Ker-Xavier Roussel, Giverny

Au musée des impressionnismes à Giverny vient de s’ouvrir une exposition sur un peintre méconnu : Ker-Xavier Roussel. Jardin privé, jardin rêvé.

Le peintre « le nabi bucolique » est peu connu, sans doute parce qu’il faut remonter à 1968 pour retrouver une rétrospective de cet artiste. Autant dire un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre. (Les moins de quarante non plus d’ailleurs …). Beau-frère de Vuillard, le peintre se distingue surtout pour son amour de la mythologie.

La déambulation dans le musée laisse ainsi voir un penchant certain pour les scènes de rapt (le peintre lit Ovide dans le texte), les joutes bucoliques, les personnages nus dans les prés, avec une grécité idéalisée. Nous sommes là non plus dans une modernité largement représentée à cette époque, mais bien dans une antiquité rêvée. Et effectivement le peintre préférait dès sa période Nabi le charme de la campagne aux modernités de la ville. Là tout n’est que luxe, calme et volupté ? Que nenni ! Derrière les tableaux champêtres se glisse une forte connotation sexuelle, les corps sont en tension, la menace est parfois représentée en arrière plan. Deux lectures s’ouvrent alors quand on regarde ces tableaux : derrière chaque référence mythologique, le désir est là, prêt à poindre ou jaillir car chez Ker Xavier Roussel « tout est sexuel », ou sexualisé. Aussi peut-on dire que la mythologie n’est qu’un prétexte pour représenter le spectacle des corps.

Plus loin, un autre regard s’offre au visiteur : la mélancolie du peintre. Les verts si représentatifs chez cet artiste s’effacent au profit des teintes plus sombres, presque bleutés, notamment avec ses estampes.

Accueillant plus de 100 oeuvres, l’exposition offre un panorama étonnant de cet artiste méconnu. Des toiles démesurées pour le théâtre de Chaillot aux estampes plus confidentielles, les amoureux de la mythologie déambuleront avec plaisir dans le musée. Une technique de peinture à la colle qui donne un aspect étonnant aux toiles … Ker-Xavier Roussel ou l’art de métamorphoser la vie moderne en Grèce antique atemporelle.

Du 27 juillet au 11 novembre, musée des impressionnismes, Giverny

8 comments

  1. soene says:

    Coucou Leiloona
    Hélas, Giverny est si loin de Lyon et pas très accessible par le train… Et pourtant, je rêve d’aller un jour au Pays de Monet.
    J’ai lu ton billet avec curiosité et j’en arrive à la conclusion -ma conclusion- que ça n’vaut pas des tableaux de Monet…
    Je raffole tant des Impressionnistes que le talent de ce peintre méconnu ne m’émeut pas…
    Et pourtant, plus de 100 oeuvres, c’est déjà assez considérable, j’en conviens 😆
    Gros bisous d’O.

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      • soene says:

        Tu as raison, Leiloona, pourquoi vouloir comparer à tout prix ?…
        Mais moi je suis une nostalgique du Passé et une inconditionnelle des Impressionnistes 😉
        Bon dimanche et gros bisous

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