Atelier d’écriture 374

@Johnwestrock

A lundi pour la publication des textes !

Le but de cet atelier d’écriture en ligne ? Ecrire un texte court, à partir de cette photo.

22 comments

  1. Cécile C says:

    Bonjour et bon dimanche,

    Voici le texte qui paraîtra sur mon blog, lundi matin.

    Matin et soir, je passais devant cette devanture triste et mal éclairée. Moi, je n’ennuyais dans mon boulot de comptable, je m’ennuyais dans ma vie. Un matin, alors que le propriétaire mettait un panneau « à vendre », j’ai eu l’Idée ! Je savais quoi faire de ma vie ! Dans ma boîte, ils licenciaient à tout-va, je me suis proposée plutôt que ma collègue en couple avec deux marmots. Je suis partie avec un bon pécule. J’avais un peu de sous de côté et un petit héritage a fait le reste. J’ai acheté ce local, supprimé les barreaux et avec trois coups de peintures et quelques meubles trouvés dans des brocantes, j’ai ouvert mon « salon des livres ». Je rêvais d’un endroit douillet où avec un bon thé, je pourrais lire un bon bouquin ! J’ai récupéré des livres qui allaient au pilon, ceux dont les gens ne voulaient plus. Ce serait un endroit où tu viendrais lire dans le calme en buvant une boisson chaude ou froide. Interdiction de manger, rien de pire qu’une miette dans un livre ! Les gens viendraient s’asseoir, qui sur ce sofa confortable, qui sur cette chaise droite, et liraient le roman de leur choix avec ce plaisir tactile de toucher l’histoire puis avant de refermer le livre, qu’ils retrouveraient le lendemain ou dans un mois, ils mettraient le marque-page que je leur aurais personnalisé.
    J’ai ouvert mon salon, le jour de mon anniversaire, le jour de mes 50 ans, j’étais heureuse. Ma première « lectrice » est entrée, j’ai su que ce serait elle la femme de ma vie. Mériem si belle avec sa peau pain d’épice. Elle est entrée et jamais repartie.
    Il faut réaliser toujours ses rêves

    Belle journée à toutes et tous

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    • Photonanie says:

      J’aime beaucoup cette histoire de livres et d’amour… C’est une bonne idée cet endroit, j’aimerais bien avoir l’adresse 😉

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    • janickmm says:

      J’aime bien cette histoire, tendre, réaliste et pleine d’empathie, … un hojicha s’il te plaît et je m’installe dans le fauteuil rouge, là, au fond, pour déguster les mots et oublier les maux.

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    • Titounette says:

      Quoi de plus triste que se retourner un jour et de constater qu’il est trop tard pour réaliser ses rêves ? Peut-être de ne pas en avoir…
      En tout cas, celui-là est un sacré beau rêve !

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  2. victor says:

    Mélancolie. Brouillard. Doute. Rature. Réécriture. Doute. Rature, à nouveau. Flou, puis brouillard, retour à la case départ. Tout cela avait-il un sens ? Il sentait quelque chose, un souffle chaud dans sa nuque, comme une cicatrice en forme d’éclair qui le brûlait et l’infectait, en permanence. Mais rien, au final. Il s’embrasait, puis s’éteignait tout aussi rapidement. Un temps peut-être ? Oui le passé, l’imparfait du moins. Un travail de style ? Des phrases sans verbes, fugaces, qui se veulent légères. Était-ce bon pour autant ? Il ne sait pas. Ça l’énerve. Beaucoup. Et ça le rend triste, encore plus. Il piétine, tape du pied. Prend une cigarette, tire une taffe, et respire un grand coup. Tente à s’encourager, de revenir à un calme propice à la situation. Quelques phrases. Doute. Rature. Réécriture. Doute. Rature, à nouveau. Flou, puis brouillard. Mélancolie.

    Excédé, las, il se lève, éteint sa cigarette. Prend son blouson, ses clés de voiture, ses papiers, un peu de fric. Claque la porte. Arrêt. Rentre, récupère deux feuilles vierges, un crayon. Claque la porte. Allume le contact. Pédale d’embrayage. Il se tire dans la nuit noire. Mélancolie. Brouillard, dehors comme dedans.

    Une demi-heure s’est écoulée. Une heure peut-être. Il a fini sa cigarette, avant de dans une autre, quasi immédiatement. Il a toujours les deux feuilles dans sa main. Le crayon est dans la voiture, ou sur le trottoir. Il ne sait plus. Au loin, une lueur l’attire. Moustique face à une ampoule. Il rigole de sa fugace pensée. Tire une dernière taffe. Pousse la porte de l’établissement. EAT. Dedans, tout est vide. Une épaisse fumée semble envahir la pièce, avec douceur et calme. Sans oppression. Intrigué, il s’assoit. Pose ses feuilles, et son paquet de clopes au-dessus. Il se sent bien. Un peu mieux. Le doute s’efface peu à peu. À la serveuse, il commande une bière. Puis un burger, accompagné d’une glace à la framboise. Péché mignon. Il prend le temps de détailler la pièce, l’horloge. Elle trône au fond, pâle à côté de l’enseigne électriquement teintée d’un rouge éblouissant. Les tables sont alignées, au même titre que les chaises. Aucune saleté n’est à déplorer. Au fond, on aperçoit la lueur d’une petite télévision, qui diffuse une vieille chanson d’amour. Le tout est baignée par cette fumée douce, une brise emprisonnée là par hasard, qui caresse la peau et embellit l’esprit. Claquement des ongles contre la table de bois. Sourire. Clignement des yeux. Arrivée de la serveuse. Elle dépose les plats, en veillant à ne pas toucher les feuilles, ou les cigarettes. Petit sourire.

    – Vous n’auriez pas un stylo .

    – Bien sûr. Tenez.

    Écriture. Rature. Mélancolie.

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    • Photonanie says:

      Une atmosphère créée par petites touches nous entoure, comme de l’ouate toute douce, lénifiante…

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    • janickmm says:

      Mélancolie, ennui, incertitude, les mots barrés d’un trait par une rature, … allons ! Ce n’est qu’un brouillon… un sorbet framboise plus loin, et le sourire de la serveuse, c’est reparti comme en 40 !

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  3. Laurence Délis says:

    L’hiver, on avait pris l’habitude de se retrouver au café. C’est toi qui avais choisi l’heure. C’était une heure intermédiaire, entre celle où l’on rentre chez soi et celle où l’on sort dîner. La devanture, éclairée de son enseigne « EAT » se parait de rouge et le contraste avec l’obscurité environnante dotait l’emplacement d’un aspect chaleureux. En face du café il y avait la mer. Les nuits sans lune, sans parvenir à les distinguer, on entendait les vagues claquer contre le parapet. Plus l’opacité était présente plus le clapotis s’amplifiait et dans la pénombre déployée je devinais ta silhouette faire face à l’océan. Je commandais deux verres de vin blanc et attendais que tu franchisses le seuil du bistrot.

    A l’intérieur il faisait bon. La salle, dans l’attente des clients, était encore déserte. Comme un rappel à commander à dîner, l’enseigne « EAT » figurait aussi sur le mur du fond et embrasait les tables de carmin. L’atmosphère du soir s’enrichissait des parfums de la mer. Blanquette de poisson, filets en papillotes, bouillon de palourdes. Avec le vin, la patronne nous servait des crevettes à l’ail et quelquefois des beignets de calamar piqués de cure-dents qu’une fois délesté de leur mets, tu alignais sur la table comme une palissade.
    On parlait travail et projets futurs et, dans le brouhaha des voix qui filtrait de la cuisine, les idées prenaient forme. Tu esquissais quelques ébauches pendant que je notais les bouts d’histoires à venir. C’était une heure riche de sens. On oubliait la précarité du métier, les fins de mois difficiles. Tout paraissait possible à inventer et à vivre.
    Avant même de repasser commande, la patronne déposait deux nouveaux verres sur notre table. C’était le prélude à notre départ. Déjà la salle revêtait ses atours de restaurant, le flot des clients fendillait l’ambiance feutrée dans laquelle nous baignions. Une fois nos verres terminés, nous ne nous attardions pas.

    J’embrassais ta joue, tes cheveux humides d’embruns sentaient l’iode. D’autres histoires me venaient alors en tête. A demain, disais-tu et je répondais oui.
    Oui, demain, me répétais-je et je frôlais l’espérance.
    J’allumais une cigarette et devant le café te regardais partir. Ta chevelure aux reflets de l’enseigne dansait dans le vent comme une lueur rouge au parfum de la mer.

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    • janickmm says:

      Des rendez-vous que l’on attend avec impatience, un projet commun, un but, un espoir, le plaisir de se revoir et d’être ensemble, une belle petite histoire !

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  4. laura vanel-coytte says:

    Bonjour,

    Voilà ma participation intitulée « J’ai perdu 35 kg »:

    J’ai perdu 35 kg depuis un an en allant voir un médecin nutritionniste

    J’avais pris 10 kg en 6 mois d’un remplacement à la campagne: une année où j’attendais de déménager mes affaires du Maroc qui étaient enfin arrivées; elles étaient dans une salle de l’usine que mon mari dirigeait; j’allais y piocher quand je rentrais tous les 15 jours; sinon, c’est mon mari qui venait me voir

    j’étais dans un meublé et mon mari dans un autre

    il restait des affaires dans le nord

    J’ai attrapé une bronchite qui a failli m’envoyer à l’hôpital et je n’ai pas pu faire vraiment de sport pendant des mois

    Après avoir fait 3 déménagements en 1 pour St Etienne, j’ai eu un remplacement à 3/4 d’heure de chez moi

    puis un mi temps sur Lyon en 2 jours

    Bref, j’essayais de perdre ces 10 kgs et à chaque fois, j’en reprenais autant

    Je faisais attention à ce que je mangeais

    et j’ai toujours fait du sport

    mais nous sortions et voyagions beaucoup

    Moi, je  préfère dépenser de l’argent au musée et en librairie mais mon mari aimait se faire plaisir au restaurant.

    Quand j’ai envisagé de voir le nutritionniste, je lui ai parlé

    car je savais qu’il m’aiderait mais que ça allait être compliqué pour les sorties et les voyages.

    Mon rééquilibrage alimentaire était surtout compliqué à faire le soir au restaurant.

    A la  première sortie du soir, nous nous sommes disputés et le restaurateur n’a pas été… alors que nous étions des habitués.

    J’appréhendais notre premier voyage.

    Le matin, avec les buffets de l’hôtel, je pouvais avoir ce qu’il me fallait

    Le midi, ça allait à peu près

    mais le soir

    et à l’étranger, expliquer en allemand ou anglais ce qu’il me faut

    et les restaurateurs ne sont pas tous… même si on paie

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  5. Photonanie says:

    Bonjour tout le monde, ma participation est ci-dessous et aussi sur https://photonanie.com/2020/06/15/brick-a-book-374/

    L’endroit paraissait un peu glauque. Quelle mouche m’avait donc piquée quand j’avais proposé de rencontrer ce collègue en-dehors du boulot? Il était un peu bizarre mais attachant et il semblait avoir de très gros problèmes. Le voyant tellement désemparé, je m’étais approchée de lui et lui avait demandé si ça allait. Il m’avait regardée de ses grands yeux effrayés et avait fait non de la tête.

    C’est le moment que choisit mon chef  pour me demander d’accomplir une tâche apparemment urgente. C’était toujours comme ça avec lui, quelle que soit l’importance de sa demande, il faisait sentir qu’il était le chef et ne comptait pas attendre. Pauvre type! Il ne voyait même pas quand ses « sous-fifres », comme il disait, avaient des problèmes. Entre nous on l’appelait le DRH: destructeur des ressources humaines!

    Je fis ce qu’il me demandait puis m’arrangeai pour approcher mon collègue en perdition et lui proposer de bavarder un peu après le boulot.

    Il me donna une adresse dans un quartier que je ne connaissais pas en me disant « 20 heures si c’est possible pour toi ».

    C’est ainsi que je me trouvais devant cet établissement isolé dans une rue peu éclairée si ce n’est par les néons rouge sang. Les barreaux aux fenêtres m’évoquaient une prison et je sentais les battements de mon coeur s’accélérer méchamment. Je suais malgré la fraîcheur de ce soir d’hiver et me balançais d’un pied sur l’autre. 

    L’intérieur ne m’attirait vraiment pas pas mais la rue me foutait carrément les jetons alors je décidai brusquement d’entrer. Et je le vis…assis dans un coin, le front barré d’un gros pli et se tordant les mains. Une bouffée de sympathie m’envahit et je sus que j’avais bien fait de venir. 

    Arriverai-je à l’aider ou pas n’était pas le principal. A cet instant, le fait de l’aider à porter une partie du poids qui semblait l’écraser serait déjà une bonne chose.

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    • janickmm says:

      La présence même muette, sera d’un bon secours, et apprecié, ce n’est pas facile de se libérer d’un poids. Bel écrit

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  6. titounette says:

    Souvenirs

    Je me souviens de ce steak house
    Aussi mal famé que mal éclairé
    Mais le steak était divin pour les amateurs
    Les hauts parleurs distillaient du country bien local
    Celui qui nous requinquait après nos longues journées
    Certains se lançaient même dans quelques pas de danse
    Munis de bottes et de chapeaux
    La « bud » coulait à flot
    Un grand écran diffusait tantôt un match de baseball, tantôt la météo, en boucle les infos
    Simple image sans son…personne n’écoutait de toute façon
    Au comptoir, un biker barbu et tatoué brûlait ses dernières cartouches
    En noyant l’échec de sa vie dans un dernier verre.
    Il ne craignait pas de fréquenter ce quartier « black « 
    Sa carrure le rendait invincible, en lui donnant un côté nounours à la fois
    Un quartier, plus ghetto que quartier
    Où la vie était précieuse par sa difficulté et sa précarité
    Aux images diffusées, le patron coupa la musique et monta le son
    Un policier venait d’assassiner un certain Georges Floyd, brutalement , sauvagement
    Personne à ce moment-là n’imagina que cette nouvelle allait embraser l’Amérique

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  7. rizzie2 says:

    On était au milieu de nulle part. Lui, il a pensé que c’était une boucherie à cause des stores rayés rouge et blanc. Un autre a parié pour une prison rapport aux barreaux qui ornaient les fenêtres. Le gros avec des lunettes a dit qu’avec des néons rouges et crus comme ça, il devait y avoir un paquet de filles à reluquer à l’intérieur. Le plus cinéphile de tous imaginait déjà une bonne bagarre qui propulserait des corps en vrac, difformes et ratatinés, de la lumière vers la nuit. Et puis la musique folk, avec guitares, harmonica et confidences chantées par des voix rauques de cow-boys s’est glissée dans tous les pores de notre peau. Le clinquant a pris exactement les couleurs du rêve américain. On est entré, et bien qu’on ne dorme pas, on s’est mis à rêver.

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  8. rizzie2 says:

    Très belle histoire bien amenée, c’est où ce salon des livres ?

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Commentaire :

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