Atelier d’écriture 366

© MHM / CH

Bonjour à tous, voici la nouvelle photographie, elle servira de base pour l’écriture de votre texte. Laissez votre imaginaire vagabonder, la seule contrainte est de « faire parler la photo. »

Les textes sont à déposer dans les commentaires. Samedi, je posterai une nouvelle photo.

51 comments

  1. laura vanel-coytte says:

    Avant, il y avait deux verres
    Avant, ils étaient remplis de vin
    Ensuite, il y a deux verres:
    Un verre de vin
    Et un verre d’eau
    Mais l’eau sirotait le vin
    L’eau se mêlait au vin
    Mets de l’eau dans ton vin
    En mourant, tu as emporté
    Une partie de moi
    Avant, il y avait deux corps
    Qui se mêlaient
    J’avais oublié qu’on était deux
    Tellement on était un
    Avant, il y avait deux corps
    Il n’y en a plus qu’un

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    • janickmm says:

      C’est magnifique et d’une fascinante simplicité, même si chaque mot traduit ta douleur, nous t’ecoutons et te lisons ! Ici c’est un lieu de partage.

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  2. laura vanel-coytte says:

    Désolée si je gave tout le monde avec mon deuil mais…

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    • Séverine Baaziz says:

      Mais non ! Je pense que l’écriture, et cet atelier en particulier, est aussi là pour ça. S’exprimer. Partager. C’est même primordial de le faire quand le moment est difficile 😉

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  3. Séverine Baaziz says:

    (A votre santé, chers amis d’écriture !)

    La légende dit qu’une seule gorgée de ce vin rend fou. Fou d’amour et de sagesse. La légende dit aussi qu’il peut arriver que les goûteurs sombrent, purement et simplement, dans la folie. La faute à la noirceur des sentiments ou, comme qui dirait le caviste, à pas de chance.
    Toujours est-il que les aventureux affluent du monde entier pour tremper leurs lèvres dans le nectar au goût fort délicat. Mélange boisé et fruité qui déploie ses notes en bouche, doucement, lentement, comme le jour s’éteint dans dans la nuit.
    Ce matin, la blanche clarté du ciel vient éblouir les goûteurs à travers les carreaux de verre de la grande porte principale. Autour de la table, un couple se fait face. L’homme et la femme, Charlie et Nina, se regardent droit dans les yeux. Ils se sourient avec malice, à la façon de deux enfants qui flirtent avec l’interdit. Comme si ce n’était qu’un jeu. Comme si rien de bien grave ne pouvait arriver. Pourtant, le caviste les a mis en garde. Une gorgée et votre monde peut basculer, a t-il répété à trois reprises, en plus d’avoir fait signer un formulaire de consentement éclairé.
    Charlie et Nina sont mariés depuis dix ans. Le passage chez le caviste n’est qu’une étape de ce séjour anniversaire, entre la visite du musée Gorsline et le château de Bussy-Rabutin. Enfin, ne devait être qu’une étape.
    Nina boit la première. Charlie ne la quitte pas des yeux. Quelques secondes. Rien. Quelques minutes. Toujours rien. Il boit à son tour. Puis, de concert, ils soupirent. Respirent longuement. Et se mettent à rire. Et même à applaudir, pour se frayer un chemin, sans se le confesser, vers le soulagement et l’insouciance.
    Main dans la main, ils quittent l’établissement, avec en bouche, les éclats du délicieux alcool. Ils continuent leur journée comme planifiée. Le château est inoubliable : les fresques au plafond sont somptueuses et le jardin est magnifique : des cabinets de verdure, un labyrinthe et des bosquets délimités par des allées en étoile. Que de souvenirs.
    Jusqu’à ce que le soir arrive à pas de velours.
    C’est au moment où la lune apparaît dans l’obscurité du ciel, qu’un petit rien pointe le bout de son nez dans la ravissante chambre d’hôtel. Un petit rien ? Disons plutôt une démangeaison. Pour Charlie, au niveau du torse. Pour Nina, à l’entrejambe. Sans y prêter attention, ils s’endorment rapidement, submergés par une douce fatigue, mettant le léger désagrément sur le compte d’une allergie passagère à la flore environnante.
    Au petit matin, il est trop tard.
    Dans la chambre aveuglée par les épaisses tentures, les métamorphoses sont en cours. Quelques mots sonnent, presque inaudibles. Une gorgée et votre monde peut basculer. Une gorgée et votre monde peut basculer. Une gorgée et votre monde peut basculer… Basculer et révéler d’inavouables penchants.
    Sur le torse de Charlie, une poitrine naissante.
    En guise de sexe pour Nina, une excroissance bientôt phallus.

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    • Cloud says:

      Excellent ! L’idée est insolite, et bien menée. J’aborderai désormais un cours d’oenologie avec une attention différente…

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    • janickmm says:

      Si le caviste me répète trois fois la même phrase je me méfierais beaucoup ! Et j’opterais pour mon pouilly-fuisse !

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  4. Plume47 says:

    – Tchin tchin
    – Ah oui qu’est ce qu’on fête ?
    – Devine !
    – Ta nouvelle silhouette
    Tes nouvelles toilettes
    Tes dernières emplettes
    Tes drôles de lunettes
    Ta jolie casquette
    Une amourette ?
    Ah c’est donc ça
    Ce sourire jusqu’aux fossettes
    Ces ricanements en cachette
    Cette drôle de binette
    C’est chouette soeurette
    Mais gare au miroir aux alouettes
    Pas de boulette
    Ma p’tite soeur cadette
    Ne te laisse pas conter fleurette
    Par le premier poète
    Qui prendrait la poudre d’escampette
    A l’autre bout de la planète
    – Allez tchin tchin, des cacahuètes ?

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  5. Photonanie says:

    Bonjour, ma participation se trouve comme d’habitude sur mon blog https://photonanie.com/2020/04/24/brick-a-book-366/ et je vous la livre également ci-dessous

    « Il arrive beaucoup de choses entre la bouche et le verre. »
    (Antoine Furetière)

    Non mais qu’est-ce qui t’est arrivé?
    A moi, pourquoi cette question?
    Ben, tu es devenu tout pâle quand elle s’est levée. Juste avant, tu étais comme moi, le teint bien rosé puis quand elle s’est levée tu es devenu blanc comme un linge.
    Tu ne te rends pas compte, elle a posé ses lèvres sur moi, a soulevé mon pied à hauteur de son nez…puis m’a brusquement reposé sur la table! Y a de quoi pâlir non?
    Bah elle aura pensé à autre chose, c’est pas grave.
    Pas grave, pas grave, je suis tout en émoi, elle m’émoustille, me regarde pétiller puis me laisse comme une vieille chaussette. Je suis quand même un Bollinger rosé, on ne me traite pas comme un banal mousseux moi Môssieu!
    Oh ça va, ne le prends pas mal, d’ailleurs la voilà qui revient.
    La demoiselle s’assied, l’air contrarié, empoigne son verre, le regarde, fait la grimace et appelle le serveur en lui montrant le liquide incolore d’un air mécontent.

    Le verre se fait tout petit mais le serveur l’empoigne sans état d’âme et part le vider pour le remplir à nouveau de champagne rosé.

    Ayant retrouvé ses couleurs le verre se pâme attendant d’être à nouveau saisi par le pied et porté à la bouche. Le moment est fugace, la fille est pressée et contrariée et très vite le verre se retrouve vide alors qu’il pensait très fort « verre, j’espère ».

    Ainsi va la vie

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    • Nady says:

      Excellent ton texte Photonanie ! J’avais entraperçu 2 couleurs aussi en effet entre ces 2 verres et tu as réussi à travailler cette idée à travers un joli et captivant dialogue ! Super ! Bon week-end à toi !

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      • Photonanie says:

        Malheureusement les puces placées sur mon blog ont disparu à la copie…
        Merci Nady et bon week-end à toi également.

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    • Cloud says:

      Très bonne idée ! Et la référence au Bollinger rosé me séduit. Mais effectivement, ainsi va la vie des verres de champagne lors d’une dégustation…

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    • janickmm says:

      C’est adorable et bien vu, quand on le lit à voix haute en employant le bon ton, on s’amuse bien, merci !

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  6. Nady says:

    Nouvel envol

    Quelques bulles qui pétillent
    devant nos palais qui frétillent.
    Une robe qui laisse sa trace
    sur des verres qui l’enlacent.
    Une senteur qui se dégage : floral
    ou végétal ?
    Une douce musique qui s’échappe
    l’été avec la rencontre des glaçons et du liquide qui frappe.
    Vins aux 3 couleurs,
    qu’importe le choix, aucun ne fait peur !
    Apéritif ou digestif ?
    Tous ces trésors gustatifs
    viennent sublimer nos tables
    et instants de partage, c’est assez notable.
    Trinquons donc à demain !
    Levons nos coupes et verres pleins
    à la santé, à la vie, à nos retrouvailles que nous célébrerons.
    vivons,
    en n’oubliant pas de boire avec modération !

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  7. janickmm says:

    J’ai tellement tout rangé et tout nettoye avec ce confinement durable que j’ai trouvé une bonne bouteille planquée derrière les packs d’eau !
    J’en ai parlé à mon chat : la trouvaille du jour, tu crois que je la debouche ?
    Il a miaule , j’ai pris ça pour un oui. Et poc ! Joli bruit.
    Les voisins vont penser que la fille du 5ème elle ne s’enquiquine pas ! M’en fout, j’ai soif de changement, un Pouilly fuisse de 2015, je ne sais pas moi, …je ne peux pas refuser.
    Hummm ..
    Allez ! Je boirai un 2ème verre à 20h en hommage au corps médical, sur mon balcon aux aromatiques.

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    • Nady says:

      Oulalalala Janickmm ! A 20h on ouvrira notre Givry 1er cru 2014 (de mémoire il était le vin préféré de François 1er 😉 ) pour trinquer virtuellement avec toi ! Joli texte avec le chat et l’envie qu’il donne de partager ta cuvée 😉 des bises et beau week-end

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      • janickmm says:

        Avec plaisir, Nady ! Ton est pétillant et plein de jolies couleurs comme le vin dont tu parles… en attendant 20h, je t’embrasse

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        • Nady says:

          Idem en retour, en attente de cette connexion virtuelle à 20h, pour l’instant ménage de prevu, moins glam 😉

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    • Séverine Baaziz says:

      Un monologue qui pourrait presque laisser penser que madame, ayant l’ivresse un peu facile (non, non, je ne parle pas de moi), parle toute seule. J’aime beaucoup !

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    • Photonanie says:

      Bien vu le chat-alibi 😉 Mais bon à ce rythme-là et vu la qualité du breuvage ça ne peut pas être considéré comme un vice 😀

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    • Cloud says:

      Ah, un Pouilly Fuissé 2015 ! Ton texte fait envie. Profite bien du moment, sans scrupules. Et prends ton temps de confinée pour déceler les différents arômes.

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  8. victor says:

    La photo avait toujours été là. Et pourtant, William ne parvenait pas à comprendre ce qu’elle avait de si particulier. Pourquoi ? Deux verres remplit d’environ un quart, de vin (?), avec pour chacun une couleur différente, et en arrière-plan une sorte de baie vitrée où pourrait se découper une porte. Une cave ? Un restaurant ? Un bar (plausible au vu de la surface marbrée où les deux objets sont posés) ?. Curieux de nature, le jeune homme avait un jour demandé à la vieille dame : « pourquoi ce cliché trône-t-il au milieu de votre salon ? »
    Sans répondre, la vieille femme bossue avait sorti deux verres similaires à ceux de la photographie, les remplissant à moitié d’un kir des plus appétissants. D’un geste de la main, elle invita William à boire, peu importe lequel. Puis elle s’en fût, comme si rien n’était.
    La nuit passa. Le lendemain, la femme, de retour d’on ne sait où, vît le jeune homme, blême, toujours face au cliché. Sans qu’elle ait posé la moindre question, William dit :

    – En effet, ils parlent vos verres… Et ils m’ont raconté leur histoire. Une sacrée histoire… ajouta-t-il, après silence.

    Alcool ? Magie ? Nul ne le saura. Pourtant, William, cette nuit-là, connu pour la première, mais non la dernière fois, la photographie des verres qui parlent.

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  9. Cloud says:

    J’adore cette atmosphère magique, et néanmoins attachante. Et ces questions qui demeurent sans réponse ajoute au mystère. Bravo.

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  10. Cloud says:

    « Avec la Grande Réserve, on part là sur une note boisée ». Je pouffe de rire : « Quelle formule ridicule ! Je sens qu’il va aussi nous ressortit le coup de la poularde réinventée qui réconcilie le chou et la morille, comme si ceux deux là étaient fâchés depuis longtemps. Dans le grand restaurant où nous sommes, le maître d’hôtel en redingote, tout de noir vêtu, une montre à gousset, un nœud de cravate qui me donne envie de lui demander comment il s’y prend, se penche vers nous et sert délicatement nos deux verres. Partir sur une note boisée, je me gausse ! Je ferme les yeux pour mieux déguster. Dès la première gorgée, outre le bonheur de mes papilles, je sens subitement comme un léger inconfort à mon assise. Je porte le regard sur mon siège, et je remarque avec stupéfaction que je me retrouve perché sur une portée musicale, enlaçant une double croche comme une jeune branche de chêne. « Alors, cela vous convient, vous la sentez la note boisée ? Et regardez cette merveilleuse robe transparente…». Sentant la chaleur m’envahir, je commande le reste du déjeuner. Le chou et la morille filent un parfait amour, les fromages ont fait la ronde et les desserts la farandole.
    En sortant, je jette un œil sur le livre d’or qui trône à l’entrée. Quelqu’un a écrit : « Nous reviendrons « Chez Alice », le repas est une merveille. ».

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