Je ne sais rien de la Corée, Arthur Dreyfus

Il y a fort longtemps, les mots étaient des étoiles. Quand ils ont acquis un sens, ils sont retombés sur terre. 

A priori, rien ne me destinait à lire un tel essai. Néanmoins, grâce au Prix Elle, je fais de jolies découvertes en élargissant mon horizon de lecture.

Voici un livre qui capte l’attention de son lecteur dès les premières pages, justement parce qu’Arthur Dreyfus ne fait pas dans le carnet de voyage soporifique et aseptisé. Tout commence par le doute de l’écrivain face à la page blanche. Et puis, comment ne pas douter d’une telle entreprise ? Mais très vite, les doutes font place à des anecdotes cocasses et décalées sur ce pays, place aussi à des réflexions sur la place de l’exhaustivité dans un tel genre, place encore à des témoignages sur le terrain. Le lecteur découvre un pays étonnant, fait de contradictions et de paradoxes. 

Aussi, saviez-vous que dans ce pays s’élèvent, dans un petit port de pêche isolé, près de 200 phallus dressés vers la mer, en mémoire d’une légende ? Saviez-vous qu’un couple a fait mourir de malnutrition leur enfant, tout occupés qu’ils étaient à nourrir un bébé virtuel dans un jeu ? Saviez-vous encore que ce pays fascine par son vide ? Mais pourquoi y retourne-t-on alors ?

Je ne sais rien de la Corée pose le regard d’un Candide sur ce peuple. Écartelé par son histoire, sans doute un brin schizophrène. Des geeks à gogo, des travailleurs zélés, des femmes qui se battent pour leur émancipation, un confucianisme très marqué dans leur modus vivendi : le tableau dressé est un véritable patchwork disparate. Aussi, loin des caricatures éthérées des Coréens, Je ne sais rien de la Corée interpelle le lecteur occidental et donne envie de découvrir en retour ce pays du matin calme.

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