Admirez la belle contrepèterie qui ouvre ce billet.
Dans cette partie, les morpions seront les stars. J’y mettrai aussi des bouquins (noooon, encooore !) portant sur la pédagogie. Mais il y aura surtout des anecdotes, hum.
Comme je suis en vacances, je vais devoir faire du réchauffé … mais je suis à peu près certaine que de nouvelles perles se glisseront dès la rentrée (avec les 6èmes, ça devrait donner.)
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Cette année, je me suis rendue compte que j’étais déjà mère de plusieurs ados, et que j’en avais de la 6ème à la 3ème. Alors oui, en m’y prenant tôt (très tôt même), j’aurais pu avoir un enfant de 15 ans. Mais en avoir dix me paraît impossible (je ne suis pas une souris …). Force est de constater que ces enfants ne sont pas de moi.
Pourtant c’est bien moi qu’ils appellent maman.
Nous sommes au mois de juin, en pleine révision du brevet. Les élèves sont studieux en ont marre de faire pour la quinze millième fois des exercices de réécriture. Le moment de la correction arrive. La délivrance est proche.
Un grand lève la main et lâche :
-Je veux bien corriger, maman.
Le mot de trop.
Tout sourire je lui réponds :
– Mais voyons M*****, nous avions dit qu’il fallait éviter que tu m’appelles maman en classe.
Les autres mettent quelques secondes avant de réagir et voyant que je me prends au jeu, un élève lance :
– Ah mais tout s’explique ! C’est pour ça que tu es grand !
La classe entière éclate de rire.
(Ndlr : je suis très grande)
Normalement cette blague s’arrête là.
Sauf que M****** s’est évertué à m’appeler Maman jusqu’à la fin de l’année. Et sur le p’tit mot de fin d’année, j’ai un joli : « Bonnes vacances, maman ! «
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De l’art de bien parler
Cette année, j’avais une classe de sportifs. Dans cette classe de 30, 15 gars aimant mieux manier le ballon que le stylo.
Pourtant l’émulation faisait rage. Habituellement, plus ils sont grands, moins ils parlent. Là c’était tout le contraire.
10 mains levées en permanence. Et jaloux comme pas permis ! Si j’avais interrogé une fois un élève, il valait mieux que je fasse le tour des doigts levés avant d’interroger de nouveau le premier.
Bref, que du bonheur. Alors oui, ils n’avaient pas de bonnes notes ; mais au moins ils étaient curieux d’apprendre.
Ainsi quand j’ai étudié le subjonctif imparfait avec eux, ils voulaient que je leur donne des exemples. Ils s’en fichaient que je dise que le subjonctif imparfait n’était plus utilisé à l’oral, ils voulaient des exemples.
Et à la fin du cours, dans le couloir, j’ai entendu :
– Hey ! Je voudrais bien que tu vinsses faire un foot ce soir !

Je les imaginais le soir chez eux, à table.
– Maman, j’aurais voulu que tu me passasses le sel.

(La même classe, un peu avant l’épisode du subjonctif …)
Il est toujours délicat d’écrire au tableau. Je ne les vois pas, et à moins de me greffer des yeux dans le dos, ce sera toujours le cas. Alors de temps en temps, si ce que j’écris est long, je me retourne. Histoire de les surveiller.
C’était le cas ce jour-là. Hop, petit tour de tête vers la gauche et là, dans le fond, une main levée, non pas pour me questionner, mais pour taper un autre élève. Au bout de cette main, une règle.
– Vous deux, à la fin de l’heure, vous v’nez me voir !
Tout penauds, tête baissée, ils viennent donc au bureau.
Ma curiosité l’emporte sur la colère et je demande à Juliette (nom d’emprunt car les élèves sont les stars de cette catégorie) pourquoi elle voulait taper Léo.
-Ben, il m’a traitée de sorcière pleutre.
– Hein ? Mais, comment connais-tu ce mot ?
(J’en oublierais presque l’objet de ma question.)
– Ben, depuis qu’on l’a vu en cours avec vous, on se traite de pleutre. On aime bien.
Ces gosses m’étonneront toujours.











