chanson au milieu de ton texte si percutant, comme d’habitude !!!

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  9. L’nfance, encore l’enfance, @Valérie… Mais un peu cruelle celle là.. Existe-t-il encore des parents qui n’ont pas la délicatesse de penser au grand frère ou à la grande soeur ? Et chacun a son doudou, son double à qui on se confie et qui fait passer les misères. Et si les enfants étaient de grands schizos qui guérissent en grandissant ?

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    1. Merci pour ton retour. Je crois bien que de tels parents existent malheureusement…

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  10. @Manue : Le plus poétique et le plus tendre des textes lus ce matin. Il me laisse tout chose.. Je reviendrai le relire un peu plus tard, avec une paire d’autres. Merci de ce petit moment de douceur…

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  11. Pfouououou… @Pacha Macha… J’ai eu un peu de mal à finir… je ne sais pas pourquoi. Sûrement l’âge.. J’avais les yeux humides. C’est con hein ?

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    1. Ce n’est pas con…je comprends.
      Histoire vraie, et en partant de cette magnifique photo, j’ai exorcisé la douleur en quelque sorte.
      Merci à toi.

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  12. Bon Diou Terjit… C’est rigolo.. J’aimerais bien connaître ton chemin de pensée qui t’a fait arriver à BB et à une discussion devant une tasse de thé. C’est rigolo que parfois la vue d’une photo nous emmène immédiatement vers un thème qu’on sera seul à développer… Et au fur et à mesure que je lisais, je me disais;. Mais où tout cela va-t-il nous mener ? Jusqu’au troisième tiers. Evident pour toi depuis le début. belle découverte pour nous lecteurs. C’est ça le secret d’une nouvelle bien tournée…

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    1. Bon diou ! Merci Leiloona, très touché par ton commentaire. Mon cheminement pour arriver à BB ? C’est juste que l’autre midi en déjeunant nous parlons de BB et de la première scène de Et Dieu crea la femme, et puis voilà, quand j’ai vu la photo j’ai eu envie de parler de ça .

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        1. PFFF… ben oui, je ne sais pas pourquoi j’ai écrit Leiloona 🙂 Désolé Amor Fati

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  13. @ Leil, une pure merveille ! Des mots ciselés, des images qui nous embarquent dans un autre monde … C’est pour moi l’un de tes meileurs textes !

    @ Pierre, un concentré de cynisme non ?!

    @ Ludo, un beau regard sur l’enfance dont nous aimerions tous garder une part .

    @ Isa, j’aime beaucoup ta façon de revisiter mythes et légendes.

    @ Nady, un bel hommage à la danse et une approche intéressante de l’inconscient !

    @ Valérie, touchante et un peu triste cette solitude comblée par une ombre.

    @ Pacha Mama,une belle confiance dans les ressorts de l’enfance !

    @ Terjit, parvenir à mêler Brigitte Bardot à tout cela,bravo !

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    1. Merci Sab … Tu es la seconde à me faire ce si joli compliment. Suis touchée car je l’aime vraiment beaucoup ce texte. Pour de multiples raisons.

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  14. @Ludo : un très beau texte… remiser notre enfance dans une vieille valise… mais la garder près de soi… toujours…
    @Nady : Très beau texte sur la course de la vie… qui m’a fait penser au magnifique Bal d’Ettore Scola

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  15. @Pierre : merci pour cet éclat de rire ! Je ne m’attendais franchement pas à ce que cette photo très primesautière génère des textes aussi graves…

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  16. Iza : Ah ça oui, la nature omnipotente, le thème me parle, comme tu le sais déjà. 😉
    Et de toute façon, il en a toujours été ainsi, non ? 😉

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    1. Un texte de VRAI écrivain… qui manie les mots pour sa propre existence et celle de ses lecteurs… pas pour satisfaire les pulsions pécuniaires d’un vendeur de « livres »

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      1. Iza : Selon moi, la littérature et l’argent ne font pas bon ménage. Ecrire pour gagner de l’argent ? Éloigné de ma conception d’un écrivain. S’il n’écrit pas avec ses tripes, il tombe dans un mercantilisme certain. #Poark

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  17. @Leil : J’aime l’idée de ton texte, son sens profond … les mots comme rempart, les mots pour décrire, les mots pour ne pas mourir, enfin pas tout à fait …

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  18. @Ludo : L’enfance qui s’étire encore un peu, le temps de quelques notes de musique … C’est exactement ce que tu décris, ce passage de l’enfance à l’adolescence, un mélange d’envie d’autre chose et le désir de revivre encore ce qui nous a construit. Très joli texte.

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  19. @Iza : Un texte rempli de lutins, j’adore … dommage qu’il faille que le monde ne tourne plus rond pour qu’ils apparaissent !

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  20. @Nady : Et on danse avec elles deux en lisant tes mots, c’est pétillant et plein de vie malgré les années qui passent ! Joli !!!

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  21. @Valérie : L’ombre comme soutien, comme ami pour combler le vide, l’enfance a cela de magique qu’elle laisse l’imaginaire réparer une réalité parfois un peu rude … Jolie idée aussi !

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    1. Merci pour ton retour Manue. Ton retour me donne de l’espoir pour mon petit bonhomme

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  22. @Pacha Mama : Rude réalité de l’enfance aussi … Quelle douleur pour les parents … et quelle enfance pour ces gosses … Lecture difficile car le sujet est dense mais important à exprimer. Merci à toi.

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  23. @Terjit : Les méandres de ton cerveau sont décidément pleins d’idées aussi loufoques les unes que les autres ! Il faut avouer que bien qu’un peu longue celle-ci est assez croustillante !!!!

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  24. @Alexandra : un texte fort et sombre. Un peu surprise par le ton, j’imaginais tout autre chose de ta part sur cette photo mais j’adhere.
    @Pierre :drôle et cynique à la fois.
    @Ludo : jolie histoire. A la lecture j’imaginais Charlotte plus âgée qu’elle ne l’est finalement…amusante sensation.
    @Iza : trés chouette idee, j’aime beaucouo : le retours des petites créatures tel un présent pour petits et grands enfin décidés (si seulement c’était vrai) à faire des efforts pour sauver la Terre.
    @Nady : la vie résumée en quatre saisons et quelques danses…on se laisse emporter dans leurs pas.
    @Manue : un texte dure chez toi aussi. J’aime beaucoup le deuxieme paragraphe qui décrit l’écart entre l’être et le paraître, l’ombre et sa réalité.
    @Pachamama : un texte que l’on sent écrit avec les tripes. Trés touchant. J’aime beaucoup ta phrase  » on me l’a donnée ainsi, je l’arrose. »
    @Terjit : tu es parti bien loin mais a su maintenir l’intérêt jusqu’au bout.

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  25. @leiloona : guide poétique de survie – quand les mots protègent et enveloppent
    @ludo : parfum de l’enfance qui nous quitte – ça résonne en moi particulièrement en ce moment

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  26. @Manue j’aime l’interpellation du final. Tu as su décrire l’enfant en chacun. Un texte qui me touche.
    @Alexandra Très ,très, très beau. Tellement bien écrit, on sent les tripes !
    @Pierre j’adore ! Le texte et l’audace !
    @Ludo très bien écrit, transportée par ton univers, ..et oui grandir mais entendre encore l’enfant en soi et porter ses rêveries et images.
    @Iza je suis fan! Moi qui raffole des contes populaires et légendes de Bretagne je suis ravie par ton texte.
    @Nady émouvant..j’aime ton rythme, oui c’est un écrit où tes mots dansent eux aussi. Et nous emportent.
    @Valérie j’ai adoré . Parce que cela existe dans le regard de nos enfants ce boulversémet de la naissance des cadets ce sentiment d’exclusion. Et parce que j’ai retrouvé un peu l’ombre de Péter Pan et le pays imaginaire..Ça m’a parlété à l’enfant que j’étais. Merci Valérie.

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  27. @ Terjit je radote je m’en moque. Quel talent !ton imagination me réjouis, ton style m’accroche ! Super !
    @ Blandine frais, efficace, comme un joli conte. A vous faire fondre. Merci.
    @Josplume Et bien…elle me plaît Hawa! Elle a tout compris, oui elle est privilégiée de vivre ces rencontres parallèles, j’aime beaucoup et tu écris bien c’est souple comme naturel.
    @Sabine un texte remarquable ! C’est beau. C’est beau. On s’attache à Germain et Cécile . Bravo !
    @Albertine. ..Pardon pas réussi à ouvrir le texte ?
    @la fllibust touchant, tout en délicatesse. Dire dans les non-dits.
    @Mélié Ly merci de t’être lancée ! J’ai pris plaisir à te lire et admire la structure de ton écriture. Jolie histoire et maîtrise.
    @Amélie Haurhay impressionée par les pistes de réflexions qu’ont amené cette image. Et quel final ! Oui savoir s’émerveiller encore, c’est primordial.

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    1. Merci PachaMama…Il ne nous reste souvent plus que le rêve pour revoir des êtres chers…Mais c’est tellement bon (et c’est toujours ça) ! 🙂

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  28. @Amor-fati ça y est conquise. Je te l’écris: j’apprécie de te retrouver chaque semaine. Attaque délicieuse :  » vous reprendrez bien un petit ver ? »
    @Elsa OH LA LA. Très émue ! Plein de vie. Tissus des émotions viscérales. Bien écrit. Tu serais peintre tu serais impressionniste.
    @Valou Adèle est à mes yeux la véritable enfant de ces textes ici. Elle s’envole, elle est innocente, et joue. Charmant. Belle fin que le goûter, priorité absloue.
    @Noctenbule l’un de mes textes préférés . Habité troublant boulversant.

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  29. @Leiloona : Un superbe texte…dans lequel je reconnais ta plume mais dont le ton est différent… Mais vraiment : comme c’est beau ! Un grand Bravo Leiloona.

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    1. Oui, Jos, un petit côté décapant que je n’emploie pas vraiment habituellement … Parfois un ton s’impose de lui-même, ce fut le cas ici. Sans phare ou artifice…

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  30. @Ludo : C’est doux et beau… Sortir de l’enfance, pour vivre de nouvelles aventures, mais en garder de magnifiques souvenirs qui ne nous quitteront pas. Une belle idée qui donne une belle histoire !

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  31. @Iza : Comme c’est bien pensé ! Toux ces petits êtres légendaires venus pour nous donner l’exemple. Oui, c’est vraiment bien vu et bien écrit.

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  32. @Nady : Au delà de l’histoire, le rythme de ton texte est entraînant et donne envie de danser mais il est aussi gai et mélodieux et donne envie de chanter. J’aime beaucoup !

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  33. @Valérie : La rencontre de son ombre en réponse à la solitude et au désert affectif. Ton texte est beau et délicat. Très agréable à lire. Merci Valérie !

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  34. @Manue : Une ombre qui en plus d’être le reflet de notre corps est celui de notre âme et nous guide dans notre recherche de nous même ! C’est beau ! Merci Manue.

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  35. @Pacha Mama : Un sujet grave abordé avec délicatesse, justesse et courage. En ne « réduisant » pas son enfant à la maladie seule, cette maman profite pleinement de son enfant et lui permet de mieux profiter de la vie. C’est beau, c’est doux…ce n’est qu’Amour. J’aime beaucoup !

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  36. @Terjit : Qu’elle imagination ! J’aime la construction de ton texte, son rythme et ses mots. Décidément, je ne m’en lasse pas. Merci Terjit !

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  37. Alexandra Koszelyk : Bien sûr, écrire, écrire encore et toujours, une liberté. Ton texte est vibre de mille vérités, absolument bénéfique. Merci pour cet atelier d’écriture, et aujourd’hui l’auteure a signé de son nom.

    Pierre : J’avais cru remarqué qu’il aurait pu avoir un bras en moins, j’ai laissé de côté cette idée ici, elle explose : Bravo !

    Ludo : Magnifique souvenirs d’enfance et se laisser prendre au jeu.

    Iza : Leur retour serait alors un signe de bonne santé de la terre, chouette !

    Nady : Un texte puissant, au travers de la danse, fil conducteur, et bien construit.

    Valérie : Un monde imaginaire et surtout un personnage complice pour ne plus se sentir seul, bientôt ses soeurs viendront lui tenir compagnie, j’espère.

    Manue : On retrouve ici toute l’insouciance et l’imagination des enfants qui joueut, et jouent avec trois fois rien dans le grand théâtre de la vie.

    Pacha mama : Les enfants ont tous en commun cet ultime besoin : être aimés. Et comme l’adulte est un grand enfant, alors, quel boulot ! Ton texte est attachant, sincère et percutant, merci

    Terjit : Chère Brigitte Bardot, elle reste belle éternellement … et observatrice, dis donc !

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  38. Coucou à tous, cette semaine on m’a prescrit beaucoup de repos… Et l’oeil de Moscou veille… ;-)… Je suis donc très au ralenti mais me délecte de vos plumes, comme d’habitude. Pèle mêle qqs p’ti retours : @Leil et @manue : bluffée à la lecture de vos textes j’ai été… Si proches de nos discussions en privé. .. @Valérie et @pachamama : des douleurs d’enfants que je comprends et une sensibilité très forte qui transperce de vos écrits. .. Bravo ! @Pierre : rooo, fallait oser ! Tu l’as fait ! 😉
    Merci pour vos doux retours de lecture, j’y puise une nouvelle et belle énergie ; -)

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    1. Bien lu Nady … Aucun filtre pour ce texte, ni aucune retenue … c’est de moi dont il parle … un texte archi personnel, le plus personnel que je n’ai jamais écrit !

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      1. Chapeau ma belle ! Merci pour ta confiance ! grosses bises et à tout bientôt !

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      1. merci Valérie, ça va déjà beaucoup mieux, tout bientôt également, trop hâte !

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    2. Na dy : prends soin de toi … mais je te sais bien entourée ! 😉
      Merci en tout cas. Oui, écriture et discussions s’entremêlent. 🙂

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  39. @Iza et @Ludo : un petit voyage dans le monde des enfants avec vos textes, c’est rigolo 😉

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  40. @Terjit : une idée rondement bien menée à travers une histoire où certaines vérités sont clairement dites, comme si de rien n’était. Un déroulé qui retient l’attention du lecteur jusqu’à la fin ! Chapeau bas l’artiste ! 😉

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  41. Nady : Eh bien, tu sais quoi ? Ton texte m’a fait penser à ma grand-mère (oui, moment 36 15 mylife), car elle a dansé très longtemps, jusqu’à un âge avancé. Et ce rapport au corps est symptomatique du regard qu’on pose sur la vie. 😉 Merci, donc, pour ce texte qui m’a fait penser à ma babou ! 😉

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    1. ROoo ! Touchée par ton retour de lecture, la mienne adorait me voir danser et a toujours insisté pour que je fasse un pas de danse tout le long de ma vie 😉 je ne m’en prive pas , j’adore ça 😉 Tiens, et si on finissait les lectures du 4 par une choré ???? mdr, I joke… j’ai le goût du challenge depuis que l’énergie revient ! lol

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  42. Valérie : A quoi s’adresse le message final, Val ? A cette mère ? Il me semble que cette question soit celle d’un adulte qui se rappelle de son enfance (hard d’ailleurs … à 3 ans, il se prépare seul ? 😮 )

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  43. Manue : Ton texte m’a renvoyé à certains que j’ai pu écrire ici voici 4/5 ans … Exorcise la douleur, miss, l’écriture cathartique est une béquille certaine.
    Les images sont belles, comme ton texte. Je t’embrasse.

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  44. Pacha Mama : Ton texte fait écho a des vies croisées similaires … et là aussi, c’était l’enfant (quoique malade) qui redonnait le peps aux parents … Ils sont dans l’instant présent. Après, cela est toujours fort vu de l’extérieur oui. Et on se sent con en effet, aussi, oui.

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  45. Terjit : J’aime bien la narration de l’épisode de la rencontre, en effet, ce doit être intimidant, et au final, comme tu le fais passer, BB ou quelqu’un d’autre, connu ou pas, reste une personne comme une autre. 🙂

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